{"id":2969,"date":"2006-05-22T13:40:01","date_gmt":"2006-05-22T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/05\/22\/developpement-kenya-les-benefices-du-cafe-ne-parviennent-pas-auxagriculteurs\/"},"modified":"2006-05-22T13:40:01","modified_gmt":"2006-05-22T13:40:01","slug":"developpement-kenya-les-benefices-du-cafe-ne-parviennent-pas-auxagriculteurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/05\/22\/developpement-kenya-les-benefices-du-cafe-ne-parviennent-pas-auxagriculteurs\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-KENYA: Les b\u00e9n\u00e9fices du caf\u00e9 ne parviennent pas auxagriculteurs"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 22 mai (IPS) &#8211; Lucy Wangui appr\u00e9ciait autrefois ses caf\u00e9iers, mais plus aujourd&#39;hui. Au lieu de cela, la petite fermi\u00e8re du centre du Kenya dit qu&#39;ils lui cr\u00e9ent plus de soucis qu&#39;ils n&#39;en valent la peine.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> Wangui &#8212; qui a commenc\u00e9 par produire du caf\u00e9 en 1975, et poss\u00e9dait 300 arbres &#8212; a assist\u00e9 impuissante au d\u00e9clin du secteur du caf\u00e9 autrefois dynamique, avec des cons\u00e9quences particuli\u00e8rement d\u00e9vastatrices pour les petits producteurs.<\/p>\n<p> &quot;Autrefois, les 300 arbres me rapportaient plus de 50.000 shillings k\u00e9nyans (environ 714 dollars). Ceci est tomb\u00e9 plus tard \u00e0 20.000 (environ 285 dollars), et maintenant \u00e0 7.000 (environ 100 dollars), qu&#39;on me paie par le biais des agents commerciaux apr\u00e8s une ann\u00e9e&quot;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &quot;Je ne peux pas me permettre d&#39;envoyer tous mes dix enfants \u00e0 l&#39;\u00e9cole parce que les recettes du caf\u00e9 sont \u00e0 peine suffisantes; je ne peux m\u00eame pas acheter des vivres pour les nourrir. J&#39;investis beaucoup d&#39;argent pour produire le caf\u00e9, mais ce que je r\u00e9colte \u00e0 la fin ne correspond pas \u00e0 ce que j&#39;y ai engag\u00e9.&quot; Par ailleurs, un syst\u00e8me, qui permettait aux agriculteurs d&#39;obtenir des engrais \u00e0 cr\u00e9dit aupr\u00e8s des fabriques de caf\u00e9, s&#39;est effondr\u00e9. Avec des taux d&#39;int\u00e9r\u00eat \u00e9lev\u00e9s qui am\u00e8nent les producteurs \u00e0 avoir peur de prendre des pr\u00eats pour les engrais, la qualit\u00e9 du caf\u00e9 a baiss\u00e9, a soulign\u00e9 Wangui.<\/p>\n<p> &quot;N&#39;est-ce pas mieux que j&#39;abandonne compl\u00e8tement le caf\u00e9 et qu&#39;\u00e0 sa place, je plante du ma\u00efs ou des bananes pour que mes enfants puissent manger?&quot; En fait, Wangui a d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 par produire des cultures alternatives, en abattant 100 de ses 300 caf\u00e9iers, et en plantant du ma\u00efs \u00e0 la place. Si la culture du caf\u00e9 ne devient pas tr\u00e8s vite plus lucrative, elle abattra tous les arbres.<\/p>\n<p> Peter Mwangi Njoroge, pr\u00e9sident de la Ligue des petits producteurs de caf\u00e9, a une histoire similaire; il cultive du caf\u00e9 depuis 1970.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, j&#39;ai r\u00e9colt\u00e9 1.000 kilogrammes de caf\u00e9 et j&#39;ai re\u00e7u un total de 16.000 shillings k\u00e9nyans (environ 229 dollars)&quot;, a-t-il dit \u00e0 IPS, notant que ceci \u00e9quivalait \u00e0 16 shillings, soit environ 20 cents, pour chaque kilogramme de caf\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;J&#39;ai d\u00e9pens\u00e9 12.000 shillings k\u00e9nyans (171 dollars) pour produire le caf\u00e9, acheter des engrais, payer mes ouvriers. Cela signifie que j&#39;ai r\u00e9alis\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice de 4.000 shillings k\u00e9nyans (environ 57 dollars) seulement&quot;, a indiqu\u00e9 Njoroge.<\/p>\n<p> &quot;Je sais que le prix r\u00e9el d&#39;un kilo de caf\u00e9 \u00e9tait sup\u00e9rieur \u00e0 16 shillings k\u00e9nyans. Le principal probl\u00e8me dans ce pays est que les producteurs de caf\u00e9 sont tr\u00e8s mal pay\u00e9s&quot;.<\/p>\n<p> Le caf\u00e9 rapporterait environ trois dollars par kilogramme aux ench\u00e8res au Kenya actuellement.<\/p>\n<p> &quot;Si ce caf\u00e9 ne peut pas m&#39;aider, alors, il est inutile. Si ces probl\u00e8mes ne peuvent pas \u00eatre r\u00e9gl\u00e9s, alors je vais mobiliser les petits fermiers pour qu&#39;ils abattent tous leurs caf\u00e9iers&quot;, a ajout\u00e9 Njoroge.<\/p>\n<p> Ces frustrations ont domin\u00e9 une rencontre de deux jours qui a eu lieu dans la capitale k\u00e9nyane, Nairobi, au d\u00e9but de ce mois. La rencontre, qui s&#39;est tenue avec l&#39;assistance de &#39;Norwegian Church Aid&#39;, une agence de d\u00e9veloppement, a rassembl\u00e9 de petits producteurs et des d\u00e9cideurs politiques en vue de redonner la vitalit\u00e9 au secteur de production du caf\u00e9, qui traverse une mauvaise passe.<\/p>\n<p> Le caf\u00e9 \u00e9tait le premier pourvoyeur de devises \u00e9trang\u00e8res du Kenya lorsque ce pays d&#39;Afrique orientale a acc\u00e9d\u00e9 \u00e0 l&#39;ind\u00e9pendance en 1963, occupant ce rang jusqu&#39;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980. Mais la production a chut\u00e9 depuis, et le caf\u00e9 n&#39;est actuellement que le quatri\u00e8me pourvoyeur de devises, apr\u00e8s le tourisme, le th\u00e9 et l&#39;horticulture.<\/p>\n<p> Selon des responsables agricoles, le Kenya produit actuellement quelque 50.000 tonnes de caf\u00e9, contre une hausse record de 130.000 tonnes au cours de la saison 1987\/1988.<\/p>\n<p> La crise que traverse cette industrie a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e \u00e0 une baisse des cours mondiaux du caf\u00e9, provoqu\u00e9e par un surplus mondial du produit.<\/p>\n<p> Mais, une remont\u00e9e ult\u00e9rieure des prix ne semble pas avoir b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 aux petits producteurs de caf\u00e9 au Kenya, quelque chose qui est attribu\u00e9 en partie \u00e0 la longue cha\u00eene d&#39;interm\u00e9diaires qui d\u00e9tournent les profits &#8212; et \u00e0 une organisation mal structur\u00e9e de la commercialisation.<\/p>\n<p> &quot;Les agriculteurs doivent vendre leur caf\u00e9 \u00e0 travers les ench\u00e8res, ou \u00e0 travers les trois agents commerciaux nomm\u00e9s par la loi. Ces agents ont souvent indiqu\u00e9 que la production de caf\u00e9 est profitable, mais les agriculteurs ne re\u00e7oivent pas le b\u00e9n\u00e9fice. Cela pourrait \u00eatre en train de se perdre quelque part en chemin&quot;, affirme James Nyoro, directeur ex\u00e9cutif de &#39;Tegemeo Institute of Agriculture Policy and Development&#39; (Institut Tegemeo pour la politique agricole et le d\u00e9veloppement) \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 Egerton au Kenya.<\/p>\n<p> Nyoro a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS que la loi devrait autoriser les agriculteurs \u00e0 traiter directement avec les acheteurs afin qu&#39;ils puissent comprendre les exigences du march\u00e9, et changer leurs produits afin de satisfaire les besoins des acheteurs. Il croit que ceci pourrait se faire aux c\u00f4t\u00e9s des ench\u00e8res existantes.<\/p>\n<p> Les d\u00e9put\u00e9s semblent avoir tenu compte du conseil.<\/p>\n<p> Un projet de loi visant \u00e0 reformer le secteur du caf\u00e9, qui est actuellement en \u00e0 l&#39;\u00e9tude, permettrait aux agriculteurs d&#39;\u00eatre impliqu\u00e9s dans la commercialisation de leurs produits, estime Solomon Waweru, directeur ex\u00e9cutif de &#39;Coffee Board of Kenya&#39; (la Commission du caf\u00e9 du Kenya) &#8212; une institution gouvernementale.<\/p>\n<p> Par ailleurs, les petits fermiers font campagne pour un syst\u00e8me de vente directe : dans un m\u00e9morandum remis au ministre de l&#39;Agriculture \u00e0 la rencontre du d\u00e9but du mois, ils ont indiqu\u00e9 qu&#39;ils voulaient avoir acc\u00e8s aux acheteurs de caf\u00e9 et aux torr\u00e9facteurs.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 22 mai (IPS) &#8211; Lucy Wangui appr\u00e9ciait autrefois ses caf\u00e9iers, mais plus aujourd&#39;hui. Au lieu de cela, la petite fermi\u00e8re du centre du Kenya dit qu&#39;ils lui cr\u00e9ent plus de soucis qu&#39;ils n&#39;en valent la peine.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1],"tags":[],"class_list":["post-2969","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2969","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2969"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2969\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2969"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2969"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2969"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}