{"id":2943,"date":"2006-04-29T13:40:01","date_gmt":"2006-04-29T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/29\/fete-du-travail-le-chemin-de-croix-des-jeunes-pour-lemploi-au-burkina-faso\/"},"modified":"2006-04-29T13:40:01","modified_gmt":"2006-04-29T13:40:01","slug":"fete-du-travail-le-chemin-de-croix-des-jeunes-pour-lemploi-au-burkina-faso","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/29\/fete-du-travail-le-chemin-de-croix-des-jeunes-pour-lemploi-au-burkina-faso\/","title":{"rendered":"FETE DU TRAVAIL: Le chemin de croix des jeunes pour l&#39;emploi au Burkina Faso"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 avr (IPS) &#8211; Trois fois dans la semaine, depuis maintenant six mois, Ars\u00e8ne Sory refait le m\u00eame trajet, entre son domicile et le Centre d&#39;informations des jeunes sur l&#39;emploi et la formation (CIJEF), \u00e0 Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Ag\u00e9 de 32 ans et titulaire d&#39;une licence en sciences \u00e9conomiques, Sory fonde beaucoup d&#39;espoir sur les annonces du CIJEF, croyant y trouver un jour une offre qui lui ouvrira le fameux s\u00e9same de l&#39;emploi.<\/p>\n<p> En plus de sa formation th\u00e9orique, Sory a obtenu trois petits stages dans des cabinets comptables. Pour lui, la f\u00eate du travail (1er mai) n&#39;a pas encore une grande signification. &quot;Je viens au CIJEF pour lire les offres d&#39;emploi relatives \u00e0 la comptabilit\u00e9. C&#39;est l&#39;information que le centre peut offrir et des s\u00e9ances de formation, \u00e0 l&#39;intention des jeunes&quot;.<\/p>\n<p> A l&#39;instar de Sory, ils sont nombreux ces jeunes Ouagalais (habitants de Ouagadougou) qui affluent quotidiennement au CIJEF ainsi qu&#39;\u00e0 l&#39;Agence nationale pour la promotion de l&#39;emploi (ANPE), scrutant un horizon meilleur.<\/p>\n<p> Cr\u00e9\u00e9e en 2005, sur les cendres de l&#39;Office national de la promotion de l&#39;emploi (ONPE), l&#39;ANPE r\u00e9pond au souci du gouvernement d&#39;am\u00e9liorer les prestations de l&#39;institution et de l&#39;adapter au contexte actuel marqu\u00e9 par le probl\u00e8me du ch\u00f4mage.<\/p>\n<p> Avec un taux de placement aupr\u00e8s des entreprises du secteur priv\u00e9, de l&#39;ordre de 10 pour cent, le d\u00e9funt ONPE \u00e9tait visiblement d\u00e9pass\u00e9 et n&#39;arrivait plus \u00e0 jouer convenablement son r\u00f4le, selon les autorit\u00e9s burkinab\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est pour permettre aux Burkinab\u00e9 d&#39;acc\u00e9der \u00e0 des emplois d\u00e9cents aussi bien en milieu rural que dans les centres urbains, que l&#39;agence a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Adama Traor\u00e9, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;ANPE.<\/p>\n<p> &quot;A terme (en 2011), le processus de restructuration (de l&#39;ONPE), \u00e9valu\u00e9 \u00e0 53,1 millions de dollars, permettra \u00e0 l&#39;ANPE de cr\u00e9er 25.000 offres d&#39;emploi, de former 5.000 promoteurs, de promouvoir 3.100 postes de stages&quot;, affirme un document de pr\u00e9sentation de l&#39;agence. En outre, &quot;25.000 jeunes b\u00e9n\u00e9ficieront de formation professionnelle initiale et 10.000 artisans de perfectionnement&quot;.<\/p>\n<p> La restructuration de l&#39;ONPE est financ\u00e9e par l&#39;Etat qui compte ajouter plus de moyens et d&#39;ambitions pour renforcer la nouvelle agence et n\u00e9gocier des postes de stages payants dans des entreprises.<\/p>\n<p> A l&#39;instar des autres pays africains, le Burkina Faso est confront\u00e9 au probl\u00e8me du ch\u00f4mage et du sous-emploi qui affecte principalement les femmes et les jeunes.  &quot;Au Burkina Faso, les choses sont ainsi invers\u00e9es. Le ch\u00f4mage constitue la r\u00e8gle, contrairement \u00e0 ce qu&#39;on devrait attendre, et l&#39;emploi constitue l&#39;exception&quot;, d\u00e9plore Moussa Ou\u00e9draogo, un militant du Syndicat national des travailleurs de la sant\u00e9 humaine et animale.<\/p>\n<p> &quot;A Ouagadougou et Bobo-Dioulasso (les deux principales ville du pays), le taux de ch\u00f4mage est de 18,32 pour cent. Les villes secondaires connaissent, quant \u00e0 elles, un taux moyen de 10,10 pour cent, tandis qu&#39;au niveau des zones rurales, ce taux n&#39;exc\u00e8de pas un pour cent, avec un taux de sous-emploi de 40 pour cent&quot;, note Mady Traor\u00e9, un sociologue ayant men\u00e9 une \u00e9tude sur l&#39;emploi en 2005.  &quot;Le ch\u00f4mage se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre un ph\u00e9nom\u00e8ne essentiellement urbain, et 65 pour cent des ch\u00f4meurs ont moins de 24 ans&quot;, explique-t-il, ajoutant que 32 pour cent des demandeurs d&#39;emploi sont des femmes.<\/p>\n<p> Comparativement, le taux de ch\u00f4mage des deux plus grandes villes burkinab\u00e9 enregistrent un taux sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne r\u00e9gionale : Dakar, au S\u00e9n\u00e9gal (12 pour cent), Niamey, au Niger (13 pour cent), Abidjan, en C\u00f4te d&#39;Ivoire (14 pour cent), tandis que Cotonou, au B\u00e9nin, mais \u00e9galement Lom\u00e9, au Togo, et Bamako, au Mali sont en dessous de huit pour cent, selon une enqu\u00eate de l&#39;Union \u00e9conomique et mon\u00e9taire ouest-africaine (UEMOA), en 2004. L&#39;UEMOA regroupe huit Etats de l&#39;Afrique de l&#39;ouest.   &quot;Le ch\u00f4mage conventionnel n&#39;est qu&#39;une des manifestations des d\u00e9s\u00e9quilibres sur le march\u00e9 du travail. Il faut des initiatives hardies et non des discours pour l&#39;emploi des jeunes&quot;, explique \u00e0 IPS, Madeleine Traor\u00e9, militante syndicaliste de l&#39;enseignement secondaire au Burkina Faso, dont le premier fils, avec une ma\u00eetrise en sociologie, court toujours apr\u00e8s un emploi, depuis 2005.<\/p>\n<p> L&#39;une des solutions salvatrices pourrait venir du d\u00e9veloppement d&#39;un secteur priv\u00e9 dynamique, selon l&#39;\u00e9conomiste Moussa Nogo. Il faut &quot;encourager l&#39;initiative priv\u00e9e \u00e0 travers des all\u00e9gements fiscaux pour les entreprises. On ne peut en effet proclamer sa volont\u00e9 de cr\u00e9er des emplois et continuer \u00e0 maintenir une pression fiscale insupportable sur ces entreprises qui \u00e9paulent l&#39;Etat en mati\u00e8re de r\u00e9sorption du ch\u00f4mage&quot;.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 les mesures de restriction des recrutements dans la Fonction publique, li\u00e9es \u00e0 la mise en &#339;uvre des programmes d&#39;ajustement structurel, le secteur public recrute annuellement, depuis 1995, environ 3.000 demandeurs d&#39;emploi dans ce pays sah\u00e9lien enclav\u00e9 d&#39;Afrique de l&#39;ouest.  &quot;Cette ann\u00e9e, en ao\u00fbt prochain, plus de 4.000 recrutements seront op\u00e9r\u00e9s et concernent une dizaine de minist\u00e8res. C&#39;est un effort consid\u00e9rable de la part de l&#39;Etat, quand on sait que dans certains pays voisins, les concours d&#39;acc\u00e8s \u00e0 la Fonction publique sont rares&quot;, affirme \u00e0 IPS, Salia Kon\u00e9, un cadre du minist\u00e8re en charge de l&#39;emploi au Burkina Faso.<\/p>\n<p> &quot;Il faut une politique de plus en plus centr\u00e9e sur l&#39;auto-emploi. Les gens doivent arr\u00eater de penser qu&#39;ils doivent tous devenir des fonctionnaires&quot;, souligne Evelyne Barry, titulaire d&#39;une ma\u00eetrise en \u00e9conomie et qui g\u00e8re une mini-laiterie depuis 2002, gr\u00e2ce \u00e0 un cr\u00e9dit de 3.000 dollars obtenu d&#39;une coop\u00e9rative.  &quot;Les deux premi\u00e8res ann\u00e9es, j&#39;ai fonctionn\u00e9 \u00e0 perte, mais depuis l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, le bilan est positif. Il me faut d&#39;autres ressources pour agrandir la laiterie et \u00e9largir mon march\u00e9&quot;, souligne-t-elle \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Pour sa part, Alain Kam, poss\u00e8de un kiosque de ventes de fournitures de bureaux, depuis 2004, apr\u00e8s avoir pass\u00e9 sans succ\u00e8s quelques concours de la Fonction publique. &quot;J&#39;ai pu avoir acc\u00e8s \u00e0 un cr\u00e9dit de 3.800 dollars, qui m&#39;a permis de m&#39;installer \u00e0 mon propre compte&quot;. Mais, &quot;C&#39;est la croix et la banni\u00e8re pour avoir droit aux cr\u00e9dits. C&#39;est ouvert \u00e0 tous, mais est-ce que tous l&#39;obtiennent?&quot;, demande-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Je ne me plains pas trop. Seulement, la somme est insignifiante pour envisager de gros b\u00e9n\u00e9fices. L&#39;avantage est que je ne ch\u00f4me pas et je travaille pour moi-m\u00eame. Je r\u00eave d&#39;ouvrir un restaurant avec un autre cr\u00e9dit, l&#39;ann\u00e9e prochaine&quot;, ajoute Kam \u00e0 IPS.  &quot;Le ch\u00f4mage est un indicateur de tension sur le march\u00e9 du travail marquant le d\u00e9sajustement entre la demande et l&#39;offre. Un s\u00e9rieux effort doit \u00eatre consenti par les autorit\u00e9s pour appuyer les ch\u00f4meurs, notamment en mati\u00e8re d&#39;informations sur les perspectives d&#39;embauche&quot;, explique \u00e0 IPS, Mamou Konseibo, membre de l&#39;organisation non gouvernementale &#39;Agir&#39; qui oriente et forme des jeunes \u00e0 la recherche d&#39;emplois.<\/p>\n<p> Analysant les politiques d&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;emploi, Edouard Kabor\u00e9, responsable d&#39;une coop\u00e9rative villageoise \u00e0 Pabr\u00e9, pr\u00e8s de Ouagadougou, d\u00e9plore que les ruraux soient oubli\u00e9s. &quot;L&#39;emploi en milieu rural est le parent pauvre. On oublie souvent qu&#39;il faut cr\u00e9er des emplois pour freiner l&#39;exode rural et am\u00e9liorer les conditions de vie des jeunes surtout&quot;, dit-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Pr\u00e8s de 80 pour cent des 12 millions d&#39;habitants du Burkina Faso vivent dans des zones rurales, selon des estimations officielles.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 29 avr (IPS) &#8211; Trois fois dans la semaine, depuis maintenant six mois, Ars\u00e8ne Sory refait le m\u00eame trajet, entre son domicile et le Centre d&#39;informations des jeunes sur l&#39;emploi et la formation (CIJEF), \u00e0 Ouagadougou, la capitale du&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/29\/fete-du-travail-le-chemin-de-croix-des-jeunes-pour-lemploi-au-burkina-faso\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":316,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,7,20],"tags":[],"class_list":["post-2943","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-politique","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2943","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/316"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2943"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2943\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2943"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2943"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2943"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}