{"id":2938,"date":"2006-04-26T13:40:01","date_gmt":"2006-04-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/26\/developpement-cote-divoire-lassainissement-autonome-est-un-echec-dans-les-quartiers-precaires\/"},"modified":"2006-04-26T13:40:01","modified_gmt":"2006-04-26T13:40:01","slug":"developpement-cote-divoire-lassainissement-autonome-est-un-echec-dans-les-quartiers-precaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/26\/developpement-cote-divoire-lassainissement-autonome-est-un-echec-dans-les-quartiers-precaires\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-COTE D&#39;IVOIRE: L&#39;assainissement autonome est un \u00e9chec dans les quartiers pr\u00e9caires"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 26 avr (IPS) &#8211; A quelques m\u00e8tres de sa maison de fortune, qu&#39;il loue dans le quartier pr\u00e9caire d&#39;Adjouffou, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#39;a\u00e9roport international F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, \u00e0 Abidjan, M\u00e9laine Koffi, la trentaine, d\u00e9f\u00e8que librement en plein air en d\u00e9pit des regards curieux des passants.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>La cour commune, dans laquelle il r\u00e9side avec plusieurs autres coll\u00e8gues de travail, ne dispose pas de latrines. &#8220;La journ\u00e9e, on fait un effort d&#39;aller se mettre \u00e0 l&#39;aise non loin de la cl\u00f4ture de l&#39;a\u00e9roport. Mais la nuit tomb\u00e9e, face \u00e0 l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 grandissante, nous sommes oblig\u00e9s de le faire dans les environs de nos maisons&#8221;, raconte Koffi \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Koffi et ses coll\u00e8gues sont des travailleurs journaliers sur le site du Port d&#39;Abidjan, situ\u00e9 dans la zone industrielle de Vridi, non loin de Port-Bou\u00ebt, un ancien quartier populaire de la capitale \u00e9conomique de C\u00f4te d&#39;Ivoire. Ils travaillent en relais avec d&#39;autres contractuels, pour un salaire mensuel de 200 \u00e0 300 dollars.<\/p>\n<p>    Le constat est pratiquement identique dans tous les quartiers pr\u00e9caires d&#39;Abidjan. L&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable, \u00e0 l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, l&#39;assainissement de l&#39;environnement, la canalisation des eaux us\u00e9es et l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 demeurent de gros probl\u00e8mes. Pourtant, quelque 60 pour cent des 2,5 millions d&#39;habitants de la ville r\u00e9side dans ces quartiers insalubres, selon les services techniques du minist\u00e8re ivoirien de la Construction et de l&#39;Urbanisme.<\/p>\n<p>  Pour le Bureau national d&#39;\u00e9tudes techniques et de d\u00e9veloppement, c&#39;est le co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 de la vie qui a pouss\u00e9 les populations \u00e0 revenus modestes \u00e0 habiter ces sites non viabilis\u00e9s et manquant du minimum d&#39;installations sociales et sanitaires. Ces quartiers sont \u00e9galement confront\u00e9s au mauvais drainage des eaux pluviales, a constat\u00e9 IPS sur place.<\/p>\n<p> Selon les r\u00e9sidents, leurs faibles revenus ne leur permettent pas d&#39;habiter des maisons de luxe, avec souvent une famille nombreuse. Alors, ils pr\u00e9f\u00e8rent s&#39;entasser dans des habitations de fortune dans ces quartiers pr\u00e9caires, dont le loyer mensuel varie entre 10 et 40 dollars selon l&#39;espace, contre 100 et 1.000 dollars dans les zones hupp\u00e9es de la ville.<\/p>\n<p>  &#8220;Dans un sous-quartier, l&#39;on peut d\u00e9nombrer un WC (une toilette) et une douche pour 20 personnes qui partagent le m\u00eame compteur \u00e9lectrique et utilisent l&#39;eau de puits, sans aucune m\u00e9thode d&#39;hygi\u00e8ne. En cas d&#39;urgence pour les toilettes, les occupants vont d\u00e9f\u00e9quer dehors&#8221;, souligne l&#39;Institut national de la sant\u00e9 publique (INSP).   Selon l&#39;INSP, la gestion des excr\u00e9ments humains dans les quartiers pr\u00e9caires est essentiellement de type autonome (WC communautaires et latrines). Les autorit\u00e9s ont laiss\u00e9 aux r\u00e9sidents le soin de g\u00e9rer, eux-m\u00eames, leur environnement. Ce qui explique la construction des infrastructures telles que les WC communautaires et les latrines dont l&#39;usage peut \u00eatre \u00e0 p\u00e9age.  Il existe en moyenne un WC communautaire pour 1.000 habitants, indique l&#39;INSP. Dans un quartier comme Adjouffou de pr\u00e8s de 3.500 r\u00e9sidents, on en trouve deux, dont un construit par des religieux baptistes. Leur nombre insuffisant explique, selon l&#39;INSP, que les d\u00e9f\u00e9cations dans la nature restent encore importantes.  En outre, un seul quartier pr\u00e9caire, celui de l&#39;Abattoir de Port-Bou\u00ebt (sud d&#39;Abidjan), dispose d&#39;un \u00e9gout destin\u00e9 \u00e0 l&#39;\u00e9vacuation des eaux pluviales.   &#8220;Les eaux us\u00e9es domestiques, elles, sont essentiellement d\u00e9vers\u00e9es sur le sol dans tous les quartiers pr\u00e9caires, avec une petite proportion de un \u00e0 22 pour cent rejet\u00e9 dans des fosses&#8221;, reconna\u00eet le maire de la commune de Port-Bou\u00eat, Hortense Aka Anghui.  En effet, compte tenu du syst\u00e8me des \u00e9gouts tr\u00e8s co\u00fbteux pour l&#39;Etat et du surpeuplement de la ville d&#39;Abidjan au lendemain de la crise politico-militaire, le principe de l&#39;assainissement autonome avait \u00e9t\u00e9 retenu par les autorit\u00e9s pour les populations de certains quartiers. Elles devraient assurer un assainissement quotidien de leur environnement.<\/p>\n<p>  &#8220;Nous nous sommes rendu compte que cette m\u00e9thode est rest\u00e9e sur une note d&#39;\u00e9chec&#8221;, avait indiqu\u00e9 l&#39;ancien ministre ivoirien du Plan et du D\u00e9veloppement, Boniface Britto, en juin 2005. &#8220;Les pratiques anciennes ont toujours cours. On d\u00e9verse l&#39;eau sur la voie, certains espaces sont transform\u00e9s en d\u00e9potoirs o\u00f9 les habitants vont satisfaire toutes sortes de besoins&#8221;, avait-t-il regrett\u00e9.    Depuis le 19 septembre 2002, la C\u00f4te d&#39;Ivoire est divis\u00e9e en deux \u00e0 la suite d&#39;une tentative de coup d&#39;\u00e9tat manqu\u00e9, suivie d&#39;une insurrection arm\u00e9e ayant conduit \u00e0 une r\u00e9bellion qui occupe la moiti\u00e9 nord du pays. Les insurg\u00e9s soutiennent avoir pris les armes pour lutter contre l&#39;exclusion pr\u00e9sum\u00e9e de la population de la partie septentrionale de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest. Les fonctionnaires travaillant et les populations originaires du sud ont fui les zones occup\u00e9es par les rebelles pour s&#39;installer \u00e0 Abidjan.<\/p>\n<p>  Les diff\u00e9rentes m\u00e9diations entreprises pour ramener le pays \u00e0 la paix se sont sold\u00e9es par des \u00e9checs. Pendant qu&#39;un autre processus politique est dans l&#39;impasse actuellement, les populations continuent de souffrir, m\u00eame dans la capitale \u00e9conomique o\u00f9 il est difficile, pour certaines, de se procurer de l&#39;eau potable \u00e0 boire.<\/p>\n<p>  &#8220;Chez nous ici, nous avons une alimentation de fortune en eau potable et les habitants pr\u00e9f\u00e8rent l&#39;eau des puits traditionnels, pendant que d&#39;autres utilisent l&#39;eau potable pour leurs besoins domestiques dans les quartiers riches&#8221;, a dit \u00e0 IPS, Franck Toualy, r\u00e9sident du quartier pr\u00e9caire dangereux appel\u00e9 &#39;Zimbabwe&#39;, dans la zone industrielle de Vridi.  Ce qui rend la sant\u00e9 de la population de plus en plus pr\u00e9caire aussi dans ces quartiers. &#8220;Nous enregistrons 64 pour cent de malades dans cette population, dont 70 pour cent des enfants de z\u00e9ro \u00e0 huit ans est plus touch\u00e9 par la diarrh\u00e9e et le paludisme&#8221;, explique Dr Germain Gour\u00e8ne de l&#39;INSP.<\/p>\n<p>  Face au manque d&#39;\u00e9quipements ad\u00e9quats pour ces quartiers et en faute d&#39;une politique efficace de d\u00e9veloppement urbain, les autorit\u00e9s ivoiriennes semblent avoir opt\u00e9 pour l&#39;\u00e9preuve de force : faire d\u00e9guerpir les populations de ces diff\u00e9rents quartiers insalubres.   Depuis le 18 avril, les habitants du plus grand quartier pr\u00e9caire d&#39;Abidjan, Gob\u00e9l\u00e9 (\u00e0 Cocody, un quartier chic), ont re\u00e7u de la municipalit\u00e9 une mise en demeure de d\u00e9guerpissement.  Une d\u00e9cision que n&#39;approuve pas Paul Akra, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration des habitants des quartiers pr\u00e9caires et des villages enclav\u00e9s de C\u00f4te d&#39;Ivoire. &#8220;Il n&#39;est pas question que les populations d\u00e9favoris\u00e9es soient chass\u00e9es de leurs maisons. Nous allons rencontrer les autorit\u00e9s comp\u00e9tentes pour en discuter&#8221;, a-t-il affirm\u00e9 \u00e0 IPS.   Comme Gobel\u00e9, de nombreux autres quartiers pr\u00e9caires de la capitale \u00e9conomique sont sous la m\u00eame menace des mairies qui, pour des raisons financi\u00e8res, c\u00e8dent ces sites \u00e0 des promoteurs pour construire des complexes industriels, sans vouloir recaser ailleurs les r\u00e9sidents somm\u00e9s de d\u00e9guerpir, ni leur accorder une compensation financi\u00e8re.<\/p>\n<p> &#8220;Nous pensons que la solution n&#39;est pas celle-l\u00e0. Il ne sert \u00e0 rien d&#39;utiliser des moyens disproportionn\u00e9s pour chasser les populations. Il y a bien une raison qui les a conduites \u00e0 s&#39;installer sur ces sites, pour certains depuis plusieurs d\u00e9cennies&#8221;, a soulign\u00e9 Akra.<\/p>\n<p>  &#8220;Ce qui serait le mieux, c&#39;est de construire progressivement des habitations d\u00e9centes, en cr\u00e9ant un environnement sain aux populations. Et envisager, par la suite, l&#39;urbanisation et la modernisation de ces quartiers pr\u00e9caires&#8221;, sugg\u00e8re-t-il.  A une rencontre, mardi, les autorit\u00e9s municipales ont d\u00e9cid\u00e9 de reloger les r\u00e9sidents de Gobel\u00e9 sur un autre site, comme ce fut le cas du quartier pr\u00e9caire de Washington (\u00e0 Cocody), dont les habitants d\u00e9guerpis ont \u00e9t\u00e9 relog\u00e9s \u00e0 Abobo, un autre ancien quartier d&#39;Abidjan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 26 avr (IPS) &#8211; A quelques m\u00e8tres de sa maison de fortune, qu&#39;il loue dans le quartier pr\u00e9caire d&#39;Adjouffou, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l&#39;a\u00e9roport international F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, \u00e0 Abidjan, M\u00e9laine Koffi, la trentaine, d\u00e9f\u00e8que librement en plein air en d\u00e9pit&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/26\/developpement-cote-divoire-lassainissement-autonome-est-un-echec-dans-les-quartiers-precaires\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,1,3],"tags":[],"class_list":["post-2938","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2938"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2938\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}