{"id":2934,"date":"2006-04-23T13:40:01","date_gmt":"2006-04-23T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/23\/droits-rdc-la-condamnation-des-soldats-violeurs-redonne-lespoir-adautres-femmes-victimes\/"},"modified":"2006-04-23T13:40:01","modified_gmt":"2006-04-23T13:40:01","slug":"droits-rdc-la-condamnation-des-soldats-violeurs-redonne-lespoir-adautres-femmes-victimes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/23\/droits-rdc-la-condamnation-des-soldats-violeurs-redonne-lespoir-adautres-femmes-victimes\/","title":{"rendered":"DROITS-RDC: La condamnation des soldats violeurs redonne l&#39;espoir \u00e0d&#39;autres femmes victimes"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 23 avr (IPS) &#8211; Songo Mboyo, une petite localit\u00e9 perdue dans la for\u00eat \u00e9quatoriale congolaise, dans province septentrionale de l&#39;Equateur, entre dans l&#39;histoire comme symbole de la fin de l&#39;impunit\u00e9 contre les viols collectifs en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> Tr\u00e8s peu de gens en ont entendu parler en RDC auparavant. Situ\u00e9e \u00e0 500 kilom\u00e8tres au nord de Mbandaka, la capitale de la province de l&#39;Equateur, la localit\u00e9 de Songo Mboyo est l&#39;objet d&#39;une triste actualit\u00e9 \u00e0 la suite de la condamnation \u00e0 perp\u00e9tuit\u00e9 de sept soldats congolais pour crimes contre l&#39;humanit\u00e9. Ils \u00e9taient poursuivis par la justice militaire pour viols d&#39;au moins 119 femmes dont en majorit\u00e9 de jeunes filles mineures, dans la nuit du 21 et 22 d\u00e9cembre 2003.  Le proc\u00e8s qui, pour des raisons p\u00e9dagogiques, a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 d&#39;un retentissement international, servira probablement de le\u00e7on aux \u00e9ventuels auteurs d&#39;atrocit\u00e9s similaires, estiment des analystes. La condamnation des soldats avait \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e le 12 avril 2006.<\/p>\n<p> Le verdict du proc\u00e8s de Songo Mboyo a \u00e9t\u00e9 favorablement accueilli par la majorit\u00e9 des Congolais qui commencent progressivement \u00e0 int\u00e9rioriser le concept de crimes contre l&#39;humanit\u00e9. Ils souhaitent toutefois que la justice militaire aille jusqu&#39;au bout de sa logique en poursuivant tous les militaires auteurs des atrocit\u00e9s.  Les viols ont eu lieu, en d\u00e9cembre 2003, pendant que l&#39;\u00e9tat-major g\u00e9n\u00e9ral des Forces arm\u00e9es de la RDC (FARDC) proc\u00e9dait aux op\u00e9rations de brassage de l&#39;arm\u00e9e, de d\u00e9mobilisation et de r\u00e9insertion des militaires qui avaient choisi de rentrer dans la vie civile. Bon nombre des militaires, qui ont pris part aux atrocit\u00e9s, ne se trouvaient plus \u00e0 Songo Mboyo pendant l&#39;instruction du proc\u00e8s et ont \u00e9chapp\u00e9 aux griffes de la justice \u00e0 la grande col\u00e8re de certaines femmes victimes de la localit\u00e9.  &#8220;Nous n&#39;avons pas vu tous les hommes qui avaient particip\u00e9 aux viols collectifs de 2003. Nous exigeons qu&#39;on les retrouve et qu&#39;on les juge comme les autres&#8221;, s&#39;\u00e9crie Marie-Rose Samba*, une femme victime de viol que la Mission des observateurs des Nations Unies au Congo (MONUC) avait transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 Mbandaka, pour des soins appropri\u00e9s. Elle avait tenu \u00e0 assister au proc\u00e8s de Songo Mboyo.<\/p>\n<p> Le proc\u00e8s de Songo Mboyo, c&#39;est \u00e9galement celui de la justice congolaise accus\u00e9e par la MONUC et les organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile de &quot;complaisance avec les auteurs des crimes&quot;. Selon Marcella Fabreto de la section des droits de l&#39;Homme de la MONUC, la collaboration entre la justice congolaise et la MONUC n&#39;a as \u00e9t\u00e9 des plus parfaites dans la traque des auteurs des crimes de Songo Mboyo.  &quot;Tout n&#39;a pas \u00e9t\u00e9 parfait dans notre collaboration avec le gouvernement congolais dans le dossier Songo Mboyo&quot;, dit-elle \u00e0 IPS. Certaines personnes, \u00e0 plusieurs niveaux, ont visiblement entrav\u00e9 les enqu\u00eates de la MONUC. &quot;Il y a eu des situations o\u00f9 la MONUC, apr\u00e8s avoir rep\u00e9r\u00e9 les militaires fautifs, n&#39;a pas eu l&#39;assistance n\u00e9cessaire de la part du gouvernement congolais. Nous avions des noms et cherchions \u00e0 identifier les militaires dans des camps de brassage, mais nous n&#39;y avons pas eu acc\u00e8s&quot;.<\/p>\n<p> Ces militaires pr\u00e9sum\u00e9s coupables de viols collectifs appartenaient au 9\u00e8me bataillon des FARDC, essentiellement compos\u00e9 d&#39;\u00e9l\u00e9ments de l&#39;ex-r\u00e9bellion du Mouvement de lib\u00e9ration du Congo (MLC) de Jean-Pierre Bemba, actuel vice-pr\u00e9sident du gouvernement de transition, charg\u00e9 de l&#39;Economie et des Finances. Conform\u00e9ment \u00e0 la logique des composantes politiques, ces soldats auraient b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 du parapluie protecteur de Bemba.  Ce que confirme, apr\u00e8s enqu\u00eate, Jean-Carlos Bomba, activiste des droits humains, bas\u00e9 \u00e0 Mbandaka. &#8220;Les ONG de d\u00e9fense des droits de l&#39;Homme s&#39;\u00e9taient engag\u00e9es pour d\u00e9tecter les militaires impliqu\u00e9s dans les viols collectifs de Songo Mboyo. Nous avons r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9tablir les noms et grades des militaires recherch\u00e9s, mais rien n&#39;a \u00e9t\u00e9 fait pour les arr\u00eater et les traduire en justice&#8221;.<\/p>\n<p> Au terme du proc\u00e8s, le gouvernement congolais a \u00e9t\u00e9 d\u00e9clar\u00e9 civilement responsable des actes commis par la force publique. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 par le tribunal \u00e0 d\u00e9dommager les victimes : 10.000 dollars pour la famille d&#39;une femme qui est morte \u00e0 la suite du viol, et 5.000 dollars \u00e0 chacune des autres victimes. Les familles, dont les maisons avaient \u00e9t\u00e9 pill\u00e9es, recevront entre 200 et 500 dollars.  Par ailleurs, le proc\u00e8s de Songo Mboyo remet, sous les projecteurs de l&#39;actualit\u00e9, des crimes particuli\u00e8rement plus violents commis contre les femmes congolaises dans d&#39;autres localit\u00e9s du pays. Des habitants de Makobola et Kasika, dans la province du Sud-Kivu (est du pays), o\u00f9 des femmes ont \u00e9t\u00e9 mutil\u00e9es et enterr\u00e9es vivantes, crient justice et exigent un proc\u00e8s en r\u00e8gle.  &#8220;Le proc\u00e8s de Songo Mboyo nous redonne l&#39;espoir que les crimes commis \u00e0 Makobola et Kasika ne resteront pas impunis&#8221;, confie \u00e0 IPS, Christophe Mulindwa, parent d&#39;une des victimes de Makobola.  Des femmes ont \u00e9t\u00e9 viol\u00e9es en masse dans plusieurs autres r\u00e9gions du pays par diff\u00e9rents groupes arm\u00e9s. Durant les r\u00e9bellions, le viol des femmes a m\u00eame \u00e9t\u00e9 d\u00e9nonc\u00e9 comme faisant partie de la strat\u00e9gie de guerre des arm\u00e9es rebelles.  Les atrocit\u00e9s de Makobola et Kasika, commises en 1999, et dont un livre blanc a \u00e9t\u00e9 tir\u00e9 par le minist\u00e8re congolais des Droits humains, auraient \u00e9t\u00e9 perp\u00e9tr\u00e9es, selon les ressortissants de ces localit\u00e9s, par la r\u00e9bellion du RCD-Goma (Rassemblement congolais pour la d\u00e9mocratie, aile Goma, soutenue par le Rwanda) qui s&#39;en est toujours d\u00e9fendue.  &#8220;Les atrocit\u00e9s pr\u00e9sum\u00e9es de Makobola et de Kasika rel\u00e8vent d&#39;une propagande politicienne de l&#39;ancien gouvernement sous Laurent D\u00e9sir\u00e9 Kabila, destin\u00e9e \u00e0 ternir l&#39;image de notre mouvement aupr\u00e8s de la population congolaise&#8221;, a r\u00e9torqu\u00e9 le d\u00e9put\u00e9 Mo\u00efse Nyarugabo, pr\u00e9sident du groupe parlementaire du RCD \u00e0 l&#39;Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n<p> En outre, des pygm\u00e9es, en majorit\u00e9 des femmes, ont \u00e9t\u00e9 massacr\u00e9s et mang\u00e9s par des militaires rebelles dans la for\u00eat de Mambasa, dans la province de l&#39;Equateur, des crimes confirm\u00e9s par Monseigneur Paluku Sikuli du dioc\u00e8se de Butembo-Beni et des journalistes d\u00e9p\u00each\u00e9s sur place.  Autant de crimes rest\u00e9s impunis jusqu&#39;ici. Des militaires appartenant au MLC de Bemba avaient \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s, \u00e0 l&#39;\u00e9poque, d&#39;actes d&#39;anthropophagie dans cette province par des sources locales religieuses et de la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n<p>Mais, le chef du MLC avait rejet\u00e9 ces accusations.<\/p>\n<p> Le proc\u00e8s de Songo Mboyo r\u00e9veille les consciences au moment o\u00f9 certaines organisations de la soci\u00e9t\u00e9 civile congolaise exigent la cr\u00e9ation d&#39;un Tribunal international pour la RDC aux fins de juger des crimes qui ne seront pas pris en compte par la Cour p\u00e9nale internationale (CPI). La CPI est en effet comp\u00e9tente pour des crimes commis apr\u00e8s 2002, ann\u00e9e de sa cr\u00e9ation.  L&#39;archev\u00eaque de Kisangani, Mgr Laurent Monsengwo, s&#39;en \u00e9tait fait le porte-parole aupr\u00e8s du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies lors de sa visite dans cette ville, en mars dernier. &#8220;On ne peut pas parler de r\u00e9conciliation nationale si des crimes d&#39;une rare atrocit\u00e9 demeurent impunis&#8221;, avait-il d\u00e9clar\u00e9 apr\u00e8s son entretien avec Kofi Annan.  * (Un nom d&#39;emprunt pour prot\u00e9ger l&#39;identit\u00e9 de la victime).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 23 avr (IPS) &#8211; Songo Mboyo, une petite localit\u00e9 perdue dans la for\u00eat \u00e9quatoriale congolaise, dans province septentrionale de l&#39;Equateur, entre dans l&#39;histoire comme symbole de la fin de l&#39;impunit\u00e9 contre les viols collectifs en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/04\/23\/droits-rdc-la-condamnation-des-soldats-violeurs-redonne-lespoir-adautres-femmes-victimes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,30],"tags":[],"class_list":["post-2934","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2934","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2934"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2934\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2934"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2934"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2934"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}