{"id":2875,"date":"2006-03-07T13:40:01","date_gmt":"2006-03-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/03\/07\/journee-intle-des-femmes-elles-prennent-dassaut-tous-les-secteurs-auburkina-et-ailleurs\/"},"modified":"2006-03-07T13:40:01","modified_gmt":"2006-03-07T13:40:01","slug":"journee-intle-des-femmes-elles-prennent-dassaut-tous-les-secteurs-auburkina-et-ailleurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2006\/03\/07\/journee-intle-des-femmes-elles-prennent-dassaut-tous-les-secteurs-auburkina-et-ailleurs\/","title":{"rendered":"JOURNEE INT&#39;LE DES FEMMES: Elles prennent d&#39;assaut tous les secteurs auBurkina et ailleurs"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 7 mars (IPS) &#8211; Depuis deux d\u00e9cennies, les femmes du Burkina Faso sont de plus en plus pr\u00e9sentes dans le domaine des affaires avec plus ou moins de r\u00e9ussite.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>L&#39;engagement des femmes burkinab\u00e9 dans les affaires et leur d\u00e9termination \u00e0 y r\u00e9ussir correspondent bien au th\u00e8me de la comm\u00e9moration, le 8 mars cette ann\u00e9e, de la Journ\u00e9e internationale des femmes, d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e par les Nations Unies : &quot;Les femmes dans les prises de d\u00e9cision : relever des d\u00e9fis, insuffler des changements&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Cette perc\u00e9e f\u00e9minine dans le monde des affaires, tout comme dans le domaine politique, s&#39;explique par les effets b\u00e9n\u00e9fiques de l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;\u00e9ducation, et l&#39;influence du mod\u00e8le occidental&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Fatimata Coulibaly, une sociologue bas\u00e9e \u00e0 Ouagaddougou, la capitale du Burkina Faso.<\/p>\n<p> Autrefois pr\u00e9sentes particuli\u00e8rement dans les secteurs de l&#39;agriculture, la culture mara\u00eech\u00e8re, la production alimentaire, artisanale, les femmes aspirent d\u00e9sormais \u00e0 jouer dans la cour des hommes.<\/p>\n<p> Organis\u00e9es en groupements ou individuellement, les femmes d&#39;affaires partent aujourd&#39;hui \u00e0 la recherche de toutes les opportunit\u00e9s. On les retrouve dans presque tous les secteurs \u00e9conomiques, du b\u00e2timent \u00e0 l&#39;huilerie, en passant par l&#39;import-export.<\/p>\n<p> L&#39;aura et le savoir-faire de certaines d&#39;entre elles ont d\u00e9pass\u00e9 les fronti\u00e8res nationales et les ont impos\u00e9es comme des partenaires incontournables pour bien d&#39;investisseurs \u00e9trangers.<\/p>\n<p> Aliz\u00e9ta Ou\u00e9draogo, la cinquantaine, est la pr\u00e9sidente directrice g\u00e9n\u00e9rale du groupe Tan-Aliz, une entreprise sp\u00e9cialis\u00e9e dans le travail des peaux et cuirs, qu&#39;elle a cr\u00e9\u00e9e en 1995, avec un investissement d&#39;environ 32 millions de dollars, \u00e9tal\u00e9 sur six ans, avec l&#39;appui des banques locales.  Mais elle est partie d&#39;une petite unit\u00e9 industrielle, les &#39;Etablissements Ou\u00e9draogo Aliz\u00e9ta&quot;, qu&#39;elle avait cr\u00e9\u00e9e en 1986 et qui travaillait d\u00e9j\u00e0 sur des peaux et cuirs. Et quand en 1991, sous la pression des institutions de Bretton Woods, le Burkina s&#39;est engag\u00e9 dans un vaste programme de privatisation, Aliz\u00e9ta a rachet\u00e9 coup sur coup la Soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e9 de manufacture et de cuirs, et la Soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e9 des cuirs et peaux.  Son groupe est consid\u00e9r\u00e9 aujourd&#39;hui comme &quot;l&#39;une des plus importantes entreprises de tannerie en Afrique de l&#39;ouest&quot;, selon la Chambre de commerce, de l&#39;industrie et de l&#39;artisanat du Burkina Faso (CCIA-BF).  L&#39;entreprise est rentable car c&#39;est un secteur exclusivement tourn\u00e9 vers l&#39;ext\u00e9rieur, avec un chiffre d&#39;affaires d&#39;environ 12,9 millions de dollars en 2004, selon la CCIA-BF. Tan-Aliz emploie pr\u00e8s de 210 personnes, sans compter quelque 200 collaborateurs occasionnels qui lui rapportent les peaux d&#39;animaux de l&#39;int\u00e9rieur du pays.<\/p>\n<p> Le groupe exporte des peaux d\u00e9j\u00e0 tann\u00e9es et revend au Burkina des produits en cuir fabriqu\u00e9s par ses partenaires europ\u00e9ens et asiatiques, notamment.<\/p>\n<p> Aliz\u00e9ta, qui est \u00e9galement vice-pr\u00e9sidente de la CCIA-BF, est actuellement l&#39;une des plus grosses fortunes du pays. &quot;Je voyage beaucoup en Asie, en Europe et en Am\u00e9rique \u00e0 la conqu\u00eate des march\u00e9s ou pour rencontrer mes partenaires&quot;, confie-t-elle \u00e0 IPS, mais elle parle tr\u00e8s peu \u00e0 la presse.  Les cuirs et peaux repr\u00e9sentent 4,9 pour cent du volume des produits burkinab\u00e9 export\u00e9s, selon le minist\u00e8re du Commerce.<\/p>\n<p> Mais Aliz\u00e9ta ne s&#39;est pas seulement limit\u00e9e au cuir car \u00e0 la fin de 1997, elle a d\u00e9cid\u00e9 de se lancer dans l&#39;immobilier en cr\u00e9ant &#39;Azimmo&#39;, la premi\u00e8re soci\u00e9t\u00e9 immobili\u00e8re priv\u00e9e du Burkina Faso.<\/p>\n<p> Lorsque le gouvernement burkinab\u00e9 a opt\u00e9 pour la privatisation de la Soci\u00e9t\u00e9 de construction et de gestion immobili\u00e8re du Burkina, en 2001, Aliz\u00e9ta, qui est proche du pouvoir et un chef d&#39;entreprise dynamique et bon gestionnaire, est d\u00e9sign\u00e9e comme adjudicataire pour un montant de quelque 3,2 millions de dollars.<\/p>\n<p> Avec un chiffre d&#39;affaires de 5,6 millions de dollars en 2004, Azimmo est une entreprise rentable gr\u00e2ce \u00e0 une demande forte dans le secteur. La soci\u00e9t\u00e9 dispose de six grandes cit\u00e9s d&#39;habitation \u00e0 Ouagadougou. La soci\u00e9t\u00e9 est l&#39;un des actionnaires de la Banque de l&#39;habitat, qui sera ouverte en mai prochain. Ce qui prouve que le secteur est en croissance, explique un \u00e9conomiste \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Pour sa part, Henriette Kabor\u00e9, directrice g\u00e9n\u00e9rale de B\u00e2timents-travaux-publics-maintenance (BTM), est l&#39;une des rares femmes au sommet dans ce secteur de construction au Burkina Faso. Son entreprise a r\u00e9alis\u00e9 d&#39;importants b\u00e2timents, comme les si\u00e8ges de l&#39;Office national de l&#39;eau et de l&#39;assainissement, en 2005, de la Banque commerciale du Burkina en 2003, et deux amphith\u00e9\u00e2tres \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Ouagadougou, la m\u00eame ann\u00e9e.<\/p>\n<p> Kabor\u00e9 a encore remport\u00e9 l&#39;avis d&#39;appel d&#39;offres international pour la construction d&#39;un poste de contr\u00f4le juxtapos\u00e9 \u00e0 la fronti\u00e8re du Burkina et du Togo. Edifi\u00e9 sur sept hectares, ce chef-d&#39;&#339;uvre architectural de 7,5 millions de dollars, qui sera compl\u00e8tement achev\u00e9 en fin avril 2006, renforce davantage la cr\u00e9dibilit\u00e9 de BTM.<\/p>\n<p> Un employ\u00e9 sur les chantiers de Kabor\u00e9, qui a requis l&#39;anonymat, a confi\u00e9 \u00e0 IPS, que &quot;La patronne n&#39;est jamais satisfaite. Elle pense toujours qu&#39;on peut faire mieux! Sa rigueur nous am\u00e8ne \u00e0 nous surpasser&quot;.<\/p>\n<p> Elle a \u00e9t\u00e9 distingu\u00e9e en d\u00e9cembre 2005, \u00e0 Gen\u00e8ve, par le Prix du Conseil de la fondation pour l&#39;excellence dans la pratique des affaires. Kabor\u00e9 est \u00e9galement membre consulaire de la CCIA-BF et du Club des hommes d&#39;affaires franco-burkinab\u00e9.<\/p>\n<p> De son C\u00f4t\u00e9, Simone Zoundi, a fait de l&#39;agroalimentaire son domaine de pr\u00e9dilection. La Soci\u00e9t\u00e9 de produits alimentaires (SODEPAL), qu&#39;elle a fond\u00e9e en 1992, est vite devenue une r\u00e9f\u00e9rence. La SODEPAL, qui b\u00e9n\u00e9ficie du partenariat avec Nutriset (France), participe toujours aux grandes rencontres nationales et internationales dans le domaine.<\/p>\n<p> Ses produits fabriqu\u00e9s \u00e0 base de c\u00e9r\u00e9ales locales sont commercialis\u00e9s au Burkina Faso et \u00e0 l&#39;\u00e9tranger. &quot;SODEPAL a donn\u00e9 la preuve que nous pouvons valoriser nos produits locaux. C&#39;est une question de choix politique et d&#39;efficaces mesures d&#39;accompagnement&quot;, explique \u00e0 IPS, Moussa Ou\u00e9draogo, un \u00e9conomiste.<\/p>\n<p> &quot;On n&#39;a rien \u00e0 reprocher \u00e0 la qualit\u00e9 nutritionnelle des produits SODEPAL, seulement, les Burkinab\u00e9 ont un complexe. Ils pr\u00e9f\u00e8rent ce qui vient de loin, m\u00eame si la qualit\u00e9 n&#39;est pas av\u00e9r\u00e9e&quot;, indique \u00e0 IPS, Moctar Zougnooma, un nutritionniste.<\/p>\n<p> Simone Zoundi, 60 ans environ, est la cheville ouvri\u00e8re et membre fondatrice de la F\u00e9d\u00e9ration des industries agroalimentaires du Burkina Faso. Elle a \u00e9t\u00e9 membre fondatrice de l&#39;Association des femmes chefs d&#39;entreprise, fondatrice et pr\u00e9sidente de l&#39;Union africaine des femmes managers.  Le Burkina a inaugur\u00e9 depuis 2003 des Journ\u00e9es \u00e9conomiques en direction des investisseurs. C&#39;\u00e9tait en France et en Suisse, en 2004; le Canada et la Malaisie, en 2005. A chacune de ses missions, les femmes d&#39;affaires n&#39;ont pas \u00e9t\u00e9 oubli\u00e9es puisqu&#39;elles \u00e9taient, selon la CCIAB-BF, une dizaine parmi la cinquantaine d&#39;entrepreneurs burkinab\u00e9 ayant effectu\u00e9 chacun de ces voyages.<\/p>\n<p> L&#39;admission du Burkina Faso, en d\u00e9cembre 2004, \u00e0 la Loi sur la croissance et les opportunit\u00e9s \u00e9conomiques en Afrique (AGOA) des Etats-Unis, encouragera probablement des femmes op\u00e9rant dans le textile, comme Sata Taminini qui, depuis deux ans, parcourt les foires \u00e0 la recherche de partenaires, estime Ou\u00e9draogo.<\/p>\n<p> Ouvert en avril 2004, le Centre financier pour les entreprises de Ouagadougou, qui contribue \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9, a octroy\u00e9, au cours de sa premi\u00e8re ann\u00e9e d&#39;activit\u00e9s, environ 1,9 million de dollars de cr\u00e9dits, dont 29 pour cent destin\u00e9s \u00e0 des femmes chefs d&#39;entreprise.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 7 mars (IPS) &#8211; Depuis deux d\u00e9cennies, les femmes du Burkina Faso sont de plus en plus pr\u00e9sentes dans le domaine des affaires avec plus ou moins de r\u00e9ussite.<\/p>\n","protected":false},"author":316,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,30],"tags":[],"class_list":["post-2875","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2875","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/316"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2875"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2875\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2875"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2875"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2875"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}