{"id":2749,"date":"2005-11-24T13:40:01","date_gmt":"2005-11-24T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/11\/24\/population-du-bon-et-du-mauvais-pour-les-zimbabweens-qui-braventlafrique-du-sud\/"},"modified":"2005-11-24T13:40:01","modified_gmt":"2005-11-24T13:40:01","slug":"population-du-bon-et-du-mauvais-pour-les-zimbabweens-qui-braventlafrique-du-sud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/11\/24\/population-du-bon-et-du-mauvais-pour-les-zimbabweens-qui-braventlafrique-du-sud\/","title":{"rendered":"POPULATION: Du bon et du mauvais pour les Zimbabw\u00e9ens qui braventl&#39;Afrique du Sud"},"content":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 24 nov (IPS) &#8211; Dans les halls miteux de l&#39;h\u00f4tel, un membre du personnel parle au t\u00e9l\u00e9phone. &quot;Tau a \u00e9t\u00e9 tu\u00e9e&quot;, affirme-t-il. &quot;Je ne peux pas dire qui a fait cela, mais Memo a d\u00e9couvert le corps&quot;.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n La femme d\u00e9c\u00e9d\u00e9e \u00e9tait une prostitu\u00e9e qu&#39;on peut apercevoir dans la chambre qu&#39;elle utilisait \u00e0 peine envelopp\u00e9e d&#39;un couvre-lit piqu\u00e9, une blessure provoqu\u00e9e par un fil t\u00e9l\u00e9phonique autour de son cou. Elle semble avoir re\u00e7u plusieurs coups de couteau, puisque du sang frais t\u00e2chait son chemisier. A partir de ce que votre correspondant peut dire, il y a des signes d&#39;une lutte.<\/p>\n<p> Tr\u00e8s vite, cinq femmes habill\u00e9es en jeans serr\u00e9s, d\u00e9lav\u00e9s entrent dans l&#39;h\u00f4tel et demandent ce qui s&#39;est pass\u00e9. &quot;Qui l&#39;a tu\u00e9e?&quot;, demande l&#39;une d&#39;elles, d&#39;un ton neutre. &quot;Nous voulons savoir si elle est membre de notre groupe ou non&quot;.<\/p>\n<p> Lorsqu&#39;il est apparu que ce n&#39;est pas le cas, les femmes semblaient soulag\u00e9es et ont d\u00e9clar\u00e9 en Ndebele, une des langues utilis\u00e9es au Zimbabwe : &quot;Les filles, elle n&#39;est pas des n\u00f4tres. Elle n&#39;est pas de Bulawayo&quot;.<\/p>\n<p>Bulawayo est la seconde plus grande ville du Zimbabwe.<\/p>\n<p> L&#39;\u00e9pisode rappelle non seulement les dangers qui menacent dans cette zone de Johannesburg &#8212; la tristement c\u00e9l\u00e8bre banlieue de Hillbrow, \u00e0 forte densit\u00e9 &#8212; mais \u00e9galement le degr\u00e9 auquel les Zimbabw\u00e9ens ont fait de l&#39;Afrique du Sud voisine leur maison, pour la plupart, ill\u00e9galement.<\/p>\n<p> Quelque 2,5 millions de personnes ont travers\u00e9 la fronti\u00e8re, emmenant parfois des tensions ethniques dans leurs bagages.<\/p>\n<p> Une prostitu\u00e9e zimbabw\u00e9enne interrog\u00e9e par IPS a dit que certains migrants Ndebele accusaient leurs homologues Shona d&#39;avoir ruin\u00e9 le Zimbabwe en votant continuellement pour le pr\u00e9sident Robert Mugabe et son &#39;Zimbabwe African National Union-Patriotic Front&#39; (ZANU) au pouvoir.<\/p>\n<p> Un homme Ndebele qui vit \u00e0 Hillbrow avait fait des observations similaires : &quot;Je hais les Shonas. Nous ne pouvons pas travailler ensemble&#8230;pas du tout!&quot;, s&#39;est-il exclam\u00e9.<\/p>\n<p> Certains Ndebele se rappellent trop bien le &quot;Gukurahundi&quot;. Cette expression Shona signifie &quot;la premi\u00e8re pluie qui enl\u00e8ve la menue paille avant les pluies du printemps&quot;, mais c&#39;est \u00e9galement un euph\u00e9misme pour les actions de la cinqui\u00e8me brigade et d&#39;autres forces du pr\u00e9sident dans les provinces Ndebele de Matabeleland et de Midlands dans les ann\u00e9es 1980.<\/p>\n<p>Durant cette p\u00e9riode, la brigade s&#39;est lanc\u00e9e dans la tuerie aveugle de milliers de personnes.<\/p>\n<p>  Les massacres avaient amen\u00e9 certains \u00e0 quitter le Zimbabwe pour l&#39;Afrique du Sud. Depuis lors, plusieurs autres ont suivi &#8212; pouss\u00e9s par la pers\u00e9cution politique et le d\u00e9clin \u00e9conomique.<\/p>\n<p> Toutefois, seulement 8.000 demandes d&#39;asile politique ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par des Zimbabw\u00e9ens \u00e0 ce jour, selon le d\u00e9partement des Affaires int\u00e9rieures &#8212; alors que seules 90 personnes environ ont en fait re\u00e7u l&#39;asile politique en Afrique du Sud.<\/p>\n<p> Un responsable des Affaires int\u00e9rieures, Richard Sikakane, a d\u00e9clar\u00e9 que le processus de demande avait \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 par un arri\u00e9r\u00e9 de 130.000 dossiers non trait\u00e9s. Un amendement de la Loi sur les r\u00e9fugi\u00e9s serait en perspective pour acc\u00e9l\u00e9rer les demandes d&#39;asile.<\/p>\n<p> Souvent, les Zimbabw\u00e9ens ont rarement trouv\u00e9 leur nouvelle maison plus hospitali\u00e8re que l&#39;ancienne. Le ministre des Affaires int\u00e9rieures, Nosiviwe Mapisa-Nqakula, admet que les r\u00e9fugi\u00e9s et les demandeurs d&#39;asile sont fr\u00e9quemment maltrait\u00e9s par la police. Dans le pays en g\u00e9n\u00e9ral, de forts taux de ch\u00f4mage ont \u00e9galement conduit \u00e0 une x\u00e9nophobie croissante.<\/p>\n<p>  Certains migrants affirment qu&#39;ils paient des pots-de-vin aux policiers pour \u00e9viter d&#39;\u00eatre amen\u00e9s au Centre de rapatriement de Lindela. Selon le responsable de l&#39;immigration Mantshele Tau, environ 300.000 Zimbabw\u00e9ens ont \u00e9t\u00e9 expuls\u00e9s ces derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Et ainsi, affirme Julie Ncube* alors qu&#39;elle est assise en tailleur, allumant une cigarette &#8212; une des nombreuses : &quot;Nous sommes en proie \u00e0 un dilemme &#8212; aller et affronter la famine au Zimbabwe ou faire face \u00e0 l&#39;abus de la police&quot;.<\/p>\n<p> Elle a dit \u00e0 IPS que plusieurs de ses amies qui sont \u00e0 Johannesburg \u00e9taient devenues des &quot;\u00e9pouses non officielles&quot; des policiers ici (le porte-parole de la police Ronnie Naidoo n&#39;a pas pu confirmer l&#39;all\u00e9gation).<\/p>\n<p> &quot;En fin de compte, c&#39;est ou vous les payez, ou vous vous soumettez aux relations sexuelles avec eux, ou les deux. La vie \u00e0 Jozi (un diminutif de Johannesburg) est l&#39;enfer sur terre; ce n&#39;est pas aussi rose qu&#39;on nous le faisait croire&quot;.<\/p>\n<p> N\u00e9anmoins, souligne Ncube, les gens qui sont rest\u00e9s au Zimbabwe attendent beaucoup de ceux qui sont partis, nombre d&#39;entre eux pour supporter leurs familles.<\/p>\n<p> &quot;Les choses seraient plus faciles si mes compatriotes, si les gens rest\u00e9s au pays, appr\u00e9ciaient les difficult\u00e9s que nous devons subir ici&quot;, ajoute-t-elle. &quot;Que quelqu&#39;un arrive \u00e0 envoyer 500 rands au pays par mois, par exemple, est un tr\u00e8s grand exploit&quot;.<\/p>\n<p> Dans d&#39;autres cas, l&#39;exp\u00e9rience sud-africaine a \u00e9t\u00e9 plus positive.<\/p>\n<p> Jeremiah Gwaze est beaucoup plus nanti que plusieurs de ses pairs.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ceux qui continuent de lutter pour leur subsistance dans les rues de Jozi, Gwaze &#8212; un dipl\u00f4m\u00e9 de l&#39;Institut universitaire de technologie d&#39;Harare au Zimbabwe &#8212; travaille pour une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9lectrique dans la province septentrionale de Gauteng, en Afrique du Sud.<\/p>\n<p> Elanc\u00e9, plein de vivacit\u00e9, l&#39;homme est assis dans un salon bien d\u00e9cor\u00e9 de son appartement \u00e0 Yeoville, souriant alors qu&#39;il se rappelle les ann\u00e9es extr\u00eamement p\u00e9nibles pour d\u00e9marrer une nouvelle vie \u00e0 Johannesburg.<\/p>\n<p> &quot;Je n&#39;avais pas d&#39;argent lorsque je suis arriv\u00e9 ici. Je dormais dans les rues et la plupart des dimanches, je m&#39;asseyais devant des \u00e9glises pour qu\u00e9mander&quot;, a-t-il dit \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Le Zimbabwe est maintenant dans sa sixi\u00e8me ann\u00e9e d&#39;une r\u00e9cession \u00e9conomique s\u00e9v\u00e8re qui a vu l&#39;essence, la nourriture, l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, les m\u00e9dicaments essentiels et autres produits de base devenir rares parce qu&#39;il y a peu de devises \u00e9trang\u00e8res pour payer les fournisseurs de l&#39;\u00e9tranger.<\/p>\n<p> Les critiques attribuent la r\u00e9cession \u00e9conomique \u00e0 la mauvaise gestion et au r\u00e9gime r\u00e9pressif du vieux pr\u00e9sident Robert Mugabe.  Toutefois, le chef de l&#39;Etat impute les malheurs du Zimbabwe au sabotage de la Grande-Bretagne et de ses alli\u00e9s occidentaux; ceci, dit-il, \u00e9tait en r\u00e9ponse \u00e0 sa campagne lanc\u00e9e en 2000 pour saisir des terres des Blancs &#8212; soi-disant dans le but de les distribuer aux Zimbabw\u00e9ens noirs qui ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leurs terres durant le colonialisme et ses cons\u00e9quences.<\/p>\n<p> * Certains noms ont \u00e9t\u00e9 chang\u00e9s pour prot\u00e9ger la vie priv\u00e9e des personnes concern\u00e9es. (IPS\/AF\/SA\/PR\/MI\/HD\/DC\/AB\/TRA-EN\/MT\/SK\/JH\/AIT\/05)  **************************************************************************** *************** [C], Inter Press Service (IPS), Tous Droits R\u00e9serv\u00e9s Reproduction autoris\u00e9e, \u00e0 condition de bien indiquer l&#39;origine du document et de nous faire parvenir un exemplaire de la publication contenant le document repris. 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