{"id":2698,"date":"2005-10-15T13:40:01","date_gmt":"2005-10-15T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/10\/15\/sante-burkina-faso-une-nouvelle-initiative-redonne-un-peu-de-sourire-auxseropositifs\/"},"modified":"2005-10-15T13:40:01","modified_gmt":"2005-10-15T13:40:01","slug":"sante-burkina-faso-une-nouvelle-initiative-redonne-un-peu-de-sourire-auxseropositifs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/10\/15\/sante-burkina-faso-une-nouvelle-initiative-redonne-un-peu-de-sourire-auxseropositifs\/","title":{"rendered":"SANTE-BURKINA FASO: Une nouvelle initiative redonne un peu de sourire auxs\u00e9ropositifs"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 15 oct (IPS) &#8211; Le regard \u00e9vasif, les mains crois\u00e9es, Zenabo Niki\u00e8ma, une femme de 35 ans, qui est s\u00e9ropositive depuis 2000 au Burkina Faso, a retrouv\u00e9 son sourire ces derniers jours, gr\u00e2ce \u00e0 une nouvelle initiative de prise en charge des malades du SIDA.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, Niki\u00e8ma, qui fait un petit commerce de fruits \u00e0 Ouagadougou, la capitale, avait adress\u00e9, par voie de presse, une lettre ouverte au ministre de la Sant\u00e9 au sujet des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la prise en charge des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.  &quot;Je suis femme veuve s\u00e9ropositive et j&#39;ai la charge de trois enfants.<\/p>\n<p>Etant dans un centre prescripteur d&#39;anti-r\u00e9troviraux (ARV), mon m\u00e9decin m&#39;a auparavant rassur\u00e9 de la disponibilit\u00e9 de ces m\u00e9dicaments que vous auriez mis \u00e0 disposition pour tout patient sans discrimination aucune. Mais la r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain est tout autre&quot;, \u00e9crivait notamment Niki\u00e8ma dans sa lettre.<\/p>\n<p> Son cri de d\u00e9tresse avait \u00e9mu les gens et r\u00e9v\u00e9l\u00e9 les difficult\u00e9s d&#39;acc\u00e8s aux ARV dans le pays.<\/p>\n<p> Comme beaucoup d&#39;autres PVVIH, en attente de traitement par les ARV, Niki\u00e8ma a accueilli avec espoir la naissance d&#39;une nouvelle initiative de prise en charge des s\u00e9ropositifs : le Programme d&#39;acc\u00e9l\u00e9ration de l&#39;acc\u00e8s au traitement du VIH\/SIDA (TAP). Elle fait partie des premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires du programme.<\/p>\n<p> Le TAP est un programme-pilote triennal mis en \u0153uvre dans trois pays africains : Burkina Faso, Ghana et Mozambique. Lanc\u00e9 officiellement en mars 2005, c&#39;est en juillet que les premiers traitements ARV ont \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 la disposition des associations. Pr\u00e8s de 800 patients ont d\u00e9j\u00e0 b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 gratuitement des ARV du TAP depuis son lancement.  Selon les chiffres du Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH\/SIDA (ONUSIDA), publi\u00e9s \u00e0 la fin de 2004, &quot;le taux de s\u00e9ropr\u00e9valence est de 4,2 pour cent au Burkina Faso pour la population d&#39;\u00e2ge 15-49 ans, et on estime \u00e0 environ 700.000 personnes infect\u00e9es par le virus du SIDA dont 15 pour cent sont des malades n\u00e9cessitant une prise en charge en ARV, soit environ 100.000 personnes&quot;.  &quot;Je pense qu&#39;il est n\u00e9cessaire de d\u00e9cr\u00e9ter le traitement gratuit pour toutes les personnes infect\u00e9es, sauvegarder leurs emplois, prendre en charge la scolarit\u00e9 des enfants orphelins. Sinon, on aura des r\u00e9sultats mitig\u00e9s&quot;, d\u00e9clare, \u00e0 IPS, Dr Issa Kindo, m\u00e9decin sp\u00e9cialis\u00e9 en sant\u00e9 publique.  En d\u00e9pit des efforts d\u00e9ploy\u00e9s par les pouvoirs publics et les associations non gouvernementales, l&#39;acc\u00e8s aux ARV reste toujours une pr\u00e9occupation.<\/p>\n<p>Leur co\u00fbt \u00e9lev\u00e9 et leur inaccessibilit\u00e9 ne permettent pas au plus grand nombre de PVVIH d&#39;en b\u00e9n\u00e9ficier.  Selon le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, environ 3.000 malades b\u00e9n\u00e9ficient jusqu&#39;ici de traitements ARV, dont 2.100 environ au sein des structures gouvernementales et 900 aupr\u00e8s des associations. Cela repr\u00e9sente moins de cinq pour cent de la population en attente de ces m\u00e9dicaments qui am\u00e9liorent la sant\u00e9 des personnes infect\u00e9es par le virus et prolongent leur vie.  Pour l&#39;instant, seules les deux plus grandes villes &#8212; Ouagadougou et Bobo-Dioulasso (sud-ouest) &#8212; disposent de centres de prise en charge des PVVIH. Les malades paient une modique contribution dans les centres gouvernementaux, qui varie en fonction des moyens financiers de la structure qui les prend en charge et du montant de la combinaison des ARV que prend le malade.  Avec les prises en charge gratuites du TAP, quelque 3.800 malades au total re\u00e7oivent un traitement ARV au Burkina Faso.  Gr\u00e2ce \u00e0 financement de 18,1 millions de dollars sur don de l&#39;Association internationale de d\u00e9veloppement (IDA &#8212; Banque mondiale), le TAP redonne du sourire aux personnes vivant avec le VIH.  &quot;Vingt-deux districts ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s, \u00e9quip\u00e9s, renforc\u00e9s pour mettre en \u0153uvre les activit\u00e9s du TAP. Dans les pr\u00e9visions, d&#39;ici \u00e0 d\u00e9cembre 2007, le TAP permettra de mettre sous traitement, par les ARV, 7.000 PVVIH sur l&#39;ensemble du territoire&quot;, indique le document de pr\u00e9sentation du minist\u00e8re de la Sant\u00e9.  Toutes les personnes infect\u00e9es ne sont pas mises automatiquement sous ARV, indique Dr Claude Ou\u00e9draogo. L&#39;admission d&#39;un malade aux ARV devient n\u00e9cessaire quand des examens m\u00e9dicaux sp\u00e9ciaux montrent que son syst\u00e8me immunitaire n&#39;est plus en mesure de r\u00e9agir, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Ou\u00e9draogo qui est m\u00e9decin \u00e0 l&#39;association Espoir SIDA.<\/p>\n<p> La mise en \u0153uvre de ce programme, plac\u00e9 sous la tutelle du minist\u00e8re de la Sant\u00e9, impliquera une vingtaine d&#39;associations et organisations non gouvernementales (ONG) travaillant dans le suivi et la prise en charge des PVVIH. Au cours de l&#39;ann\u00e9e, les associations \u00e0 elles seules devront mettre sous traitement pr\u00e8s de 2.000 personnes, selon le minist\u00e8re.<\/p>\n<p> Situ\u00e9 dans un quartier de Ouagadougou, l&#39;association Alavi (laffi la viim, en langue Moor\u00e9, qui signifie la sant\u00e9, c&#39;est la vie) est tr\u00e8s active sur le terrain. En plus de la capitale, elle couvre huit autres localit\u00e9s dans le pays.  Depuis le lancement du TAP, son si\u00e9ge ne d\u00e9semplit pas; beaucoup de gens viennent pour se faire d\u00e9pister ou prendre des informations ou des conseils.<\/p>\n<p> &quot;Le TAP a permis la r\u00e9duction du taux de mortalit\u00e9 dans la population des PVVIH, due au manque de m\u00e9dicaments et de soins, mais aussi et surtout, il permet \u00e0 des milliers de personnes de sortir de leur torpeur pour faire leur test de d\u00e9pistage&quot;, souligne \u00e0 IPS, Dr Inoussa Zabsonr\u00e9, m\u00e9decin \u00e0 Alavi.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;objectif du TAP est de nous aider \u00e0 d\u00e9velopper \u00e0 grande \u00e9chelle et \u00e0 ex\u00e9cuter des programmes exhaustifs de traitement des PVVIH en offrant des services de qualit\u00e9, efficaces, accessibles et \u00e9quitables&quot;, indique Zakaria Zoungrana, coordonnateur adjoint de l&#39;ONG AIDSETI, bas\u00e9e \u00e0 Ouagadougou. Ce qui &quot;permet ainsi d&#39;augmenter consid\u00e9rablement le nombre des PVVIH ayant acc\u00e8s \u00e0 des soins continus et \u00e0 tous les examens n\u00e9cessaires&quot;.  Depuis le lancement du processus de prise en charge des PVVIH dans les formations sanitaires en octobre 2003, le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 et ses partenaires ont pris un certain nombre d&#39;initiatives visant \u00e0 r\u00e9duire les co\u00fbts des traitements et permettre l&#39;accessibilit\u00e9 au plus grand nombre.  &quot;Non seulement les traitements anti-r\u00e9troviraux co\u00fbtent encore cher, malgr\u00e9 des baisses, mais \u00e9galement le prix des examens m\u00e9dicaux pr\u00e9alables \u00e0 la mise sous tri-th\u00e9rapie emp\u00eache les personnes infect\u00e9es de se faire consulter&quot;, s&#39;insurge Elise Sawadogo, de Espoir SIDA qui compte en son sein de nombreux s\u00e9ropositifs en qu\u00eate de traitement.  Le traitement ARV co\u00fbte en moyenne environ 19 dollars par mois, mais avec les tests de laboratoire, le co\u00fbt total s&#39;\u00e9l\u00e8ve \u00e0 62 dollars pour chaque patient r\u00e9f\u00e9r\u00e9 dans des centres publics. Ce co\u00fbt reste encore trop \u00e9lev\u00e9 pour la majorit\u00e9 des Burkinab\u00e9, dont pr\u00e8s de 45 pour cent vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9 avec moins d&#39;un dollar par jour.<\/p>\n<p> Le gouvernement dit qu&#39;il ambitionne de voir r\u00e9duire le co\u00fbt mensuel \u00e0 15 dollars, mais les ONG r\u00e9clament la gratuit\u00e9 totale du traitement depuis 2003.<\/p>\n<p> Quelque 15.000 personnes s\u00e9ropositives au Burkina Faso, toutes prises en charge confondues, devraient recevoir un traitement anti-r\u00e9troviral d&#39;ici \u00e0 2007, selon les pr\u00e9visions du minist\u00e8re de la Sant\u00e9. Mais malgr\u00e9 ces pr\u00e9visions optimistes, on sera encore loin du compte face au grand nombre de personnes qui en ont besoin.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;id\u00e9al pour l&#39;ONUSIDA est la gratuit\u00e9 des m\u00e9dicaments&#8230;Nous ne pouvons pas imposer aux Etats des formules. Nous ne pouvons pas non plus imposer une quelconque vision. Si un Etat d\u00e9clare publiquement un acc\u00e8s universel gratuit de toutes les personnes dans le besoin aux m\u00e9dicaments, nous ne pouvons que le soutenir&quot;, explique sous anonymat un fonctionnaire de l&#39;ONUSIDA au Burkina. &quot;Tout est question d&#39;organisation pour que les plus d\u00e9favoris\u00e9s aient acc\u00e8s aux ARV&#8230;&quot;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 15 oct (IPS) &#8211; Le regard \u00e9vasif, les mains crois\u00e9es, Zenabo Niki\u00e8ma, une femme de 35 ans, qui est s\u00e9ropositive depuis 2000 au Burkina Faso, a retrouv\u00e9 son sourire ces derniers jours, gr\u00e2ce \u00e0 une nouvelle initiative de prise&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/10\/15\/sante-burkina-faso-une-nouvelle-initiative-redonne-un-peu-de-sourire-auxseropositifs\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":316,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4],"tags":[],"class_list":["post-2698","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2698","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/316"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2698"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2698\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2698"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2698"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2698"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}