{"id":2682,"date":"2005-10-04T13:40:01","date_gmt":"2005-10-04T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/10\/04\/politique-cote-divoire-lopposition-exige-une-transition-apres-le-30octobre-gbagbo-refuse\/"},"modified":"2005-10-04T13:40:01","modified_gmt":"2005-10-04T13:40:01","slug":"politique-cote-divoire-lopposition-exige-une-transition-apres-le-30octobre-gbagbo-refuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/10\/04\/politique-cote-divoire-lopposition-exige-une-transition-apres-le-30octobre-gbagbo-refuse\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-COTE D&#39;IVOIRE: L&#39;opposition exige une transition apr\u00e8s le 30octobre, Gbagbo refuse"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 4 oct (IPS) &#8211; L&#39;opposition rejette la d\u00e9cision du chef de l&#39;Etat ivoirien Laurent Gbagbo de rester \u00e0 son poste, apr\u00e8s le 30 octobre, jusqu&#39;\u00e0 l&#39;\u00e9lection d&#39;un nouveau pr\u00e9sident en C\u00f4te d&#39;Ivoire.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n L&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle pr\u00e9vue le 30 octobre ne pouvant plus se tenir, les opposants exigent une transition de 14 mois &#8212; sans le pr\u00e9sident Gbagbo &#8212; pour organiser un scrutin libre et transparent, \u00e0 une nouvelle date.<\/p>\n<p>Mais Gbagbo s&#39;oppose \u00e0 toute id\u00e9e de transition politique.<\/p>\n<p> Les deux positions divergentes renforcent les antagonismes politiques dans le pays, compliquant encore la possibilit\u00e9 d&#39;une sortie de crise par le processus \u00e9lectoral.<\/p>\n<p> La C\u00f4te d&#39;Ivoire est coup\u00e9e en deux depuis la r\u00e9bellion arm\u00e9e du 19 septembre 2002, et l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle n&#39;a pas pu s&#39;organiser \u00e0 cause du d\u00e9sarmement qui ne s&#39;est pas encore effectu\u00e9 ni du c\u00f4t\u00e9 des milices pro-gouvernementales ni de celui des Forces nouvelles (FN, ex-rebelles).<\/p>\n<p>Les rebelles ont d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;ils avaient pris les armes pour s&#39;opposer \u00e0 une menace d&#39;exclusion pr\u00e9sum\u00e9e des populations du nord, musulmanes en majorit\u00e9.  Pourtant, le d\u00e9sarmement des milices, avait \u00e9t\u00e9 report\u00e9 au 24 ao\u00fbt, selon le chronogramme de Yamoussoukro (sign\u00e9 le 8 juillet dans la capitale politique du pays), suivi de celui des ex-rebelles, apr\u00e8s d&#39;ultimes n\u00e9gociations entre les \u00e9tats-majors de l&#39;arm\u00e9e gouvernementale et des Forces nouvelles.<\/p>\n<p> Malheureusement, ce chronogramme de d\u00e9sarmement des ex-combattants ne conna\u00eet m\u00eame pas encore un d\u00e9but d&#39;ex\u00e9cution, rendant impossible la r\u00e9unification du pays, une des raisons indispensables \u00e0 l&#39;organisation d&#39;une \u00e9lection, aux termes de la constitution. Les ex-rebelles et les milices pro-gouvernementales se rejettent mutuellement la responsabilit\u00e9 du blocage, les uns exigeant que les autres d\u00e9sarment les premiers.<\/p>\n<p> Aussi, la Commission \u00e9lectorale ind\u00e9pendante a \u00e9t\u00e9 mise en place, mais son pr\u00e9sident n&#39;a pas encore \u00e9t\u00e9 \u00e9lu. Le recensement \u00e9lectoral n&#39;a pas encore d\u00e9marr\u00e9 non plus, avec un budget n\u00e9cessaire d&#39;environ 37 millions de dollars, alors que les partis politiques devaient recevoir copie des listes \u00e9lectorales trois mois avant le scrutin.<\/p>\n<p> Autant de retard constat\u00e9, qui rend impossible l&#39;organisation du scrutin.<\/p>\n<p>Et le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies, Kofi Annan, a accus\u00e9, d\u00e9but-septembre, les protagonistes ivoiriens d&#39;\u00eatre \u00e0 la base de l&#39;\u00e9chec du processus \u00e9lectoral. Il a notamment \u00e9voqu\u00e9 &quot;la mauvaise volont\u00e9 des leaders politiques et des partis&quot; qui, a-t-il d\u00e9plor\u00e9, &quot;n&#39;ont pas coop\u00e9r\u00e9&quot;, ajoutant que &quot;t\u00f4t ou tard, le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 va \u00eatre oblig\u00e9 de mettre en \u0153uvre les sanctions&quot;.  En attendant, une pol\u00e9mique s&#39;est engag\u00e9e dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest \u00e0 propos de l&#39;apr\u00e8s 30 octobre, entre l&#39;opposition civile et arm\u00e9e d&#39;un c\u00f4t\u00e9, et le pouvoir en place, de l&#39;autre.  Pour les opposants, au-del\u00e0 de cette date butoir, &quot;si l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle n&#39;est pas tenue, le pr\u00e9sident Gbagbo devra rendre sa d\u00e9mission. Nous exigerons une transition de 14 mois et des \u00e9lections libres et transparentes, ouvertes \u00e0 tous&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Alphonse Dj\u00e9dj\u00e9 Mady, porte-parole du Rassemblement des Houphou\u00ebtistes pour la d\u00e9mocratie et la paix. (Du nom de F\u00e9lix Houphou\u00ebt Boigny, premier pr\u00e9sident de la C\u00f4te d&#39;Ivoire &#8212; 1960-1993).  Mais, l&#39;opposition n&#39;indique pas le nom ni le profil de celui qui pr\u00e9sidera le pays pendant cette transition non pr\u00e9vue par la constitution.<\/p>\n<p> Une vision que n&#39;accepte pas le parti du pr\u00e9sident Gbagbo et ses alli\u00e9s.  &quot;La transition est une escroquerie morale faite aux populations. La nation ne dispara\u00eet pas pendant un certain moment pour r\u00e9appara\u00eetre plus tard, parce qu&#39;il y a le principe de continuit\u00e9 de l&#39;Etat et de la nation. Et le chef de l&#39;Etat en place incarne cette continuit\u00e9&quot;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, le d\u00e9put\u00e9 Kabran Appiah, pr\u00e9sident du Mouvement alternative citoyenne, un parti proche du pouvoir.<\/p>\n<p> Dans un message adress\u00e9 \u00e0 la nation le 27 septembre, le pr\u00e9sident Gbagbo a admis que l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle &quot;ne pouvait pas se tenir \u00e0 l&#39;\u00e9vidence le 30 octobre&quot; en raison, a-t-il dit, de l&#39;absence du d\u00e9sarmement de la r\u00e9bellion, r\u00e9affirmant qu&#39;il se maintiendrait \u00e0 son poste apr\u00e8s cette date.  &quot;Il faut que le d\u00e9sarmement soit fait pour que les \u00e9lections aient lieu..<\/p>\n<p>Notre constitution ne permet pas la tenue d&#39;\u00e9lections politiques de quelque nature qu&#39;elles soient en cas d&#39;atteinte \u00e0 l&#39;int\u00e9grit\u00e9 du territoire&quot;, a soulign\u00e9 Gbagbo, citant l&#39;article 38.<\/p>\n<p> L&#39;article 38 de la constitution dispose qu&#39;en cas d&#39;atteinte \u00e0 l&#39;int\u00e9grit\u00e9 du territoire, notamment, rendant impossible le d\u00e9roulement normal des \u00e9lections, le Conseil constitutionnel d\u00e9cide de suspendre les \u00e9lections, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 saisi par le pr\u00e9sident de la commission \u00e9lectorale..<\/p>\n<p>Ensuite, &quot;le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique en informe la nation par message&quot; et &quot;demeure en fonction&quot;. (Le Conseil constitutionnel est gardien de la constitution et contr\u00f4le la r\u00e9gularit\u00e9 des op\u00e9rations d&#39;une \u00e9lection).<\/p>\n<p> Mais, les Forces nouvelles contestent cette interpr\u00e9tation de la constitution.  &quot;C&#39;est une d\u00e9claration truff\u00e9e de contre-v\u00e9rit\u00e9s. Gbagbo confisque le pouvoir par anticipation. Il a court-circuit\u00e9 le Conseil constitutionnel, alors que celui-ci ne s&#39;est pas encore prononc\u00e9. Nous avions pr\u00e9vu ce sc\u00e9nario et nous entendons prendre nos responsabilit\u00e9s au soir du 30 octobre&quot;, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Ahmadou Kon\u00e9, directeur de cabinet du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des FN, par t\u00e9l\u00e9phone depuis Bouak\u00e9, la capitale de la r\u00e9bellion, dans le nord.<\/p>\n<p> &quot;De toute \u00e9vidence, l&#39;apr\u00e8s 30 octobre ne devrait pas causer dans l&#39;imm\u00e9diat un r\u00e9el probl\u00e8me. Car le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo b\u00e9n\u00e9ficie d&#39;un sursis de 90 jours, au terme duquel il y aura v\u00e9ritablement un vide juridique. Et si la situation perdure, la C\u00f4te d&#39;Ivoire sera sous tutelle onusienne&quot;, a affirm\u00e9 \u00e0 IPS, Ouraga Obou, juriste, ancien doyen de la Facult\u00e9 de droit de l&#39;Universit\u00e9 de Cocody, \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne.<\/p>\n<p> Selon certains analystes, on s&#39;achemine droit vers un affrontement militaire, d&#39;autant plus que les rebelles et l&#39;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re sont pratiquement en alerte. Les rebelles auraient repris des entra\u00eenements intensifs, selon des sources contact\u00e9es par IPS \u00e0 Bouak\u00e9.<\/p>\n<p> Depuis deux semaines, de part et d&#39;autre, les deux arm\u00e9es bellig\u00e9rantes revendiquent Brobo, une petite ville \u00e0 la lisi\u00e8re de la &quot;zone de confiance&quot; sous le contr\u00f4le des forces impartiales de l&#39;ONUCI (la Mission des Nations Unies en C\u00f4te d&#39;Ivoire). &quot;Cette pomme de discorde pourrait \u00eatre l&#39;alibi pour mettre le feu aux poudres&quot;, a comment\u00e9 \u00e0 IPS, un officier de l&#39;ONUCI, sous le couvert de l&#39;anonymat.  Le leader des Jeunes patriotes, Charles Bl\u00e9-Goud\u00e9, proche du pouvoir, a appel\u00e9, le week-end dernier, ses militants au calme au lendemain du 30 octobre, tout en d\u00e9clarant que le pr\u00e9sident restera au pouvoir apr\u00e8s cette date.  Un sommet de la Communaut\u00e9 \u00e9conomique des Etats de l&#39;Afrique de l&#39;ouest (CEDEAO) s&#39;est tenu le 30 octobre \u00e0 Abuja, la capitale du Nigeria, pour \u00e9valuer la m\u00e9diation du pr\u00e9sident sud-africain Thabo Mbeki dans la crise ivoirienne. Mais le pr\u00e9sident Gbagbo avait d\u00e9j\u00e0 indiqu\u00e9 qu&#39;il n&#39;y prendrait pas part parce que, a-t-il dit, la m\u00e9diation de la CEDEAO avait d\u00e9j\u00e0 \u00e9chou\u00e9 depuis les d\u00e9buts de la crise. Il a m\u00eame accus\u00e9 certains pays de soutenir la r\u00e9bellion ivoirienne, faisant allusion notamment au Burkina Faso et au Mali.  Mais, l&#39;opposition avait \u00e9galement accus\u00e9 Mbeki d&#39;\u00eatre plus favorable \u00e0 Gbagbo dans le rapport de sa m\u00e9diation pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&#39;ONU, \u00e0 la fin du mois d&#39;ao\u00fbt.  La CEDEAO serait favorable \u00e0 une augmentation des troupes de l&#39;ONUCI de 1.200 hommes suppl\u00e9mentaires, mais la primeur des r\u00e9solutions du sommet serait r\u00e9serv\u00e9e au Conseil de paix et de s\u00e9curit\u00e9 de l&#39;Union africaine.<\/p>\n<p> Les d\u00e9put\u00e9s du Parti d\u00e9mocratique de C\u00f4te d&#39;Ivoire (PDCI), de l&#39;Union pour la d\u00e9mocratie et la paix en C\u00f4te d&#39;Ivoire (UDPCI) ont publi\u00e9 une d\u00e9claration commune 24 heures apr\u00e8s le message du pr\u00e9sident Gbagbo, appelant \u00e0 &quot;un consensus politique pour la mise en place d&#39;un gouvernement de transition, dirig\u00e9 par un chef d&#39;Etat et compos\u00e9 d&#39;une trentaine de personnalit\u00e9s&quot;. Mais, la d\u00e9claration ne mentionne aucun nom.<\/p>\n<p> Face au chaos qui s&#39;annonce, un groupe de personnalit\u00e9s de la soci\u00e9t\u00e9 civile ivoirienne a propos\u00e9 la composition d&#39;un gouvernement de technocrates. Il se chargera, selon le groupe, de conduire le processus de d\u00e9sarmement, la formation d&#39;une arm\u00e9e r\u00e9publicaine, et la r\u00e9unification du pays. Le groupe comprend Ergibe Boyd, directrice du Centre culturel am\u00e9ricain, Idriss Koudous, pr\u00e9sident du Conseil national islamique, Nanan N&#39;depo Gildas repr\u00e9sentant les rois et chefs traditionnels, et Fatoumata Traor\u00e9, le Mouvement patriotique de C\u00f4te d&#39;Ivoire.  &quot;Nous souhaitons la r\u00e9daction d&#39;une nouvelle constitution et un nouveau code \u00e9lectoral qui aura pour cons\u00e9quence, des \u00e9lections libres et transparentes pour aboutir \u00e0 un nouveau gouvernement, afin de promouvoir la bonne gouvernance&quot;, indiquent ces personnalit\u00e9s dans une d\u00e9claration commune.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 4 oct (IPS) &#8211; L&#39;opposition rejette la d\u00e9cision du chef de l&#39;Etat ivoirien Laurent Gbagbo de rester \u00e0 son poste, apr\u00e8s le 30 octobre, jusqu&#39;\u00e0 l&#39;\u00e9lection d&#39;un nouveau pr\u00e9sident en C\u00f4te d&#39;Ivoire.<\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2682","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2682","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2682"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2682\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2682"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2682"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2682"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}