{"id":2663,"date":"2005-09-19T13:40:01","date_gmt":"2005-09-19T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/19\/transport-rdc-le-gouvernement-face-a-la-problematique-des-catastrophesaeriennes\/"},"modified":"2005-09-19T13:40:01","modified_gmt":"2005-09-19T13:40:01","slug":"transport-rdc-le-gouvernement-face-a-la-problematique-des-catastrophesaeriennes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/19\/transport-rdc-le-gouvernement-face-a-la-problematique-des-catastrophesaeriennes\/","title":{"rendered":"TRANSPORT-RDC: Le gouvernement face \u00e0 la probl\u00e9matique des catastrophesa\u00e9riennes"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 19 sep (IPS) &#8211; Le gouvernement congolais convoque, pour ce lundi, le Conseil national de l&#39;aviation civile pour statuer sur l&#39;assainissement de l&#39;espace a\u00e9rien en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n La fr\u00e9quence des crashes d&#39;avions appartenant \u00e0 des compagnies a\u00e9riennes priv\u00e9es locales, est la principale cause de cette r\u00e9union. Dans la premi\u00e8re semaine de septembre uniquement, quatre avions se sont \u00e9cras\u00e9s au sol, tuant au moins 25 personnes.  Les voyageurs en sont traumatis\u00e9s, mais n&#39;ont pas d&#39;autres choix que de prendre ce moyen de transport, la voie terrestre \u00e9tant rendue non op\u00e9rationnelle par le d\u00e9labrement des infrastructures routi\u00e8res. En outre, la RDC est le troisi\u00e8me Etat le plus vaste en Afrique, avec plus de 2,344 millions de kilom\u00e8tres carr\u00e9s &#8212; apr\u00e8s le Soudan et l&#39;Alg\u00e9rie &#8212; et une grande partie du pays est couverte de for\u00eats denses.   Les a\u00e9roports de Goma, Beni et Isiro, dans l&#39;est de la RDC, se sont tristement distingu\u00e9s avec pratiquement un accident par jour au Congo, dans la premi\u00e8re semaine de ce mois.<\/p>\n<p> A Isiro, c&#39;est un &#39;Antonov 26&#39; de la compagnie &#39;Kavatsi Airlines&#39; qui a heurt\u00e9 des arbres en atterrissant par mauvais temps. Les 11 personnes \u00e0 bord ont \u00e9t\u00e9 tu\u00e9es. A Goma, un &#39;beachcraft&#39; de la compagnie &#39;Flying Air Service&#39; a rat\u00e9 son d\u00e9collage, dans un vol d&#39;essai, avec juste un pilote (un Fran\u00e7ais) qui a succomb\u00e9 \u00e0 ses blessures \u00e0 l&#39;h\u00f4pital.  A Beni, c&#39;est \u00e9galement au d\u00e9collage qu&#39;un &#39;King Air&#39; de la compagnie TMK (Transports et messageries du Kivu) a fait un crash, apr\u00e8s avoir perdu un moteur. Il n&#39;y a pas eu de morts, mais des bless\u00e9es graves parmi les passagers.  Le dernier crash en date et le plus m\u00e9diatis\u00e9, s&#39;est produit sur le territoire du Congo-Brazzaville voisin. Un avion de &#39;Air Kasai&#39;, reliant la ville de Boende, dans la province de l&#39;Equateur, et Kinshasa, la capitale de la RDC, s&#39;est \u00e9cras\u00e9 \u00e0 une cinquantaine de kilom\u00e8tres de Brazzaville, la capitale de la R\u00e9publique du Congo, tuant les 13 personnes \u00e0 bord. Le mauvais temps serait \u00e9galement \u00e0 l&#39;origine de la catastrophe.<\/p>\n<p> Depuis janvier dernier, 14 avions sont tomb\u00e9s du ciel du Congo, provoquant, au total, la mort de 65 personnes. On comprend alors qu&#39;une telle h\u00e9catombe cr\u00e9e des traumatismes psychologiques chez des voyageurs dont certains n&#39;ont pas d&#39;autres choix que de monter dans ces &quot;cercueils volants&quot;, comme les d\u00e9signe le ministre congolais des Transports et Communication, Heva Mwakasa.  Mwakasa, qui s&#39;exprimait, le 9 septembre \u00e0 Kinshasa, au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse, a d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;il \u00e9tait temps d&#39;arr\u00eater l&#39;h\u00e9catombe.<\/p>\n<p>&quot;Des sanctions s\u00e9v\u00e8res seront impos\u00e9es aux compagnies a\u00e9riennes qui ne respectent pas la r\u00e9glementation de l&#39;aviation civile&quot;, avait-il averti.  D\u00e9j\u00e0 et par mesures conservatoires, 33 compagnies a\u00e9riennes priv\u00e9es, sur un total de 51 que compte le pays, ont re\u00e7u l&#39;ordre d&#39;arr\u00eater leurs vols jusqu&#39;\u00e0 ce qu&#39;elles se mettent en ordre avec la r\u00e9glementation de l&#39;aviation civile. Les 18 autres, dont les avions ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 voler encore, ont trois mois pour se mettre en ordre.  Le Syndicat des pilotes du Congo tire sur la sonnette d&#39;alarme et appelle les autorit\u00e9s \u00e0 s\u00e9vir contre les compagnies qui ne respectent pas la r\u00e9glementation, rappelant ses nombreuses plaintes aupr\u00e8s des gouvernements qui se sont succ\u00e9d\u00e9 en RDC.  &quot;Il y a des ann\u00e9es que nous avons exig\u00e9 l&#39;assainissement de l&#39;espace a\u00e9rien congolais, mais le gouvernement a toujours fait la sourde oreille&quot;, a confi\u00e9 \u00e0 IPS, le commandant Baudouin Rudahindwa, pr\u00e9sident du Syndicat des pilotes du Congo. &quot;Nous avons particuli\u00e8rement d\u00e9nonc\u00e9 l&#39;irruption des avions de fabrication sovi\u00e9tique qui se trouvaient pratiquement \u00e0 la casse dans le pays d&#39;origine. Il n&#39;est pas \u00e9tonnant qu&#39;ils r\u00e9alisent ce score macabre&quot;.  Rudahindwa est un ancien pilote de Boeing DC 10 de la glorieuse \u00e9poque de &#39;Air Za\u00efre&#39; o\u00f9 le Congo pouvait facilement aligner une flotte de 30 appareils de tout calibre. Le Syndicat des pilotes du Congo comprend des pilotes hautement qualifi\u00e9s qui tiennent au strict respect de la r\u00e9glementation dans l&#39;aviation civile en RDC.  La fr\u00e9quence des accidents dans le transport a\u00e9rien en RDC pose au gouvernement une v\u00e9ritable probl\u00e9matique de la s\u00e9curit\u00e9 a\u00e9rienne. Apr\u00e8s la disparition d&#39;Air Za\u00efre, la compagnie a\u00e9rienne nationale, les voyageurs congolais se sont rabattus sur de petites et moyennes compagnies priv\u00e9es, les seules disponibles pour rallier les diff\u00e9rentes villes du pays aux dimensions d&#39;un sous-continent.  Seules sortent du lot, deux compagnies qui peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es comme fiables et d&#39;envergure nationale, selon des sp\u00e9cialistes : &#39;Hewa Bora Airways&#39; et &#39;Wimbi Dira Airways&#39;. Les deux compagnies desservent m\u00eame des capitales \u00e9trang\u00e8res comme Johannesburg ou Bruxelles.<\/p>\n<p> Les autres, plus modestes, desservent des distances relativement plus courtes. Beaucoup moins regardantes sur les normes de la navigation a\u00e9rienne et b\u00e9n\u00e9ficiant sans doute d&#39;une certaine complaisance de l&#39;a\u00e9ronautique civile congolaise, ces compagnies s&#39;occupent, en principe, plus de cargo que de transport de passagers. Mais souvent, elles embarquent des passagers, faute de vols passagers sur les villes desservies.  Des destinations comme Tshikapa, une ville diamantif\u00e8re de la province du Kasai occidental ou Tembo, tout aussi riche en diamant dans la province de Bandundu, \u00e0 l&#39;est de Kinshasa, ne sont desservies que par des avions de type &#39;Antonov&#39;. La ru\u00e9e vers le diamant fait que ces lignes sont tr\u00e8s fr\u00e9quent\u00e9es.<\/p>\n<p> Sele Makongo, qui a longtemps travaill\u00e9 dans le diamant, explique \u00e0 IPS : &quot;N&#39;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 l&#39;attrait du diamant, je n&#39;aurais jamais pris place \u00e0 bord de ces avions. Les conditions de voyage sont p\u00e9nibles. Ce sont des avions cargo, sans si\u00e8ges ni toilettes pour passagers. Nous voyagions avec la marchandise, assis \u00e0 m\u00eame le plancher ou sur des chaises en plastique&quot;.<\/p>\n<p> Makongo d\u00e9clare avoir abandonn\u00e9 le circuit du diamant pour faire du commerce g\u00e9n\u00e9ral en magasin non seulement \u00e0 cause des p\u00e9nibles conditions de voyage, mais \u00e9galement de l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 dans les carri\u00e8res de diamant.<\/p>\n<p> La lib\u00e9ralisation de la navigation a\u00e9rienne a amen\u00e9 dans le ciel congolais beaucoup d&#39;avions de fabrication sovi\u00e9tique. Les pilotes sont russes ou ukrainiens, et les documents techniques, comme les licences des pilotes, sont en langue russe. Ce qui pose beaucoup de probl\u00e8mes aux experts de l&#39;a\u00e9ronautique civile de la RDC et de la sous-r\u00e9gion.  A la question de savoir comment ils ont \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9s \u00e0 voler en RDC, L\u00e9onard Nsie, directeur \u00e0 l&#39;a\u00e9ronautique civile, explique \u00e0 IPS : &quot;G\u00e9n\u00e9ralement, les licences pour pilotes d\u00e9livr\u00e9es par un pays membre de l&#39;OACI (Organisation de l&#39;aviation civile internationale) ne peuvent pas \u00eatre contest\u00e9es dans un autre pays membre&quot;.  &quot;C&#39;est le cas avec les licences octroy\u00e9es par l&#39;ex-Union sovi\u00e9tique.<\/p>\n<p>Seulement, nous devons v\u00e9rifier l&#39;authenticit\u00e9 des documents aupr\u00e8s du pays d&#39;origine du pilote&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> En attendant les dispositions que prendra le Conseil sup\u00e9rieur de l&#39;aviation civile, au terme de sa r\u00e9union de cette semaine, les cons\u00e9quences de la mesure d&#39;interdiction de vols \u00e0 certaines compagnies priv\u00e9es jug\u00e9es non s\u00fbres et non en ordre, commencent \u00e0 perturber le commerce entre certaines villes du pays.<\/p>\n<p> Les hommes d&#39;affaires de Tshikapa et de Kananga, dans la province du Kasai occidental, sont particuli\u00e8rement touch\u00e9s car ils ne peuvent plus acheminer leur diamant artisanal \u00e0 Kinshasa, ni s&#39;approvisionner, dans la capitale, en produits de premi\u00e8re n\u00e9cessit\u00e9.  Entre l&#39;impossibilit\u00e9 notoire de ressusciter la compagnie nationale et le danger que constituent, pour l&#39;espace a\u00e9rien congolais, des compagnies priv\u00e9es pourtant incontournables pour le commerce int\u00e9rieur, le gouvernement congolais a apparemment du mal \u00e0 trancher.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 19 sep (IPS) &#8211; Le gouvernement congolais convoque, pour ce lundi, le Conseil national de l&#39;aviation civile pour statuer sur l&#39;assainissement de l&#39;espace a\u00e9rien en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).<\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,6,1,7,22],"tags":[],"class_list":["post-2663","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-politique","category-transport"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2663","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2663"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2663\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2663"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2663"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2663"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}