{"id":2653,"date":"2005-09-12T13:40:01","date_gmt":"2005-09-12T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/12\/developpement-afrique-les-omd-ont-encore-du-chemin-a-faire\/"},"modified":"2005-09-12T13:40:01","modified_gmt":"2005-09-12T13:40:01","slug":"developpement-afrique-les-omd-ont-encore-du-chemin-a-faire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/12\/developpement-afrique-les-omd-ont-encore-du-chemin-a-faire\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-AFRIQUE: Les OMD ont encore du chemin \u00e0 faire"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 12 sep (IPS) &#8211; Un repas par jour, c&#39;est la moyenne alimentaire que fournit Moussa Demb\u00e9l\u00e9, ferronnier de son \u00e9tat, \u00e0 sa grande famille de dix membres, dans un taudis de cinq m\u00e8tres carr\u00e9s, au milieu du quartier populeux de Yopougon, une grande commune de la capitale \u00e9conomique ivoirienne, Abidjan.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Depuis que je suis install\u00e9 ici, voil\u00e0 six ans, ma famille ne cesse de s&#39;agrandir. Le co\u00fbt de la vie va s&#39;accroissant, pendant que mon revenu reste le m\u00eame&quot;, raconte, am\u00e8rement, Demb\u00e9l\u00e9 \u00e0 IPS.  Avec un revenu quotidien de moins de six dollars, Demb\u00e9l\u00e9, \u00e0 l&#39;image d&#39;autres chefs de famille en Afrique, ne peut se permettre de donner les trois repas quotidiens \u00e0 sa prog\u00e9niture. &quot;On adopte la mort subite&quot;, indique-t-il. La mort subite est une pratique qui consiste \u00e0 manger de mani\u00e8re consistante une fois dans la journ\u00e9e &#8212; le plus souvent le soir avant le coucher.<\/p>\n<p> Aucun enfant de Demb\u00e9l\u00e9 ne fr\u00e9quente l&#39;\u00e9cole classique. Il a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 les envoyer \u00e0 l&#39;\u00e9cole coranique pour laquelle on ne d\u00e9pense pas beaucoup, dit-il.<\/p>\n<p> Alors que se tiendra aux Nations Unies, \u00e0 New York, du 14 au 16 septembre, un sommet des dirigeants du monde, sur la pauvret\u00e9 et pour un bilan des cinq premi\u00e8res ann\u00e9es d&#39;efforts de r\u00e9alisation des Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD), les populations des pays pauvres ont toujours du mal \u00e0 s&#39;assurer une pitance quotidienne, notamment en Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p> Ces dirigeants avaient retenu huit OMD au Sommet du mill\u00e9naire en septembre 2000 \u00e0 l&#39;ONU, \u00e0 r\u00e9aliser d&#39;ici \u00e0 2015&#8230; Ces objectifs se focalisent sur la r\u00e9duction de moiti\u00e9 de l&#39;extr\u00eame pauvret\u00e9 et de la faim, la r\u00e9alisation de l&#39;\u00e9ducation primaire universelle et la promotion de l&#39;\u00e9galit\u00e9 de genre (qu&#39;on doit mesurer en cherchant \u00e0 savoir si les gar\u00e7ons et les filles re\u00e7oivent une m\u00eame \u00e9ducation aux cours primaire et secondaire).<\/p>\n<p> Les OMD pr\u00e9voient \u00e9galement de r\u00e9duire la mortalit\u00e9 infantile, la mortalit\u00e9 maternelle; d&#39;inverser la propagation du VIH\/SIDA, du paludisme et d&#39;autres maladies; d&#39;assurer un environnement durable, y compris l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable; ainsi qu&#39;un partenariat mondial pour le d\u00e9veloppement et un commerce plus \u00e9quilibr\u00e9.  Selon Mamadou Dia, le directeur des op\u00e9rations pour la C\u00f4te d&#39;Ivoire et la Guin\u00e9e \u00e0 la Banque mondiale, \u00e0 Abidjan, de nombreux m\u00e9nages souffrent encore de l&#39;extr\u00eame pauvret\u00e9 en Afrique. Ce qui, a-t-il dit, r\u00e9duit consid\u00e9rablement l&#39;esp\u00e9rance de vie dans les pays pauvres. &quot;L&#39;esp\u00e9rance vie dans les pays pauvres est de 40 ans, soit la moiti\u00e9 de celle des pays riches qui est de 80 ans&quot;.  &quot;Aussi, sur 1000 naissances vivantes, plus de 100 meurent avant leur 5\u00e8me anniversaire. Et de nos jours, un enfant n\u00e9 dans les pays subsahariens, a seulement 33 pour cent de chance de vivre jusqu&#39;\u00e0 l&#39;\u00e2ge de 15 ans&quot;, explique Dia \u00e0 IPS.  L&#39;esp\u00e9rance de vie actuelle en C\u00f4te d&#39;Ivoire est de 41 ans, selon lui.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 ce tableau sombre, Dia soutient que les OMD restent globalement r\u00e9alisables en Afrique avec l&#39;am\u00e9lioration des conditions de vie des populations constat\u00e9e dans certains pays, ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Il reconna\u00eet toutefois que les &quot;progr\u00e8s ne se font pas de mani\u00e8re uniforme, puisque l&#39;Afrique est \u00e0 la tra\u00eene, mais l&#39;espoir demeure&quot;.<\/p>\n<p> En C\u00f4te d&#39;Ivoire, la r\u00e9alit\u00e9 sur le terrain contraste parfois avec les beaux discours des officiels, dans la mesure o\u00f9 il est difficile aux populations d\u00e9munies d&#39;acc\u00e9der aux soins de sant\u00e9 ad\u00e9quats qui co\u00fbtent chers. Par exemple, au Centre hospitalier universitaire (CHR) de Cocody, un quartier chic d&#39;Abidjan, des patients, qui ne peuvent pas payer l&#39;argent exig\u00e9 avant de se faire soigner, pr\u00e9f\u00e8re le traitement aux m\u00e9dicaments traditionnels.<\/p>\n<p> Le montant exig\u00e9, par exemple, d&#39;un malade qui vient en consultation dans cet h\u00f4pital pour une crise de paludisme, avant d&#39;\u00eatre soign\u00e9, est d&#39;environ 16 dollars, ce qui n&#39;est pas \u00e0 la port\u00e9e de tous les Ivoiriens.<\/p>\n<p> &quot;Les prix des m\u00e9dicaments sont excessivement chers dans les \u00e9tablissements sanitaires. Parfois, vous tra\u00eenez le malade pendant des jours, sans que les m\u00e9decins s&#39;en occupent. Ils demandent toujours si les moyens financiers sont cons\u00e9quents&quot;, explique \u00e0 IPS, Rapha\u00ebl Ti\u00e9 Bi qui sortait d&#39;une consultation avec une ordonnance m\u00e9dicale de plus de 40 dollars. &quot;Qui va m&#39;aider \u00e0 acheter les m\u00e9dicaments?&quot;, s&#39;interroge-t-il.<\/p>\n<p> Ti\u00e9 Bi est un enseignant exer\u00e7ant dans le public, et il gagne, selon la grille salariale de sa cat\u00e9gorie, un traitement mensuel de 160 \u00e0 200 dollars environ.<\/p>\n<p> Pourtant, le gouvernement ivoirien avait promis la cr\u00e9ation d&#39;une Assurance maladie universelle pour permettre un acc\u00e8s facile aux traitements m\u00e9dicaux. Mais, le projet est encore en veilleuse. &quot;Il est difficilement r\u00e9alisable d&#39;autant plus que les moyens font d\u00e9faut \u00e0 un gouvernement confront\u00e9 \u00e0 une crise&quot;, d\u00e9clare un m\u00e9decin d&#39;Abidjan qui a requis l&#39;anonymat.<\/p>\n<p> La C\u00f4te d&#39;Ivoire est coup\u00e9e en deux parties depuis l&#39;insurrection arm\u00e9e du 19 septembre 2002, malgr\u00e9 les nombreux efforts de m\u00e9diation, au point que l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle attendue ne peut plus se tenir \u00e0 la date pr\u00e9vue du 30 octobre.  Dans le nord du pays, sous contr\u00f4le de la r\u00e9bellion, les populations manquent d&#39;eau potable. Depuis le d\u00e9clenchement de la crise, les services de fourniture d&#39;eau sont suspendus. Des m\u00e9nages sont oblig\u00e9s de parcourir de longues distances pour se rendre dans des marigots et recueillir de l&#39;eau impropre \u00e0 la consommation, a constat\u00e9 IPS, sur place, lors d&#39;un voyage du ministre ivoirien de l&#39;Education nationale, Michel Amani N&#39;guessan, \u00e0 Korhogo, \u00e0 600 kilom\u00e8tres au nord d&#39;Abidjan, le 2 septembre.<\/p>\n<p> En juin, les populations ont subi les effets d&#39;une s\u00e9cheresse exceptionnelle dans la r\u00e9gion qui est une zone de savane s\u00e8che. Le Comit\u00e9 international de la Croix-Rouge (CICR) avait alors r\u00e9alis\u00e9 trois centres de production et de distribution d&#39;eau potable.  &quot;Deux de ces centres sont ravitaill\u00e9s par des puits de forage&#8230;remis en \u00e9tat. Les trois centres permettent de stocker et de distribuer plus de 500.000 litres d&#39;eau potable par jour, soit une ration de survie quotidienne pour 50.000 \u00e0 100.000 personnes&quot;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Kim Gordon-Bates, du service de communication du CICR. &quot;Le dispositif d&#39;urgence restera en place jusqu&#39;\u00e0 ce que le r\u00e9servoir du barrage local soit rempli par les pluies qui viennent juste de commencer&quot;, en ao\u00fbt.<\/p>\n<p> Lors d&#39;une vid\u00e9o conf\u00e9rence organis\u00e9e le 6 septembre, par le bureau de la Banque mondiale, \u00e0 Abidjan, quelques jours avant le sommet de l&#39;ONU, la soci\u00e9t\u00e9 civile africaine, n&#39;a pas manqu\u00e9 d&#39;attirer l&#39;attention des bailleurs de fonds sur l&#39;\u00e9tat croissant de la pauvret\u00e9 dans les pays de l&#39;Afrique subsaharienne.<\/p>\n<p> &quot;Tant que nos Etats sont mal g\u00e9r\u00e9s, tant que les populations n&#39;ont pas la capacit\u00e9 de sanctionner les dirigeants, nous ne pouvons pas atteindre les objectifs du mill\u00e9naire&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Claude Paga de la soci\u00e9t\u00e9 civile gabonaise. &quot;La transparence dans la gestion du pouvoir est le seul moyen de sortir de la pauvret\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Cette approche est partag\u00e9e par Julienne N&#39;T\u00e9 de l&#39;Association des femmes camerounaises : &quot;Le peuple doit \u00eatre aux premi\u00e8res loges de la lutte contre la pauvret\u00e9&quot;.  &quot;Il faut que la Banque mondiale et les autres bailleurs de fonds essaient d&#39;am\u00e9liorer les modes de financement en \u00e9tant plus proches des organisations non gouvernementales. Nous avons des dirigeants et des r\u00e9gimes vieux de 40, voire 50 ans. Je ne sais pas si l&#39;on peut faire des transformations avec eux&quot;, a-t-elle soulign\u00e9.<\/p>\n<p> L&#39;un des probl\u00e8mes auxquels restent \u00e9galement confront\u00e9es les populations, est l&#39;analphab\u00e9tisme. Selon des statistiques fournies par le Plan national de d\u00e9veloppement du secteur \u00e9ducation\/formation (PNDEF), le taux brut de scolarisation en C\u00f4te d&#39;Ivoire dans le primaire est de 64,3 pour cent, avec 57,1 pour cent chez les filles et 71,1 pour cent chez les gar\u00e7ons.<\/p>\n<p> Selon le PNDEF, le taux net de scolarisation se chiffre \u00e0 48,2 pour cent, avec 43,8 pour cent chez les filles et 52,4 pour cent chez les gar\u00e7ons.  Le taux d&#39;analphab\u00e9tisme pour les populations de 15 ans et plus, \u00e9tait de 63,6 pour cent en g\u00e9n\u00e9ral, avec 71,5 pour cent chez les filles et 59,4 pour cent chez les gar\u00e7ons.  Dans la zone contr\u00f4l\u00e9e par la r\u00e9bellion, les disparit\u00e9s sont encore plus grandes \u00e9tant donn\u00e9 le d\u00e9calage qui existe entre les \u00e9l\u00e8ves du nord et ceux du sud. &quot;Les premiers ont pris un retard de deux ann\u00e9es scolaires qu&#39;il faudra combler&quot;, avait d\u00e9clar\u00e9 le ministre de l&#39;Education \u00e0 IPS, peu avant son voyage, sur Korhogo. Et pendant les deux ans de retard, de nouveaux enfants n&#39;ont pas \u00e9t\u00e9 inscrits \u00e0 l&#39;\u00e9cole dans cette zone.  Emilie Bella, charg\u00e9e des questions touchant les femmes, les enfants et la famille au Bureau national d&#39;\u00e9tudes techniques et de d\u00e9veloppement en C\u00f4te d&#39;Ivoire, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS : &quot;L&#39;analphab\u00e9tisme influe fortement sur l&#39;\u00e9tat de sant\u00e9 de la femme. En effet, l&#39;analyse des diff\u00e9rents indicateurs de morbidit\u00e9 et de mortalit\u00e9, indique une corr\u00e9lation n\u00e9gative avec le niveau d&#39;instruction des m\u00e8res, surtout en milieu rural&quot;.  A quelques jours de l&#39;ouverture du sommet de l&#39;ONU, les Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement ont encore beaucoup de chemin \u00e0 faire en Afrique en g\u00e9n\u00e9ral, en particulier, dans ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest en crise depuis trois ans.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 12 sep (IPS) &#8211; Un repas par jour, c&#39;est la moyenne alimentaire que fournit Moussa Demb\u00e9l\u00e9, ferronnier de son \u00e9tat, \u00e0 sa grande famille de dix membres, dans un taudis de cinq m\u00e8tres carr\u00e9s, au milieu du quartier populeux&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/12\/developpement-afrique-les-omd-ont-encore-du-chemin-a-faire\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,2,1,4],"tags":[],"class_list":["post-2653","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-education","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2653"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2653\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2653"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2653"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2653"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}