{"id":2649,"date":"2005-09-08T13:40:01","date_gmt":"2005-09-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/08\/education-rdc-encore-une-rentree-scolaire-sur-fond-de-grogne-des-enseignants\/"},"modified":"2005-09-08T13:40:01","modified_gmt":"2005-09-08T13:40:01","slug":"education-rdc-encore-une-rentree-scolaire-sur-fond-de-grogne-des-enseignants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/08\/education-rdc-encore-une-rentree-scolaire-sur-fond-de-grogne-des-enseignants\/","title":{"rendered":"EDUCATION-RDC: Encore une rentr\u00e9e scolaire sur fond de grogne des enseignants"},"content":{"rendered":"<p>KINSHASA, 8 sep (IPS) &#8211; Les enseignants ont d\u00e9cid\u00e9 de boycotter la reprise des cours, le jour de la rentr\u00e9e, lundi, pour cause de salaires insuffisants, irr\u00e9guliers, et de promesses non tenues par le gouvernement, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n La reprise des cours pour les quelque cinq millions de jeunes \u00e9l\u00e8ves congolais du primaire et du secondaire &#8211; pour l&#39;ann\u00e9e scolaire 2005-2006 &#8212; d\u00e9marre donc difficilement dans ce pays d&#39;Afrique centrale qui se remet p\u00e9niblement d&#39;une longue guerre civile de cinq ans.  &quot;Nous \u00e9tions pr\u00e9sents \u00e0 nos postes parce que c&#39;est la rentr\u00e9e scolaire, mais nous ne toucherons pas la craie avant d&#39;obtenir les assurances n\u00e9cessaires quant \u00e0 la consistance et la r\u00e9gularit\u00e9 de nos salaires&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Augustin Mfulu, professeur au Coll\u00e8ge Boboto \u00e0 Kinshasa, la capitale de la RDC.  Le salaire moyen mensuel d&#39;un professeur et de 60 dollars alors que les enseignants demandent 208 dollars, soit une augmentation de 200 pour cent pour le salaire le plus bas.  C&#39;est donc dans l&#39;incertitude que les \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire ont repris le chemin de l&#39;\u00e9cole. Bon nombre d&#39;entre eux ont m\u00eame gard\u00e9 les cartables \u00e0 la maison avec juste l&#39;id\u00e9e d&#39;aller se renseigner si les classes allaient ouvrir leurs portes et si les cours allaient reprendre effectivement.  Lundi, beaucoup d&#39;\u00e9tablissements scolaires \u00e9taient vides ou tr\u00e8s peu fr\u00e9quent\u00e9s. A Kinshasa comme en provinces, seules les \u00e9coles priv\u00e9es ont pu fonctionner normalement. Le salaire moyen des professeurs des \u00e9coles priv\u00e9es se situe entre 100 et 300 dollars, selon la r\u00e9putation de l&#39;\u00e9tablissement.<\/p>\n<p> Depuis pr\u00e8s de cinq ans, le sc\u00e9nario est le m\u00eame \u00e0 la rentr\u00e9e des classes.<\/p>\n<p>C&#39;est l&#39;occasion de controverses au sujet de la prise en charge de la scolarisation des enfants au niveau primaire et secondaire. La question se pose en termes de maintien ou non du syst\u00e8me de &quot;motivation des enseignants&quot;, une pratique qui, \u00e0 l&#39;initiative de l&#39;Eglise catholique congolaise, consiste \u00e0 solliciter la contribution des parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves dans la r\u00e9mun\u00e9ration des enseignants.<\/p>\n<p> En 1992, face \u00e0 la menace d&#39;une ann\u00e9e blanche, dans l&#39;imbroglio qui a suivi la fin en queue de poisson, de la Conf\u00e9rence nationale souveraine, les responsables de l&#39;enseignement du r\u00e9seau catholique, de concert avec l&#39;Association nationale des parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves du Congo (ANAPECO), avaient trouv\u00e9 plus profitable, pour les \u00e9l\u00e8ves, d&#39;exiger de leurs parents un sacrifice financier suppl\u00e9mentaire pour pallier les d\u00e9faillances de l&#39;Etat, en proie \u00e0 une conjoncture \u00e9conomique difficile.  Le marasme \u00e9conomique de la RDC a commenc\u00e9 sous l&#39;ancien pr\u00e9sident Mobutu, avec des sc\u00e8nes de pillage, par l&#39;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re, du tissu \u00e9conomique, entre 1991 et 1993. Bien plus, en 1992, \u00e0 la suite des massacres des \u00e9tudiants de l&#39;Universit\u00e9 de Lubumbashi, dans le sud-est du pays, tous les pays occidentaux avaient arr\u00eat\u00e9 la coop\u00e9ration structurelle avec l&#39;ex-Za\u00efre.<\/p>\n<p> Les frais de motivation des enseignants, pay\u00e9s par les parents &quot;n&#39;\u00e9taient qu&#39;une mesure temporaire qui ne dispensait pas l&#39;Etat de ses obligations vis-\u00e0-vis de la scolarisation des enfants congolais&quot;, explique l&#39;abb\u00e9 Georges Mutshipayi, coordonnateur national des \u00e9coles catholiques conventionn\u00e9es.  &quot;Nous avons d\u00e9cid\u00e9 de supprimer cette pratique car nous avons constat\u00e9 que les autorit\u00e9s gouvernementales avaient tendance \u00e0 se complaire dans cette situation qui leur permet de solutionner la question par omission, et continue \u00e0 saigner les parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves&quot;, souligne-t-il.<\/p>\n<p> Ce sacrifice financier suppl\u00e9mentaire exig\u00e9 des parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves a, en effet, pris fin en d\u00e9cembre 2004. L&#39;\u00e9piscopat catholique du Congo, qui en est l&#39;initiateur, avait demand\u00e9 \u00e0 l&#39;Etat de prendre ses responsabilit\u00e9s en ce qui concerne l&#39;am\u00e9lioration des conditions salariales des enseignants.  Pour l&#39;ann\u00e9e scolaire 2005-2006, le gouvernement congolais accepte de prendre charge des frais de scolarisation des \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire mais, selon les syndicats des enseignants du Congo, il ne donne pas les assurances n\u00e9cessaires pour le respect de ses engagements.  &quot;L&#39;enseignant congolais vit dans les pires conditions qui soient&quot;, explique \u00e0 IPS, Joseph Mirindi du Syndicat des enseignants du Congo (SYECO). &quot;A moins de 50 dollars, le mois, l&#39;enseignant congolais ne se trouve pas dans les conditions professionnelles et psychologiques requises pour bien faire son travail&quot;.  &quot;Il y a deux ans, nous nous sommes entendus avec le gouvernement sur un bar\u00e8me salarial qui octroierait 208 dollars \u00e0 l&#39;enseignant le moins grad\u00e9.<\/p>\n<p>Ce bar\u00e8me, qui devait \u00eatre appliqu\u00e9 par pallier, n&#39;a jamais connu le moindre d\u00e9but d&#39;application. Nous n&#39;avons pas d&#39;autres choix que de d\u00e9brayer&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> En attendant, les enseignants de Kinshasa accumulent deux \u00e0 trois mois d&#39;arri\u00e9r\u00e9es de salaires. Dans les provinces, la situation est plus dramatique. Les salaires ne parviennent pas \u00e0 temps et sont encore plus modiques. &quot;A la diff\u00e9rence des enseignants de Kinshasa, nous, de l&#39;int\u00e9rieur du pays, ne touchons ni indemnit\u00e9s de logement ni indemnit\u00e9 de transport&quot;, confie Annie Kasika, professeur de lyc\u00e9e, contact\u00e9e par IPS \u00e0 Bukavu, dans l&#39;est de la RDC.  Paradoxalement, le ministre de l&#39;Enseignement primaire et secondaire, Ndom Nda Ombel, affiche un optimisme surprenant. &quot;Il n&#39;y a pas de raison majeure de reporter la rentr\u00e9e scolaire&quot;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9 au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse, le 2 septembre \u00e0 Kinshasa. &quot;L&#39;Etat va s&#39;assumer en d\u00e9pit de la conjoncture \u00e9conomique tant pour les parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves que pour le gouvernement&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;optimisme du ministre s&#39;explique peut-\u00eatre par le coup de pousse inattendu du Fonds des Nations Unies pour l&#39;enfance (UNICEF) qui vient de d\u00e9cider de prendre en charge les fournitures scolaires pour 60 pour cent des \u00e9l\u00e8ves congolais. Mohamed Fall, le responsable du secteur \u00e9ducatif de l&#39;UNICEF en RDC, l&#39;a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 la sortie d&#39;un entretien, le 1er septembre, avec le ministre de l&#39;Enseignement primaire et secondaire.  Cette aide b\u00e9n\u00e9ficiera \u00e0 3.500.000 enfants. Dans la foul\u00e9e, l&#39;UNICEF met du mat\u00e9riel didactique de base \u00e0 la disposition de 67.000 enseignants.  En outre, le budget r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 l&#39;enseignement a doubl\u00e9, passant de moins de deux pour cent en 2004 \u00e0 quatre pour cent cette ann\u00e9e. Le budget de l&#39;enseignement est pass\u00e9 de trois millions de dollars en 2004 \u00e0 six millions de dollars en 2005.<\/p>\n<p> Ces bonnes dispositions du gouvernement congolais, en faveur de la suppression des frais de motivation payaient les parents pour les enseignants, sont normalement de nature \u00e0 rassurer les parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves qui devront payer moins pour la scolarit\u00e9 de leurs enfants. Marcelline Musangu, m\u00e8re de cinq enfants, tous scolaris\u00e9s, dit \u00e0 IPS qu&#39;elle \u00e9prouve &quot;d&#39;insurmontables difficult\u00e9s&quot; pour payer la scolarit\u00e9 des enfants.  &quot;L&#39;avantage de la suppression des frais de motivation des enseignants est que tous les enfants auront les m\u00eames chances pour terminer leurs \u00e9tudes&quot;, affirme-t-elle. &quot;Les parents n&#39;ont pas \u00e0 payer les salaires des enseignants en lieu et place de l&#39;Etat. J&#39;esp\u00e8re que cette fois, les enseignants seront mieux pay\u00e9s et la qualit\u00e9 des enseignements s&#39;en ressentira&quot;.  Sur les cinq enfants de Musangu, deux ont d\u00fb abandonner l&#39;\u00e9cole l&#39;an dernier, et leur m\u00e8re esp\u00e8re pouvoir les remettre \u00e0 l&#39;\u00e9cole cette ann\u00e9e.  Cependant, certaines \u00e9coles du r\u00e9seau catholique font de la r\u00e9sistance et continuent d&#39;exiger les frais de motivation des enseignants. Au coll\u00e8ge Fr\u00e8re Alingba, de la commune de Kintambo \u00e0 Kinshasa, les parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves, qui avaient d\u00e9j\u00e0 pay\u00e9 les frais de motivation des enseignants, n&#39;ont pas re\u00e7u de quittance de perception de l&#39;argent de la part de la direction de l&#39;\u00e9cole. &quot;A la place des re\u00e7us, nous avons seulement \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s dans un cahier&quot;.<\/p>\n<p> Le syst\u00e8me de frais de motivation des enseignants \u00e9tait devenu &quot;une vache \u00e0 lait&quot; pour beaucoup de responsables de l&#39;Enseignement primaire et secondaire, a comment\u00e9 Maurice Mpiana, un membre du Syndicat national des enseignants catholiques.<\/p>\n<p> Bon nombre d&#39;enfants congolais ne vont plus \u00e0 l&#39;\u00e9cole pour diff\u00e9rentes raisons. Certains \u00e0 cause de la pauvret\u00e9 de leurs parents, et d&#39;autres \u00e0 la suite des diff\u00e9rentes guerres et r\u00e9bellions qui ont perturb\u00e9 leur scolarit\u00e9 entre 1996 et 2002.  Selon l&#39;index du d\u00e9veloppement humain publi\u00e9 \u00e0 la fin de 2003 par le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement, 80 pour cent de Congolais vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9 avec moins d&#39;un dollar par jour.  Selon les statistiques du minist\u00e8re de l&#39;Enseignement primaire et secondaire, seuls 60 pour cent des enfants scolarisables vont \u00e0 l&#39;\u00e9cole dans la partie qui n&#39;a pas \u00e9t\u00e9 touch\u00e9e par la r\u00e9bellion. La situation est de loin plus dramatique dans les territoires anciennement occup\u00e9s par des rebelles, notamment dans l&#39;est de la RDC.  Le gouvernement congolais, avec l&#39;aide de l&#39;UNICEF, pratique une sorte de discrimination positive en faveur des jeunes filles \u00e0 l&#39;inscription \u00e0 l&#39;\u00e9cole primaire. Un effort qui, selon un enseignant de Kinshasa, vise \u00e0 r\u00e9aliser, malgr\u00e9 les difficult\u00e9s actuelles, certains Objectifs du mill\u00e9naire pour le d\u00e9veloppement (OMD) notamment la promotion de l&#39;\u00e9ducation universelle et la r\u00e9duction de l&#39;in\u00e9galit\u00e9 de genre.  Le Congo a connu deux guerres civiles de 1996 \u00e0 2002, dont la derni\u00e8re a dur\u00e9 cinq ans, faisant au moins 3,5 millions de morts.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KINSHASA, 8 sep (IPS) &#8211; Les enseignants ont d\u00e9cid\u00e9 de boycotter la reprise des cours, le jour de la rentr\u00e9e, lundi, pour cause de salaires insuffisants, irr\u00e9guliers, et de promesses non tenues par le gouvernement, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/09\/08\/education-rdc-encore-une-rentree-scolaire-sur-fond-de-grogne-des-enseignants\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":5,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,2,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2649","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-education","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2649","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/5"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2649"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2649\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2649"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2649"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2649"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}