{"id":2630,"date":"2005-08-25T13:40:01","date_gmt":"2005-08-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/08\/25\/droits-afrique-du-sud-ils-ne-sont-pas-vraiment-les-bienvenus\/"},"modified":"2005-08-25T13:40:01","modified_gmt":"2005-08-25T13:40:01","slug":"droits-afrique-du-sud-ils-ne-sont-pas-vraiment-les-bienvenus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/08\/25\/droits-afrique-du-sud-ils-ne-sont-pas-vraiment-les-bienvenus\/","title":{"rendered":"DROITS-AFRIQUE DU SUD: Ils ne sont pas vraiment les bienvenus"},"content":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 25 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Il y a des tendances qui montrent peu de signes de d\u00e9clin : l&#39;afflux de r\u00e9fugi\u00e9s et d&#39;immigrants \u00e9conomiques en Afrique du Sud, et l&#39;ampleur avec laquelle ces personnes deviennent la cible de x\u00e9nophobie.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Nous sommes une destination attractive en Afrique : nous ne pouvons \u00e9chapper \u00e0 cela&quot;, d\u00e9clare Zonke Majodina, commissaire adjoint de la Commission sud-africaine des droits de l&#39;Homme, la semaine derni\u00e8re. Elle s&#39;exprimait jeudi (18 ao\u00fbt) \u00e0 une conf\u00e9rence de deux jours, sur la x\u00e9nophobie, qui a eu lieu \u00e0 Johannesburg, la capitale \u00e9conomique sud-africaine. (La Commission des droits de l&#39;homme, \u00e9galement bas\u00e9e \u00e0 Johannesburg, est une institution gouvernementale).  Les Africains ont afflu\u00e9 en Afrique du Sud depuis le d\u00e9mant\u00e8lement de l&#39;apartheid en 1994. Ils sont estim\u00e9s, y compris ceux vivant ill\u00e9galement dans le pays, \u00e0 plus de cinq millions. Cela inclut un nombre important de Zimbabw\u00e9ens qui ont fui leur pays \u00e0 cause de la crise politique et \u00e9conomique qui y pr\u00e9vaut.  &quot;Environ trois millions de Zimbabw\u00e9ens vivent aujourd&#39;hui en Afrique du Sud : on estime \u00e0 30.000 le nombre de Zimbabw\u00e9ens qui franchissent chaque mois les fronti\u00e8res sud-africaines&quot;, confie, la semaine derni\u00e8re \u00e0 IPS, Gabriel Shumba, pr\u00e9sident du Forum des exil\u00e9s du Zimbabwe, bas\u00e9 \u00e0 Pretoria.  Daniel Molokela, un avocat zimbabw\u00e9en qui travaille pour le projet Paix et d\u00e9mocratie, une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Johannesburg, \u00e9value le nombre de Zimbabw\u00e9ens vivant en Afrique du Sud \u00e0 presque deux millions.  Tout comme le nombre des nouvelles arriv\u00e9es grimpe en spirale, ainsi augmente les sentiments d&#39;animosit\u00e9 \u00e0 leur \u00e9gard dans un pays rong\u00e9 par la pauvret\u00e9 et le ch\u00f4mage officiellement estim\u00e9 \u00e0 26,5 pour cent &#8212; mais que plusieurs analystes disent \u00eatre proche de 40 pour cent.  &quot;Depuis 1994, nous avons observ\u00e9 une haine croissante (envers eux) et une ignorance des droits des immigr\u00e9s et demandeurs d&#39;asile&quot;, remarque Majodina.  Alors que la police sud-africaine a un r\u00f4le \u00e0 jouer dans la lutte contre l&#39;immigration ill\u00e9gale, d&#39;inqui\u00e9tants rapports \u00e9mergent au sujet de leur conduite &#8212; m\u00eame vis-\u00e0-vis des \u00e9trangers qui ont obtenu des documents qui les autorisent \u00e0 rester l\u00e9galement dans le pays.  Selon Majodina, la police confisque et d\u00e9truit r\u00e9guli\u00e8rement des papiers de r\u00e9fugi\u00e9s pour justifier leur arrestation. &quot;Les r\u00e9fugi\u00e9s luttent pendant des mois pour obtenir leurs papiers. C&#39;est alors que des repr\u00e9sentants de la loi les d\u00e9chirent lorsqu&#39;ils les arr\u00eatent pendant qu&#39;ils recherchent des immigrants suspects. Cela doit \u00eatre une exp\u00e9rience traumatisante&quot;, a-t-elle indiqu\u00e9.  &quot;Chaque semaine, nous devons aller r\u00e9cup\u00e9rer de Lindela des gens qui ont \u00e9t\u00e9 injustement arr\u00eat\u00e9s&quot;, ajoute Majodina, en r\u00e9f\u00e9rence au Centre de rapatriement de Lindela o\u00f9 sont d\u00e9tenus des immigr\u00e9s ill\u00e9gaux en attente d&#39;expulsion sont d\u00e9tenus. Le centre est situ\u00e9 \u00e0 la p\u00e9riph\u00e9rie de Johannesburg.  Un r\u00e9cent sondage r\u00e9alis\u00e9 par l&#39;Universit\u00e9 du Witwatersrand, bas\u00e9e \u00e0 Johannesburg, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 71 pour cent des r\u00e9fugi\u00e9s interview\u00e9s affirment avoir \u00e9t\u00e9 contr\u00f4l\u00e9s par la police contre 47 pour cent de Sud-Africains.  Dans un article intitul\u00e9 &#39;Vies urbaines durables \u00e0 une \u00e8re de migration : impact de la x\u00e9nophobie sur la courbe de d\u00e9veloppement de Gauteng&#39;, Loren Landau a fait les m\u00eames observations. (Gauteng est une province d&#39;Afrique du Sud situ\u00e9e au nord du pays).  &quot;Alors que la police cherche \u00e0 \u00e9liminer les stigmates de l&#39;\u00e9poque de l&#39;apartheid et compl\u00e9ter leurs maigres revenus, ils exploitent une mauvaise surveillance, la x\u00e9nophobie et les vuln\u00e9rabilit\u00e9s des immigr\u00e9s&quot;, note-t-il. &quot;Les non Sud-Africains vivant ou travaillant \u00e0 Johannesburg, par exemple, rapportent ainsi avoir \u00e9t\u00e9 beaucoup plus fr\u00e9quemment contr\u00f4l\u00e9s par la police que les Sud-Africains&quot;.  Sally Peberdy du Projet de migration en Afrique australe &#8212; une initiative de recherche financ\u00e9e par la Grande-Bretagne et le Canada &#8212; a d\u00e9clar\u00e9 que la x\u00e9nophobie en Afrique du Sud a \u00e9t\u00e9 nourrie par la m\u00e9connaissance de ce qui se passe au-del\u00e0 des fronti\u00e8res du pays.  Alors qu&#39;elle donnait des cours de g\u00e9ographie dans une universit\u00e9 sud africaine, elle a d\u00e9couvert, par exemple, que ses \u00e9tudiants ne pourraient pas d\u00e9signer des pays sur une carte d&#39;Afrique australe. &quot;C&#39;\u00e9tait d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 (mais) ce n&#39;\u00e9tait pas de leur faute&quot;, a observ\u00e9 Peberdy. Pendant la p\u00e9riode de l&#39;apartheid, peu d&#39;efforts ont \u00e9t\u00e9 faits pour enseigner l&#39;Afrique aux \u00e9l\u00e8ves.  Une histoire similaire est rapport\u00e9e par Michael Neocosmos, professeur de sociologie \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Pretoria, qui \u00e9crit un livre sur la x\u00e9nophobie en Afrique du Sud, intitul\u00e9 &#39;Des autochtones \u00e9trangers aux \u00e9trangers autochtones&#39;. &quot;J&#39;avais une fois un probl\u00e8me \u00e0 l&#39;estomac et mon docteur m&#39;a demand\u00e9 si j&#39;avais \u00e9t\u00e9 en Afrique. Je me suis demand\u00e9 &#39;O\u00f9 suis-je maintenant? Ne suis-je pas en Afrique&#39;?&quot;, s&#39;est-il rappel\u00e9.  La situation est bien plus compliqu\u00e9e suivant la race, a ajout\u00e9 Neocosmos.<\/p>\n<p>Plus sombre vous \u00eates, a-t-il dit, plus vous serez consid\u00e9r\u00e9 comme un \u00e9tranger. Plus clair vous \u00eates, plus vous serez vu comme Sud-Africain.  &quot;Trente pour cent des gens arr\u00eat\u00e9s par la police sur soup\u00e7on d&#39;\u00eatre des immigr\u00e9s ill\u00e9gaux sont sud-africains. Ils sont choisis parce qu&#39;ils sont trop noirs et se sont trouv\u00e9s au mauvais endroit au mauvais moment&quot;, a expliqu\u00e9 Neocosmos.  Abeda Mbamjee, de l&#39;Unit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 du Witwatersrand, dit que ces arrestations peuvent avoir des cons\u00e9quences d\u00e9sastreuses : &quot;Des Sud-Africains sont quelquefois expuls\u00e9s vers le Swaziland et le Mozambique&quot;.  Certains immigrants et demandeurs d&#39;asile se fabriquent de faux papiers &#8212; quelques-uns en d\u00e9sespoir de cause, apr\u00e8s avoir attendu des mois que les papiers sortent par des canaux l\u00e9gaux.  &quot;Nous avons \u00e9videment des demandeurs d&#39;asile qui abusent du syst\u00e8me en se fabriquant de faux papiers. Nous travaillons sur de nouveaux documents qui contiendront des \u00e9l\u00e9ments de s\u00e9curit\u00e9&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 jeudi (18 ao\u00fbt), \u00e0 la conf\u00e9rence, Busisiwe Mkhwebane-Tshehla qui est en charge des r\u00e9fugi\u00e9s au minist\u00e8re de l&#39;Int\u00e9rieur.  Depuis 1994, environ 186.000 demandeurs d&#39;asile ont sollicit\u00e9 le statut de r\u00e9fugi\u00e9 en Afrique du Sud. Mais, seulement quelque 29.000 ont \u00e9t\u00e9 reconnus comme r\u00e9fugi\u00e9s, a soulign\u00e9 Mkhwebane-Tshehla.  &quot;De nouveaux chiffres seront publi\u00e9s vers la fin de l&#39;ann\u00e9e. Ils d\u00e9termineront si les demandes d&#39;asile ont augment\u00e9 ou diminu\u00e9&quot;, a-t-elle dit dans un entretien avec IPS.  Certains accusent les m\u00e9dias d&#39;exacerber la x\u00e9nophobie en pr\u00e9sentant implacablement les ressortissants de certains pays comme des criminels.<\/p>\n<p>&quot;C&#39;est injuste de la part des m\u00e9dias de peindre tous les seigneurs de la drogue et toutes les prostitu\u00e9es comme des Nig\u00e9rians&quot;, a d\u00e9clar\u00e9, lors de la rencontre, Khathu Mamaila, \u00e9diteur adjoint du journal &#39;City Press&#39;.  Il a indiqu\u00e9 que les immigr\u00e9s d&#39;Europe, d&#39;Am\u00e9rique du Nord, de Russie, de l&#39;Inde, du Pakistan, et de Chine ne sont pas souvent victimes de x\u00e9nophobie en Afrique du Sud : &quot;Le visage des immigr\u00e9s ill\u00e9gaux est exclusivement noir&quot;.  Ces observations ont \u00e9t\u00e9 reprises par William Bird, directeur du Projet d&#39;observation des m\u00e9dias &#8212; une ONG bas\u00e9e \u00e0 Johannesburg. &quot;Les \u00e9trangers blancs sont rarement repr\u00e9sent\u00e9s comme immigrants ill\u00e9gaux&quot;, a-t-il not\u00e9.  Dans le sondage de l&#39;Universit\u00e9 de Witwatersrand, 85 pour cent des Sud-Africains estiment que les crimes ont augment\u00e9 \u00e0 Johannesburg au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es &#8212; la plupart rejetant la responsabilit\u00e9 de cette tendance sur des immigr\u00e9s.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 25 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Il y a des tendances qui montrent peu de signes de d\u00e9clin : l&#39;afflux de r\u00e9fugi\u00e9s et d&#39;immigrants \u00e9conomiques en Afrique du Sud, et l&#39;ampleur avec laquelle ces personnes deviennent la cible de x\u00e9nophobie.<\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7,3],"tags":[],"class_list":["post-2630","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2630","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2630"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2630\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2630"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2630"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2630"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}