{"id":2626,"date":"2005-08-21T13:40:01","date_gmt":"2005-08-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/08\/21\/politique-cote-divoire-le-general-doue-a-t-il-les-moyens-de-chassergbagbo-du-pouvoir\/"},"modified":"2005-08-21T13:40:01","modified_gmt":"2005-08-21T13:40:01","slug":"politique-cote-divoire-le-general-doue-a-t-il-les-moyens-de-chassergbagbo-du-pouvoir","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/08\/21\/politique-cote-divoire-le-general-doue-a-t-il-les-moyens-de-chassergbagbo-du-pouvoir\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-COTE D&#39;IVOIRE: Le g\u00e9n\u00e9ral Dou\u00e9 a-t-il les moyens de chasserGbagbo du pouvoir?"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 21 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le g\u00e9n\u00e9ral Mathias Dou\u00e9, ancien chef d&#39;\u00e9tat-major de l&#39;arm\u00e9e ivoirienne (entre octobre 2000 et novembre 2004), a d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 chasser le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo du pouvoir.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;J&#39;ai choisi de rompre le silence parce que j&#39;estime que la situation a trop dur\u00e9 et que le d\u00e9part de Gbagbo est la condition unique du retour de la paix en C\u00f4te d&#39;Ivoire&quot;, a indiqu\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Dou\u00e9, limog\u00e9 par le chef de l&#39;Etat depuis l&#39;\u00e9chec, en novembre 2004, de l&#39;op\u00e9ration &#39;Dignit\u00e9&#39; de reconqu\u00eate du nord du pays contr\u00f4l\u00e9 par les rebelles apr\u00e8s l&#39;insurrection arm\u00e9e du 19 septembre 2002.<\/p>\n<p> &quot;Et si la communaut\u00e9 internationale ne veut pas s&#39;engager \u00e0 le faire partir en douceur, moi, je vais le faire par tous les moyens&quot;, a ajout\u00e9 Dou\u00e9 qui vivait en exil et en clandestinit\u00e9 depuis huit mois, dans une interview exclusive \u00e0 Radio France internationale, samedi.  Le g\u00e9n\u00e9ral Dou\u00e9 avait \u00e9galement \u00e9t\u00e9 membre de la junte militaire qui avait pris le pouvoir en C\u00f4te d&#39;Ivoire, entre d\u00e9cembre 1999 et octobre 2000, avec feu le g\u00e9n\u00e9ral Robert Gu\u00e9i, en renversant l&#39;ancien pr\u00e9sident Henri Konan B\u00e9di\u00e9.  Bertin Kadet, le conseiller du pr\u00e9sident Gbagbo \u00e0 la d\u00e9fense, a minimis\u00e9, samedi, la d\u00e9claration de Dou\u00e9, la qualifiant de &quot;non-\u00e9v\u00e9nement&quot; et &quot;d&#39;appel \u00e0 la guerre civile&quot;.  La menace publique de l&#39;ancien chef d&#39;\u00e9tat-major des Forces arm\u00e9es nationales de C\u00f4te d&#39;Ivoire (FANCI) fait suite \u00e0 un courrier re\u00e7u via Internet par plusieurs m\u00e9dias ivoiriens qui l&#39;ont publi\u00e9, la veille, vendredi, et dans lequel le g\u00e9n\u00e9ral Dou\u00e9 annon\u00e7ait son retour imminent au pays pour, dit-il, &quot;reprendre les choses en main, en prenant ma place dans le combat, en vue de faire cesser les exactions et les assassinats commis sur les populations&quot;.<\/p>\n<p> Revendiquant la paternit\u00e9 d&#39;un document circulant actuellement sur Internet, Dou\u00e9 d\u00e9clare qu&#39;il entend mettre la communaut\u00e9 internationale devant ses responsabilit\u00e9s.  &quot;Si la communaut\u00e9 internationale obtient son d\u00e9part (Gbagbo) en douceur, dans les tous prochains jours, nous ferons l&#39;\u00e9conomie d&#39;une guerre civile&quot;, a averti Dou\u00e9. &quot;Soyez persuad\u00e9s que la personnalit\u00e9 du pr\u00e9sident Gbagbo et tout le syst\u00e8me qui l&#39;entoure ne sont pas des facteurs de paix et de r\u00e9conciliation&quot;.  &quot;Dans tous les cas, la question des escadrons de la mort, dont j&#39;ai \u00e9t\u00e9 moi-m\u00eame victime, doit \u00eatre trait\u00e9e imp\u00e9rativement pour une meilleure s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 de toutes les communaut\u00e9s vivant en C\u00f4te d&#39;Ivoire&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> A cet \u00e9gard, le colonel Jules Yao Yao, ancien porte-parole des FANCI, \u00e9galement en rupture avec le r\u00e9gime, a fait publier r\u00e9cemment la liste des membres pr\u00e9sum\u00e9s des escadrons de la mort et de leurs chefs qui, a-t-il dit, sont des proches du pr\u00e9sident ivoirien et de son \u00e9pouse, Simone Gbagbo.  Selon Yao Yao, les chefs des escadrons de la mort sont Patrice Bahi de la garde rapproch\u00e9e du pr\u00e9sident, le capitaine S\u00e9ka S\u00e9ka de la garde rapproch\u00e9e de Simone Gbagbo, le commandant Kassarat\u00e9, du Palais pr\u00e9sidentiel, le commandant Paulin Gnatoa Kat\u00e9, le caporal Zambl\u00e9 dit Scorpion, et le conseiller Kadet.  &quot;Je ne me sens pas concern\u00e9 par un tel document et son contenu. Je ne suis responsable d&#39;aucun mouvement qui s&#39;appellerait Scorpion&quot;, a aussit\u00f4t r\u00e9agi Kadet.<\/p>\n<p> Les escadrons de la mort sont accus\u00e9s de l&#39;assassinat, entre 2002 et 2003, de nombreux hommes politiques et d&#39;intellectuels soup\u00e7onn\u00e9s d&#39;\u00eatre proches de l&#39;opposition, en particulier, du Rassemblement des r\u00e9publicains, le parti de l&#39;ancien Premier ministre Alassane Ouattara, exclu des \u00e9lections de 2000 pour &quot;nationalit\u00e9 douteuse&quot;, une des causes de la r\u00e9bellion de 2002.<\/p>\n<p> Ces accusations relatives aux escadrons de la mort, rejet\u00e9es depuis deux ans par le r\u00e9gime de Gbagbo, sont per\u00e7ues par les analystes \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, comme un os dans la gorge du pouvoir ivoirien, d&#39;autant plus que les familles des victimes se sont constitu\u00e9es en un collectif pour exiger que justice soir rendue.  La soci\u00e9t\u00e9 civile exige \u00e9galement que la lumi\u00e8re soit faite sur tous ces crimes rest\u00e9s impunis, tout en refusant de se prononcer sur le fond des d\u00e9clarations des officiers Yao Yao et Dou\u00e9.<\/p>\n<p> Pour une partie de l&#39;arm\u00e9e qui s&#39;exprime plus ou moins ouvertement, les deux officiers sont consid\u00e9r\u00e9s comme des &quot;tra\u00eetres&quot;.  Selon un officier qui a requis l&#39;anonymat, &quot;Ils (Dou\u00e9 et Yao Yao) viennent d&#39;\u00eatre pris au pi\u00e8ge du camouflage militaire. Depuis que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de mettre \u00e0 l&#39;\u00e9preuve certains militaires, les masques ont commenc\u00e9 par tomber. Ce sont des serpents de poche&quot;.  Mais, affirme-t-il \u00e0 IPS, &quot;leurs d\u00e9clarations n&#39;\u00e9branlent gu\u00e8re l&#39;arm\u00e9e.<\/p>\n<p>Bien au contraire, nous attendons celui qui sera le premier \u00e0 d\u00e9gainer. Le sang va couler et nous ne ferons aucune piti\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Dou\u00e9 a \u00e9t\u00e9 assimil\u00e9 au pr\u00e9sident centrafricain, le g\u00e9n\u00e9ral Fran\u00e7ois Boziz\u00e9 &#8211; qui a renvers\u00e9 en 2003 le pr\u00e9sident Ange-F\u00e9lix Patass\u00e9 &#8211; par le quotidien ivoirien pro-gouvernemental, &#39;Fraternit\u00e9-Matin&#39; dans sa parution du samedi (20 ao\u00fbt).<\/p>\n<p> Aucune mesure sp\u00e9ciale de s\u00e9curit\u00e9 n&#39;a encore \u00e9t\u00e9 prise par le gouvernement. Les rumeurs d&#39;instauration de couvre-feu se sont av\u00e9r\u00e9es non fond\u00e9es. Dans les diff\u00e9rents quartiers d&#39;Abidjan et \u00e0 l&#39;int\u00e9rieur du pays, le calme r\u00e8gne, selon des sources de IPS, m\u00eame si le principal sujet de discussion reste &quot;la d\u00e9claration de Dou\u00e9&quot;.  &quot;Il faut s&#39;interroger sur la certitude de cette lettre et de cette d\u00e9claration. Dou\u00e9 dit qu&#39;il vient prendre les choses en main. Est-ce pour int\u00e9grer l&#39;arm\u00e9e? Ou bien d\u00e9gager les responsables politiques actuels pour prendre la place. Personne ne sait son intention. Attendons de voir clair&quot;, s&#39;est montr\u00e9 sceptique, Bakoroba Kon\u00e9, pr\u00e9sident de la section ivoirienne de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) Avocats sans fronti\u00e8res.<\/p>\n<p> Dj\u00e9 Bi Mointi, pr\u00e9sident de la Jeunesse r\u00e9publicaine de l&#39;Union pour la d\u00e9mocratie et la paix en C\u00f4te d&#39;Ivoire, se dit offusqu\u00e9 par la d\u00e9claration de Dou\u00e9. &quot;Au moment o\u00f9 la m\u00e9diation est en train de nous sortir de la guerre, il est inopportun de faire ce genre de d\u00e9clarations. Aujourd&#39;hui, la voie idoine de sortie de crise, ce sont les \u00e9lections&quot;, a-t-il affirm\u00e9 \u00e0 IPS.  Il rejette \u00e9galement la position de Dou\u00e9 sur l&#39;impossibilit\u00e9 de tenir l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle le 30 octobre prochain, qui doit \u00eatre suivie des l\u00e9gislatives et des municipales.<\/p>\n<p> La pr\u00e9sidence ivoirienne, occup\u00e9e par la visite, en cours en C\u00f4te d&#39;Ivoire depuis jeudi, du pr\u00e9sident Bissau-Guin\u00e9en nouvellement \u00e9lu, Bernardo Nino Vieyra, n&#39;a pas encore r\u00e9agi officiellement \u00e0 l&#39;ultimatum du g\u00e9n\u00e9ral Dou\u00e9.<\/p>\n<p> Cependant, le chef d&#39;\u00e9tat-major des forces arm\u00e9es ivoiriennes, le g\u00e9n\u00e9ral Philippe Mangou, a r\u00e9affirm\u00e9 leur &quot;fid\u00e9lit\u00e9 aux valeurs r\u00e9publicaines. En tout \u00e9tat de cause, elles continueront \u00e0 assurer leur mission de sauvegarde de la R\u00e9publique contre toute forme de menace et d&#39;agression&quot;.<\/p>\n<p> Du c\u00f4t\u00e9 des Forces nouvelles (ancienne r\u00e9bellion), leur chef Guillaume Soro, en visite en Afrique du Sud, s&#39;est dit &quot;heureux que le g\u00e9n\u00e9ral Mathias Dou\u00e9 ait pris ses responsabilit\u00e9s. Il y va de l&#39;int\u00e9r\u00eat de notre pays&quot;&#8230; &quot;Pour qu&#39;il y ait des \u00e9lections d\u00e9mocratiques, transparentes et ouvertes \u00e0 tous, il faut que le principal obstacle, d&#39;abord \u00e0 la paix et ensuite \u00e0 la r\u00e9conciliation, qu&#39;est Laurent Gbagbo, soit \u00e9cart\u00e9. Nous sommes sur la m\u00eame longueur d&#39;onde avec lui&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Expert en strat\u00e9gie militaire, Dr Z.S.M. a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS au t\u00e9l\u00e9phone : &quot;Quand on est chef d&#39;Etat et qu&#39;on ne ma\u00eetrise pas les rouages de l&#39;arm\u00e9e, il faut s&#39;abstenir de prendre certaines d\u00e9cisions, au risque de cr\u00e9er des frustrations&quot;.  &quot;Le r\u00e9gime se trouve aujourd&#39;hui face \u00e0 des revanchards qui t\u00e2tent le terrain par des messages qui participent, dans un premier temps, d&#39;une campagne de s\u00e9duction des hommes de troupe. S&#39;il s&#39;av\u00e8re qu&#39;il parvient \u00e0 r\u00e9unir autour de sa cause plusieurs soldats, alors ils passeront sans h\u00e9siter \u00e0 la phase offensive&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> La Ligue ivoirienne des droits de l&#39;Homme, une ONG bas\u00e9e \u00e0 Abidjan, s&#39;inqui\u00e8te de &quot;la tournure que prennent les choses, et invite les acteurs politiques \u00e0 plus de retenue, en \u00e9vitant des d\u00e9clarations qui s\u00e8ment la psychose au sein des populations&quot;.<\/p>\n<p> Coup\u00e9e en deux depuis la r\u00e9bellion arm\u00e9e du 19 septembre 2002, la C\u00f4te d&#39;Ivoire doit organiser une \u00e9lection pr\u00e9sidentielle le 30 octobre. Mais, le doute plane encore sur la tenue effective du scrutin. Le d\u00e9sarmement des milices qui devait prendre fin le 20 ao\u00fbt, comme pr\u00e9vu par le chronogramme de Yamoussoukro (sign\u00e9 le 8 juillet), pourrait d\u00e9buter finalement le 24 ao\u00fbt, selon des informations de sources militaires.<\/p>\n<p> Le repr\u00e9sentant sp\u00e9cial du secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral des Nations Unies en C\u00f4te d&#39;Ivoire, Pierre Schori, a d\u00e9clar\u00e9 r\u00e9cemment \u00e0 la presse qu&#39;il n&#39;\u00e9tait plus question de s&#39;agiter, mais de faire \u00e9conomie des blocages pour aller \u00e0 la paix. &quot;Il n&#39;y a pas de raison de bloquer le processus. Chaque partie doit favoriser l&#39;avanc\u00e9e. Il faut des actions au lieu de bouder. On peut faire des concessions, on peut avancer&quot;.<\/p>\n<p> Le repr\u00e9sentant de l&#39;ONU pour les \u00e9lections en C\u00f4te d&#39;Ivoire, Antonio Monteiro, nomm\u00e9 le 15 juillet, a d\u00e9j\u00e0 pris fonction. Lui et Schori se sont rendus, cette semaine, en Afrique du Sud, pour rencontrer le m\u00e9diateur de la crise ivoirienne, le pr\u00e9sident Thabo Mbeki.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 21 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Le g\u00e9n\u00e9ral Mathias Dou\u00e9, ancien chef d&#39;\u00e9tat-major de l&#39;arm\u00e9e ivoirienne (entre octobre 2000 et novembre 2004), a d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;il \u00e9tait pr\u00eat \u00e0 chasser le pr\u00e9sident Laurent Gbagbo du pouvoir.<\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2626","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2626","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2626"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2626\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2626"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2626"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2626"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}