{"id":2575,"date":"2005-07-07T13:40:01","date_gmt":"2005-07-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/07\/07\/developpement-burkina-faso-leau-une-bataille-de-tous-les-jours\/"},"modified":"2005-07-07T13:40:01","modified_gmt":"2005-07-07T13:40:01","slug":"developpement-burkina-faso-leau-une-bataille-de-tous-les-jours","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/07\/07\/developpement-burkina-faso-leau-une-bataille-de-tous-les-jours\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-BURKINA FASO: L&#39;eau, une bataille de tous les jours"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 7 juil (IPS) &#8211; Au Burkina Faso, l&#39;un des pays les plus pauvres de la plan\u00e8te, l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau reste un combat permanent, tant pour les autorit\u00e9s que pour des organisations non gouvernementales (ONG) et les populations.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Mais, la question demeure une des grandes priorit\u00e9s dans ce pays sah\u00e9lien d&#39;Afrique de l&#39;ouest o\u00f9 des ONG ont engag\u00e9, aux c\u00f4t\u00e9s du gouvernement, des actions dans les zones rurales notamment, o\u00f9 vivent environ 80 pour cent des 11,8 millions d&#39;habitants du Burkina, selon des statistiques officielles.<\/p>\n<p> &quot;La construction des forages et des retenues d&#39;eau a eu un impact positif sur la vie des habitants de notre village, qui, pour avoir de l&#39;eau, \u00e9taient oblig\u00e9s de parcourir des kilom\u00e8tres&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Souleymane Tassembedo du village de Nafbanka, \u00e0 40 km de Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9.<\/p>\n<p> A l&#39;instar de cette bourgade d&#39;un millier d&#39;habitants, plusieurs villages burkinab\u00e9 ont d\u00e9sormais acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau, gr\u00e2ce aux forages et aux petits barrages &quot;dont la retenue d&#39;eau a permis d&#39;am\u00e9liorer les r\u00e9sultats agricoles&quot;, explique Tassembedo.  Pour l&#39;approvisionnement en eau potable, le Burkina compte actuellement environ 40.000 puits et forages et 1.500 barrages et retenues d&#39;eau qui sont notamment utilis\u00e9s pour le d\u00e9veloppement de l&#39;agriculture irrigu\u00e9e.<\/p>\n<p>Ils ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s entre 1985 et 2004, pour un financement d&#39;environ 143,6 millions d&#39;euros.<\/p>\n<p> Les trois grands barrages du pays (Kompienga, Bagr\u00e9, Ziga), dont le montant total est estim\u00e9 \u00e0 quelque 450 millions d&#39;euros, ont \u00e9t\u00e9 achev\u00e9s respectivement en 1985, 1993 et 2004, selon le minist\u00e8re de l&#39;Agriculture, de l&#39;Hydraulique et des Ressources halieutiques.<\/p>\n<p> Le Burkina enregistre actuellement un taux d&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau de 61 pour cent de la population, soit 7,2 millions d&#39;individus. Et la mobilisation des eaux de surface, par la construction des 1.500 petites et moyennes retenues d&#39;eau, a permis d&#39;atteindre un taux de couverture en eau potable de pr\u00e8s de 90 pour cent en milieu rural, gr\u00e2ce aux diff\u00e9rents programmes mis en \u0153uvre par l&#39;Etat, les ONG et le secteur priv\u00e9.  En juillet 2002, l&#39;Union europ\u00e9enne (UE) a octroy\u00e9 10 millions d&#39;euros au Burkina Faso pour des activit\u00e9s d&#39;am\u00e9nagements hydrologiques visant \u00e0 r\u00e9duire la pauvret\u00e9 en milieu rural. Ce programme d&#39;une dur\u00e9e de six ans, \u00e9tait ax\u00e9 sur le d\u00e9veloppement du savoir-faire local en mati\u00e8re de planification et d&#39;am\u00e9nagement des ressources en eau dans les parties ouest et sud-ouest du pays.<\/p>\n<p> Un pr\u00e9c\u00e9dent programme quinquennal, achev\u00e9 en 2004 et pour lequel l&#39;UE avait d\u00e9j\u00e0 offert 10,6 millions d&#39;euros, avait permis la construction de 400 puits, de 15 petits barrages et l&#39;informatisation des services d&#39;am\u00e9nagement des ressources hydrologiques, selon le minist\u00e8re de l&#39;Agriculture, de l&#39;Hydraulique et des Ressources halieutiques.<\/p>\n<p> Lanc\u00e9 en 2004 et d&#39;un co\u00fbt global de 15,3 millions d&#39;euros, le Projet petits barrages (PPB), conjointement financ\u00e9 par l&#39;Etat burkinab\u00e9 (12 pour cent) et la Banque africaine de d\u00e9veloppement (88 pour cent), est d&#39;un apport important dans l&#39;acc\u00e8s des populations rurales \u00e0 l&#39;eau, en permettant la s\u00e9curisation de 40 barrages et de 2.150 hectares de p\u00e9rim\u00e8tres agricoles irrigu\u00e9s.<\/p>\n<p> Les activit\u00e9s s&#39;\u00e9tendent sur sept r\u00e9gions (sur les 13 que compte le Burkina) et concerneront 19 provinces sur une superficie de 86.000 kilom\u00e8tres carr\u00e9s abritant quelque 60.000 exploitants sur 40 p\u00e9rim\u00e8tres agricoles irrigu\u00e9s.<\/p>\n<p> L&#39;objectif du gouvernement, d&#39;ici \u00e0 2008, est d&#39;am\u00e9liorer la desserte et la couverture des besoins en eau, \u00e0 raison de 20 litres\/jour\/habitant en milieu rural, et 50 litres\/jour\/habitant en milieu urbain. Les autorit\u00e9s veulent \u00e9galement passer de 17 provinces ayant un taux de desserte sup\u00e9rieur \u00e0 90 pour cent, en 1999, \u00e0 45 en 2010; et passer de 30.000 points d&#39;eau modernes en 1999, \u00e0 35.000 en 2005.<\/p>\n<p> L&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau dans les zones rurales vise \u00e0 am\u00e9liorer les conditions de vie des populations, apportant du coup un suppl\u00e9ment au programme de sant\u00e9 et d&#39;hygi\u00e8ne, selon les autorit\u00e9s.  Avec des r\u00e9serves en eau souterraine \u00e9valu\u00e9es \u00e0 113,5 milliards de m\u00e8tres cubes, mais avec seulement 9,5 milliards de m\u00e8tres cubes exploitables, selon le minist\u00e8re de l&#39;Hydraulique, le Burkina dispose d&#39;un potentiel assez important. La disponibilit\u00e9 th\u00e9orique est de 1.750 m\u00e8tres cubes d&#39;eau par an et par habitant, pla\u00e7ant le pays au-dessus du seuil de p\u00e9nurie qui est de 1.000 m\u00e8tres cubes\/an\/habitant, ajoute le minist\u00e8re.<\/p>\n<p> &quot;Dans ce pays agricole \u00e0 90 pour cent, l&#39;agriculture constitue la principale source de revenus, d&#39;emplois pour pr\u00e8s de 86 pour cent de la population active, et procure plus de 50 pour cent des recettes totales \u00e0 l&#39;exportation; l&#39;eau dans les zones rurales est un levier important pour les agriculteurs&quot;, estime Marc Singo, un technicien de l&#39;agriculture.<\/p>\n<p> &quot;Ces programmes vont cr\u00e9er les conditions propices \u00e0 une \u00e9mancipation sociale dans notre pays car les fonds vont directement aux populations b\u00e9n\u00e9ficiaires dans les campagnes o\u00f9 l&#39;incidence de la pauvret\u00e9 est bien plus \u00e9lev\u00e9e&quot;, affirme \u00e0 IPS, Salif Diallo, le ministre burkinab\u00e9 de l&#39;Agriculture, de l&#39;Hydraulique et des Ressources halieutiques.<\/p>\n<p> Mais, Adrien Zougmor\u00e9 de l&#39;ONG Entraide agissant dans l&#39;hydraulique, indique qu&#39;il &quot;reste sceptique sur la politique des petits barrages et la petite irrigation. Ils ne permettent pas une r\u00e9colte \u00e0 grande \u00e9chelle, et la gestion des barrages est difficile pour les populations&quot;. Selon lui, &quot;Il faut privil\u00e9gier des actions de grande envergure et p\u00e9rennes&quot;.<\/p>\n<p> &quot;A partir du moment o\u00f9 la politique gouvernementale a permis d&#39;am\u00e9liorer l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable des populations rurales et de contribuer \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9 dans pr\u00e8s de 800 villages du Burkina, on ne peut que l&#39;encourager, m\u00eame si la r\u00e9partition des petits barrages et forages est souvent in\u00e9gale&quot;, estime, pour sa part, Youssouf Traor\u00e9 qui pr\u00e9pare un doctorat en \u00e9conomie agricole, \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Groningen (Pays-Bas), en partenariat avec celle de Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9.<\/p>\n<p> Au Burkina Faso, 45,3 pour cent des habitants du pays vivent en dessous du seuil de pauvret\u00e9, avec moins d&#39;un dollar par jour, selon le Rapport 2004 sur le d\u00e9veloppement humain du Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;aboutissement de tous les projets permettra aux producteurs d&#39;am\u00e9liorer qualitativement et quantitativement leurs productions et leurs revenus&quot;, selon Diallo.  L&#39;exp\u00e9rience burkinab\u00e9 appel\u00e9e &quot;petite irrigation villageoise&quot; a inspir\u00e9 le Burundi et le Ghana qui ont envoy\u00e9, en 2004, des techniciens dans ce pays pour mieux l&#39;\u00e9tudier. La petite irrigation vise \u00e0 contribuer efficacement \u00e0 la lutte contre la pauvret\u00e9 rurale \u00e0 travers les cultures de contre-saison, que l&#39;on pratique m\u00eame pendant la saison s\u00e8che.  Il s&#39;agit, selon le minist\u00e8re, de combler les poches de s\u00e9cheresse en p\u00e9riode hivernale et de pratiquer en toute qui\u00e9tude les cultures de contre-saison apr\u00e8s la p\u00e9riode de pluies. Ce sont en particulier des l\u00e9gumineuses (ni\u00e9b\u00e9, pois de terre, igname et patate), mais \u00e9galement des c\u00e9r\u00e9ales (mil, ma\u00efs, sorgho, riz et fonio).  &quot;Avec la petite irrigation, on r\u00e9ussit, avant tout, la ma\u00eetrise de l&#39;eau, et ensuite on obtient des cultures \u00e0 cycle court pour combler les d\u00e9ficits pluviom\u00e9triques. C&#39;est donc un moyen de lutte contre la pauvret\u00e9 en milieu rural&quot;, souligne \u00e0 IPS, Issa Mar\u00e9, un ing\u00e9nieur en hydrologie.<\/p>\n<p> D&#39;autres perspectives s&#39;offrent au milieu rural gr\u00e2ce \u00e0 la biennale de l&#39;eau, lanc\u00e9e en 2004 par le gouvernement. D&#39;un co\u00fbt global de 324,5 millions de dollars, ce programme comportant plusieurs projets, pr\u00e9voit la r\u00e9alisation, jusqu&#39;en 2006, \u00e0 travers tout le Burkina, de 4.000 points d&#39;eau potable ainsi que 300 adductions d&#39;eau potable simplifi\u00e9es dans des localit\u00e9s secondaires.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 7 juil (IPS) &#8211; Au Burkina Faso, l&#39;un des pays les plus pauvres de la plan\u00e8te, l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau reste un combat permanent, tant pour les autorit\u00e9s que pour des organisations non gouvernementales (ONG) et les populations.<\/p>\n","protected":false},"author":316,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1],"tags":[],"class_list":["post-2575","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2575","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/316"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2575"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2575\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2575"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2575"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2575"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}