{"id":2572,"date":"2005-07-06T13:40:01","date_gmt":"2005-07-06T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/07\/06\/politique-cote-divoire-le-doute-plane-sur-lelection-presidentielledoctobre\/"},"modified":"2005-07-06T13:40:01","modified_gmt":"2005-07-06T13:40:01","slug":"politique-cote-divoire-le-doute-plane-sur-lelection-presidentielledoctobre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/07\/06\/politique-cote-divoire-le-doute-plane-sur-lelection-presidentielledoctobre\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-COTE D&#39;IVOIRE: Le doute plane sur l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielled&#39;octobre"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 6 juil (IPS) &#8211; Le chef de l&#39;Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, press\u00e9 par une communaut\u00e9 internationale de plus en plus fatigu\u00e9e et exigeante, tient \u00e0 faire organiser l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle en C\u00f4te d&#39;Ivoire le 30 octobre 2005, alors que l&#39;opposition plaide pour une transition.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Le m\u00e9diateur sud-africain Thabo Mbeki est \u00e9galement favorable \u00e0 l&#39;organisation du scrutin \u00e0 cette date, selon les conclusions officielles de sa derni\u00e8re rencontre avec les protagonistes de la crise ivoirienne, le 29 juin \u00e0 Pretoria.  Les leaders de l&#39;opposition n&#39;ont pas \u00e9voqu\u00e9 officiellement la question de la transition avec Mbeki, mais sur le terrain, les messages de leurs lieutenants sont assez clairs sur le sujet. Un d\u00e9bat a m\u00eame lieu actuellement sur la question d&#39;un vide constitutionnel \u00e9ventuel apr\u00e8s le 30 octobre. Selon des analystes, l&#39;opposition \u00e9voquera probablement la question en fonction de l&#39;application des accords de Pretoria I et II.  Une rencontre d&#39;\u00e9valuation du sommet de Pretoria I, s&#39;est achev\u00e9e le 29 juin dans la capitale politique sud-africaine, au cours de laquelle toutes les parties ont convenu finalement de confier l&#39;organisation des \u00e9lections \u00e0 l&#39;Institut national de la statistique (INS) que l&#39;opposition suspectait, il y a deux mois d&#39;\u00eatre favorable \u00e0 Gbagbo.  Les principaux protagonistes ont \u00e9galement demand\u00e9 \u00e0 l&#39;Union africaine (UA) d&#39;imposer des sanctions appropri\u00e9es aux parties qui ne mettraient pas en \u0153uvre l&#39;accord sign\u00e9 \u00e0 Pretoria le 6 avril dernier.   Ils ont en outre fix\u00e9 de nouvelles \u00e9ch\u00e9ances \u00e0 la fin-juillet pour le d\u00e9but du processus de d\u00e9mobilisation des combattants loyalistes et rebelles, initialement pr\u00e9vu le 27 juin, et au 20 ao\u00fbt pour la fin du d\u00e9sarmement des milices pro-gouvernementales. Les deux forces arm\u00e9es en conflit ont \u00e9t\u00e9 invit\u00e9es \u00e0 se r\u00e9unir pour fixer une nouvelle date pour le d\u00e9but du d\u00e9sarmement de leurs combattants.  En attendant, le sommet de l&#39;UA, qui vient de se terminer, mardi \u00e0 Syrte, en Libye, demande aux protagonistes de la crise ivoirienne de faire adopter au parlement tous les projets de lois avant le 15 juillet. Il s&#39;agit, entre autres, des lois sur la nationalit\u00e9; le foncier rural; et sur la presse audiovisuelle.  &quot;La tenue d&#39;\u00e9lections libres, transparentes et ouvertes \u00e0 tous en C\u00f4te d&#39;Ivoire devrait mettre fin au cycle de violence que vit ce pays depuis la succession mouvement\u00e9e de son premier pr\u00e9sident, F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny en d\u00e9cembre 1993&quot;, estime un diplomate ouest-africain en poste \u00e0 Abidjan, qui a requis l&#39;anonymat.<\/p>\n<p> Si dans la forme, cette id\u00e9e est partag\u00e9e par de nombreux observateurs, un probl\u00e8me de fond se pose. La C\u00f4te d&#39;Ivoire, explique-t-il \u00e0 IPS, est coup\u00e9e en deux depuis l&#39;insurrection arm\u00e9e du 19 septembre 2002, et la constitution ivoirienne interdit une quelconque consultation si la r\u00e9unification du pays n&#39;est pas effective.<\/p>\n<p> Pour le parti du pr\u00e9sident Gbagbo, le Front populaire ivoirien (FPI), les \u00e9lections, le 30 octobre, constituent l&#39;unique voie de sortie de crise. Le pr\u00e9sident du FPI, Pascal Affi N&#39;Guessan, d\u00e9clare \u00e0 IPS que les &quot;\u00e9lections se tiendront aux dates adopt\u00e9es par le Conseil des ministres&quot; depuis le 31 mars.  &quot;Nous savons que l&#39;opposition civile, qui est de m\u00e8che avec la r\u00e9bellion, fait tout pour retarder l&#39;\u00e9ch\u00e9ance. Mais nous parviendrons \u00e0 tenir le pari.<\/p>\n<p>Il y a encore du temps pour \u00e9tablir les listings \u00e9lectoraux. Il ne reste qu&#39;aux rebelles de d\u00e9sarmer et tout ira comme sur des roulettes&quot;, affirme-t-il.<\/p>\n<p> Cette approche n&#39;est pas partag\u00e9e par toute l&#39;opposition politique regroup\u00e9e au sein du G7, et dont une partie estime ouvertement qu&#39;une transition est souhaitable. &quot;Nous savons que le pr\u00e9sident Gbagbo veut truquer les \u00e9lections. Il confie la quasi-partie de l&#39;organisation \u00e0 l&#39;INS, avec une utilisation abusive de l&#39;article 48 de la constitution. C&#39;est inadmissible&quot;, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Anaky Kobenan, pr\u00e9sident du Mouvement des forces pour l&#39;avenir (MFA, parti membre du G7). &quot;Nous exigeons simplement une transition sans lui&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;article 48 de la constitution stipule que si l&#39;int\u00e9grit\u00e9 territoriale de la C\u00f4te d&#39;Ivoire est menac\u00e9e d&#39;une mani\u00e8re grave et imm\u00e9diate et que le fonctionnement r\u00e9gulier des autorit\u00e9s constitutionnelles a \u00e9t\u00e9 interrompu, le chef de l&#39;Etat peut user exceptionnellement de cette disposition pour donner force de loi \u00e0 certaines d\u00e9cisions.<\/p>\n<p> Le 25 juin, le quotidien &#39;Le Patriote&#39;, proche du Rassemblement des r\u00e9publicains (RDR) de l&#39;ancien Premier ministre Alassane Ouattara, a propos\u00e9 Monseigneur Ahouana Paul Sim\u00e9on, \u00e9v\u00eaque catholique de Yamoussoukro, pour diriger une transition dont la dur\u00e9e n&#39;est pas pr\u00e9cis\u00e9e, m\u00eame si certaines informations non confirm\u00e9es proposent deux ann\u00e9es.  D&#39;autres personnes, qui s&#39;expriment dans l&#39;anonymat, avancent le nom de l&#39;actuel gouverneur de la Banque centrale des Etats de l&#39;Afrique de l&#39;ouest (BCEAO), Charles Konan Banny, lui-m\u00eame ivoirien et probable candidat \u00e0 la pr\u00e9sidentielle. Ces deux personnalit\u00e9s n&#39;ont pas encore r\u00e9agi officiellement \u00e0 la proposition, elle-m\u00eame non confirm\u00e9e.<\/p>\n<p> De son c\u00f4t\u00e9, le Parti d\u00e9mocratique de C\u00f4te d&#39;Ivoire (PDCI) de l&#39;ancien pr\u00e9sident Henri Konan B\u00e9di\u00e9, par la voix de son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Alphonse Dj\u00e9dj\u00e9 Mady, souhaite voir les \u00e9lections se tenir \u00e0 la date du 30 octobre.<\/p>\n<p>Le PDCI avait perdu le pouvoir en d\u00e9cembre 1999, avec le coup de force ayant port\u00e9 au pouvoir le g\u00e9n\u00e9ral Robert Gu\u00e9i, assassin\u00e9 aux premi\u00e8res heures de la r\u00e9bellion du 19 septembre 2002.<\/p>\n<p> Juriste et pr\u00e9sident-fondateur du Parti ivoirien des travailleurs (PIT), le professeur Francis Wodi\u00e9 se dit sceptique. &quot;Les acteurs politiques ne veulent pas de la paix maintenant. Ils ne veulent, tous et chacun, qu&#39;une chose : arranger le processus \u00e9lectoral en leur faveur&quot;, a-t-il affirm\u00e9..  Apr\u00e8s le 30 octobre, si les \u00e9lections ne se d\u00e9roulaient pas, &quot;il y aura un vide constitutionnel&quot;. A partir de cet instant, Wodi\u00e9 d\u00e9clare redouter l&#39;intrusion de l&#39;arm\u00e9e dans le d\u00e9bat politique. &quot;Un coup de force peut intervenir&quot;, pr\u00e9vient-t-il.<\/p>\n<p> Mais d\u00e9j\u00e0, de part et d&#39;autre, s&#39;installent des directions de campagne dans les r\u00e9gions du pays, ainsi que des cellules de soutien aux candidats.<\/p>\n<p> Pourtant, l&#39;INS, a avou\u00e9 l&#39;impossibilit\u00e9 d&#39;organiser l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle, le 30 octobre. Le 22 juin, le pr\u00e9sident de l&#39;institut, Mathieu Meleu, a d\u00e9clar\u00e9 que &quot;tous les \u00e9l\u00e9ments ne sont pas r\u00e9unis pour pouvoir organiser des \u00e9lections en C\u00f4te d&#39;Ivoire&quot;.  M\u00eame si les experts de l&#39;INS se donnent deux semaines pour \u00e9tablir les listes \u00e9lectorales, 40 pour cent du territoire national, sous occupation des Forces nouvelles (ex-rebelles) ne devrait pas \u00eatre visit\u00e9 par les agents recenseurs, souligne-t-il.<\/p>\n<p> Du c\u00f4t\u00e9 financier, sur les quelque 15 millions de dollars (huit milliards de francs CFA environ) exig\u00e9s pour l&#39;organisation de cette \u00e9lection, m\u00eame pas la moiti\u00e9 n&#39;a encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9caiss\u00e9e \u00e0 l&#39;INS, r\u00e9v\u00e8le un membre de l&#39;institut, sous le couvert de l&#39;anonymat.  Selon un expert des Nations Unies, jusqu&#39;\u00e0 une date r\u00e9cente, rien sur le terrain n&#39;est fait pour confirmer la possibilit\u00e9 de la tenue d&#39;\u00e9lection.<\/p>\n<p>&quot;La transition est in\u00e9vitable en C\u00f4te d&#39;Ivoire&quot;, a-t-il indiqu\u00e9 sous anonymat.<\/p>\n<p> Pour lui, tous les \u00e9l\u00e9ments sont r\u00e9unis, aujourd&#39;hui, pour ne pas aller \u00e0 \u00e9lection pr\u00e9sidentielle d&#39;octobre. Le non-respect de l&#39;application de l&#39;accord de Pretoria I par les protagonistes de la crise est la premi\u00e8re entrave au processus \u00e9lectoral. Son respect strict devrait aboutir au d\u00e9sarmement des combattants et \u00e0 la d\u00e9mobilisation effective des miliciens.  Le Mouvement national pour l&#39;\u00e9veil national des consciences en C\u00f4te d&#39;Ivoire r\u00e9it\u00e8re la &quot;n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;une transition politique comme seule alternative \u00e0 la crise ivoirienne&quot;. Une position d\u00e9fendue par Jean Enock Bah, le pr\u00e9sident de cette organisation non gouvernementale, depuis f\u00e9vrier. Selon lui, &quot;apr\u00e8s les blocages constat\u00e9s dans l&#39;application des diff\u00e9rents accords, la seule voie de recours est une transition&quot;.  Alex Souleymane Bamba, journaliste-consultant, partage la m\u00eame opinion, affirmant \u00e0 IPS que &quot;la transition en C\u00f4te d&#39;Ivoire est in\u00e9vitable&quot; en raison de la situation de blocage politique dans le pays.<\/p>\n<p> Occupant la moiti\u00e9-nord du pays, les Forces nouvelles (FN, l&#39;ex-r\u00e9bellion) ne semblent pas \u00eatre pr\u00e9occup\u00e9es par la tenue ou non de l&#39;\u00e9lection.<\/p>\n<p>Soutenant avoir pris les armes pour instaurer la d\u00e9mocratie, par des \u00e9lections transparentes en C\u00f4te d&#39;Ivoire et ouvertes \u00e0 tous, elles refusent de d\u00e9sarmer pour permettre le d\u00e9ploiement de l&#39;administration publique dans leurs zones.  L&#39;acceptation de la candidature de Ouattara, pr\u00e9sident du RDR, qui \u00e9tait l&#39;un des points de revendication des ex-rebelles, n&#39;a rien chang\u00e9 \u00e0 leur attitude. Le 27 juin, ils avaient rejet\u00e9 toute id\u00e9e de d\u00e9marrage du d\u00e9sarmement.  Les FN exigent l&#39;adoption des nouvelles lois conform\u00e9ment aux accords de Marcoussis (France), sign\u00e9s en janvier 2003, ainsi que le d\u00e9mant\u00e8lement des milices et l&#39;application int\u00e9grale des accords de Pretoria. Mais le dernier sommet de l&#39;UA leur demande de montrer plus de souplesse.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 6 juil (IPS) &#8211; Le chef de l&#39;Etat ivoirien, Laurent Gbagbo, press\u00e9 par une communaut\u00e9 internationale de plus en plus fatigu\u00e9e et exigeante, tient \u00e0 faire organiser l&#39;\u00e9lection pr\u00e9sidentielle en C\u00f4te d&#39;Ivoire le 30 octobre 2005, alors que l&#39;opposition&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/07\/06\/politique-cote-divoire-le-doute-plane-sur-lelection-presidentielledoctobre\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":330,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2572","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2572","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/330"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2572"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2572\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2572"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2572"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2572"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}