{"id":2535,"date":"2005-06-01T13:40:01","date_gmt":"2005-06-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/06\/01\/droits-cameroun-les-femmes-refugiees-se-plaignent-dabus-sexuels\/"},"modified":"2005-06-01T13:40:01","modified_gmt":"2005-06-01T13:40:01","slug":"droits-cameroun-les-femmes-refugiees-se-plaignent-dabus-sexuels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/06\/01\/droits-cameroun-les-femmes-refugiees-se-plaignent-dabus-sexuels\/","title":{"rendered":"DROITS-CAMEROUN: Les femmes r\u00e9fugi\u00e9es se plaignent d&#39;abus sexuels"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 1 juin (IPS) &#8211; Parmi les quelque 60.000 r\u00e9fugi\u00e9s enregistr\u00e9s par le Haut commissariat des Nations Unies aux r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) au Cameroun, en 2005, les femmes apparaissent comme les plus vuln\u00e9rables et victimes de plusieurs formes d&#39;exploitation.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> Les guerres et autres conflits, qui agitent certains pays d&#39;Afrique centrale et occidentale, sont \u00e0 l&#39;origine d&#39;importations migrations des populations vuln\u00e9rables vers des pays plus stables.  Mais la stabilit\u00e9 du Cameroun contraste avec le v\u00e9cu quotidien des r\u00e9fugi\u00e9s, notamment les femmes qui, confront\u00e9es \u00e0 la pr\u00e9carit\u00e9 de leurs conditions de vie, doivent faire face \u00e0 l&#39;exploitation et aux abus sexuels..<\/p>\n<p>Parmi les r\u00e9fugi\u00e9s pr\u00e9sents dans ce pays d&#39;Afrique centrale, les femmes sont nombreuses, m\u00eame si le HCR n&#39;a pas voulu communiquer leur nombre \u00e0 IPS.  Florence Mungu, une r\u00e9fugi\u00e9e \u00e2g\u00e9e de 36 ans, native de la r\u00e9gion du Kivu, en R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), s&#39;installe, dans la journ\u00e9e, aux diff\u00e9rents carrefours du centre-ville de Yaound\u00e9, la capitale camerounaise.<\/p>\n<p>En de multiples allers et retours, elle lance des cris de d\u00e9tresse \u00e0 des passants indiff\u00e9rents auxquels elle tend la main pour demander des pi\u00e8ces de monnaie.<\/p>\n<p> &quot;J&#39;ai fui la guerre dans mon pays. Pour le moment, je me trouve oblig\u00e9e de mendier pour me nourrir, car je n&#39;ai pas encore l&#39;attestation de demandeur d&#39;asile qui me permettra d&#39;obtenir l&#39;aide du HCR&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Mungu qui est arriv\u00e9e au Cameroun en octobre 2004.<\/p>\n<p> &quot;Je peux c\u00e9der au harc\u00e8lement des agents intervieweurs si je veux vite obtenir mes papiers de r\u00e9fugi\u00e9e. Mais je ne peux pas le faire si je veux rester digne&quot;, ajoute-t-elle. Mungu a dit \u00e0 IPS qu&#39;elle manquait d&#39;argent pour retourner en RDC.<\/p>\n<p> Selon la repr\u00e9sentation locale du HCR, la plupart des r\u00e9fugi\u00e9s qui vivent au Cameroun, viennent de la r\u00e9gion des Grands Lacs, ou d&#39;autres pays en conflit tels que la C\u00f4te d&#39;Ivoire, la Sierra Leone, le Liberia, le Soudan, ainsi que du Tchad et du Nigeria, deux pays voisins du Cameroun.<\/p>\n<p> Le HCR pr\u00e9cise que les r\u00e9fugi\u00e9s venant des pays voisins du Cameroun sont les plus nombreux. Ceux du Nigeria, par exemple, qui vivent depuis 2002 au Cameroun, sont estim\u00e9s \u00e0 17.000 environ. Selon le HCR, les Nig\u00e9rians ont fui leur pays \u00e0 cause d&#39;un conflit ayant oppos\u00e9 les Mambila (cultivateurs) aux Peuls (\u00e9leveurs) dans la localit\u00e9 frontali\u00e8re de la province de l&#39;Adamaoua, dans le nord du Cameroun.  Quant aux Tchadiens, quelque 3.000, ils fuient leur pays \u00e0 cause des pers\u00e9cutions politiques pour certains, et apr\u00e8s l&#39;attaque de leurs villages par des &#39;coupeurs de route&#39;, pour d&#39;autres.<\/p>\n<p> Mais loin de rencontrer accueil et compassion escompt\u00e9s, les femmes r\u00e9fugi\u00e9es se plaignent de harc\u00e8lement et d&#39;abus sexuels, mais \u00e9galement du chantage et du commerce organis\u00e9s autour de la d\u00e9livrance des attestations d&#39;asile.<\/p>\n<p> Ce sont &quot;de simples accusations sans fondement&quot;, a affirm\u00e9 \u00e0 IPS, Ghislain Mbida, assistant administratif \u00e0 la Croix-Rouge camerounaise, l&#39;alli\u00e9e op\u00e9rationnelle du HCR.<\/p>\n<p> Mbida ajoute : &quot;Vous savez que les r\u00e9fugi\u00e9s, en l&#39;occurrence les femmes, aiment toujours dire qu&#39;elles ont \u00e9t\u00e9 courtis\u00e9es afin de b\u00e9n\u00e9ficier, me semble-t-il, d&#39;un peu plus d&#39;attention de la part de leur interlocuteur&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Ce n&#39;est m\u00eame pas dans la logique d&#39;une institution humanitaire qu&#39;est la Croix-Rouge de s&#39;\u00e9riger en bourreau. Nous sommes n\u00e9anmoins au courant de telles rumeurs, et une enqu\u00eate suit son cours en ce moment pour d\u00e9terminer l&#39;existence, ou non, d&#39;actes d&#39;exploitation et d&#39;abus sexuels sur les r\u00e9fugi\u00e9es&quot;, explique-t-il.<\/p>\n<p> Mais selon la Direction de la police judiciaire dans la capitale camerounaise, de nombreuses plaintes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es par des r\u00e9fugi\u00e9es, avec l&#39;appui d&#39;une organisation non gouvernementale (ONG), et qui font \u00e9tat d&#39;actes d&#39;abus sexuels et de harc\u00e8lement.<\/p>\n<p> &quot;Nous avions re\u00e7u des plaintes de femmes r\u00e9fugi\u00e9es, inh\u00e9rentes aux viols et divers abus sexuels qui nous ont \u00e9t\u00e9 convoy\u00e9es par une ONG. D&#39;autres femmes se plaignent de harc\u00e8lement&quot;, indique \u00e0 IPS, Constant Bihina, officier de police judiciaire. &quot;De toutes les fa\u00e7ons, s&#39;il y a eu abus sexuels ou harc\u00e8lement sur les r\u00e9fugi\u00e9es, cela me semble \u00eatre le fait des nationaux&quot;.<\/p>\n<p> La police a indiqu\u00e9 qu&#39;elle a effectu\u00e9 sa propre enqu\u00eate, dont elle a refus\u00e9 de communiquer la suite \u00e0 IPS. Mais aucune interpellation n&#39;a \u00e9t\u00e9 faite, a ajout\u00e9 Bihina.<\/p>\n<p> &quot;Nous avons re\u00e7u, \u00e0 ce jour, plus d&#39;une dizaine de r\u00e9fugi\u00e9es qui sont venues se plaindre d&#39;agression sexuelle&quot;, explique \u00e0 IPS, Louis Monkam, membre de l&#39;Organisation camerounaise des droits de l&#39;Homme, une ONG bas\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9. &quot;D&#39;autres se plaignent aussi du racket au niveau du HCR o\u00f9 des agents commercialiseraient des attestations aux demandeurs d&#39;asile&quot;, affirme-t-il.<\/p>\n<p> Dans un entretien t\u00e9l\u00e9phonique avec IPS, un cadre du HCR, qui a requis l&#39;anonymat, a d\u00e9clar\u00e9 : &quot;Je ne peux pas vous dire que le harc\u00e8lement sexuel n&#39;existe pas ici. Nous avions aussi suivi des rumeurs \u00e0 ce sujet.<\/p>\n<p>J&#39;attends le r\u00e9sultat de l&#39;enqu\u00eate qui a \u00e9t\u00e9 ouverte. Mais les preuves sont extr\u00eamement l\u00e9g\u00e8res \u00e0 l&#39;encontre du personnel du HCR&quot;.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est pervers, c&#39;est m\u00e9chant ce que certaines r\u00e9fugi\u00e9es ont pu dire&quot;, s&#39;est exclam\u00e9 ce cadre qui s&#39;est dit &quot;choqu\u00e9&quot; par des d\u00e9clarations &quot;irresponsables&quot; de certaines r\u00e9fugi\u00e9es.  Mais les femmes r\u00e9fugi\u00e9es, rencontr\u00e9es par IPS, soutiennent qu&#39;elles sont l&#39;objet de sollicitations diverses, aussi bien au HCR qu&#39;\u00e0 la Croix-Rouge camerounaise.<\/p>\n<p> &quot;Au HCR&quot;, dit \u00e0 IPS, Fatou Ngalmbaye, une r\u00e9fugi\u00e9e tchadienne \u00e2g\u00e9e de 26 ans, &quot;on d\u00e9livre l&#39;attestation de demandeur d&#39;asile \u00e0 certaines femmes et on en refuse \u00e0 d&#39;autres&quot;. Elle se demande sur quelle base cela se fait ainsi. &quot;Si vous n&#39;avez pas d&#39;argent pour acheter l&#39;attestation, il vous reste l&#39;autre solution qui est honteuse et avilissante&quot;, rench\u00e9rit Ngalmbaye.<\/p>\n<p> Yvonne Bouabr\u00e9, une r\u00e9fugi\u00e9e ivoirienne de 41 ans, explique \u00e0 IPS : &quot;Quand je suis arriv\u00e9e au Cameroun, des amies m&#39;ont conseill\u00e9 de &#39;lib\u00e9rer&#39; si jamais on me le demandait. Je ne peux pas vous dire ce qui s&#39;est pass\u00e9 par la suite&#8230;Mais j&#39;ai obtenu assez vite mon attestation d&#39;asile&quot;.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re des Relations ext\u00e9rieures ainsi que celui de l&#39;Administration territoriale et de la D\u00e9centralisation n&#39;ont pas voulu r\u00e9pondre aux questions relatives \u00e0 la protection et \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 des r\u00e9fugi\u00e9s, demandant \u00e0 IPS de s&#39;en r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 la Croix-Rouge camerounaise.<\/p>\n<p> Toutefois, le HCR et la Croix-Rouge offrent \u00e0 ces r\u00e9fugi\u00e9s un &#39;Revenu minimum d&#39;insertion&#39; constitu\u00e9 d&#39;allocation de ch\u00f4mage, d&#39;assistance m\u00e9dicale, de formation pouvant les aider \u00e0 trouver du travail ou \u00e0 mettre sur pied un micro-projet. Le montant minimum de cette aide est de 70 dollars environ par r\u00e9fugi\u00e9.  Mais seuls quelque 12.000 r\u00e9fugi\u00e9s, tous sexes confondus, re\u00e7oivent l&#39;aide du HCR qui leur a accord\u00e9 des bourses multiformes, d&#39;un montant total de 300.000 dollars, cette ann\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 1 juin (IPS) &#8211; Parmi les quelque 60.000 r\u00e9fugi\u00e9s enregistr\u00e9s par le Haut commissariat des Nations Unies aux r\u00e9fugi\u00e9s (HCR) au Cameroun, en 2005, les femmes apparaissent comme les plus vuln\u00e9rables et victimes de plusieurs formes d&#39;exploitation.<\/p>\n","protected":false},"author":253,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[31,5,10,1,3,30],"tags":[],"class_list":["post-2535","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-africa-centrale","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2535","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/253"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2535"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2535\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2535"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2535"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2535"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}