{"id":2508,"date":"2005-05-03T13:40:01","date_gmt":"2005-05-03T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/05\/03\/population-guinee-laide-internationale-promise-depuis-cinq-ans\/"},"modified":"2005-05-03T13:40:01","modified_gmt":"2005-05-03T13:40:01","slug":"population-guinee-laide-internationale-promise-depuis-cinq-ans","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/05\/03\/population-guinee-laide-internationale-promise-depuis-cinq-ans\/","title":{"rendered":"POPULATION-GUINEE: L&#39;aide internationale promise depuis cinq ans"},"content":{"rendered":"<p>CONAKRY, 3 mai (IPS) &#8211; Madeleine Gomou, une infirmi\u00e8re du village de Konia-Aviation, \u00e0 Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9, dans le sud de la Guin\u00e9e, travaille dans un dispensaire d\u00e9labr\u00e9, sans eau potable, et avec pour seule nourriture une p\u00e2te de manioc.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> Dans cette localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 environ 950 kilom\u00e8tres de Conakry, la capitale guin\u00e9enne, Gomou attend toujours, \u00e0 l&#39;instar de ses compatriotes de la m\u00eame zone, une aide promise par la communaut\u00e9 internationale apr\u00e8s les attaques rebelles qui ont ravag\u00e9 le sud du pays il y a cinq ans.<\/p>\n<p> Les rebelles \u00e9taient essentiellement constitu\u00e9s de quelques soldats d\u00e9serteurs de l&#39;arm\u00e9e guin\u00e9enne, de nombreux \u00e9l\u00e9ments de l&#39;ex-Front r\u00e9volutionnaire uni (RUF) de Sierra Leone et de mercenaires ouest-africains. Quelques \u00e9l\u00e9ments de l&#39;arm\u00e9e r\u00e9guli\u00e8re lib\u00e9rienne avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9galement signal\u00e9s par les militaires guin\u00e9ens.  L&#39;objectif des attaques, selon Mohamed Lamine Fofana, qui s&#39;est pr\u00e9sent\u00e9 sur les stations de radios \u00e9trang\u00e8res comme le porte-parole des rebelles, \u00e9tait de faire chuter le r\u00e9gime du pr\u00e9sident guin\u00e9en Lansana Cont\u00e9.. Les attaques ont vis\u00e9 des villages guin\u00e9ens et certaines grandes villes comme Gu\u00e9ck\u00e9dou, Macenta, dans le sud du pays.  &quot;Nous sommes ici, compl\u00e8tement d\u00e9munis. Il n&#39;y a m\u00eame pas d&#39;eau potable.<\/p>\n<p>Nous sommes oblig\u00e9s de soigner les patients malgr\u00e9 le manque de mat\u00e9riel et de moyens pour faire des analyses m\u00e9dicales dignes de ce nom&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Gomou \u00e0 IPS, montrant quelques bo\u00eetes de m\u00e9dicaments, le seul stock disponible pour les 2.500 habitants du village, pour environ quatre jours seulement.<\/p>\n<p> &quot;Quand il y a eu les attaques rebelles, nous avions accueilli les r\u00e9fugi\u00e9s lib\u00e9riens et sierra l\u00e9onais, en esp\u00e9rant que la communaut\u00e9 internationale allait venir \u00e0 notre secours. Aujourd&#39;hui, nous nous rendons compte que ce n&#39;\u00e9tait que des promesses car nous manquons de tout dans ce village&quot;, a indiqu\u00e9 Gomou.<\/p>\n<p> Dans le village de Bangou\u00e9ta, \u00e0 environ cinq kilom\u00e8tres de Konia-Aviation, la situation n&#39;est gu\u00e8re plus reluisante. L&#39;\u00e9cole primaire affiche ses limites pour accueillir tous les enfants en \u00e2ge d&#39;aller en classe, et manque de mat\u00e9riel didactique, explique \u00e0 IPS le directeur P\u00e9p\u00e9 Malomou.<\/p>\n<p>L&#39;\u00e9cole accueille uniquement les enfants des r\u00e9fugi\u00e9s.  Selon Ari Toubo Ibrahim, repr\u00e9sentant de l&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture en Guin\u00e9e, il y a une urgence humanitaire dans ses zones qui ont \u00e9t\u00e9 directement touch\u00e9es par les attaques rebelles de 2000.<\/p>\n<p> &quot;La r\u00e9gion sud \u00e9tait toujours exc\u00e9dentaire, notamment en ce qui concerne le riz, et elle cherche aujourd&#39;hui \u00e0 combler son d\u00e9ficit. C&#39;est une situation mauvaise non seulement pour la Guin\u00e9e, mais \u00e9galement pour d&#39;autres villages des pays environnants qui s&#39;approvisionnaient \u00e0 partir d&#39;ici&quot;, a dit Ibrahim \u00e0 IPS.  Les villages des autres pays environnants qui se ravitaillaient en riz dans la r\u00e9gion sont ceux situ\u00e9s \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Liberia, la C\u00f4te d&#39;Ivoire et la Sierra Leone.<\/p>\n<p> &quot;Dans la seule zone de Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9, on peut estimer \u00e0 environ 300.000 personnes le nombre des autochtones qui sont r\u00e9ellement dans le besoin&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;Cette situation est aussi aggrav\u00e9e par l&#39;arriv\u00e9e massive des r\u00e9fugi\u00e9s qui ont perturb\u00e9 l&#39;\u00e9quilibre alimentaire dans des zones comme Lola, Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9, Macenta et aujourd&#39;hui Beyla, avec les r\u00e9fugi\u00e9s de C\u00f4te d&#39;Ivoire. Il est temps que les gens comprennent qu&#39;il y a urgence surtout en mati\u00e8re humanitaire&quot;, a soulign\u00e9 Ibrahim.<\/p>\n<p> La r\u00e9gion sud de la Guin\u00e9e partage des fronti\u00e8res avec le Liberia, la Sierra Leone et la C\u00f4te d&#39;Ivoire, trois pays qui ont travers\u00e9 des difficult\u00e9s d&#39;une guerre civile, poussant plusieurs centaines de milliers de r\u00e9fugi\u00e9s vers des villages guin\u00e9ens.<\/p>\n<p> &quot;Ces populations (r\u00e9fugi\u00e9es) ont fortement particip\u00e9 \u00e0 la d\u00e9gradation de l&#39;environnement dans les zones qu&#39;elles ont occup\u00e9es, en proc\u00e9dant \u00e0 des coupes importantes du bois et en se livrant \u00e0 la chasse. Aujourd&#39;hui, il faut r\u00e9parer tout cela&quot;, explique Ibrahim \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Pour Kinsley Amaning, repr\u00e9sentant du Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement, &quot;il est temps d&#39;agir. Il faut aussi comprendre que, tout comme les anciens rebelles lib\u00e9riens ou sierra l\u00e9onais, l&#39;\u00e9crasante majorit\u00e9 des volontaires, qui ont aid\u00e9 l&#39;arm\u00e9e guin\u00e9enne \u00e0 repousser ces attaques, n&#39;a pas \u00e9t\u00e9 r\u00e9ins\u00e9r\u00e9e&quot;.<\/p>\n<p> Rien qu&#39;en Guin\u00e9e, ces volontaires \u00e9taient environ 8.000 personnes, selon une source militaire \u00e0 Conakry.<\/p>\n<p> &quot;Il faut n\u00e9cessairement trouver une solution \u00e0 leur probl\u00e8me pour \u00e9viter qu&#39;ils ne soient recrut\u00e9s pour alimenter d&#39;autres guerres et replonger la sous-r\u00e9gion dans l&#39;instabilit\u00e9&quot;, ajoute Amaning \u00e0 IPS.  La situation est d&#39;autant plus inqui\u00e9tante que le niveau de vie des r\u00e9fugi\u00e9s intern\u00e9s dans des camps d\u00e9passe visiblement celui des villageois qui les ont accueillis au cours de la p\u00e9riode difficile. Environ une demi-douzaine de camps ont servi \u00e0 les h\u00e9berger dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p> Cette situation peut provoquer des tensions, d\u00e9clare Amaning, affirmant que leur travail est d&#39;harmoniser l&#39;aide destin\u00e9e aux r\u00e9fugi\u00e9s avec les besoins des populations autochtones. &quot;Nous avons demand\u00e9 depuis trois ans qu&#39;une mission se rende sur le terrain pour toucher du doigt la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n<p>Maintenant que c&#39;est chose faite, nous esp\u00e9rons voir des changements le plus vite possible, mais nous avons besoin de l&#39;aide des donateurs&quot;.  Michael Lindvall, le chef de mission des 16 pays donateurs du Bureau de coordination des affaires humanitaires, a admis les erreurs de la communaut\u00e9 internationale. &quot;Nous avons fait des erreurs et nous le reconnaissons. Notre mission technique va faire son rapport en esp\u00e9rant que les villageois vont voir les r\u00e9sultats tr\u00e8s rapidement&quot;.  Selon Lindvall, l&#39;erreur est d&#39;avoir attendu longtemps avant d&#39;envoyer une mission technique d&#39;\u00e9valuation sur place, car la situation est devenue plus dramatique.  Entre septembre 2000 et mars 2001, la guerre entre l&#39;arm\u00e9e guin\u00e9enne et les rebelles lib\u00e9riens et sierra l\u00e9onais, appuy\u00e9s par des soldats d\u00e9serteurs guin\u00e9ens et des mercenaires, a fait plus de 1.000 morts et environ 400 millions de dollars de d\u00e9g\u00e2ts mat\u00e9riels, selon le minist\u00e8re des Finances.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re guin\u00e9en des Finances, il n&#39;existe pas d&#39;estimations pr\u00e9cises sur le montant de l&#39;aide attendue parce qu&#39;aucune mission des Nations Unies n&#39;\u00e9tait arriv\u00e9e pour l&#39;\u00e9valuation alors qu&#39;elle \u00e9tait souhait\u00e9e depuis trois ans.<\/p>\n<p> Pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest, la Guin\u00e9e avait \u00e9galement accueilli, au plus fort moment de la guerre civile au Liberia et en Sierra Leone, dans les ann\u00e9es 1990, plus de 600.000 r\u00e9fugi\u00e9s, selon les statistiques du Haut commissariat aux r\u00e9fugi\u00e9s (HCR).<\/p>\n<p> Aujourd&#39;hui, le rapatriement volontaire n&#39;a pas produit l&#39;effet escompt\u00e9, les r\u00e9fugi\u00e9s arguant de l&#39;insuffisance de s\u00e9curit\u00e9 dans leur pays pour refuser de rentrer.<\/p>\n<p> &quot;Personnellement, je ne peux pas retourner au Liberia dans les conditions actuelles. Je n&#39;ai ni p\u00e8re, ni m\u00e8re et les nouvelles de l&#39;int\u00e9rieur du pays ne sont pas bonnes&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS Fanta Donso, une r\u00e9fugi\u00e9e lib\u00e9rienne du camp de Kola, \u00e0 Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9.  Selon le HCR, sur un total de 73.000 r\u00e9fugi\u00e9s pr\u00e9sents en Guin\u00e9e au d\u00e9but de la campagne de rapatriement, un peu plus de 10.000 ont \u00e9t\u00e9 rapatri\u00e9s depuis novembre 2004.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CONAKRY, 3 mai (IPS) &#8211; Madeleine Gomou, une infirmi\u00e8re du village de Konia-Aviation, \u00e0 Nz\u00e9r\u00e9kor\u00e9, dans le sud de la Guin\u00e9e, travaille dans un dispensaire d\u00e9labr\u00e9, sans eau potable, et avec pour seule nourriture une p\u00e2te de manioc.<\/p>\n","protected":false},"author":25,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1,3,29],"tags":[],"class_list":["post-2508","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2508","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/25"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2508"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2508\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2508"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2508"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2508"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}