{"id":2435,"date":"2005-02-25T13:40:01","date_gmt":"2005-02-25T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/25\/economie-burkina-faso-entreprises-cherchent-repreneurs\/"},"modified":"2005-02-25T13:40:01","modified_gmt":"2005-02-25T13:40:01","slug":"economie-burkina-faso-entreprises-cherchent-repreneurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/25\/economie-burkina-faso-entreprises-cherchent-repreneurs\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-BURKINA FASO: Entreprises cherchent repreneurs"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 25 f\u00e9v (IPS) &#8211; Engag\u00e9 depuis 1991, le processus de privatisation au Burkina Faso entame sa derni\u00e8re ligne droite avec une nouvelle vague de soci\u00e9t\u00e9s d&#39;Etat \u00e0 vendre, malgr\u00e9 une forte r\u00e9sistance des travailleurs des entreprises concern\u00e9es.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n L&#39;opposition des syndicats de travailleurs est d&#39;autant plus prononc\u00e9e que le programme actuel concerne des secteurs strat\u00e9giques tels que les t\u00e9l\u00e9communications, l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, l&#39;eau, les mines et les hydrocarbures.  A l&#39;appel des centrales syndicales, les personnels des entreprises admises \u00e0 la privatisation fait de la r\u00e9sistance, m\u00eame s&#39;ils ont tous conscience que le dernier mot reviendra toujours au gouvernement.<\/p>\n<p> Tol\u00e9 Sagnon, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale des travailleurs du Burkina (CGBT), &quot;exige l&#39;arr\u00eat des privatisations des soci\u00e9t\u00e9s d&#39;Etat, le bilan r\u00e9el et pr\u00e9cis des privatisations ant\u00e9rieures et la sanction des (responsables) coupables de crimes \u00e9conomiques dans la gestion des soci\u00e9t\u00e9s d&#39;Etat&quot;. Il r\u00e9clame \u00e9galement &quot;l&#39;implication des travailleurs dans toute d\u00e9cision engageant leur vie et l&#39;avenir du pays&quot;.  D\u00e8s 1991, le gouvernement a consenti \u00e0 consulter les syndicats sur les privatisations, mais ils se plaignent toujours de la mani\u00e8re dont elles sont conduites.  &quot;Aucune action de privatisation n&#39;a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e sans associer les repr\u00e9sentants des travailleurs&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 le ministre du Commerce et de la Promotion de l&#39;Entreprise, Beno\u00eet Ouattara, au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse, le 4 f\u00e9vrier \u00e0 Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e9. &quot;Les droits des travailleurs des entreprises privatis\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 pay\u00e9s&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Georges Kouanda, d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 du personnel de la Soci\u00e9t\u00e9 nationale d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 du Burkina (SONABEL), ne cache pourtant pas ses inqui\u00e9tudes. &quot;Nous avons des appr\u00e9hensions, surtout que cela concerne un secteur strat\u00e9gique. Les \u00e9tudes men\u00e9es \u00e0 ce sujet montrent que cette r\u00e9forme ne peut en aucun cas \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 l&#39;Etat burkinab\u00e9, et de fa\u00e7on sp\u00e9cifique, au personnel de la SONABEL&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Actuellement, l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 co\u00fbte d\u00e9j\u00e0 cher. Elle co\u00fbtera encore plus cher pour la population apr\u00e8s la privatisation&quot;, rench\u00e9rit Sagnon \u00e0 IPS, le 21 f\u00e9vrier.<\/p>\n<p> Lors d&#39;une mission au Burkina, en juin 2003, le Fonds mon\u00e9taire international (FMI) avait demand\u00e9 aux autorit\u00e9s d&#39;acc\u00e9l\u00e9rer la privatisation des trois entreprises publiques que sont l&#39;Office national des t\u00e9l\u00e9communications (ONATEL), la SONABEL et la Soci\u00e9t\u00e9 nationale d&#39;hydrocarbures (SONABHY).<\/p>\n<p> Pour l&#39;ONATEL, quatre investisseurs pr\u00e9-qualifi\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 retenus : Maroc-T\u00e9l\u00e9coms, Telenor (Norv\u00e8ge), Telecoms Africa Corporation (Etats-Unis) et Zte\/Laaico (Libye).<\/p>\n<p> Toutefois, &quot;les discussions ont achopp\u00e9 sur le principe de contr\u00f4le majoritaire effectif de l&#39;office. Les soumissionnaires \u00e9taient bien int\u00e9ress\u00e9s, mais \u00e0 condition d&#39;avoir 51 pour cent des parts; or l&#39;Etat burkinab\u00e9 ne veut en c\u00e9der que 34 pour cent&quot;, confie \u00e0 IPS, Am\u00e9lie Tamboura, ancienne pr\u00e9sidente de la Commission nationale de privatisation.  &quot;L&#39;ONATEL d\u00e9gageait un chiffre d&#39;affaires de 11,6 milliards de francs CFA (environ 23,2 millions de dollars), \u00e0 la fin de 2003, contre 10,1 milliards FCFA (environ 20,2 millions de dollars) \u00e0 la fin de 2002&quot;, selon le bilan de l&#39;office en 2004.<\/p>\n<p> Au terme du processus de privatisation \u00e9tal\u00e9 sur six ans, la majorit\u00e9 des actions (51 pour cent) sera d\u00e9tenue par un &quot;partenaire strat\u00e9gique&quot; et l&#39;Etat ne conservera que 23 pour cent du capital, selon le gouvernement.<\/p>\n<p> Pour la SONABHY, le gouvernement a adopt\u00e9 l&#39;ouverture minoritaire du capital de l&#39;entreprise au secteur priv\u00e9. Toutefois, la nouvelle soci\u00e9t\u00e9 aura le monopole d&#39;importation et de stockage des produits p\u00e9troliers.<\/p>\n<p> Le volume des importations repr\u00e9sente pour 2002 et 2003 respectivement 89,1 milliards de tonnes et 101,5 milliards, selon la SONABHY. &quot;Son chiffre d&#39;affaires est pass\u00e9 de 93,6 milliards FCFA (environ 187,2 millions de dollars) en 2002 \u00e0 101,5 milliards FCFA (environ 203 millions de dollars) en 2003, soit une croissance de 8,4 pour cent&quot;, selon le bilan de l&#39;entreprise en 2004.<\/p>\n<p> Entreprise d&#39;Etat, &quot;au capital de 46 milliards FCFA (environ 92 millions de dollars), la SONABEL couvre 13,8 pour cent du territoire (53 villes sur 400 sont \u00e9lectrifi\u00e9es) et entend porter ce taux \u00e0 15 pour cent \u00e0 la fin de 2005 afin de r\u00e9aliser un taux d&#39;\u00e9lectrification de 60 pour cent d&#39;ici \u00e0 2015&quot;, explique \u00e0 IPS, Cheick Omar Bony du d\u00e9partement de la communication de la soci\u00e9t\u00e9.  &quot;Pour atteindre cet objectif, un vaste programme d&#39;investissement 2003-2020, estim\u00e9 \u00e0 240 milliards FCFA (environ 480 millions de dollars), a \u00e9t\u00e9 adopt\u00e9&quot;, souligne-t-il.<\/p>\n<p> &quot;La SONABEL a eu une production hydro\u00e9lectrique de 63.754.730 kilowatts\/heure (kwh) et une production thermique de 300.919.846 kwh, en 2003 pour un chiffre d&#39;affaires de 45,2 milliards FCFA (environ 90,4 millions de dollars) en 2003, contre 37,5 milliards de FCFA en 2001, soit une croissance de plus 20,5 pour cent&quot;, ajoute la m\u00eame source.  La privatisation, selon le nouveau pr\u00e9sident de la Commission nationale de privatisation (CNP), Placide Som\u00e9, donnera \u00e0 ces soci\u00e9t\u00e9s une &quot;impulsion plus significative \u00e0 l&#39;\u00e9conomie nationale&quot;, notamment dans le sens &quot;d&#39;am\u00e9liorer la qualit\u00e9 du service et de r\u00e9duire les co\u00fbts des facteurs pour soutenir la croissance&quot;.  Selon la CNP, &quot;le chiffre d&#39;affaires cumul\u00e9 des entreprises privatis\u00e9es, \u00e0 la date de 2003, est pass\u00e9 de 127 milliards FCFA (environ 254 millions de dollars) \u00e0 187 milliards FCFA (environ 374 millions de dollars); et leur r\u00e9sultat net consolid\u00e9 est pass\u00e9 de 1,7 milliard FCFA (\u00e0 3,4 millions de dollars) \u00e0 4,8 milliards FCFA (9,6 millions de dollars&quot;.  Le minist\u00e8re des Finances et du Budget indique que les &quot;recettes engrang\u00e9es par le Tr\u00e9sor public, au titre des privatisations, s&#39;\u00e9levaient \u00e0 21,7 milliards FCFA (43,4 millions de dollars) au 31 d\u00e9cembre 2003, alors qu&#39;en 1991, l&#39;Etat devait d\u00e9bourser plus de 20,5 milliards FCFA (41 million de dollars) pour soutenir lesdites entreprises&quot;.  Vingt entreprises sont concern\u00e9es par ces chiffres, parmi lesquelles la Soci\u00e9t\u00e9 sucri\u00e8re de la Como\u00e9, Air Burkina et la Soci\u00e9t\u00e9 burkinab\u00e9 de cuirs et peaux.<\/p>\n<p> D&#39;apr\u00e8s le minist\u00e8re du Commerce, &quot;les investissements, dans ces diff\u00e9rentes entreprises, sont pass\u00e9s de 2,3 milliards FCFA (4,6 millions de dollars), en 1991, \u00e0 25 milliards FCFA (50 millions de dollars) \u00e0 la fin de 2003&quot;.   Malgr\u00e9 ces chiffres, certains Burkinab\u00e9 demeurent sceptiques. &quot;Chaque privatisation &#39;fabrique&#39; de nouveaux ch\u00f4meurs&quot;, s&#39;indigne Moussa Kabor\u00e9, un licenci\u00e9 d&#39;une soci\u00e9t\u00e9 publique de transport.  &quot;Dans un pays o\u00f9 un travailleur prend en charge une dizaine de personnes (dans sa famille), vous comprenez pourquoi on ne veut pas d&#39;une privatisation qui pousse \u00e0 la d\u00e9tresse&quot;, explique-t-il \u00e0 IPS.  Evoquant le r\u00f4le protecteur de l&#39;Etat, Sidy Barry, juriste enseignant \u00e0 l&#39;Ecole nationale d&#39;administration et de magistrature, s&#39;interroge : &quot;Qui mieux que l&#39;Etat peut-il se soucier des populations? Privatiser des soci\u00e9t\u00e9s de cette nature, n&#39;est-ce pas simplement hypoth\u00e9quer le d\u00e9veloppement du pays et de son peuple?&quot;.<\/p>\n<p> Pour l&#39;\u00e9conomiste Moussa Nogo, &quot;il faut absolument r\u00e9duire au minimum les pertes d&#39;emplois, accorder une plus grande attention aux consid\u00e9rations sociales, encourager les repreneurs \u00e0 d\u00e9finir leurs futurs projets d&#39;investissements&quot;.<\/p>\n<p> Nogo ajoute qu&#39;il &quot;faut int\u00e9grer le programmes de privatisation \u00e0 une strat\u00e9gie de promotion du secteur priv\u00e9, d\u00e9velopper les prises de participation du personnel et des petits investisseurs, am\u00e9liorer le suivi et la surveillance&quot;.<\/p>\n<p> Parmi les autres entreprises en cours de privatisation, figurent le Comptoir burkinab\u00e9 des m\u00e9taux pr\u00e9cieux, le Bureau des mines et de la g\u00e9ologie du Burkina, ainsi que l&#39;Office national de l&#39;eau et l&#39;assainissement.<\/p>\n<p> A ce jour, 27 entreprises ont \u00e9t\u00e9 privatis\u00e9es depuis 1991, tandis que 11 sont en cours de privatisation, et 13 autres ont fait l&#39;objet d&#39;une proc\u00e9dure de liquidation achev\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 25 f\u00e9v (IPS) &#8211; Engag\u00e9 depuis 1991, le processus de privatisation au Burkina Faso entame sa derni\u00e8re ligne droite avec une nouvelle vague de soci\u00e9t\u00e9s d&#39;Etat \u00e0 vendre, malgr\u00e9 une forte r\u00e9sistance des travailleurs des entreprises concern\u00e9es.<\/p>\n","protected":false},"author":316,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1,20],"tags":[],"class_list":["post-2435","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-travail"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2435","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/316"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2435"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2435\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2435"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2435"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2435"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}