{"id":2433,"date":"2005-02-24T13:40:01","date_gmt":"2005-02-24T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/24\/politique-cameroun-les-anglophones-iront-ils-a-la-secession-pourdiscrimination\/"},"modified":"2005-02-24T13:40:01","modified_gmt":"2005-02-24T13:40:01","slug":"politique-cameroun-les-anglophones-iront-ils-a-la-secession-pourdiscrimination","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/24\/politique-cameroun-les-anglophones-iront-ils-a-la-secession-pourdiscrimination\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-CAMEROUN: Les Anglophones iront-ils \u00e0 la s\u00e9cession pourdiscrimination?"},"content":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 24 f\u00e9v (IPS) &#8211; La population anglophone du Cameroun se plaint de la discrimination et de la marginalisation dont elle se dit victime dans ce pays bilingue d&#39;Afrique centrale au point de faire planer de temps en temps la menace d&#39;une \u00e9ventuelle s\u00e9cession.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Les Francophones occupent les postes strat\u00e9giques dans la fonction publique, pillent le pays, et ils consid\u00e8rent les Anglophones comme des apatrides&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Richard Mandessi, 39 ans, professeur d&#39;anglais au Lyc\u00e9e de Mendong, un quartier de Yaound\u00e9, la capitale camerounaise.  &quot;Je crois qu&#39;il est important que les provinces anglophones se s\u00e9parent du Cameroun pour demander l&#39;ind\u00e9pendance du &#39;Southern Cameroon&#39;,&quot; ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Le Cameroun est peupl\u00e9 d&#39;environ 16,7 millions d&#39;habitants dont 20 pour cent d&#39;Anglophones, selon les estimations du Bureau des recensements et des \u00e9tudes de la population. Les Anglophones sont \u00e9tablis dans les provinces du Sud-Ouest et du Nord-Ouest, jadis sous tutelle britannique, et ont form\u00e9, avec les huit autres provinces francophones actuelles, la R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale du Cameroun, en 1961.<\/p>\n<p> &quot;Le texte issu de la constitution f\u00e9d\u00e9rale, adopt\u00e9e le 1er septembre 1961, avait instaur\u00e9 un syst\u00e8me tr\u00e8s centralis\u00e9 dans lequel la partie anglophone a vu son autonomie se r\u00e9duire progressivement jusqu&#39;\u00e0 l&#39;annexion totale&quot;, a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS, Dr Jocelyne Eko, enseignante \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 catholique d&#39;Afrique centrale de Yaound\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est ce processus qui conduira l&#39;ancien &#39;Southern Cameroon&#39; \u00e0 se dissoudre, en f\u00e9vrier 1972, dans la formation d&#39;un Etat unitaire centralis\u00e9&quot;, ajoute Eko. &quot;Cette dynamique unitaire a g\u00e9n\u00e9r\u00e9, au fil du temps, la plupart des probl\u00e8mes que seule l&#39;absence de d\u00e9mocratie et de libert\u00e9 a permis d&#39;inhiber jusqu&#39;en 1990 o\u00f9 les libert\u00e9s furent restaur\u00e9es&quot;.<\/p>\n<p> En effet, l&#39;\u00e9volution d&#39;une R\u00e9publique f\u00e9d\u00e9rale \u00e0 la R\u00e9publique du Cameroun qui consacre la fin des Etats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s a, par la modification constitutionnelle de juin 1972, engendr\u00e9 un certain nombre de frustrations chez les Anglophones. Elles se sont accentu\u00e9es avec l&#39;av\u00e8nement de Paul Biya au pouvoir en novembre 1982.<\/p>\n<p> &quot;En mettant fin au syst\u00e8me f\u00e9d\u00e9raliste qui pr\u00e9valait jusque-l\u00e0, les gouvernements successifs du Cameroun ont savamment phagocyt\u00e9 l&#39;identit\u00e9 anglophone, ce qui a ouvert la voie \u00e0 toutes sortes de discriminations chez cette minorit\u00e9&quot;, affirme \u00e0 IPS, Odile Nganang, membre de Nouveaux droits de l&#39;Homme, une organisation non gouvernementale (ONG) bas\u00e9e \u00e0 Yaound\u00e9..<\/p>\n<p> Elle ajoute : &quot;Bien que la plupart des institutions r\u00e9publicaines affichent officiellement leur bilinguisme, il y a un r\u00e9el d\u00e9ficit de la langue de Shakespeare dans les m\u00e9dias publics cens\u00e9s promouvoir de fa\u00e7on \u00e9galitaire les deux langues officielles que sont le fran\u00e7ais et l&#39;anglais.<\/p>\n<p>Une raison suppl\u00e9mentaire qui am\u00e8ne les Anglophones \u00e0 ressentir l&#39;exclusion dont ils se disent victimes&quot;.<\/p>\n<p> M\u00eame si la plupart des Anglophones ne remettent pas en cause leur &#39;camerounit\u00e9&#39;, un sentiment d&#39;irr\u00e9dentisme parcourt n\u00e9anmoins le microcosme anglophone camerounais.<\/p>\n<p> D\u00e9but f\u00e9vrier, lors de la &#39;Journ\u00e9e du bilinguisme&#39; au cours de laquelle les pouvoirs publics promeuvent l&#39;usage du fran\u00e7ais et de l&#39;anglais, les deux langues officielles du pays, des militants du &#39;Southern Cameroon National Council&#39; (SCNC), un mouvement s\u00e9cessionniste interdit, ont remis au go\u00fbt du jour la marginalisation des Anglophones.<\/p>\n<p> Le SCNC soulignait, dans un document distribu\u00e9 dans les coulisses, &quot;la n\u00e9cessit\u00e9 de poser au gouvernement camerounais le probl\u00e8me anglophone : retour au f\u00e9d\u00e9ralisme, \u00e9galit\u00e9 de chances, d&#39;opportunit\u00e9s et de droits, promotion des Anglophones dans la haute administration et les Forces arm\u00e9es&quot;.<\/p>\n<p> Pourtant, Le gouvernement compte sept ministres anglophones dont le Premier ministre Ephra\u00efm Inoni, sur 65 ministres et assimil\u00e9s. Inoni a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 Premier ministre en d\u00e9cembre 2004. Son pr\u00e9d\u00e9cesseur, Peter Mafany Musonge, un Anglophone \u00e9galement, avait occup\u00e9 la fonction de 1996 \u00e0 2004; il avait succ\u00e9d\u00e9, lui-aussi, \u00e0 un autre Premier ministre anglophone, Simon Acidu Achu, qui avait \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 au poste de 1992 \u00e0 1996.  Tous les trois Premiers ministres ont \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9s par le pr\u00e9sident francophone Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, et qui a lui-m\u00eame succ\u00e9d\u00e9 au premier chef de l&#39;Etat du Cameroun ind\u00e9pendant (1960-1982), Ahmadou Ahidjo, un Francophone.<\/p>\n<p> Une pr\u00e9occupation que soutient le &#39;Liberal Democratic Party&#39; (LDP), un parti politique d&#39;ob\u00e9dience anglophone cr\u00e9\u00e9 en 2004.<\/p>\n<p> Boniface Forbin, son pr\u00e9sident interrog\u00e9 par IPS, a dit vouloir &quot;trouver des solutions au probl\u00e8me anglophone vieux de quatre d\u00e9cennies de pouvoir, promouvoir l&#39;application effective de la d\u00e9centralisation et de la d\u00e9volution de l&#39;essentiel du pouvoir politique aux provinces&quot;. Forbin r\u00e9clame \u00e9galement la &quot;promotion d&#39;une nouvelle soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur la d\u00e9mocratie, le biculturalisme, la libert\u00e9 et l&#39;\u00e9galit\u00e9 des chances pour tous les Camerounais&quot;.<\/p>\n<p> Mais de son c\u00f4t\u00e9, le gouvernement camerounais a toujours ni\u00e9 l&#39;existence d&#39;un probl\u00e8me anglophone. &quot;Il n&#39;y a pas de probl\u00e8me anglophone au Cameroun&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Pierre Essomba, un haut fonctionnaire au minist\u00e8re de l&#39;Administration territoriale et de la D\u00e9centralisation.  &quot;Ce sont toutes les 250 ethnies de ce pays qui ont des probl\u00e8mes que le gouvernement veut r\u00e9soudre dans le cadre de la d\u00e9centralisation contenue dans constitution et qui conf\u00e9rera une large autonomie aux dix r\u00e9gions du pays&quot;, ajoute Essomba.<\/p>\n<p> Pourtant, au sein de la soci\u00e9t\u00e9 civile camerounaise, nombreux sont ceux qui reconnaissent l&#39;existence d&#39;un probl\u00e8me anglophone.<\/p>\n<p> Dr Aboya Endong Manasse, professeur de sciences politiques \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 de Douala, joint au t\u00e9l\u00e9phone par IPS, estime qu&#39;il &quot;faut donner une oreille attentive aux plaintes des Anglophones. Toutes les man\u0153uvres \u00e9conomiques, de l&#39;ancien pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Ahmadou Ahidjo au pr\u00e9sident Biya, ont \u00e9t\u00e9 contre eux&quot;, souligne-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Les Anglophones arguent qu&#39;ils ne b\u00e9n\u00e9ficient pas des retomb\u00e9es de l&#39;hydrocarbure (p\u00e9trole) &#39;offshore&#39; du large de la p\u00e9ninsule qui borde le Golfe de Guin\u00e9e. Or, c&#39;est l&#39;exploitation de cet or noir qui marque le coup d&#39;acc\u00e9l\u00e9rateur dans le processus de &#39;francophonisation forc\u00e9e&#39; que d\u00e9noncent les s\u00e9paratistes aujourd&#39;hui&quot;, explique Aboya. &quot;L&#39;exploitation des gisements du Rio del Rey est confi\u00e9e \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise Elf et a commenc\u00e9 en 1977. M\u00eame chose pour les nouveaux gisements de Lokele et Mundi, en 1978&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Plus globalement, la politique a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e en dehors des Etats f\u00e9d\u00e9r\u00e9s&quot;, ajoute-t-il.  L&#39;av\u00e8nement du pluralisme politique, en 1990, a conduit une partie de l&#39;opinion camerounaise \u00e0 se reconna\u00eetre dans les discours extr\u00e9mistes, selon un analyste politique qui a requis l&#39;anonymat. Ce qui a permis aux Anglophones de s&#39;attirer de la sympathie dans l&#39;opinion nationale, mais aussi dans l&#39;opinion internationale qui souhaite la d\u00e9mocratisation du r\u00e9gime et d\u00e9nonce la violation r\u00e9guli\u00e8re des droits de l&#39;Homme au Cameroun, ajoute-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>YAOUNDE, 24 f\u00e9v (IPS) &#8211; La population anglophone du Cameroun se plaint de la discrimination et de la marginalisation dont elle se dit victime dans ce pays bilingue d&#39;Afrique centrale au point de faire planer de temps en temps la&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/24\/politique-cameroun-les-anglophones-iront-ils-a-la-secession-pourdiscrimination\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":253,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2433","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/253"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2433"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2433\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2433"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2433"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2433"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}