{"id":2419,"date":"2005-02-14T13:40:01","date_gmt":"2005-02-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/14\/repetition-corrigee-sante-gabon-recrudescence-des-avortementsclandestins-pouvoirs-publics-impuissants\/"},"modified":"2005-02-14T13:40:01","modified_gmt":"2005-02-14T13:40:01","slug":"repetition-corrigee-sante-gabon-recrudescence-des-avortementsclandestins-pouvoirs-publics-impuissants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/14\/repetition-corrigee-sante-gabon-recrudescence-des-avortementsclandestins-pouvoirs-publics-impuissants\/","title":{"rendered":"\/REPETITION CORRIGEE*\/SANTE-GABON: Recrudescence des avortementsclandestins, pouvoirs publics impuissants"},"content":{"rendered":"<p>LIBREVILLE, 29 jan (IPS) &#8211; Le taux \u00e9lev\u00e9 des avortements clandestins au Gabon, responsables de nombreux d\u00e9c\u00e8s maternels, pr\u00e9occupe le gouvernement dont la volont\u00e9 et les moyens de r\u00e9pression sont limit\u00e9s.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Selon une \u00e9tude statistique r\u00e9alis\u00e9e au cours du dernier trimestre de 2004 par le minist\u00e8re gabonais de la Sant\u00e9, sur 4.073 complications survenues au cours de la grossesse, 1.173 cas \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 l&#39;avortement clandestin, soit 28,7 pour cent.<\/p>\n<p> &quot;Les causes de d\u00e9c\u00e8s maternels sont dues \u00e0 l&#39;avortement clandestin auquel de nombreuses femmes ont recours, g\u00e9n\u00e9ralement pour des raisons \u00e9conomiques car ces femmes ne disposent pas de revenus suffisants pour \u00e9lever leur nourrisson d\u00e8s l&#39;accouchement&quot;, explique \u00e0 IPS, la directrice de la Sant\u00e9 maternelle et infantile du Gabon, Patricia Makaya.<\/p>\n<p> Elle indique que &quot;l&#39;avortement \u00e9tait la premi\u00e8re cause de la mortalit\u00e9 maternelle au Gabon en 2001. Par mortalit\u00e9 maternelle, il faut entendre tout d\u00e9c\u00e8s survenant au cours de la grossesse et de l&#39;accouchement jusqu&#39;\u00e0 42 jours apr\u00e8s la naissance de l&#39;enfant&quot;.  Les femmes meurent \u00e0 cause des infections provoqu\u00e9es par les avortements clandestins pratiqu\u00e9s dans des conditions d&#39;hygi\u00e8ne inad\u00e9quates et par des m\u00e9thodes qui ne garantissent aucune protection m\u00e9dicale aux patientes en cas d&#39;h\u00e9morragie.<\/p>\n<p> Le taux de mortalit\u00e9 maternelle actuel au Gabon est de 600 pour 100.000, selon des statistiques officielles.<\/p>\n<p> Dr H\u00e9l\u00e8ne Ona Ondo, gyn\u00e9cologue \u00e0 Libreville, la capitale gabonaise, \u00e9num\u00e8re plusieurs proc\u00e9d\u00e9s douteux utilis\u00e9s pour les avortements clandestins : permanganate, eau de javel pour les bains vaginaux, forte absorption de nivaquine ou de d\u00e9coctions de feuilles m\u00e9dicinales diverses; ou encore l&#39;introduction, dans le vagin, d&#39;objets divers, comme des aiguilles. Ona Ondo s&#39;occupe des probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la sant\u00e9 sexuelle et de la reproduction au minist\u00e8re de la Sant\u00e9.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re de la Sant\u00e9, le taux d&#39;avortements clandestins est pass\u00e9 de 16 pour cent en 2001 \u00e0 28,8 pour cent de tous les avortements enregistr\u00e9s en 2004. Ces taux \u00e9taient estim\u00e9s \u00e0 18 pour cent en 2002 et \u00e0 25 pour cent en 2003. L&#39;ampleur de ces avortements s&#39;explique notamment par des rapports sexuels pr\u00e9coces chez les jeunes filles, la pauvret\u00e9, et l&#39;ignorance des risques encourus.  Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 indique que 23,8 pour cent des filles \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 19 ans ont leur premier rapport sexuel \u00e0 15 ans, contre 48,1 pour cent pour les gar\u00e7ons de m\u00eame \u00e2ge.  La maturit\u00e9 des filles est pr\u00e9coce dans les villages gabonais o\u00f9, peu scolaris\u00e9es, elles sont par tradition sollicit\u00e9es tr\u00e8s jeunes et admises en mariage arrang\u00e9 entre 10 et 12 ans, d\u00e8s leurs premi\u00e8res menstruations.  Le minist\u00e8re de la Sant\u00e9 reconna\u00eet que &quot;l&#39;absence de communication entre les \u00e9l\u00e8ves, les enseignants et les parents, a montr\u00e9 que 37,74 pour cent des jeunes \u00e9l\u00e8ves parlent de leurs probl\u00e8mes de sexualit\u00e9 avec leurs amis; 24 pour cent avec les parents; 8,2 pour cent avec des enseignants et 7,55 pour cent avec d&#39;autres personnes&quot;.  Le refus de l&#39;autorit\u00e9 parentale ou la d\u00e9mission des parents et autres tuteurs de centaines de jeunes filles les pousse \u00e0 se livrer \u00e0 elles-m\u00eames avant d&#39;avoir atteint l&#39;\u00e2ge de 18 ans. La plupart se livrent \u00e0 la mendicit\u00e9 et certaines \u00e0 la prostitution d\u00e8s l&#39;\u00e2ge de 12 ou 13 ans, selon l&#39;Association gabonaise des sages-femmes (AGSF).  Les jeunes filles qui ont quitt\u00e9 le domicile familial, pour diverses raisons, subissent des abus sexuels de la part d&#39;individus de mauvaise foi.<\/p>\n<p>La pratique, devenue tr\u00e8s courante, est le monnayage de services en \u00e9change de rapports sexuels, explique l&#39;AGSF.<\/p>\n<p> &quot;Je consid\u00e8re cette pratique comme la seule option pour obtenir un peu d&#39;argent pour me nourrir et satisfaire mes autres besoins&quot;, se justifie Genevi\u00e8ve Meye, une adolescente de 15 ans, partie du domicile de ses grands-parents.  Les filles, sans foyer et ni soutien, sont contraintes de se livrer \u00e0 des avortements clandestins aux cons\u00e9quences parfois mortelles. Nombreuses sont celles qui, ayant choisi de vivre leur grossesse jusqu&#39;\u00e0 terme, finissent, apr\u00e8s la maternit\u00e9, par abandonner leurs \u00e9tudes, souligne l&#39;AGSF.  Une enqu\u00eate, r\u00e9alis\u00e9e en 2000 par l&#39;AGSF, r\u00e9v\u00e8le que les grossesses pr\u00e9coces repr\u00e9sentaient 27 pour cent des 14.000 grossesses enregistr\u00e9es cette ann\u00e9e-l\u00e0, \u00e0 cause notamment des rapports sexuels non prot\u00e9g\u00e9s des adolescentes.  &quot;Globalement, l&#39;interruption volontaire de grossesse est due, pour l&#39;adolescente, \u00e0 un manque d&#39;information&quot;, indique l&#39;\u00e9tude.  Selon une enqu\u00eate d\u00e9mographique et de sant\u00e9, effectu\u00e9e en 2003 sur des femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er (de 15 \u00e0 49 ans), 15 pour cent d&#39;entre elles ont pratiqu\u00e9 l&#39;avortement au moins une fois.  G\u00e9n\u00e9ralement, les femmes victimes de complications d&#39;avortement au Gabon sont jeunes, peu instruites et issues de milieux sociaux d\u00e9favoris\u00e9s, selon l&#39;\u00e9tude. La pr\u00e9valence de l&#39;avortement est deux fois plus \u00e9lev\u00e9e en zone urbaine (17 pour cent) qu&#39;en zone rurale (neuf pour cent).<\/p>\n<p> Au Gabon, 27 pour cent des femmes ont d\u00e9clar\u00e9 avoir eu des complications apr\u00e8s leur avortement, selon une \u00e9tude de 2001. Elles sont plus fr\u00e9quentes chez les femmes \u00e2g\u00e9es de 20-24 ans en milieu rural, peu instruites et qui utilisent des m\u00e9thodes traditionnelles.<\/p>\n<p> La pr\u00e9valence de l&#39;avortement varie entre 15 et 23 pour cent chez les femmes de plus de 20 ans, mais l&#39;analyse de l&#39;\u00e2ge des femmes, \u00e0 leur premier avortement, montre que 44 pour cent des cas se sont produits \u00e0 moins de 20 ans, ajoute l&#39;\u00e9tude.<\/p>\n<p> Selon l&#39;\u00e9tude, 26 pour cent des femmes ont \u00e9t\u00e9 assist\u00e9s, dans leur avortement ill\u00e9gal, par des professionnels de la sant\u00e9, neuf pour cent par une amie et quatre pour cent par un tradipraticien.  Depuis quelque temps, des femmes polici\u00e8res, accompagn\u00e9es d&#39;un m\u00e9decin, passent dans les administrations des h\u00f4pitaux gabonais pour savoir si des cas d&#39;avortements sont admis. G\u00e9n\u00e9ralement, la police est inform\u00e9e de mani\u00e8re anonyme de cas d&#39;avortement. Elle fait alors uniquement des recherches ans les h\u00f4pitaux et cliniques connues.  Dr Ona Ondo a expliqu\u00e9 \u00e0 IPS que &quot;la seule interruption volontaire de grossesse autoris\u00e9e est l&#39;avortement th\u00e9rapeutique. Si pour certaines raisons, la vie de la m\u00e8re est en danger, le m\u00e9decin peut d\u00e9cider de mettre un terme \u00e0 sa grossesse&quot;.<\/p>\n<p> Selon une loi promulgu\u00e9e en 2001, &quot;Quiconque aura provoqu\u00e9 ou tent\u00e9 de provoquer l&#39;avortement d&#39;une femme enceinte ou suppos\u00e9e enceinte, qu&#39;elle y ait consenti ou non, sera puni d&#39;un emprisonnement de un \u00e0 cinq ans et d&#39;une amende de 24.000 \u00e0 500.000 FCFA (environ 48 et 1.000 dollars)&quot;. Les peines et les amendes sont plus aggrav\u00e9es en cas de r\u00e9cidive.  Mais, les lois ne sont pas suivies d&#39;effet au Gabon ou sont peu appliqu\u00e9es..<\/p>\n<p>Les avortements clandestins restent souvent dans un cercle familial, explique l&#39;AGSF. C&#39;est en cas de complication ou de d\u00e9c\u00e8s que les autorit\u00e9s sont parfois inform\u00e9es par des h\u00f4pitaux publics. G\u00e9n\u00e9ralement, les cliniques priv\u00e9es ne r\u00e9v\u00e8lent pas les cas mortels car elles per\u00e7oivent de l&#39;argent. Le co\u00fbt d&#39;un avortement ill\u00e9gal varie entre 300 dollars et 600 dollars en clinique.<\/p>\n<p> Selon le Tribunal de grande instance de Libreville, une vingtaine de condamnations \u00e0 des peines d&#39;emprisonnement ferme et quelques-unes assorties d&#39;une amende ont \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9es entre 1998 et 2003.  Les services de sant\u00e9 de la reproduction axent leurs efforts vers la r\u00e9duction de la mortalit\u00e9 maternelle, la pr\u00e9vention des grossesses non d\u00e9sir\u00e9es et les avortements provoqu\u00e9s.  Des centaines de femmes survivent \u00e0 l&#39;avortement, mais bon nombre d&#39;entre elles s&#39;en sortent avec des l\u00e9sions et des s\u00e9quelles (perforation ut\u00e9rine, douleurs pelviennes chroniques ou st\u00e9rilit\u00e9 secondaire), indique un rapport m\u00e9dical publi\u00e9 en 2004 par des h\u00f4pitaux de Libreville.<\/p>\n<p> Des centres de sant\u00e9, cr\u00e9\u00e9s par le Fonds des Nations Unies pour la population, sont op\u00e9rationnels dans certains quartiers de Libreville, pour permettre aux adolescentes et aux femmes adultes de recevoir des conseils sur la sant\u00e9 de la reproduction.<\/p>\n<p> Le minist\u00e8re de la Famille a cr\u00e9\u00e9 des haltes-garderies pour les m\u00e8res adolescentes, et pr\u00e9vu un fonds de soutien aux m\u00e8res \u00e9conomiquement faibles, dont le montant n&#39;est pas rendu public.  (* Dans cet article diffus\u00e9 \u00e0 12H13 GMT le 29 janvier, il \u00e9tait \u00e9crit par erreur dans le 2\u00e8me paragraphe :&#8230; sur 4.073 complications survenues au cours de la grossesse, 1.102 cas \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 l&#39;avortement clandestin, soit 28,8 pour cent&#8230; Pri\u00e8re de lire plut\u00f4t 1.173 cas \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 l&#39;avortement clandestin, soit 28,7 pour cent).<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LIBREVILLE, 29 jan (IPS) &#8211; Le taux \u00e9lev\u00e9 des avortements clandestins au Gabon, responsables de nombreux d\u00e9c\u00e8s maternels, pr\u00e9occupe le gouvernement dont la volont\u00e9 et les moyens de r\u00e9pression sont limit\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"author":155,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,4,30],"tags":[],"class_list":["post-2419","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2419","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/155"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2419"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2419\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2419"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2419"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2419"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}