{"id":2413,"date":"2005-02-08T13:40:01","date_gmt":"2005-02-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/08\/droits-kenya-le-parti-au-pouvoir-detourne-la-constitution-du-peuple\/"},"modified":"2005-02-08T13:40:01","modified_gmt":"2005-02-08T13:40:01","slug":"droits-kenya-le-parti-au-pouvoir-detourne-la-constitution-du-peuple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/02\/08\/droits-kenya-le-parti-au-pouvoir-detourne-la-constitution-du-peuple\/","title":{"rendered":"DROITS-KENYA: Le parti au pouvoir d\u00e9tourne la constitution du peuple"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 8 f\u00e9v (IPS) &#8211; Des groupes de la soci\u00e9t\u00e9 civile k\u00e9nyane protestent \u00e0 propos d&#39;une loi qui donne au parlement d&#39;\u00e9normes pouvoirs pour modifier le projet de constitution du pays, sans impliquer le peuple.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Le parlement a \u00e9t\u00e9 exhort\u00e9 \u00e0 abroger la loi. Des groupes de la soci\u00e9t\u00e9 civile affirment que la nouvelle loi empi\u00e8te sur le concept d&#39;une constitution populaire.<\/p>\n<p> Le probl\u00e8me s&#39;est accentu\u00e9 apr\u00e8s que le pr\u00e9sident Mwai Kibaki a donn\u00e9 en secret, en d\u00e9cembre, son assentiment \u00e0 un projet de loi controvers\u00e9 qui permet au parlement d&#39;amender le projet de constitution avec une majorit\u00e9 parlementaire simple. Le public n&#39;a appris l&#39;approbation dans les journaux locaux que le 25 janvier.<\/p>\n<p> Le projet de loi contest\u00e9 permet l&#39;adoption ou le rejet en totalit\u00e9 du projet de constitution par le parlement, qui n&#39;a pas le pouvoir d&#39;apporter une quelconque modification au document quoi qu&#39;il advienne.<\/p>\n<p> L&#39;assentiment de Kibaki tire sa l\u00e9galit\u00e9 du Projet de loi (Amendement) sur la r\u00e9vision de la constitution du Kenya, qui a \u00e9t\u00e9 vot\u00e9 par le parlement l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re. Le Liberal Democratic Party (LDP), un jeune partenaire dans la Coalition nationale Arc-en-ciel (NARC) au pouvoir et le principal parti de l&#39;opposition, le Kenya African National Union (KANU) avaient boycott\u00e9 le vote, laissant seulement le National Alliance Party du Kenya (NAK) voter le projet de loi.<\/p>\n<p> Des questions controvers\u00e9es dans le projet de constitution, au nombre desquelles la r\u00e9duction des pouvoirs pr\u00e9sidentiels et la cr\u00e9ation d&#39;un poste de Premier ministre ex\u00e9cutif, ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l&#39;origine de la division et des querelles internes au sein de la coalition au pouvoir.<\/p>\n<p> Sous la direction du ministre des Routes Raila Odinga, le LDP soutient la r\u00e9duction des pouvoirs pr\u00e9sidentiels, avec Odinga consid\u00e9r\u00e9 comme un candidat probable au poste de Premier ministre.<\/p>\n<p> Mais le ministre de la Justice et des Affaires constitutionnelles Kiraitu Murungi et son homologue de la s\u00e9curit\u00e9 nationale, Chris Murungaru, qui sont proches de Kibaki, se sont farouchement oppos\u00e9s \u00e0 la r\u00e9duction des pouvoirs pr\u00e9sidentiels.  Ne reculant devant rien pour obtenir que le projet de constitution soit d\u00e9battu au parlement, la NAK a \u00e9galement r\u00e9ussi \u00e0 man\u0153uvrer pour que le pr\u00e9sident donne son assentiment au Projet de loi (Amendement) sur la r\u00e9vision de la constitution du Kenya.<\/p>\n<p> Le projet de constitution du Kenya longtemps attendu a \u00e9t\u00e9 rendu public en septembre 2002 par la Commission de r\u00e9vision de la constitution du Kenya.<\/p>\n<p>Les n\u00e9gociations ont commenc\u00e9 en 2003 \u00e0 une conf\u00e9rence nationale de la constitution (NCC), dans la p\u00e9riph\u00e9rie de la capitale Nairobi, avec plus de 600 d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s participants. Cr\u00e9\u00e9e en 2000, la commission avait voyag\u00e9 \u00e0 travers tout le pays, recueillant les points de vue du public sur ce qu&#39;il voulait qu&#39;on inclue dans le projet de constitution, qui, s&#39;il \u00e9tait vot\u00e9, constituerait la nouvelle constitution du pays.<\/p>\n<p> Les conclusions de la commission ont montr\u00e9 que les Kenyans voulaient un syst\u00e8me o\u00f9 les pouvoirs seraient partag\u00e9s entre le pr\u00e9sident et un Premier ministre pour minimiser les abus de pouvoir. Aux termes de la constitution actuelle, r\u00e9dig\u00e9e avant l&#39;ind\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de la Grande-Bretagne en 1963, le pr\u00e9sident jouit de pouvoirs illimit\u00e9s.<\/p>\n<p> La querelle sur la constitution au sein de la coalition au pouvoir a conduit \u00e0 un retard dans la livraison d&#39;une nouvelle loi fondamentale aux Kenyans. Le pr\u00e9sident Kibaki, qui est arriv\u00e9 au pouvoir en d\u00e9cembre 2002 avec pour th\u00e8me principal une nouvelle constitution, a promis un nouveau document dans les 100 premiers jours apr\u00e8s sa prise de fonction, une promesse qu&#39;il n&#39;a jamais tenue.<\/p>\n<p> Ayant assez des tactiques dilatoires, des groupes de la soci\u00e9t\u00e9 civile, impliqu\u00e9s dans les r\u00e9formes constitutionnelles, ont form\u00e9 un groupe de pression, d\u00e9nomm\u00e9 &#39;Yellow Movement&#39; (&#39;Mouvement Jaune&#39;), pour mobiliser du soutien contre le projet de loi.  &quot;Nous disons que si on laisse le parlement modifier le projet de constitution, elle ne repr\u00e9sentera donc pas l&#39;opinion des Kenyans. Une constitution est pour le peuple et devrait alors \u00eatre confectionn\u00e9e par le peuple, et non pas par le parlement&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Jedida Wakonyo, un co-pr\u00e9sident du &#39;Yellow Movement&#39;, la semaine derni\u00e8re.<\/p>\n<p> Compos\u00e9 de 16 groupes favorables \u00e0 la r\u00e9forme, le &#39;Yellow Movement&#39; organise une protestation silencieuse chaque mercredi jusqu&#39;aux portes du parlement, portant des rubans jaunes symbolisant le changement, et arborant des pancartes avec des messages sur la constitution. Ils envisagent de continuer la manifestation jusqu&#39;\u00e0 la r\u00e9ouverture du parlement en mars 2005.<\/p>\n<p> &quot;Notre message est que les choses vont mal et nous voulons le changement maintenant. Le changement par le peuple, non pas par quelques privil\u00e9gi\u00e9s du parlement&quot;, a indiqu\u00e9 Wakonyo, qui est \u00e9galement directeur ex\u00e9cutif de la &#39;Legal Resource Foundation&#39; (Fondation pour les ressources juridiques) bas\u00e9e \u00e0 Nairobi.<\/p>\n<p> Selon le mouvement, si le parlement n&#39;abroge pas la loi lui donnant le pouvoir d&#39;amender le projet de constitution, le mouvement lancera un processus de r\u00e9vision parall\u00e8le de la constitution, et le soumettra aux populations.<\/p>\n<p> Des organisations de femmes, sont \u00e9galement exasp\u00e9r\u00e9es par le retard dans la ratification du projet de constitution, qui, estiment-elles, contient de nombreux points positifs pour les femmes.<\/p>\n<p> &quot;Le nouveau projet de constitution contient beaucoup d&#39;avantages pour les femmes. Il traite de choses comme des mesures de discrimination positive, qui constituent le motif de la lutte des femmes. Les femmes veulent une repr\u00e9sentation d&#39;un tiers \u00e0 tous les postes \u00e9lectifs de prise de d\u00e9cision&quot;, a soulign\u00e9, dans un entretien avec IPS, Caro Nyambura, charg\u00e9e de programme de la Coalition contre la violence \u00e0 l&#39;\u00e9gard des femmes, bas\u00e9e \u00e0 Nairobi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 8 f\u00e9v (IPS) &#8211; Des groupes de la soci\u00e9t\u00e9 civile k\u00e9nyane protestent \u00e0 propos d&#39;une loi qui donne au parlement d&#39;\u00e9normes pouvoirs pour modifier le projet de constitution du pays, sans impliquer le peuple.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2413","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2413","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2413"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2413\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2413"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2413"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2413"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}