{"id":2398,"date":"2005-01-26T13:40:01","date_gmt":"2005-01-26T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/01\/26\/commerce-afrique-australe-lindustrie-textile-dans-le-trouble\/"},"modified":"2005-01-26T13:40:01","modified_gmt":"2005-01-26T13:40:01","slug":"commerce-afrique-australe-lindustrie-textile-dans-le-trouble","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/01\/26\/commerce-afrique-australe-lindustrie-textile-dans-le-trouble\/","title":{"rendered":"COMMERCE-AFRIQUE AUSTRALE: L&#39;industrie textile dans le trouble"},"content":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 26 jan (IPS) &#8211; Il y a quelques ann\u00e9es, le petit royaume du Lesotho semblait avoir beaucoup \u00e0 offrir aux investisseurs : une main d&#39;\u0153uvre bon march\u00e9, des incitations fiscales g\u00e9n\u00e9reuses et la proximit\u00e9 avec la puissance r\u00e9gionale, l&#39;Afrique du Sud.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Des fabricants de textile semblaient assur\u00e9ment avoir aim\u00e9 ce qu&#39;ils ont vu.<\/p>\n<p> Des entrepreneurs taiwanais ont commenc\u00e9 par arriver au Lesotho en 2000. En investissant dans le pays, ils pouvaient \u00e9galement tirer profit de la Loi sur la croissance et les opportunit\u00e9s \u00e9conomiques en Afrique (AGOA) des Etats-Unis.  Ce programme am\u00e9ricain a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 pour permettre un acc\u00e8s hors taxe sur le march\u00e9 am\u00e9ricain pour une large s\u00e9lection d&#39;exportations en provenance des pays d&#39;Afrique subsaharienne qui remplissaient certaines conditions, comme le respect des droits de l&#39;Homme et de l&#39;Etat de droit.<\/p>\n<p> Apr\u00e8s les Taiwanais, des firmes chinoises, mauriciennes et malaisiennes sont venues.<\/p>\n<p> En 2003, le Lesotho \u00e9tait devenu un grand fabricant de textile en Afrique, produisant 31 pour cent des textiles export\u00e9s vers les Etats-Unis dans le cadre de l&#39;AGOA.<\/p>\n<p> Selon des statistiques officielles, quelque 50.000 personnes d\u00e9pendaient de l&#39;industrie textile du Lesotho pour leur gagne-pain en 2004, contre 20.000 deux ans auparavant.<\/p>\n<p> Durant une visite de quatre-jours au Lesotho en d\u00e9cembre 2004, le repr\u00e9sentant du commerce am\u00e9ricain, Robert Zoellick, a d\u00e9clar\u00e9 aux journalistes que son pays avait &quot;un grand respect pour ce que le Lesotho est en train d&#39;accomplir&quot;.<\/p>\n<p> Mais au moment m\u00eame o\u00f9 Zoellick se r\u00e9pandait en \u00e9loges sur le secteur textile du pays, ses perspectives ne semblaient gu\u00e8re r\u00e9jouissantes.<\/p>\n<p> Vers la fin de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, six usines textiles ont ferm\u00e9 leurs portes &#8211; laissant 6.650 employ\u00e9s sans travail. Le responsable syndical, Billy Macaefa furieux, a attribu\u00e9 les fermetures \u00e0 l&#39;expiration de l&#39;Accord multi-fibre (MFA), qui a \u00e9t\u00e9 introduit, il y a 30 ans, par le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade), le pr\u00e9d\u00e9cesseur de l&#39;Organisation mondiale du commerce (OMC).<\/p>\n<p> L&#39;objectif initial du MFA \u00e9tait de prot\u00e9ger les industries textiles des nations d\u00e9velopp\u00e9es qui \u00e9taient confront\u00e9es \u00e0 la comp\u00e9tition des producteurs \u00e0 bas prix dans des Etats plus pauvres. Gr\u00e2ce au MFA, des nations \u00e9taient autoris\u00e9es \u00e0 imposer des quotas aux importations de textile; ceci a permis \u00e0 des pays comme le Lesotho de &quot;prendre pied aux portes&quot; des march\u00e9s qui auraient autrement \u00e9t\u00e9 domin\u00e9s par des g\u00e9ants de la fabrication comme la Chine.<\/p>\n<p> Le MFA a expir\u00e9 le 1er janvier.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude de l&#39;OMC, publi\u00e9e en septembre de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, a montr\u00e9 que la Chine et l&#39;Inde en viendraient probablement \u00e0 dominer environ 80 pour cent du march\u00e9 mondial du textile dans la p\u00e9riode post-MFA, alors que les 20 pour cent restants seraient partag\u00e9s par le reste du monde.<\/p>\n<p> Le Lesotho a toujours l&#39;avantage de l&#39;acc\u00e8s hors taxes aux march\u00e9s am\u00e9ricains aux termes de l&#39;AGOA, (d&#39;autres producteurs sont soumis aux tarifs). Toutefois, les six propri\u00e9taires des entreprises, qui ont ferm\u00e9 boutique l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, croyaient manifestement que les bas salaires, les \u00e9conomies des ateliers r\u00e9duits et efficaces des usines en Chine et en Inde allaient en fin de compte les exclure du march\u00e9.<\/p>\n<p> Dans un nouveau rapport intitul\u00e9 &#39;De la mis\u00e8re \u00e0 la richesse et encore \u00e0 la mis\u00e8re&#39;, Christian Aid bas\u00e9 au Royaume-Uni cite des statistiques indiquant que 27 millions d&#39;ouvriers dans le monde pourraient perdre leurs emplois \u00e0 cause de l&#39;expiration du MFA.<\/p>\n<p> De part et d&#39;autre de la fronti\u00e8re du Lesotho avec l&#39;Afrique du Sud, la situation n&#39;est gu\u00e8re meilleure. Quelque 300.000 ouvriers du textile en Afrique du Sud ont perdu leurs emplois au cours des deux derni\u00e8res ann\u00e9es &#8211; ceci \u00e0 cause de l&#39;afflux des produits chinois.<\/p>\n<p> &quot;Il faut qu&#39;une sorte de quota soit impos\u00e9e \u00e0 la Chine. Ce sera une solution \u00e0 court-terme, mais cela donnera \u00e0 l&#39;industrie textile un moment de r\u00e9pit pour se r\u00e9organiser&quot;, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, Walter Simeoni, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration du textile sud-africain.<\/p>\n<p> &quot;Les v\u00eatements chinois repr\u00e9sentent actuellement 86 pour cent de tous les habits import\u00e9s en Afrique du Sud. Des articles comme les serviettes, les couvertures et les rideaux repr\u00e9sentent 60 pour cent. Tout ceci a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 au cours des trois derni\u00e8res ann\u00e9es&quot;, a-t-il ajout\u00e9.<\/p>\n<p> Simeoni rejette l&#39;argument selon lequel l&#39;imposition de quotas aux importations de textile chinois violerait les r\u00e8gles de l&#39;OMC.<\/p>\n<p> &quot;Le Br\u00e9sil, la Turquie et les Etats-Unis ont introduit des quotas sur certains de leurs produits. L&#39;UE (Union europ\u00e9enne) est \u00e9galement en train d&#39;\u00e9tudier cela&quot;, note-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Je crois que les autorit\u00e9s (sud-africaines) n&#39;ont pas \u00e9t\u00e9 convaincues de l&#39;urgence du probl\u00e8me. Et, je pense qu&#39;elles sont r\u00e9ticentes \u00e0 contrarier les Chinois&quot;. Ceci, ajoute Simeoni, vient du fait que la Chine a soutenu la lutte pour mettre fin \u00e0 l&#39;apartheid en Afrique du Sud.<\/p>\n<p> Les fluctuations mon\u00e9taires ont aggrav\u00e9 la crise dans l&#39;industrie textile.<\/p>\n<p> Ces derniers mois, le rand sud-africain s&#39;est renforc\u00e9 depuis sa baisse historique de d\u00e9cembre 2001, quand un dollar s&#39;\u00e9changeait contre 13,85 rands. Le dollar est maintenant autour de la barre des six rands.<\/p>\n<p> &quot;Aucune firme textile au monde ne peut rivaliser dans un environnement o\u00f9 la monnaie s&#39;est appr\u00e9ci\u00e9e par rapport au dollar US et \u00e0 la monnaie chinoise de 30 pour cent en 2002 et de 25 autres pour cent entre janvier et octobre 2003&quot;, estime Simeoni.<\/p>\n<p> &quot;En fait, tous nos comp\u00e9titeurs dans l&#39;est ont d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9 leur monnaie&#8230;par rapport au rand, puisqu&#39;ils s&#39;\u00e9taient eux-m\u00eames li\u00e9s au dollar US pour rester comp\u00e9titifs. C&#39;est l&#39;une des raisons pour lesquelles ils cr\u00e9ent des emplois, alors que nous en d\u00e9truisons&quot;, souligne-t-il. Un taux de change de neuf rands pour un dollar est apparemment n\u00e9cessaire pour que des exportations du textile sud-africain tirent \u00e0 nouveau un avantage de la comp\u00e9tition.<\/p>\n<p> Les fabricants se plaignent \u00e9galement de ce que les co\u00fbts de la main d&#39;\u0153uvre dans le pays soient trop \u00e9lev\u00e9s pour leur permettre de supporter la concurrence.<\/p>\n<p> Simeoni souligne que les salaires mensuels pour l&#39;industrie sont pass\u00e9s d&#39;une moyenne d&#39;environ 215 dollars par mois en janvier 2002 (sans compter les heures suppl\u00e9mentaires et les primes de mutation) \u00e0 500 dollars en septembre de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re. Les concurrents de l&#39;Afrique du Sud en Extr\u00eame-Orient, ajoute-t-il, paient entre 40 et 100 dollars le mois.<\/p>\n<p> Christian Aid estime que l&#39;intervention de l&#39;OMC est n\u00e9cessaire pour emp\u00eacher l&#39;industrie textile dans plusieurs pays en d\u00e9veloppement d&#39;\u00eatre vid\u00e9e.<\/p>\n<p> &quot;Le d\u00e9mant\u00e8lement du MFA a \u00e9t\u00e9 entrepris sans qu&#39;un poids appropri\u00e9 soit donn\u00e9 \u00e0 l&#39;impact sur les gens plus susceptibles d&#39;\u00eatre affect\u00e9s. Des changements dans les politiques du commerce mondial, en particulier celles qui sont aussi cataclysmiques que la suppression progressive du MFA, devraient accorder la priorit\u00e9 aux int\u00e9r\u00eats des populations pauvres &#8211; plut\u00f4t que de viser simplement la lib\u00e9ralisation des march\u00e9s, \u00e0 n&#39;importe quel prix&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Andrew Pendleton, charg\u00e9 de la politique commerciale de Christian Aid, dans une d\u00e9claration.<\/p>\n<p>  Ailleurs en Afrique, l&#39;\u00eele Maurice, l&#39;Ouganda, le Kenya et Madagascar rassemblent leurs forces pour rivaliser dans un environnement sans protections fond\u00e9es sur des quotas.<\/p>\n<p> Alors que certaines parties du monde en d\u00e9veloppement retireront sans aucun doute des avantages de l&#39;expiration du MFA, ce n&#39;est pas tellement rassurant pour un continent qui lutte pour trouver sa place sur les march\u00e9s mondiaux.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 26 jan (IPS) &#8211; Il y a quelques ann\u00e9es, le petit royaume du Lesotho semblait avoir beaucoup \u00e0 offrir aux investisseurs : une main d&#39;\u0153uvre bon march\u00e9, des incitations fiscales g\u00e9n\u00e9reuses et la proximit\u00e9 avec la puissance r\u00e9gionale, l&#39;Afrique&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2005\/01\/26\/commerce-afrique-australe-lindustrie-textile-dans-le-trouble\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":6,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1],"tags":[],"class_list":["post-2398","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2398","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/6"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2398"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2398\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2398"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2398"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2398"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}