{"id":2327,"date":"2004-11-16T13:40:01","date_gmt":"2004-11-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/11\/16\/economie-maurice-lobbying-intense-pour-sauver-lindustrie-sucriere\/"},"modified":"2004-11-16T13:40:01","modified_gmt":"2004-11-16T13:40:01","slug":"economie-maurice-lobbying-intense-pour-sauver-lindustrie-sucriere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/11\/16\/economie-maurice-lobbying-intense-pour-sauver-lindustrie-sucriere\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-MAURICE: Lobbying intense pour sauver l&#39;industrie sucri\u00e8re"},"content":{"rendered":"<p>PORT-LOUIS, 15 nov (IPS) &#8211; L&#39;Ile Maurice se pr\u00e9pare \u00e0 affronter une &quot;catastrophe \u00e9conomique&quot; qui menace son industrie sucri\u00e8re, avec la baisse annonc\u00e9e de 37 pour cent du prix du sucre dans le sillage de la r\u00e9forme du r\u00e9gime sucrier de l&#39;Union europ\u00e9enne (UE), \u00e0 partir de l&#39;ann\u00e9e prochaine.\n <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Missions de lobbying intense en Europe et intensification du programme de r\u00e9formes sont men\u00e9es pour rendre cette industrie viable et comp\u00e9titive pour les 20 prochaines ann\u00e9es, selon des sources proches du gouvernement mauricien.<\/p>\n<p> Les agriculteurs mauriciens sont d\u00e9courag\u00e9s. Ils ont joui, pendant longtemps, d&#39;un bon prix pour leur sucre &#8211; trois fois plus que celui offert sur le march\u00e9 mondial &#8211; gr\u00e2ce au &#39;Protocole sucre&#39; avec la Communaut\u00e9 europ\u00e9enne, qui date de 1974, et ont pu ainsi mener une vie d\u00e9cente.  &quot;La vie ne sera plus comme avant&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Jugdut Rampersad, un agriculteur qui cultive 6,5 hectares de terre dans l&#39;est de l&#39;\u00eele. &quot;Mes revenus sucriers m&#39;ont non seulement aid\u00e9 \u00e0 faire vivre ma famille, mais aussi \u00e0 assurer l&#39;\u00e9ducation tertiaire (universitaire) de mes enfants \u00e0 l&#39;\u00e9tranger&quot;.  Beaucoup d&#39;avocats, de m\u00e9decins, d&#39;ing\u00e9nieurs et d&#39;autres professionnels ont ainsi \u00e9t\u00e9 form\u00e9s gr\u00e2ce aux revenus sucriers. Ils sont maintenant au service de l&#39;\u00eele. Ce qui fait dire au ministre de l&#39;Agriculture et de la Technologie alimentaire, Nando Bodha : &quot;Nous sommes une civilisation de sucre, pas un simple exportateur de ce produit&quot;.<\/p>\n<p> Comme Rampersad, ils sont environ 30.000 les petits agriculteurs mauriciens qui sont inquiets de la baisse annonc\u00e9e &#8211; de 529 euros (672 dollars), actuellement \u00e0 329 euros (418 dollars) la tonne de sucre &#8211; par la Commission europ\u00e9enne.  Les agriculteurs mauriciens estiment que c&#39;est le contraire qui aurait d\u00fb se produire &quot;avec les co\u00fbts de production qui ne cessent d&#39;augmenter et les investissements dans la m\u00e9canisation aux champs, l&#39;\u00e9pierrage des terres, l&#39;irrigation et la modernisation des usines&quot;.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;industrie mauricienne va mourir lentement si la proposition n&#39;est pas r\u00e9vis\u00e9e&quot;, affirme \u00e0 IPS, Baldeo Ramdin, un autre agriculteur, qui voit ses pairs abandonner leurs terres qui ne sont plus rentables ou les vendre \u00e0 des fins r\u00e9sidentielles ou industrielles.<\/p>\n<p> D&#39;autres, \u00e0 l&#39;instar de Virendra Ramdhun, pr\u00e9sident de l&#39;Association des agriculteurs du Nord, continuent \u00e0 croire que les choses devraient s&#39;arranger avec des facilit\u00e9s de l&#39;Etat, en terme de subventions sur les intrants. Il estime que le rendement des cannes \u00e0 sucre devrait s&#39;am\u00e9liorer avec l&#39;irrigation des r\u00e9gions non-irrigu\u00e9es jusqu&#39;ici, notamment dans le nord de l&#39;\u00eele, avec de l&#39;eau venant du nouveau barrage de Midlands, compensant ainsi toute perte de revenus.  C&#39;est la panique au sein de l&#39;industrie sucri\u00e8re maurienne. Les Mauriciens savaient depuis longtemps que les choses allaient se g\u00e2ter dans ce secteur, indique \u00e0 IPS, Eric Mangar, animateur du Mouvement autosuffisance alimentaire, une organisation non gouvernementale.  &quot;Ils n&#39;ont pas fait grand-chose durant la derni\u00e8re d\u00e9cennie pour am\u00e9liorer la comp\u00e9titivit\u00e9 de l&#39;industrie sucri\u00e8re en vue de se prot\u00e9ger des cons\u00e9quences d&#39;une baisse des revenus sucriers et de pertes d&#39;emplois par milliers, surtout dans les r\u00e9gions rurales &#8211; si ce n&#39;est depuis les trois derni\u00e8res ann\u00e9es&quot;, d\u00e9clare Mangar.  Pour lui, une &quot;grande catastrophe&quot; se pr\u00e9pare dans le monde rural de l&#39;\u00eele, &quot;lorsqu&#39;on sait que les 30.000 petits agriculteurs poss\u00e8dent environ 52 pour cent des terres sous culture de cannes&quot;, selon le ministre de l&#39;Agriculture.<\/p>\n<p> L&#39;industrie sucri\u00e8re mauricienne, vieille de 365 ans, exporte aujourd&#39;hui 491.030 tonnes de sucre par an sous le &#39;Protocole sucre&#39; vers l&#39;UE. Elle est \u00e9galement le premier b\u00e9n\u00e9ficiaire du quota garanti de sucres sp\u00e9ciaux avec 41.980 tonnes annuellement. Le sucre repr\u00e9sente 17 pour cent des revenus \u00e0 l&#39;exportation et constitue l&#39;un des cinq piliers de l&#39;\u00e9conomie de l&#39;\u00eele, selon le Bureau central des statistiques, \u00e0 Port-Louis, la capitale mauricienne.<\/p>\n<p> Durant les trois derni\u00e8res d\u00e9cennies, les revenus sucriers ont aid\u00e9 grandement au d\u00e9veloppement de nouveaux secteurs, tels que le tourisme et le textile, devenus aujourd&#39;hui des piliers importants de l&#39;\u00e9conomie mauricienne.  L&#39;industrie sucri\u00e8re a \u00e9galement favoris\u00e9 le d\u00e9veloppement rural, tant et si bien qu&#39;on ne fait plus de distinction entre les villes et les villages dans l&#39;\u00eele. Gr\u00e2ce au sucre, Maurice est devenu une \u00eele en d\u00e9veloppement avec un produit int\u00e9rieur (PIB) par t\u00eate d&#39;habitant de 4.000 dollars contre 400, il y a 20 ans, d\u00e9clare Bodha.<\/p>\n<p> Ce n&#39;est qu&#39;en 2001 que le gouvernement mauricien a lanc\u00e9 un plan strat\u00e9gique, d&#39;un co\u00fbt d&#39;environ 110 millions de dollars, pour sauver l&#39;industrie sucri\u00e8re. L&#39;objectif principal est de baisser les co\u00fbts de production en r\u00e9duisant le nombre d&#39;employ\u00e9s et en centralisant les op\u00e9rations des usines.  Le nombre d&#39;unit\u00e9s industrielles a ainsi \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit de 17 en 1997 \u00e0 11 en 2002. Une autre devrait cesser ses op\u00e9rations vers la fin de cette ann\u00e9e et deux ou trois autres en 2005. Il ne resterait alors que sept ou huit grosses unit\u00e9s dans l&#39;\u00eele vers 2008, capables de broyer plus de cannes et de produire de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 \u00e0 partir de la bagasse (un sous-produit de la canne), et du charbon.  Environ 10.000 des 20.000 travailleurs de l&#39;industrie sucri\u00e8re sont partis sous un plan de retraite volontaire durant les quatre derni\u00e8res ann\u00e9es, permettant ainsi au secteur de r\u00e9duire ses d\u00e9penses salariales de 25 pour cent, selon la &#39;Mauritius Sugar Authority&#39;, organisme gouvernemental qui supervise les projets de d\u00e9veloppement dans l&#39;industrie sucri\u00e8re.  L&#39;industrie sucri\u00e8re reste quand m\u00eame lourdement endett\u00e9e &#8211; \u00e0 hauteur de 200 millions de dollars, selon la Chambre d&#39;agriculture de Maurice.<\/p>\n<p>&quot;L&#39;industrie sucri\u00e8re mauricienne n&#39;a donc pas le choix; elle doit imp\u00e9rativement r\u00e9duire ses co\u00fbts de production le plus rapidement possible, avant la fin de l&#39;ann\u00e9e&quot;, soutient le ministre de l&#39;Agriculture.<\/p>\n<p> Lors d&#39;une mission de lobbying en Europe en octobre, en compagnie d&#39;autres ministres des pays du groupe Afrique, Cara\u00efbes, Pacifique (ACP), Bodha a expliqu\u00e9 que la baisse de 37 pour cent repr\u00e9sentait en fait une baisse de 42 pour cent.  &quot;Un fermier europ\u00e9en qui gagne 100 euros (127 dollars) actuellement va gagner 63 euros (80 dollars) avec la r\u00e9forme, plus 60 pour cent de la baisse de 37 pour cent comme compensation, soit un total de 87 euros (110,5 dollars). Il ne perd que 13 euros (16,5 dollars). Or le paysan ACP, lui, va se retrouver avec 63 euros (127 dollars) et pas de compensation, en sus des frais pour la raffinerie, le fret et l&#39;assurance \u00e0 payer&quot;, souligne le ministre de l&#39;Agriculture.<\/p>\n<p> &quot;Nous poursuivons notre mission de lobbying en Europe en novembre et d\u00e9cembre pour dire que nous ne sommes pas contre la r\u00e9forme, mais qu&#39;elle doit \u00eatre \u00e9tal\u00e9e dans le temps et que la baisse du prix soit la plus raisonnable possible, tout en r\u00e9clamant une compensation. C&#39;est \u00e7\u00e0 l&#39;avis des pays ACP&quot;, indique Bodha.<\/p>\n<p> Cette mission de lobbying, selon lui, pourrait avoir des effets positifs pour les ACP dans le sens o\u00f9 la baisse pourrait \u00eatre moins de 37 pour cent et ne prendrait effet qu&#39;en 2006 ou plus tard. Les ACP pourraient \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier d&#39;une compensation pour les pertes subies &#8211; une proposition dans ce sens ayant \u00e9t\u00e9 faite r\u00e9cemment par la France dans une communication \u00e0 la Commission europ\u00e9enne, affirme-t-il.<\/p>\n<p>  Entre-temps, Maurice pr\u00e9pare un nouveau plan d&#39;action \u00e9tal\u00e9 maintenant sur la p\u00e9riode 2005\/2015 pour donner un coup de fouet \u00e0 l&#39;ensemble des activit\u00e9s de son industrie sucri\u00e8re &#8211; production de sucres sp\u00e9ciaux, utilisation de la bagasse pour produire de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, production de l&#39;\u00e9thanol et, &quot;pourquoi pas, du plastique \u00e0 partir de la fibre de la canne \u00e0 sucre&quot;, ajoute Bodha. (FIN\/IPS\/AF\/SA\/IF\/DV\/NA\/AIT\/04)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PORT-LOUIS, 15 nov (IPS) &#8211; L&#39;Ile Maurice se pr\u00e9pare \u00e0 affronter une &quot;catastrophe \u00e9conomique&quot; qui menace son industrie sucri\u00e8re, avec la baisse annonc\u00e9e de 37 pour cent du prix du sucre dans le sillage de la r\u00e9forme du r\u00e9gime sucrier&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/11\/16\/economie-maurice-lobbying-intense-pour-sauver-lindustrie-sucriere\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":287,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,6,1],"tags":[],"class_list":["post-2327","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2327","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/287"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2327"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2327\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2327"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2327"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2327"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}