{"id":2255,"date":"2004-09-17T13:40:01","date_gmt":"2004-09-17T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/09\/17\/politique-burundi-lethnocentrisme-bloque-les-negociations-sur-le-partagedu-pouvoir-analyse\/"},"modified":"2004-09-17T13:40:01","modified_gmt":"2004-09-17T13:40:01","slug":"politique-burundi-lethnocentrisme-bloque-les-negociations-sur-le-partagedu-pouvoir-analyse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/09\/17\/politique-burundi-lethnocentrisme-bloque-les-negociations-sur-le-partagedu-pouvoir-analyse\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-BURUNDI: L&#39;ethnocentrisme bloque les n\u00e9gociations sur le partagedu pouvoir &#8211; Analyse"},"content":{"rendered":"<p>BUJUMBURA, 17 sep (IPS) &#8211; Les ministres tutsi ont refus\u00e9 de si\u00e9ger, au d\u00e9but de ce mois, au Conseil des ministres qui devait cautionner le partage du pouvoir au Burundi tel que pr\u00e9vu par le sommet des chefs d&#39;Etat de la r\u00e9gion en ao\u00fbt dernier \u00e0 Dar es Salaam, en Tanzanie.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Une nouvelle constitution, qui tient compte des derniers d\u00e9veloppements du partage du pouvoir \u00e9labor\u00e9 du 18 au 20 ao\u00fbt \u00e0 Pretoria, en Afrique du Sud, devrait \u00eatre \u00e9tudi\u00e9 et accept\u00e9 par le Conseil des ministres. Selon des analystes, c&#39;est le signe \u00e9vident que la cassure est nette entre les politiciens hutu et tutsi.<\/p>\n<p> Depuis 1996 et le d\u00e9but des n\u00e9gociations de Mwanza, Mossi, Arusha et Dar es Salaam, en Tanzanie, les diff\u00e9rents blocages survenus dans le processus de paix entre les bellig\u00e9rants rel\u00e8vent de &quot;l&#39;ethnocentrisme pur et simple&quot;.<\/p>\n<p>C&#39;est du moins l&#39;avis qu&#39;un observateur \u00e9tranger, qui a suivi toutes les \u00e9tapes de ces n\u00e9gociations, a confi\u00e9 \u00e0 IPS sous le couvert de l&#39;anonymat.<\/p>\n<p> &quot;Le point culminant est la signature de l&#39;Accord de paix et de r\u00e9conciliation en ao\u00fbt 2000 \u00e0 Arusha, devant un parterre de toute la communaut\u00e9 internationale qui reconna\u00eet le partage du pouvoir sur la base des \u00e9quilibres entre les deux ethnies, Hutu et Tutsi&quot;, a-t-il soulign\u00e9.<\/p>\n<p>Cet accord avait d\u00e9bouch\u00e9 sur la formation d&#39;un gouvernement de transition qui prend fin le 31 octobre prochain.<\/p>\n<p> Les Hutu sont majoritaires au Burundi avec 85 pour cent, les Tutsi 14 pour cent, et les Twa, une infime minorit\u00e9 de un pour cent, sur une population totale estim\u00e9e \u00e0 sept millions d&#39;habitants, selon les derniers sondages officiels. Ces diff\u00e9rentes composantes sociales burundaises vivent ensemble sur le m\u00eame territoire.  Mais la minorit\u00e9 tutsi ayant toujours dirig\u00e9 le pays depuis son ind\u00e9pendance en juillet 1962, des frustrations sont n\u00e9es chez les Hutu qui se sentent exclus du pouvoir, d&#39;o\u00f9 l&#39;\u00e9mergence des mouvements rebelles hutu.<\/p>\n<p> Les trois grandes formations politiques &#8212; l&#39;UPRONA (Union pour le progr\u00e8s national, parti tutsi) et deux autres partis politiques d&#39;ob\u00e9dience hutu, le FRODEBU (Front pour la d\u00e9mocratie au Burundi), et le CNDD (Conseil national pour la d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie, ex-mouvement rebelle hutu) &#8212; n&#39;ont pas la m\u00eame compr\u00e9hension sur le futur partage du pouvoir.  Le FRODEBU avait gagn\u00e9 les \u00e9lections en 1993, avec le premier pr\u00e9sident hutu \u00e9lu Melchior Ndadaye, dont l&#39;assassinat, quelques mois plus tard, \u00e9tait le point de d\u00e9part de la guerre civile au Burundi. Apr\u00e8s la formation du gouvernement de la convention et du partenariat en 1996, partis politiques et rebelles ont alors d\u00e9but\u00e9 les n\u00e9gociations d&#39;Arusha pour le partage du pouvoir entre la minorit\u00e9 tutsi et la majorit\u00e9 hutu.<\/p>\n<p> La grogne d&#39;une vingtaine de formations politiques, qui n&#39;avaient pas particip\u00e9 \u00e0 la rencontre des partis signataires et non-signataires de l&#39;accord d&#39;Arusha sur le partage du pouvoir de Pretoria, du 18 au 20 juillet, a pouss\u00e9 le m\u00e9diateur sud-africain Jacob Zuma \u00e0 les rencontrer \u00e0 Bujumbura, la capitale burundaise le 27 juillet 2004. M\u00eame si l&#39;UPRONA affirmait que certains points fondamentaux n&#39;ont pas encore trouv\u00e9 une issue favorable, le m\u00e9diateur, en quittant le Burundi, s&#39;est dit satisfait de l&#39;avanc\u00e9e de ces n\u00e9gociations.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;accord de Pretoria est largement accept\u00e9 par toutes les formations politiques, y compris l&#39;UPRONA. Les points de d\u00e9saccord, que soul\u00e8ve l&#39;UPRONA, seront, encore une fois, rediscut\u00e9s&quot;, avait d\u00e9clar\u00e9 Zuma qui est vice-pr\u00e9sident du gouvernement sud-africain.<\/p>\n<p> Pourtant, dix partis \u00e0 dominance tutsi, \u00e0 la t\u00eate desquels se trouve le parti UPRONA, ont refus\u00e9 de signer l&#39;accord que les 20 autres formations et mouvements hutu avaient paraph\u00e9.<\/p>\n<p> Trois principaux points sont au c\u0153ur du blocage entre ces formations politiques. D&#39;abord tous les partis politiques s&#39;accordent sur le principe du partage du pouvoir comme le stipule l&#39;accord d&#39;Arusha. Celui-ci accorde 60 pour cent des postes aux Hutu et 40 pour cent aux Tutsi.<\/p>\n<p> Mais, selon les partis non-signataires, 30 pour cent des Tutsi devraient provenir des partis tutsi et les 10 pour cent restants, venir des partis hutu, car les Tutsi regroup\u00e9s au sein des partis \u00e0 dominance hutu n&#39;inspirent pas confiance aux autres Tutsi. Ils indiquent que les id\u00e9es restent les m\u00eames et ils ont &quot;peur de la dictature du nombre&quot;.  &quot;Ils sont convenus de partager le pouvoir sur base ethnique, qu&#39;ils aillent jusqu&#39;au bout&quot;, a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS, le politologue Julien Nimubona.<\/p>\n<p> Le deuxi\u00e8me point de d\u00e9saccord vient de la question du vice-pr\u00e9sident. Les partis non-signataires demandent la cogestion du pouvoir entre le pr\u00e9sident et son vice-pr\u00e9sident qui serait de l&#39;autre appartenance ethnique tandis que les partis et mouvements signataires demandent le respect de l&#39;accord de paix d&#39;Arusha qui propose un pr\u00e9sident \u00e9lu et deux vice-pr\u00e9sidents provenant d&#39;ethnie et de parti politique diff\u00e9rents.  L&#39;alternance au pouvoir entre un pr\u00e9sident hutu et un pr\u00e9sident tutsi constitue \u00e9galement l&#39;autre point de divergence. Quand les partis d&#39;ob\u00e9dience hutu mettent en avant les \u00e9lections, leurs adversaires politiques tutsi trouvent que le contexte politique dans lequel se trouve le Burundi demande un syst\u00e8me qui rassure toutes les ethnies.  Selon des analystes, l&#39;exigence d&#39;une telle assurance, pour les Tutsis, est probablement li\u00e9e au g\u00e9nocide de 1994 au Rwanda, au dernier massacre des r\u00e9fugi\u00e9s tutsi congolais &#8211; les Banyamulenge &#8211; dans le camp de Gatumba, non loin de Bujumbura, le 13 ao\u00fbt 2004.  Collette Braeckman, journaliste belge et sp\u00e9cialiste de la r\u00e9gion des Grands Lacs, indique que &quot;le massacre de Gatumba peut durcir les positions des Tutsi et avoir un impact n\u00e9gatif sur le fragile processus de paix inter-burundais&quot;.<\/p>\n<p> Au nom de l&#39;Association pour la participation politique de la femme, Pascasie Ndeberi, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS : &quot;Les chicaneries des politiciens burundais ne m&#39;int\u00e9ressent pas, les accords de Pretoria, qui accordent aux femmes 30 pour cent de postes, ont \u00e9t\u00e9 n\u00e9goci\u00e9s par des hommes, mais nous voulons 50 pour cent, car nous sommes plus de 50 pour cent de la population burundaise&quot;.<\/p>\n<p> Sur toutes ces positions radicales des uns et des autres, le m\u00e9diateur Zuma avait annonc\u00e9 un d\u00e9nouement pour le dernier sommet de Dar es Salaam du 18 ao\u00fbt.<\/p>\n<p> Le sommet a ent\u00e9rin\u00e9 les propositions faites par la m\u00e9diation \u00e0 Pretoria, mais les partis politiques d&#39;ob\u00e9dience tutsi estiment que la r\u00e9union a privil\u00e9gi\u00e9 la composante ethnique hutu.<\/p>\n<p> Certains analystes affirment que le parti UPRONA peut jouer sur la carte de l&#39;ancienne arm\u00e9e nationale, majoritairement tutsi, pour tenter de bloquer le processus de paix au Burundi.<\/p>\n<p> Le porte-parole de la Mission des Nations Unies au Burundi, Isabelle Abric, estime, pour sa part, qu&#39;il faut accorder deux \u00e0 trois semaines aux politiciens pour leur permettre de trouver un consensus aux questions qui les divisent.<\/p>\n<p> Les chefs d&#39;Etat ont d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;il \u00e9tait possible que cette deuxi\u00e8me tranche de la transition se termine comme pr\u00e9vu par des \u00e9lections. Cette deuxi\u00e8me phase devrait prendre fin en octobre prochain.<\/p>\n<p> &quot;Les \u00e9lections peuvent-elles avoir lieu dans les d\u00e9lais?&quot;, s&#39;interroge un diplomate occidental \u00e0 Bujumbura, sous le couvert de l&#39;anonymat. Une question que se posent \u00e9galement de nombreux Burundais.  &quot;Nous allons assister \u00e0 un vide juridique si les \u00e9lections ne se tiennent pas avant le 31 de ce mois et on peut craindre le pire&quot;, a affirm\u00e9 \u00e0 IPS, Emmanuel Ntakarutimana, journaliste \u00e0 la radio ind\u00e9pendante, &#39;Renaissance&#39;, \u00e0 Bujumbura.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 la cassure politico-ethnique au sein du gouvernement, qui vient de se manifester par le refus des 10 ministres tutsi et du vice-pr\u00e9sident de si\u00e9ger au Conseil des ministres pour adopter une constitution post-transition, l&#39;Assembl\u00e9e nationale a adopt\u00e9 la nomination des membres de la Commission \u00e9lectorale ind\u00e9pendante. Les observateurs attendent de voir la suite des \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BUJUMBURA, 17 sep (IPS) &#8211; Les ministres tutsi ont refus\u00e9 de si\u00e9ger, au d\u00e9but de ce mois, au Conseil des ministres qui devait cautionner le partage du pouvoir au Burundi tel que pr\u00e9vu par le sommet des chefs d&#39;Etat de&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/09\/17\/politique-burundi-lethnocentrisme-bloque-les-negociations-sur-le-partagedu-pouvoir-analyse\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":276,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2255","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2255","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/276"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2255"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2255\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2255"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2255"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2255"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}