{"id":2200,"date":"2004-07-28T13:40:01","date_gmt":"2004-07-28T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/28\/developpement-malawi-lurbanisation-rapide-parait-irreversible\/"},"modified":"2004-07-28T13:40:01","modified_gmt":"2004-07-28T13:40:01","slug":"developpement-malawi-lurbanisation-rapide-parait-irreversible","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/28\/developpement-malawi-lurbanisation-rapide-parait-irreversible\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-MALAWI: L&#39;urbanisation rapide para\u00eet irr\u00e9versible"},"content":{"rendered":"<p>BLANTYRE, 28 juil (IPS) &#8211; Chaque matin, les r\u00e9sidents du centre commercial tentaculaire du Malawi, Blantyre, se l\u00e8vent aux bruits assourdissants comme des centaines de milliers de gens affluent dans la ville pour essayer de gagner leur vie.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Pendant les heures de pointe, les routes des bidonvilles vers les art\u00e8res principales de la ville deviennent bouch\u00e9es par un trafic compos\u00e9 de minibus, camions, bicyclettes et d&#39;une mar\u00e9e de pi\u00e9tons.  Les accidents de la route sont fr\u00e9quents et varient entre cinq et dix par jour dans la ville, selon la police.  Dans les ann\u00e9es 1980, les heures de pointe \u00e0 Blantyre conduisaient rarement aux bouchons sauf si, naturellement, le convoi du feu dictateur Hastings Kamuzu Banda passait et que les voies devaient \u00eatre boucl\u00e9es sur ordre.  Maintenant, les paysages de Blantyre changent. La derni\u00e8re \u00e9tude du Centre des Nations Unies pour l&#39;installation humaine (UNCHS) sur l&#39;urbanisation montre que la ville de Blantyre et les autres centres commerciaux dans les r\u00e9gions du nord et du centre du Malawi deviennent plus bruyants \u00e0 cause de l&#39;urbanisation rapide.  L&#39;\u00e9tude qui a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e le mois dernier indique que le Malawi, une petite nation enclav\u00e9e d&#39;Afrique australe et pauvre, d&#39;environ 13 millions d&#39;habitants, a \u00e9merg\u00e9 comme le pays connaissant l&#39;urbanisation la plus rapide du monde avec une croissance de la population urbaine de 6,3 pour cent par rapport \u00e0 0,5 pour cent dans les zones rurales.<\/p>\n<p> Selon l&#39;\u00e9tude, trois millions de gens vivent maintenant en zones urbaines, contre 260.000 en 1966, ce qui repr\u00e9sente une croissance de 25 pour cent.<\/p>\n<p> L&#39;\u00e9tude qui s&#39;attend \u00e0 ce que le Malawi fasse des records en urbanisation dans les 15 prochaines ann\u00e9es, rejoint une \u00e9tude pr\u00e9c\u00e9dente faite par le d\u00e9partement du D\u00e9veloppement international du Royaume-Uni (DFID) selon laquelle 44 pour cent ou plus de 5 millions de gens vivront dans les villes en 2015.  Elle indique que trois-quarts de la population du Malawi vit dans les principaux centres urbains de Blantyre, Lilongwe, Mzuzu et Zomba.<\/p>\n<p> Les r\u00e9sultats des deux \u00e9tudes ont incit\u00e9 les autorit\u00e9s du Malawi et la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 convoquer une r\u00e9union dans la capitale administrative Lilongwe pour d\u00e9battre de la mani\u00e8re de faire face aux d\u00e9fis de l&#39;urbanisation dans les 15 prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Les participants, r\u00e9unis sous le th\u00e8me &quot;Le Malawi est le champion du monde en croissance de la population urbaine&quot;, ont admis que l&#39;urbanisation \u00e9tait le facteur principal contribuant \u00e0 la p\u00e9nurie de terres et logements, au surpeuplement, aux installations de squatters, au crime, \u00e0 l&#39;infection du VIH\/SIDA et au ch\u00f4mage.<\/p>\n<p> L&#39;\u00e9conomie du Malawi d\u00e9pend de l&#39;agriculture et la p\u00e9nurie de terres a contribu\u00e9, dans les derni\u00e8res ann\u00e9es, \u00e0 la p\u00e9nurie de la nourriture p\u00e9renne, qui refuse de s&#39;att\u00e9nuer. En 2002, l&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture (FAO) et d&#39;autres agences d&#39;assistance ont estim\u00e9 que plus de trois millions de Malawites avaient besoin une alimentation d&#39;urgence. Cette ann\u00e9e, les agences ont pr\u00e9vu que plus d&#39;un million de gens conna\u00eetraient la famine si l&#39;aide alimentaire n&#39;\u00e9tait pas fournie.<\/p>\n<p> Des \u00e9conomistes craignent que le besoin d&#39;importer le ma\u00efs de base cette ann\u00e9e ne provoque la d\u00e9pr\u00e9ciation du kwacha &#8211; la monnaie locale &#8211; parce que la couverture en devise \u00e9trang\u00e8re du pays est en baisse. Les bailleurs suspendent l&#39;aide pr\u00e9textant de l&#39;indiscipline fiscale de Lilongwe.<\/p>\n<p> A part l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 alimentaire, l&#39;infection du VIH\/SIDA a \u00e9merg\u00e9 comme la crise la plus \u00e9pouvantable \u00e0 toucher les zones urbaines. Le taux de pr\u00e9valence de l&#39;infection du VIH plane \u00e0 14,7 pour cent, selon le dernier rapport du Programme conjoint des Nations Unies sur le VIH\/SIDA (ONUSIDA).  Sur le million de gens infect\u00e9s, la Commission nationale du SIDA (NAC) au Malawi estime que 25 pour cent, soit 250.000, sont dans les zones urbaines par rapport \u00e0 13 pour cent dans les zones rurales.<\/p>\n<p> La commission estime que le SIDA a cr\u00e9\u00e9 environ 600.000 orphelins. Par cons\u00e9quent, les orphelinats sont d\u00e9bord\u00e9s actuellement.<\/p>\n<p> &quot;La plupart des orphelins finissent dans les rues comme des mendiants et grandissent comme des voyous&quot;, dit Bertha Bonongwe du Groupe d&#39;assistance Chisomo, un orphelinat du village Ndala dans les banlieues de Blantyre.<\/p>\n<p> Les responsables de la ville disent que l&#39;urbanisation m\u00e8ne \u00e9galement aux \u00e9tablissements de squatters qui causent le surpeuplement et des probl\u00e8mes d&#39;hygi\u00e8ne. Selon UNCHS, 71 pour cent des r\u00e9sidents de Blantyre vivent dans des lieux sordides et non planifi\u00e9s.<\/p>\n<p> Les responsables de la ville accusent les entreprises de services de fournir des installations dans des zones qui ne sont pas enti\u00e8rement d\u00e9velopp\u00e9es.<\/p>\n<p> &quot;Des installations comme l&#39;eau et l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 dans des endroits sous-d\u00e9velopp\u00e9s poussent les gens \u00e0 aller s&#39;installer dans de pareilles zones&quot;, d\u00e9clare Sophie Kalimba, la directrice ex\u00e9cutive du Conseil municipal de Blantyre.<\/p>\n<p> Masauko Ngwaluko, porte-parole du d\u00e9partement de l&#39;Eau de Lilongwe, dit que le vandalisme des tuyaux d&#39;eau en plastique a \u00e9t\u00e9 en constante augmentation ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Les tuyaux sont utilis\u00e9s pour fabriquer des th\u00e9i\u00e8res et d&#39;autres appareils m\u00e9nagers dont la demande est en hausse dans la ville.<\/p>\n<p> &quot;Nous perdons chaque mois environ 650.000 K (6.000 dollars) pour r\u00e9parer les infrastructures saccag\u00e9es&quot;, indique-t-il, ajoutant que de telles ruptures emp\u00eachent de fournir des services sans interruption aux r\u00e9sidents par le d\u00e9partement.  Le seul service d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 du pays, la Soci\u00e9t\u00e9 de fourniture d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 du Malawi (Escom), sent \u00e9galement le pin\u00e7on de l&#39;urbanisation. Ses infrastructures, telles que les transformateurs, sont vis\u00e9es par des r\u00e9sidents qui extraient le carburant pour usage inconnu, dit-il.<\/p>\n<p> Les critiques disent que le Malawi est devenu plus pauvre au cours des dix derni\u00e8res ann\u00e9es de r\u00e9introduction de la d\u00e9mocratie multipartite. Avant 1994, le Malawi avait \u00e9t\u00e9 un Etat \u00e0 parti unique pendant plus de 30 ans sous Banda. Plus de 65 pour cent de la population vivent aujourd&#39;hui sous le seuil de pauvret\u00e9 d&#39;un dollar par jour, selon la Banque Mondiale.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude de Khwima Nthara, un \u00e9conomiste de la firme &#39;Deloitte and Touche&#39;, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 en avril que le revenu national brut &#8211; qui est gagn\u00e9 par des individus dans un pays &#8211; est tomb\u00e9 de 220 dollars en 1997 \u00e0 160 dollars aujourd&#39;hui.  Des \u00e9conomistes et des agences de l&#39;ONU croient que la pauvret\u00e9 est la force principale derri\u00e8re l&#39;exode rural au Malawi. &quot;Le flux des gens des zones rurales est directement li\u00e9 aux conditions sans cesse p\u00e9nibles auxquelles beaucoup de familles font face dans les zones recul\u00e9es du Malawi&quot;, indique le rapport de l&#39;\u00e9tude de l&#39;UNCHS.<\/p>\n<p> Pour r\u00e9pondre aux probl\u00e8mes pos\u00e9s au pauvre urbain, le projet de d\u00e9veloppement des centres secondaires (SCDP) &#8211; un projet cr\u00e9\u00e9 par les Allemands &#8211; offre des services d&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable, aux drainages, aux routes et au traitement de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re dans des zones d&#39;habitations non planifi\u00e9es.  Charles Mkula, le responsable de la communication du projet, dit que le SCDP a trait\u00e9 8.900 titres fonciers pour des m\u00e9nages les plus pauvres en zones urbaines.<\/p>\n<p> &quot;A cause de l&#39;urbanisation, la pauvret\u00e9 augmente dans les m\u00e9nages urbains avec les migrants sans domicile vivant dans des taudis qui ne conviennent pas \u00e0 l&#39;habitation humaine&quot;, indique Mkula \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Que vous l&#39;aimiez ou le d\u00e9testiez, l&#39;urbanisation rapide semble irr\u00e9versible au Malawi.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;\u00e9vidence montre que l&#39;urbanisation ne peut pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9e par la loi, ou la politique ou les projets de d\u00e9veloppement visant le pauvre. La meilleure chose \u00e0 faire serait de laisser l&#39;investissement public suivre les gens&quot;, argumente Mtafu Zeleza Manda de l&#39;Institut de planification de g\u00e9ographie du Malawi (MIPP) qui comprend les ing\u00e9nieurs, architectes et les planificateurs du pays.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BLANTYRE, 28 juil (IPS) &#8211; Chaque matin, les r\u00e9sidents du centre commercial tentaculaire du Malawi, Blantyre, se l\u00e8vent aux bruits assourdissants comme des centaines de milliers de gens affluent dans la ville pour essayer de gagner leur vie.<\/p>\n","protected":false},"author":248,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1,3],"tags":[],"class_list":["post-2200","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2200","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/248"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2200"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2200\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2200"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2200"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2200"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}