{"id":2184,"date":"2004-07-16T13:40:01","date_gmt":"2004-07-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/16\/sante-maurice-une-armee-de-soldats-volontaires-pour-combattre-levih-sida-et-la-drogue\/"},"modified":"2004-07-16T13:40:01","modified_gmt":"2004-07-16T13:40:01","slug":"sante-maurice-une-armee-de-soldats-volontaires-pour-combattre-levih-sida-et-la-drogue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/16\/sante-maurice-une-armee-de-soldats-volontaires-pour-combattre-levih-sida-et-la-drogue\/","title":{"rendered":"SANTE-MAURICE: Une arm\u00e9e de &#39;soldats-volontaires&#39; pour combattre leVIH\/SIDA et la drogue"},"content":{"rendered":"<p>PORT-LOUIS, 16 juil (IPS) &#8211; Les causeries traditionnelles et les informations pass\u00e9es \u00e0 travers les m\u00e9dias ayant \u00e9chou\u00e9, les autorit\u00e9s mauriciennes charg\u00e9es de la lutte contre la drogue et le VIH\/SIDA, ont cr\u00e9\u00e9 une arm\u00e9e d&#39;un millier de &#39;soldats-volontaires&#39; pour s&#39;attaquer \u00e0 ces deux fl\u00e9aux et \u00e0 leurs causes dans les r\u00e9gions \u00e0 hauts risques de Maurice.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Bient\u00f4t, toute l&#39;\u00eele sera couverte par ces &#39;soldats-volontaires&#39;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, la &#39;National Prevention Unit&#39;, une unit\u00e9 de l&#39;Agence nationale de traitement et de r\u00e9habilitation des drogu\u00e9s (NATRESA) bas\u00e9e \u00e0 Port-Louis, la capitale mauricienne.<\/p>\n<p> Cassis, Cit\u00e9 Vallijee, Batterie Cass\u00e9e, Plaine Verte et Richelieu sont des faubourgs de Port-Louis, o\u00f9 le nombre de s\u00e9ropositifs et de drogu\u00e9s est inqui\u00e9tant &#8211; environ 52 pour cent de tous les cas de VIH\/SIDA dans l&#39;\u00eele, selon la NATRESA. &quot;C&#39;est une zone \u00e0 hauts risques, o\u00f9 le mode de transmission est li\u00e9 \u00e0 la drogue. Continuer \u00e0 animer des causeries repr\u00e9sente aujourd&#39;hui un coup d&#39;\u00e9p\u00e9e dans l&#39;eau&quot;, reconna\u00eet, aupr\u00e8s de IPS, Cadress Rungen, un animateur de la &#39;National Prevention Unit&#39; \u00e0 la NATRESA.  Dans ces r\u00e9gions, beaucoup de jeunes commencent par le tabac et l&#39;alcool tr\u00e8s t\u00f4t dans la vie avant de se retrouver avec de la drogue dure. &quot;Nous sommes doublement inquiets depuis que nous avons constat\u00e9 un changement dans le mode de transmission du VIH\/SIDA&quot;, ajoute-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> Les chiffres officiels publi\u00e9s en mars dernier sont alarmants : en 2001, 64 pour cent des malades du SIDA \u00e9taient infect\u00e9s par voie sexuelle et 27 pour cent par des seringues; en 2002, 35 pour cent par voie sexuelle et 51 pour cent par des seringues; et en 2003, 19 pour cent seulement par voie sexuelle et 77 pour cent par des seringues, selon le minist\u00e8re de la Sant\u00e9.  Des 20 \u00e0 30 cas de malades du SIDA par an dans les ann\u00e9es 90, le nombre a atteint 225 en 2003, portant les chiffres totaux, de 1987 \u00e0 la fin 2003, \u00e0 698 cas, dont 99 \u00e9taient des \u00e9trangers, selon le minist\u00e8re. &quot;La r\u00e9alit\u00e9 serait tout autre&quot;, a averti le ministre de la Sant\u00e9, Ashok Jugnauth, lors de la pr\u00e9sentation d&#39;un plan d&#39;action en mars.  &quot;Le probl\u00e8me est devenu plus compliqu\u00e9&quot;, selon Rungen, avec la hausse des cas de VIH\/SIDA chez les drogu\u00e9s, alors que &quot;plus de 40 pour cent des prostitu\u00e9es sont d\u00e9pendantes de la drogue et beaucoup d&#39;entre elles sont s\u00e9ropositives&quot;, indique-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p> &quot;Les &#39;soldats-volontaires&#39;, dont environ deux-tiers sont des femmes, ont \u00e9t\u00e9 form\u00e9s pour emp\u00eacher que ces r\u00e9gions ne soient envahies par la drogue et le SIDA, qui fauchent bien de jeunes vies. Leur r\u00f4le est aussi de briser les tabous et l&#39;indiff\u00e9rence en faisant comprendre aux gens que le VIH\/SIDA est une maladie comme une autre&quot;, souligne Rungen.  Les &#39;soldats-volontaires&#39; ont un contact direct avec les communaut\u00e9s cibl\u00e9es &#8211; s\u00e9ropositifs et drogu\u00e9s. Ils leur parlent de la vie, de la drogue, du VIH\/SIDA, des moyens de transmission et de protection, des centres de r\u00e9habilitation pour les drogu\u00e9s et des th\u00e9rapies m\u00e9dicales pour les s\u00e9ropositifs, explique \u00e0 IPS, Rungen de la NATRESA.  En outre, les volontaires font du porte-\u00e0-porte, visitent les familles, distribuent des pamphlets et r\u00e9pondent aux questions de la population locale. Les drogu\u00e9s sont visit\u00e9s sur leurs &quot;bases&quot;, ces lieux cach\u00e9s o\u00f9 ils se r\u00e9unissent. Par la suite, ces &quot;bases&quot; sont converties en des espaces verts, pour que d&#39;autres drogu\u00e9s ne s&#39;y installent plus, ajoute Rungen.<\/p>\n<p> &quot;Nos &#39;soldats&#39; mettent l&#39;accent \u00e9galement sur les racines de ces probl\u00e8mes, la pauvret\u00e9 et la qualit\u00e9 de l&#39;environnement dans ces r\u00e9gions, l&#39;\u00e9ducation, les loisirs, entre autres&quot;, explique \u00e0 IPS, Rungen. Les &#39;soldats&#39; font \u00e9galement preuve d&#39;une vigilance accrue dans leurs r\u00e9gions, surveillent et pr\u00e9viennent les jeunes contre les risques li\u00e9s \u00e0 la drogue et au VIH\/SIDA, affirme-t-il \u00e0 IPS.  Jusqu&#39;ici, les &#39;volontaires&#39; ont r\u00e9ussi \u00e0 faire comprendre \u00e0 la population locale les avantages li\u00e9s au d\u00e9pistage rapide du VIH\/SIDA. &quot;C&#39;est mieux ainsi pour les personnes infect\u00e9es car il existe des traitements qui peuvent les aider \u00e0 mener une vie normale durant des ann\u00e9es&quot;, fait remarquer Rungen.<\/p>\n<p> Les &#39;soldats-volontaires&#39; viennent des milieux diff\u00e9rents : certains sont des anciens drogu\u00e9s, d&#39;autres ont un mari ou des proches qui se droguent et craignent qu&#39;ils ne soient infect\u00e9s un jour par le virus du SIDA, mais \u00e9galement des \u00e9tudiants qui veulent aider les autres \u00e0 sortir de leurs souffrances.  Priscilla Victor est une \u00e9tudiante volontaire. Malgr\u00e9 ses \u00e9tudes, elle trouve du temps pour se consacrer \u00e0 cette activit\u00e9. &quot;Je ne veux plus voir les larmes et des d\u00e9chirures au sein des familles qui sont atteintes par la drogue et le SIDA. C&#39;est un devoir pour moi de lutter contre ces fl\u00e9aux par amour pour mon quartier&quot;, d\u00e9clare-t-elle \u00e0 IPS.  Jean D. est un ancien drogu\u00e9 et p\u00e8re de deux enfants. &quot;C&#39;est par amour pour mon fils que j&#39;ai voulu sortir de cet enfer. Je n&#39;oublierai jamais le jour o\u00f9 mon fils de 11 ans est venu me dire que si je ne cessais pas de prendre de la drogue, il allait quitter l&#39;\u00e9cole&quot;, raconte-t-il \u00e0 IPS.<\/p>\n<p>Aujourd&#39;hui, c&#39;est Jean qui conduit les &#39;soldats volontaires&#39; sur les lieux o\u00f9 des personnes de leur localit\u00e9 s&#39;injectent de la drogue.<\/p>\n<p> Selon les &#39;soldats-volontaires&#39;, beaucoup de cas de drogue ont leurs racines dans des probl\u00e8mes familiaux &#8211; ruptures des cellules familiales, la prison et l&#39;alcool continuent de briser les familles. L&#39;une des volontaires, Th\u00e9r\u00e8se G., affirme \u00e0 IPS que la drogue stigmatise \u00e0 Maurice, &quot;et plus que jamais, notre soci\u00e9t\u00e9 accepte de laisser des individus se retrancher sur eux-m\u00eames et se cacher pour mourir dans la souffrance&quot;.<\/p>\n<p> Gilberte S., dont le mari est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 de la consommation de drogue, p\u00e9n\u00e8tre dans tous les milieux de l&#39;\u00eele, quelles que soient les origines, les religions et les localit\u00e9s. &quot;Rester passif, c&#39;est \u00eatre coupable de non assistance \u00e0 personne en danger&quot;, dit-elle \u00e0 IPS. C&#39;est ce qui explique, selon elle, son engagement pour combattre la drogue, et par extension, la prolif\u00e9ration du VIH\/SIDA.<\/p>\n<p> Etant donn\u00e9 le succ\u00e8s obtenu par l&#39;arm\u00e9e des &#39;soldats-volontaires&#39;, les promoteurs comptent en faire un projet permanent. D\u00e9j\u00e0 un service d&#39;\u00e9coute a \u00e9t\u00e9 mis en place dans ces r\u00e9gions pour r\u00e9pondre aux appels de d\u00e9tresse lanc\u00e9s par des malades drogu\u00e9s ou souffrant du SIDA. De plus, les &#39;soldats&#39; continuent leur formation et se pr\u00e9parent \u00e0 int\u00e9grer des projets d&#39;accompagnement de s\u00e9ropositifs, qui seront lanc\u00e9s bient\u00f4t dans le pays.  Selon Anun Kumar Ghallu, directeur de la NATRESA, l&#39;ONUDC (United Nations Organisation on Drug and Crime) a avanc\u00e9 3.000 euros (environ 3.703 dollars) \u00e0 cette organisation pour subvenir aux d\u00e9penses li\u00e9es aux activit\u00e9s des soldats-volontaires de la r\u00e9gion de Cassis.<\/p>\n<p> &quot;Dans les autres r\u00e9gions, la NATRESA d\u00e9pense 15.000 roupies (environ 550 dollars) en trois mois par r\u00e9gion (il y en a 26 en tout) pour financer le transport et d&#39;autres petites choses&quot;, pr\u00e9cise Ghallu \u00e0 IPS, soulignant que les soldats-volontaires ne per\u00e7oivent rien comme r\u00e9mun\u00e9ration. Cet argent, ajoute-t-il, provient de la dotation budg\u00e9taire que l&#39;Etat mauricien met \u00e0 la disposition de la NATRESA dans son combat contre la drogue.<\/p>\n<p> Ces soldats-volontaires sont form\u00e9s selon un programme int\u00e9gr\u00e9 o\u00f9 ils re\u00e7oivent un enseignement sur l&#39;art de la communication. &quot;Ceci leur permet de parler et d&#39;animer des sessions sur le tabac, l&#39;alcool, le VIH\/SIDA et la drogue. Ce programme leur enseigne \u00e9galement la capacit\u00e9 d&#39;\u00e9coute. Sans celle-ci, on ne peut pas traiter et r\u00e9habiliter les malades&quot;, indique Ghallu.<\/p>\n<p> Depuis le d\u00e9but de cette ann\u00e9e \u00e0 fin-mai, le nombre de nouveaux cas de VIH\/SIDA est de 130, selon Ghallu. &quot;C&#39;est inqui\u00e9tant. Il y a toute une \u00e9ducation \u00e0 faire&quot;, commente-t-il.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>PORT-LOUIS, 16 juil (IPS) &#8211; Les causeries traditionnelles et les informations pass\u00e9es \u00e0 travers les m\u00e9dias ayant \u00e9chou\u00e9, les autorit\u00e9s mauriciennes charg\u00e9es de la lutte contre la drogue et le VIH\/SIDA, ont cr\u00e9\u00e9 une arm\u00e9e d&#39;un millier de &#39;soldats-volontaires&#39; pour&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/16\/sante-maurice-une-armee-de-soldats-volontaires-pour-combattre-levih-sida-et-la-drogue\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":287,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4],"tags":[],"class_list":["post-2184","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2184","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/287"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2184"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2184\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2184"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2184"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2184"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}