{"id":2178,"date":"2004-07-14T13:40:01","date_gmt":"2004-07-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/14\/sante-benin-la-progression-du-vih-sida-est-stable-selon-certainsalarmante-pour-dautres\/"},"modified":"2004-07-14T13:40:01","modified_gmt":"2004-07-14T13:40:01","slug":"sante-benin-la-progression-du-vih-sida-est-stable-selon-certainsalarmante-pour-dautres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/14\/sante-benin-la-progression-du-vih-sida-est-stable-selon-certainsalarmante-pour-dautres\/","title":{"rendered":"SANTE-BENIN: La progression du VIH\/SIDA est stable selon certains,alarmante pour d&#39;autres"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 14 juil (IPS) &#8211; Le taux de s\u00e9ropr\u00e9valence \u00e0 VIH\/SIDA au B\u00e9nin est de 1,9 pour cent en 2002 selon Dr Valentine Kiki-M\u00e8d\u00e9gan, coordonnatrice adjointe du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), alors que pour Denise Mignanwand\u00e9, une sociologue, &quot;ce taux ne refl\u00e8te pas les r\u00e9alit\u00e9s du B\u00e9nin&quot;.  <\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>Selon Kiki-M\u00e8d\u00e9gan, ce taux est le r\u00e9sultat d&#39;une enqu\u00eate nationale men\u00e9e par le PNLS dans les 12 d\u00e9partements du B\u00e9nin en 2002. Cette enqu\u00eate a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des disparit\u00e9s entre les diff\u00e9rents d\u00e9partements avec des taux de s\u00e9ropr\u00e9valence variant entre 0,8 et trois pour cent. C&#39;est donc la moyenne nationale de ces taux qui fait 1,9 pour cent, selon le PNLS. Kiki-M\u00e8d\u00e9gan a indiqu\u00e9 \u00e0 IPS que le traitement des donn\u00e9es recueillies au cours de cette enqu\u00eate, par des logiciels informatiques appropri\u00e9s, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que c&#39;est depuis 1999 que le B\u00e9nin est \u00e0 ce taux de 1,9 pour cent qui n&#39;est pas le plus bas de la sous r\u00e9gion ouest-africaine, mais qui n&#39;est pas le plus \u00e9lev\u00e9 non plus.  Par exemple, le S\u00e9n\u00e9gal est \u00e0 1 pour cent, le Niger, \u00e0 1,7 pour cent, le Mali, \u00e0 1,9 pour cent, le Ghana, \u00e0 3,6 pour cent, le Nigeria, \u00e0 5,1 pour cent, le Togo, \u00e0 6 pour cent, et la C\u00f4te d&#39;Ivoire, \u00e0 10,8 pour cent.  &quot;Cela ne veut pas dire que le B\u00e9nin est \u00e0 l&#39;abri d&#39;une croissance rapide de la situation&quot;, relativise KiKi-M\u00e8d\u00e9gan. &quot;Il y a des poches du virus au sein de certaines couches de la population et ces poches constituent toujours des menaces pour la couche encore \u00e9pargn\u00e9e&quot;, ajoute-t-elle \u00e0 IPS.  Une enqu\u00eate avait r\u00e9v\u00e9l\u00e9, en 1999, que le taux de pr\u00e9valence du VIH\/SIDA au sein des prostitu\u00e9es au B\u00e9nin \u00e9tait de 55 pour cent, alors que chez les routiers, il \u00e9tait de 4,1 pour cent en 2001, selon le PNLS.  Sans pour autant &quot;avoir la pr\u00e9tention d&#39;apporter la contradiction au Dr Kiki-M\u00e8d\u00e9gan&quot;, Mignanwand\u00e9, sociologue et responsable du volet SIDA au sein de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) b\u00e9ninoise, Racines, qui prend en charge les personnes vivant avec le VIH, estime que ces chiffres ne traduisent pas la r\u00e9alit\u00e9 de la maladie au B\u00e9nin.  Sur 515 tests de d\u00e9pistage anonyme, gratuit et volontaire du VIH\/SIDA, effectu\u00e9s par son ONG entre janvier et juin 2004, 103 se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s positifs, soit 20 pour cent de l&#39;ensemble des tests. Mieux, souligne-t-elle \u00e0 IPS, depuis trois mois, son ONG re\u00e7oit chaque jour au moins un nouveau cas de s\u00e9ropositivit\u00e9.  Du d\u00e9but de ses activit\u00e9s, en novembre 2002, \u00e0 ce jour, l&#39;ONG Racines assure la prise en charge m\u00e9dicale et psychosociale de 277 personnes atteintes du VIH\/SIDA. Une vingtaine de malades fr\u00e9quente chaque jour le si\u00e8ge de l&#39;ONG pour prendre des m\u00e9dicaments, ou pour rencontrer un m\u00e9decin ou encore pour solliciter une assistance sociale.  &quot;Cela veut dire que la maladie progresse jour apr\u00e8s jour, tout au moins \u00e0 Cotonou (la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise). Ce sont l\u00e0 les r\u00e9alit\u00e9s que je vis et je crois que si rien n&#39;est fait en mati\u00e8re de pr\u00e9vention cibl\u00e9e pour stopper cette progression alarmante, le B\u00e9nin risque de doubler son taux de s\u00e9ropositivit\u00e9 d&#39;ici \u00e0 dix ans&quot;, pr\u00e9vient Mignanwand\u00e9.  Les B\u00e9ninois ne sont pas encore suffisamment conscients du danger que repr\u00e9sente le SIDA pour inverser la tendance actuelle, affirme Mignanwand\u00e9 \u00e0 IPS. Ce qu&#39;il faut, ce sont des messages cibl\u00e9s, des messages con\u00e7us pour s&#39;adresser \u00e0 une communaut\u00e9 particuli\u00e8re et non des messages adress\u00e9s \u00e0 la masse comme c&#39;est le cas en ce moment.<\/p>\n<p> &quot;Moi, je ne savais rien du SIDA avant de tomber malade en novembre 2003.<\/p>\n<p>C&#39;est seulement apr\u00e8s \u00eatre tomb\u00e9 plusieurs fois malade que j&#39;ai su qu&#39;il y avait une maladie qu&#39;on appelle SIDA&quot;, estime Hot\u00e8gnon Houssou, conducteur de taxi-moto \u00e0 Cotonou.  Un autre patient, Tound\u00e9 Soumanou, un commer\u00e7ant, reconna\u00eet que m\u00eame s&#39;il avait plusieurs fois entendu parler du SIDA, il n&#39;avait jamais cru \u00e0 son existence avant de d\u00e9couvrir, au d\u00e9but de cette ann\u00e9e 2004, qu&#39;il \u00e9tait porteur du VIH. &quot;Je m&#39;amusais avec les filles sans jamais utiliser de capote&quot;, confie-t-il \u00e0 IPS.  Consciente donc de l&#39;ignorance de la population b\u00e9ninoise sur le SIDA, l&#39;ONG Racines a ajout\u00e9, \u00e0 son volet prise en charge, un volet sensibilisation dont se charge Pierre Claver Ahouansou. Sa cible privil\u00e9gi\u00e9e, dit-il \u00e0 IPS, ce sont conducteurs de taxi-moto et les femmes vendeuses des march\u00e9s. Ils sont tr\u00e8s nombreux, tr\u00e8s actifs sexuellement et ce sont eux qui disposent de moins d&#39;informations sur la maladie.  Deux fois par semaine, Ahouansou organise \u00e0 leur intention des s\u00e9ances de sensibilisation sur le VIH\/SIDA. Il les incite au port du pr\u00e9servatif, \u00e0 l&#39;abstinence ou \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9. Il tente en outre de les convaincre d&#39;aller faire leur test anonyme et gratuit de d\u00e9pistage du SIDA au si\u00e8ge de Racines.  En r\u00e9compense, l&#39;ONG offre des capotes, des blouses de travail et une attestation aux conducteurs de taxi-moto qui assistent aux r\u00e9unions. Aux femmes, l&#39;ONG sert d&#39;interm\u00e9diaire pour obtenir des cr\u00e9dits \u00e0 faible taux de remboursement aupr\u00e8s des institutions de micro-finance.  Les personnes cibl\u00e9es, qui acceptent d&#39;aller faire le d\u00e9pistage et dont le test se r\u00e9v\u00e8le positif, sont m\u00e9dicalement et socialement prises en charge par Racines contre paiement d&#39;une modique somme de 1.000 francs CFA (environ 1,92 dollar US) par mois.  Au niveau national, pr\u00e9cise \u00e0 IPS, Eric Gbaguidi, sociologue au PNLS, 1.100 malades sont mis sous m\u00e9dicaments anti-r\u00e9troviraux (ARV) depuis novembre 2002. Environ 80 pour cent de ces malades paient 1.000 FCFA par mois pour obtenir des m\u00e9dicaments ARV subventionn\u00e9es par l&#39;Etat. Le prix r\u00e9el des ARV varie entre 80.000 FCFA (environ 154 dollars US) et 250.000 FCFA (environ 481 dollars US) par mois.  Le B\u00e9nin dispose d&#39;un plan d\u00e9nomm\u00e9 Initiative b\u00e9ninoise d&#39;acc\u00e8s aux anti-r\u00e9troviraux depuis novembre 2002. Ce plan, qui permet au minist\u00e8re de la Sant\u00e9 de prendre en charge toutes les personnes s\u00e9ropositives d\u00e8s que leur \u00e9tat de sant\u00e9 les autorise \u00e0 prendre des ARV, b\u00e9n\u00e9ficie d&#39;un financement du Fonds mondial des Nations Unies contre le SIDA, la tuberculose et le paludisme.  L&#39;Etat b\u00e9ninois a besoin, pour le co\u00fbt moyen du traitement par ARV pour les 1.100 malades, pendant une p\u00e9riode de deux ans, de quelque 4,356 milliards de FCFA (environ 8,376 millions de dollars US). Mais le gouvernement d\u00e9clare compter essentiellement sur le Fonds mondial contre le SIDA.  Selon le PNLS, les fonds mobilis\u00e9s pour le B\u00e9nin, pour la p\u00e9riode 2003-2005, s&#39;\u00e9l\u00e8vent \u00e0 11,384 millions de dollars disponibles au Fonds mondial contre le SIDA. Le PNLS a d\u00e9j\u00e0 re\u00e7u une premi\u00e8re tranche du financement d&#39;un montant de 138.501 dollars, selon le Fonds mondial B\u00e9nin-Info publi\u00e9 par le Programme des Nations Unies pour le d\u00e9veloppement (PNUD), en mars 2004 \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise.  &quot;Le changement de comportement ne se fait pas du jour au lendemain. Nous avons maintenant des gens qui viennent d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment au PNLS pour demander leur test, ce qui n&#39;\u00e9tait pas le cas auparavant. C&#39;est avec tact et patience que nous allons y parvenir&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Agn\u00e8s Bakp\u00e9vi, infirmi\u00e8re au PNLS.  &quot;Le souci du PNLS est peut-\u00eatre de ne pas alarmer les gens. Il s&#39;agit peut-\u00eatre d&#39;une approche p\u00e9dagogique pour eux. Mais, avec ce que je vis au quotidien, je crois qu&#39;il vaut mieux ne pas m\u00e9nager les gens et faire le choix de les choquer plut\u00f4t si on veut atteindre des r\u00e9sultats probants&quot;, estime Mignanwand\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 14 juil (IPS) &#8211; Le taux de s\u00e9ropr\u00e9valence \u00e0 VIH\/SIDA au B\u00e9nin est de 1,9 pour cent en 2002 selon Dr Valentine Kiki-M\u00e8d\u00e9gan, coordonnatrice adjointe du Programme national de lutte contre le SIDA (PNLS), alors que pour Denise Mignanwand\u00e9,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/14\/sante-benin-la-progression-du-vih-sida-est-stable-selon-certainsalarmante-pour-dautres\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4],"tags":[],"class_list":["post-2178","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2178","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2178"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2178\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2178"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2178"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2178"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}