{"id":2170,"date":"2004-07-09T13:40:01","date_gmt":"2004-07-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/09\/energie-rwanda-le-rationnement-de-lelectricite-est-la-consommationcourante\/"},"modified":"2004-07-09T13:40:01","modified_gmt":"2004-07-09T13:40:01","slug":"energie-rwanda-le-rationnement-de-lelectricite-est-la-consommationcourante","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/07\/09\/energie-rwanda-le-rationnement-de-lelectricite-est-la-consommationcourante\/","title":{"rendered":"ENERGIE-RWANDA: Le rationnement de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 est la consommationcourante"},"content":{"rendered":"<p>KIGALI, 9 juil (IPS) &#8211; La plupart des consommateurs de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 connaissent chaque jour de longues heures de coupure du courant au Rwanda depuis bient\u00f4t trois mois \u00e0 cause d&#39;un rationnement.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n La quantit\u00e9 d&#39;\u00e9nergie disponible est rationn\u00e9e suite \u00e0 une brusque baisse de rendement des deux principales centrales hydro\u00e9lectriques qui fournissent la moiti\u00e9 de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 consomm\u00e9e dans le pays.  &quot;A part les installations essentielles comme les h\u00f4pitaux, les a\u00e9roports et les services de s\u00e9curit\u00e9, qui continuent \u00e0 \u00eatre servies 24 heures\/24, tous nos autres abonn\u00e9s doivent supporter ces d\u00e9lestages journaliers. C&#39;est la seule fa\u00e7on de r\u00e9partir \u00e9quitablement l&#39;\u00e9nergie actuellement disponible, en attendant que la situation s&#39;am\u00e9liore&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 IPS, Walter Klotz, directeur de la compagnie semi-publique de distribution d&#39;eau et de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, Electrogaz.  Ce rationnement fait principalement le malheur des commer\u00e7ants tenanciers des boucheries, charcuteries, poissonneries, salons de coiffure et autres d\u00e9bits de boisson. Ils avouent enregistrer, depuis le d\u00e9but du d\u00e9lestage, des pertes allant de 10 \u00e0 25 pour cent de leur chiffre d&#39;affaires.  &quot;Nous sommes oblig\u00e9s de recourir chaque jour aux groupes \u00e9lectrog\u00e8nes avec toutes les contraintes que l&#39;on peut imaginer: les co\u00fbts de mazout et d&#39;entretien, sans oublier que les moteurs ne peuvent souvent pas rester allum\u00e9s pendant huit heures d&#39;affil\u00e9e sans \u00eatre endommag\u00e9s&quot;, se plaint Christine Kanakuze, patronne d&#39;un salon de coiffure \u00e0 Kigali, la capitale rwandaise.<\/p>\n<p> Les prix de ces groupes \u00e9lectrog\u00e8nes ont plus que doubl\u00e9 depuis le d\u00e9but de cette crise \u00e9nerg\u00e9tique, celui du plus petit moteur \u00e9tant pass\u00e9 de 80.000 \u00e0 150.000 francs rwandais (de 136 \u00e0 255,5 dollars US environ).  C&#39;est la plus grave crise \u00e9nerg\u00e9tique que conna\u00eet le pays depuis son ind\u00e9pendance en 1962.<\/p>\n<p> Les besoins actuels en \u00e9lectricit\u00e9 sont pourtant faibles, 45 m\u00e9gawatts (MW) par an, 90 pour cent des 8,1 millions des Rwandais vivant dans le monde rural o\u00f9 on ignore l&#39;\u00e9lectricit\u00e9. Il n&#39;existe pas de grandes usines de transformation pour consommer de grandes quantit\u00e9s d&#39;\u00e9nergie \u00e9lectrique.  Deux des quatre centrales hydro\u00e9lectriques produisent presque la moiti\u00e9 du courant consomm\u00e9 dans le pays. Il s&#39;agit des barrages de Ntaruka et Mukunga construits sur le flanc d&#39;une m\u00eame colline, dans la province de Ruhengeri (nord du Rwanda), et aliment\u00e9s par deux lacs &quot;communicants&quot; en amont et en aval de la colline.  Au sommet, le principal lac, le lac Mulera, descend une canalisation d&#39;eau qui, avant la crise, faisait fonctionner les trois turbines du barrage de Ntaruka qui produit 11,25 MW. Les m\u00eames eaux se jettent plus bas dans le lac Ruhondo, semi-artificiel, qui alimente les deux turbines du second barrage dit Mukungwa produisant 12,45 MW.<\/p>\n<p> Dans la province voisine de Gisenyi, deux autres petites centrales, celles de Gisenyi et de Gihira, toutes deux aliment\u00e9es par la m\u00eame rivi\u00e8re Sebeya, produisent respectivement 1,19 et 1,86 MW. Ce qui porte la production nationale \u00e0 26,75 MW, qui couvre \u00e0 peine plus de la moiti\u00e9 des besoins locaux.<\/p>\n<p> Le Rwanda recourt habituellement \u00e0 ses voisins pour combler le d\u00e9ficit. Il partage, avec le Burundi et la R\u00e9publique d\u00e9mocratique du Congo (RDC), l&#39;exploitation de la centrale hydro\u00e9lectrique sur la Ruzizi 2, une rivi\u00e8re qui relie les lacs Kivu et Tanganyika dont les trois pays sont riverains.  La Ruzizi 2 produit 43,8 MW dont 14,6 reviennent au Rwanda. Ceci ne suffit pas toujours pour satisfaire les besoins du pays, principalement pour la capitale Kigali qui a vu sa population doubler depuis 1994, passant de 300.000 \u00e0 600.000 habitants. Elle atteint environ un million si l&#39;on y ajoute ceux qui viennent de la p\u00e9riph\u00e9rie pour y travailler la journ\u00e9e, selon le recensement g\u00e9n\u00e9ral de la population et de l&#39;habitat, en 2002, dont les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 rendus publics en 2003.<\/p>\n<p> Le g\u00e9nocide de 1994 est \u00e0 l&#39;origine de l&#39;accroissement extraordinaire de la population de Kigali, avec les r\u00e9fugi\u00e9s qui rentraient d&#39;exil et pr\u00e9f\u00e9raient s&#39;installer dans les villes, \u00e0 Kigali principalement. Ensuite, l&#39;ins\u00e9curit\u00e9 dans les campagnes et les villes de l&#39;int\u00e9rieur, de 1994 \u00e0 1997, a provoqu\u00e9 des exodes massifs de populations vers la capitale.<\/p>\n<p> Le Rwanda doit donc importer encore 3,5 MW de la centrale hydro\u00e9lectrique de Ruzizi 1, en RDC.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 ces difficult\u00e9s d&#39;approvisionnement, une mini-catastrophe \u00e9cologique affecte, depuis d\u00e9but 2004, le rendement des barrages de Ntaruka et Mukungwa. Le lac Mulera, qui alimente ces deux centrales, a vu le niveau de ses eaux baisser \u00e0 cause du tarissement progressif des ruisseaux qui s&#39;y jetaient.  &quot;Le lit de ces ruisseaux est une vaste vall\u00e9e mar\u00e9cageuse o\u00f9 les populations environnantes cultivent en d\u00e9pit de toutes les mesures pour les en emp\u00eacher. D&#39;o\u00f9 une forte \u00e9vaporation des eaux qui alimentaient le lac&quot;, explique sous anonymat un fonctionnaire de la province de Ruhengeri.  En fait, les autorit\u00e9s de base essaient de sensibiliser, depuis janvier 2004, les populations pour leur demander de quitter ces marais, car on ne peut pas les contraindre puisqu&#39;il n&#39;y a pas d&#39;autres terres \u00e0 leur offrir..<\/p>\n<p>L&#39;exploitation agricole de la vall\u00e9e mar\u00e9cageuse canalise l&#39;eau stagnante vers les cultures, provoquant un ass\u00e8chement progressif.<\/p>\n<p> Aussi \u00e0 ce jour, le niveau du lac de Mulera a-t-il baiss\u00e9 de quatre m\u00e8tres environ. Des eaux qui ne peuvent plus faire fonctionner qu&#39;une de trois turbines de la centrale Ntaruka, le directeur de l&#39;Electrogaz.  La baisse des eaux du lac Mulera a entra\u00een\u00e9 une baisse proportionnelle de celles du lac de Ruhondo en aval qui, \u00e0 leur tour, ne peuvent plus faire fonctionner qu&#39;une des deux turbines de la seconde centrale de Mukungwa. En d\u00e9finitive, les deux barrages ne tournent plus qu&#39;\u00e0 moiti\u00e9 r\u00e9gime, selon Klotz.<\/p>\n<p> &quot;M\u00eame si on \u00e9vacuait les paysans de la zone, pour les emp\u00eacher de cultiver dans ces marrais, il faudrait de nombreuses d\u00e9cennies pour que les affluents du lac Mulera se reconstituent pour faire remonter les eaux du lac&quot;, souligne \u00e0 IPS, Claver Nsanzimana, membre de l&#39;Association \u00e9cologiste rwandaise.<\/p>\n<p> La solution \u00e0 la pr\u00e9sente crise ne r\u00e9side d\u00e8s lors plus que dans la construction de nouvelles centrales hydro\u00e9lectriques ou dans la recherche de nouvelles sources d&#39;\u00e9nergie.<\/p>\n<p> &quot;Nous comptons, pour cela, construire trois nouveaux barrages, augmenter aussi la capacit\u00e9 de la centrale de Ruzizi 2, que nous partageons avec le Burundi et la RDC, mais surtout sur l&#39;exploitation du gaz m\u00e9thane dont regorge le lac Kivu&quot;, d\u00e9clare \u00e0 IPS, Emmanuel Bizimana, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral au minist\u00e8re rwandais de l&#39;Energie et des Infrastructures.<\/p>\n<p> Le premier barrage, sur la rivi\u00e8re Rukara, pourrait fournir 9,2 MW. Mais l&#39;Etat ne dispose par encore des fonds pour sa r\u00e9alisation.<\/p>\n<p> La construction du deuxi\u00e8me barrage, d&#39;une capacit\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 20 MW sur les chutes de la rivi\u00e8re Rusumo, est soumise, non seulement \u00e0 une contrainte financi\u00e8re, mais \u00e9galement au pr\u00e9alable d&#39;une entente avec la Tanzanie, puisque cette rivi\u00e8re est \u00e0 la fronti\u00e8re des deux pays. De m\u00eame qu&#39;il faut une entente pr\u00e9alable avec le Burundi et la RDC pour lancer les travaux d&#39;agrandissement de la Ruzizi 2 de fa\u00e7on \u00e0 porter sa capacit\u00e9 \u00e0 220 MW.  Plus hypoth\u00e9tique encore est le projet de construction du troisi\u00e8me barrage, d&#39;une capacit\u00e9 estim\u00e9e \u00e0 27,5MW, sur la rivi\u00e8re Nyabarongo qui traverse tout le pays pour aller se jeter dans le Nil via la rivi\u00e8re Akagera et le lac Victoria.  Actuellement, l&#39;utilisation de l&#39;eau du fleuve Nil est r\u00e9gie par un accord de 1929 (r\u00e9vis\u00e9 30 ans plus tard) qui donne \u00e0 l&#39;Egypte et au Soudan le droit de d\u00e9terminer si &#8211; et comment &#8211; d&#39;autres Etats situ\u00e9s le long du fleuve et ses affluents devraient utiliser cette ressource. Les pays riverains du bassin du Nil : le Burundi, le Rwanda, la RDC, la Tanzanie, le Kenya, l&#39;Ouganda, l&#39;Ethiopie, l&#39;Erythr\u00e9e, le Soudan et l&#39;Egypte.<\/p>\n<p> Quant au gaz m\u00e9thane, le lac Kivu, qui s\u00e9pare l&#39;est de la RDC du Rwanda, en a en r\u00e9serve quelque 55 milliards de m\u00e8tres cubes, dont 39 milliards \u00e9conomiquement exploitables, selon les \u00e9tudes men\u00e9es localement depuis 40 ans.<\/p>\n<p> Les m\u00eames \u00e9tudes assurent \u00e9galement que 55 millions de m\u00e8tres cubes, produits annuellement, peuvent se transformer en 700 MW d&#39;\u00e9lectricit\u00e9. Ce qui permettrait de r\u00e9soudre durablement les probl\u00e8mes d&#39;\u00e9nergie \u00e9lectrique du Rwanda, et de toute la r\u00e9gion.  Mais l&#39;exploitation de ce gaz suppose un investissement colossal sur plusieurs ann\u00e9es que le Rwanda ne peut se permettre, selon des sp\u00e9cialistes. Il lui faut alors trouver des investisseurs internationaux capables de risquer leurs fonds dans une telle entreprise.<\/p>\n<p> En attendant, le r\u00e9gime de rationnement journalier du courant \u00e9lectrique se poursuit dans tout le pays. Le gouvernement rwandais est \u00e0 la recherche de financements pour ces projets qui n\u00e9cessitent des investissements \u00e9normes, mais il n&#39;a encore trouv\u00e9 aucune promesse ferme.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KIGALI, 9 juil (IPS) &#8211; La plupart des consommateurs de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 connaissent chaque jour de longues heures de coupure du courant au Rwanda depuis bient\u00f4t trois mois \u00e0 cause d&#39;un rationnement.<\/p>\n","protected":false},"author":240,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,26,1],"tags":[],"class_list":["post-2170","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-energy","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2170","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/240"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2170"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2170\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2170"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2170"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2170"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}