{"id":2068,"date":"2004-04-12T13:40:01","date_gmt":"2004-04-12T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/12\/environnement-burkina-faso-des-ennemis-dhier-sentendent-pour-protegerla-faune\/"},"modified":"2004-04-12T13:40:01","modified_gmt":"2004-04-12T13:40:01","slug":"environnement-burkina-faso-des-ennemis-dhier-sentendent-pour-protegerla-faune","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/12\/environnement-burkina-faso-des-ennemis-dhier-sentendent-pour-protegerla-faune\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-BURKINA FASO: Des ennemis d&#39;hier s&#39;entendent pour prot\u00e9gerla faune"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 12 avr (IPS) &#8211; Le chef dozo (chasseur traditionnel au Burkina Faso), Andr\u00e9 Sanou, 70 ans, ne retrouve plus facilement une plante appel\u00e9e en bambara le &quot;Sindjanyiri&quot; dont les feuilles servaient \u00e0 soigner des maux de ventre.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Il faut aller tr\u00e8s loin pour en trouver&quot;, dit-il, plaintif. Pour ces plantes encore disponibles, il faut maintenant effectuer des dizaines de kilom\u00e8tres pour en trouver.<\/p>\n<p> &quot;Bient\u00f4t, je ne pourrai plus avoir cette poudre s\u00e9culaire qui a toujours fait r\u00e9sonner nos fusils sur des kilom\u00e8tres car les plantes, qui servent \u00e0 la fabriquer, sont en train de dispara\u00eetre \u00e0 jamais&quot;, ajoute, amer, Sanou.<\/p>\n<p> Depuis trois ans, Sanou a cr\u00e9\u00e9 une association de chasseurs traditionnels de l&#39;ouest du Burkina pour aider le minist\u00e8re de l&#39;Environnement dans la lutte pour la restauration de la faune et la v\u00e9g\u00e9tation dans cette zone foresti\u00e8re du Burkina, pays sah\u00e9lien de 12 millions d&#39;habitants, en Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Ces chasseurs traditionnels dozos appartiennent \u00e0 une confr\u00e9rie dont des groupes se retrouvent dans les pays voisins comme la C\u00f4te d&#39;Ivoire et le Mali, et sont connus pour leur grande utilisation des plantes dans la m\u00e9decine traditionnelle, ainsi que pour leur connaissance des composantes de la faune qu&#39;ils chassaient dans le pass\u00e9.<\/p>\n<p> Ils \u00e9taient consid\u00e9r\u00e9s comme des incorrigibles braconniers dans le pass\u00e9 en raison de leur utilisation de certaines esp\u00e8ces d&#39;animaux, g\u00e9n\u00e9ralement du gros gibier, pour leurs c\u00e9r\u00e9monies d&#39;initiation.  &quot;On ne tue plus pour tuer tout ce qui est animaux sauvages. Nous voulons pr\u00e9server certaines esp\u00e8ces car \u00e0 la longue, nous risquons de ne plus en avoir pour les montrer \u00e0 nos enfants en abattant syst\u00e9matiquement ce que nous voyons&quot;, explique Th\u00e9ophile Sanou un autre dozo.  &quot;Si la faune dispara\u00eet, nous n&#39;avons plus notre raison d&#39;\u00eatre&quot;, estime Andr\u00e9 Sanou. Le millier de volontaires dozos mobilis\u00e9s est sans r\u00e9mun\u00e9ration.<\/p>\n<p> Selon le minist\u00e8re de l&#39;Environnement, l&#39;apport de ces chasseurs traditionnels est important en raison de leur appartenance au milieu et de leur connaissance des \u00e9l\u00e9ments de la faune et de la v\u00e9g\u00e9tation vitaux pour eux.<\/p>\n<p> &quot;Le fait qu&#39;ils (les chasseurs traditionnels), qui sont repr\u00e9sent\u00e9s dans le terroir, s&#39;inqui\u00e8tent aujourd&#39;hui des menaces qui p\u00e8sent sur des plantes comme le n\u00e9r\u00e9, le karit\u00e9 et de certaines esp\u00e8ces animales, constitue une v\u00e9ritable r\u00e9volution et fait d&#39;eux des partenaires d\u00e9sormais dans la protection de notre environnement &quot;, d\u00e9clare Pierre Golane, directeur provincial de l&#39;environnement de l&#39;ouest du Burkina.<\/p>\n<p> Les cobas, les &#39;water book&#39; (\u00e2nes sauvages), les guibs harnach\u00e9s et les bufflons ont totalement disparu de certaines r\u00e9gions de l&#39;ouest du pays en raison du braconnage, mais \u00e9galement de la divagation des animaux et de la destruction de leur habitat.<\/p>\n<p> &quot;La collaboration est permanente avec les chasseurs, ils sont aux aguets et nous permettent d&#39;intervenir dans toutes les zones pour \u00e9viter une destruction continue de nos ressources naturelles&quot;, explique Golane.<\/p>\n<p> Le &#39;cob redunca&#39;, une autre esp\u00e8ce, dont les cornes sont utilis\u00e9es pour fabriquer un puissant m\u00e9dicament contre les morsures de serpent, a compl\u00e8tement disparu depuis quelque temps.  Le minist\u00e8re de l&#39;Environnement esp\u00e8re profiter de la connaissance des ressources par les chasseurs pour restaurer la faune, mais \u00e9galement faire revenir certaines ressources animales et v\u00e9g\u00e9tales qui ont disparu des for\u00eats du Burkina.<\/p>\n<p> &quot;La disparition de certaines plantes fait \u00e9galement dispara\u00eetre des animaux qui se soignent ou se nourrissent de ces esp\u00e8ces&quot;, explique Andr\u00e9 Sanou. &quot;L&#39;homme se rend \u00e0 l&#39;h\u00f4pital ou \u00e0 la pharmacie, l&#39;animal a les plantes pour se soigner et il ira o\u00f9 il faut pour trouver ces plantes&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Selon lui, les animaux qui mettent bas ont, par exemple, des plantes qu&#39;ils consomment ensuite pour \u00e9viter toute infection et leur permettre de regagner des forces.  &quot;On ne peut pas asseoir une strat\u00e9gie de biodiversit\u00e9 sans ces gens. Ils sont chasseurs, tradi-praticiens et cultivateurs, et savent aujourd&#39;hui qu&#39;il y va de leur survie m\u00eame et de celles des populations&quot;, souligne, \u00e0 son tour, le directeur r\u00e9gional de l&#39;environnement des Hauts bassins, Joseph Boni.<\/p>\n<p> Pour montrer leur d\u00e9termination, les chasseurs ont demand\u00e9 qu&#39;on leur conc\u00e8de une zone de 9.500 hectares sur lesquels ils vont &quot;prouver aux autorit\u00e9s leur volont\u00e9 de contribuer \u00e0 la conservation du milieu naturel&quot;.<\/p>\n<p>Les chasseurs s&#39;engagent \u00e0 faire revenir, dans une zone situ\u00e9e sur les berges du fleuve de la Bougouriba, des esp\u00e8ces animales et v\u00e9g\u00e9tales aujourd&#39;hui en voie de disparition.<\/p>\n<p> &quot;Ils connaissent bien les esp\u00e8ces et ont des techniques ancestrales efficaces pour attirer ces esp\u00e8ces ou rep\u00e9rer certaines plantes en voie d&#39;extinction &quot;, plaide Boni. Les chasseurs participent d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la sensibilisation et aux patrouilles dans les contr\u00e9es, mais \u00e9galement pour l&#39;\u00e9limination d&#39;animaux jug\u00e9s dangereux. Selon les responsables du minist\u00e8re de l&#39;Environnement, ceci permet de mettre en confiance les populations.<\/p>\n<p> Mais, le minist\u00e8re, qui ne dispose que d&#39;un agent par d\u00e9partement, reconna\u00eet que les dozos permettent de suppl\u00e9er le manque crucial de personnel. Les agents des Eaux et For\u00eats ont fait appel aux services des dozos pour abattre r\u00e9cemment un \u00e9l\u00e9phant solitaire et deux hippopotames qui s&#39;attaquaient aux villageois dans l&#39;ouest du Burkina en les emp\u00eachant de cultiver leurs champs. Les quelque 4.000 \u00e9l\u00e9phants recens\u00e9s dans le pays constituent aujourd&#39;hui une menace s\u00e9rieuse pour les populations, selon les forestiers.  Le minist\u00e8re de l&#39;Environnement songe d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la protection juridique des chasseurs par l&#39;adoption de textes en discussion. &quot;Ces chasseurs repr\u00e9sentent des institutions qu&#39;il faut accompagner en les prenant en compte. Nous ne les payons pas; donc il faut, \u00e0 chaque occasion, leur montrer qu&#39;ils sont l\u00e0 et qu&#39;ils sont utiles&quot;, ajoute Boni.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 12 avr (IPS) &#8211; Le chef dozo (chasseur traditionnel au Burkina Faso), Andr\u00e9 Sanou, 70 ans, ne retrouve plus facilement une plante appel\u00e9e en bambara le &quot;Sindjanyiri&quot; dont les feuilles servaient \u00e0 soigner des maux de ventre.<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,12,1],"tags":[],"class_list":["post-2068","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2068","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2068"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2068\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2068"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2068"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2068"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}