{"id":2056,"date":"2004-04-02T13:40:01","date_gmt":"2004-04-02T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/02\/population-burundi-le-retour-des-refugies-multiplie-les-problemes-fonciers\/"},"modified":"2004-04-02T13:40:01","modified_gmt":"2004-04-02T13:40:01","slug":"population-burundi-le-retour-des-refugies-multiplie-les-problemes-fonciers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/02\/population-burundi-le-retour-des-refugies-multiplie-les-problemes-fonciers\/","title":{"rendered":"POPULATION-BURUNDI: Le retour des r\u00e9fugi\u00e9s multiplie les probl\u00e8mes fonciers"},"content":{"rendered":"<p>BUJUMBURA, 2 avr (IPS) &#8211; Les conflits fonciers s&#39;accroissent de plus en plus au Burundi avec le retour massif des r\u00e9fugi\u00e9s burundais qui arrivent de tous les points d&#39;entr\u00e9e vers leur pays.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Dans ce petit pays de la r\u00e9gion des Grands Lacs, d&#39;une superficie de 27.834 km\u00b2, avec une population de quelque six millions d&#39;habitants, 90 pour cent des proc\u00e8s enregistr\u00e9s dans les tribunaux de base sont li\u00e9s aux conflits fonciers.  Selon des donn\u00e9es recueillies au minist\u00e8re du Rapatriement, au moins 800.000 personnes ont fui le pays depuis 1972; et d&#39;apr\u00e8s les derniers chiffres du minist\u00e8re de l&#39;Int\u00e9rieur, une population de 266.280 personnes vit sur les 230 sites des d\u00e9plac\u00e9s.<\/p>\n<p> Depuis l&#39;entr\u00e9e, le 23 d\u00e9cembre 2003, des ex-rebelles des Forces pour la d\u00e9fense de la d\u00e9mocratie (FDD) de Pierre Nkurunziza dans les institutions du pays, on assiste \u00e0 un processus de rapatriement encourageant li\u00e9 \u00e9galement aux conditions de vie intenables dans les pays d&#39;asile des r\u00e9fugi\u00e9s, comme la Tanzanie.  &quot;Nous menons actuellement une vie de mis\u00e8re dans les camps. La ration alimentaire a sensiblement diminu\u00e9. Nous n&#39;avons m\u00eame pas le droit de sortir des camps pour nous d\u00e9brouiller autrement. Ceux qui sont attrap\u00e9s sont emprisonn\u00e9s et transf\u00e9r\u00e9s aux autorit\u00e9s burundaises&quot;, affirme, \u00e0 IPS, Jean Bankamwabo de retour au Burundi apr\u00e8s 10 ans d&#39;exil en Tanzanie.  Depuis l&#39;ouverture du point d&#39;entr\u00e9e de Songore dans le sud du Burundi, on enregistre au moins 2.500 rapatri\u00e9s par jour, sans compter ceux qui traversent les fronti\u00e8res ill\u00e9galement. Idelphonse Rutikanga, chef d&#39;antenne de rapatriement \u00e0 Muyinga, dans le nord du pays, explique : &quot;N&#39;e\u00fbt \u00e9t\u00e9 le long processus pour obtenir l&#39;autorisation de rentrer, ces chiffres pourraient s&#39;accro\u00eetre&quot;.<\/p>\n<p> Mais, malgr\u00e9 la joie qu&#39;ils \u00e9prouvent \u00e0 leur retour, certains connaissent des lendemains qui d\u00e9chantent lorsqu&#39;ils arrivent sur leurs collines, ajoute Rutikanga.<\/p>\n<p> Les rapatri\u00e9s sont de deux cat\u00e9gories : les uns ont fui le pays lors des \u00e9v\u00e9nements de 1972; d&#39;autres en 1993 apr\u00e8s l&#39;assassinat du pr\u00e9sident Melchior Ndadaye et les tueries qui s&#39;en sont suivies. Pour cette derni\u00e8re cat\u00e9gorie, \u00e0 part certains qui trouvent leurs terres spoli\u00e9es par l&#39;administration ou des parents, la plupart retrouvent facilement leurs biens. Pour ces cas, les litiges peuvent trouver une issue favorable sans trop de difficult\u00e9s.<\/p>\n<p> Selon des statistiques fournies par le minist\u00e8re du Rapatriement, les r\u00e9fugi\u00e9s, qui ont quitt\u00e9 le pays en 1972, sont estim\u00e9s \u00e0 environ 200.000.<\/p>\n<p>Les uns se d\u00e9clarent, \u00e0 leur arriv\u00e9e, comme des &quot;sans terre et sans r\u00e9f\u00e9rence&quot;, d&#39;autres reconnaissent encore leurs lieux d&#39;origine, mais leurs terres ont \u00e9t\u00e9 spoli\u00e9es soit par des voisins, soit par l&#39;administration, soit par des membres de leurs familles.  Lorsque ces rapatri\u00e9s r\u00e9clament de rentrer dans leurs droits, ils sont bloqu\u00e9s par la loi fonci\u00e8re de 1986 qui stipule : &quot;Une propri\u00e9t\u00e9 inexploit\u00e9e pendant 30 ans, l&#39;Etat a le droit de la redistribuer \u00e0 d&#39;autres personnes pouvant l&#39;exploiter&quot;.  Cette loi provoque une pol\u00e9mique au sein de la classe politique burundaise..<\/p>\n<p>Certains parlent de &quot;loi d&#39;exclusion&quot;. Le d\u00e9put\u00e9 Nephtalie Nibizi, du FDD (aile L\u00e9onard Nyangoma), d\u00e9clare : &quot;Au sujet de l&#39;expropriation pour cause d&#39;int\u00e9r\u00eat public, l&#39;Etat a le devoir de donner un autre terrain en \u00e9change, mais un rapatri\u00e9 qui trouve sa propri\u00e9t\u00e9 ou sa maison occup\u00e9e par une personne d&#39;autre, je pense qu&#39;il a le droit de la r\u00e9cup\u00e9rer&quot;.<\/p>\n<p> Pour Z\u00e9nob\u00e9 Niragira, un responsable au minist\u00e8re du Rapatriement, il n&#39;y a pas \u00e0 s&#39;alarmer, la question ayant \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e. &quot;Le minist\u00e8re a d\u00e9j\u00e0 inventori\u00e9 au moins 141.000 hectares de terres domaniales. Tout rapatri\u00e9 aura un lopin de terre compte tenu bien entendu de la taille de chaque famille&quot;.<\/p>\n<p> Cependant, la plupart des rapatri\u00e9s ne l&#39;entendent pas de la m\u00eame oreille : &quot;Nous avons fui le pays car notre vie \u00e9tait en danger; le pouvoir en place \u00e9tait pour nous une menace. Maintenant que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de rentrer parce que nous commen\u00e7ons \u00e0 avoir confiance \u00e0 ce nouveau gouvernement, nos propri\u00e9t\u00e9s sont encore l\u00e0 et on commence \u00e0 nous dire qu&#39;on va nous chercher d&#39;autres terres en friches. On dirait que nous sommes des personnes de trop&quot;, proteste Cyrille Barandaje, un autre rapatri\u00e9 rencontr\u00e9 sur un point d&#39;entr\u00e9e \u00e0 Kobero, province de Muyinga.<\/p>\n<p> Selon Fr\u00e9d\u00e9ric Bamvuginyumvira, pr\u00e9sident de la Commission nationale de la r\u00e9int\u00e9gration des sinistr\u00e9s (CNRS), les textes sont clairs : &quot;Tout r\u00e9fugi\u00e9 ou sinistr\u00e9 doit pouvoir r\u00e9cup\u00e9rer ses biens, notamment sa terre. Si une r\u00e9cup\u00e9ration s&#39;av\u00e8re impossible, chacun a le droit de recevoir une juste compensation et\/ou une indemnisation. La compensation, l&#39;indemnisation ou la r\u00e9cup\u00e9ration doit se faire dans la logique de ne pas cr\u00e9er d&#39;autres conflits. Il n&#39;y a pas de formule d\u00e9j\u00e0 fix\u00e9e, mais on doit statuer cas par cas et trouver une solution dans le sens de la r\u00e9conciliation&quot;.<\/p>\n<p> Sur le retard accus\u00e9 dans l&#39;application des textes, le pr\u00e9sident de la CNRS \u00e9voque deux d\u00e9fis : &quot;Il fallait d&#39;abord mettre au clair le travail de notre commission et celui du minist\u00e8re au Rapatriement. L&#39;autre d\u00e9fi majeur, c&#39;est le probl\u00e8me de fonds. Mais en attendant qu&#39;on puisse mettre des structures au niveau de tout le pays, les administratifs devraient s&#39;occuper de tous ces gens&quot;.<\/p>\n<p> Toutefois, plusieurs types de cas trouveront difficilement de solution. A titre indicatif, Patricia Ntahorubuze de l&#39;Association des femmes juristes, indique que la femme rapatri\u00e9e est victime des traditions : &quot;Les filles rapatri\u00e9es ne b\u00e9n\u00e9ficient d&#39;aucun lopin de terre du fait que la tradition burundaise ne permet pas aux filles d&#39;h\u00e9riter de la propri\u00e9t\u00e9 fonci\u00e8re&quot;.<\/p>\n<p> Les probl\u00e8mes fonciers au Burundi constituent une bombe \u00e0 retardement qui risque d&#39;exploser si la question n&#39;est pas trait\u00e9e au premier plan par les autorit\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BUJUMBURA, 2 avr (IPS) &#8211; Les conflits fonciers s&#39;accroissent de plus en plus au Burundi avec le retour massif des r\u00e9fugi\u00e9s burundais qui arrivent de tous les points d&#39;entr\u00e9e vers leur pays.<\/p>\n","protected":false},"author":276,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,10,1,3],"tags":[],"class_list":["post-2056","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-droits-humains","category-headlines","category-population-refugies"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2056","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/276"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2056"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2056\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2056"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2056"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2056"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}