{"id":2054,"date":"2004-04-01T13:40:01","date_gmt":"2004-04-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/01\/politique-cote-divoire-letau-se-resserre-autour-du-pouvoir-a-propos-desviolences-sur-des-civils\/"},"modified":"2004-04-01T13:40:01","modified_gmt":"2004-04-01T13:40:01","slug":"politique-cote-divoire-letau-se-resserre-autour-du-pouvoir-a-propos-desviolences-sur-des-civils","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/01\/politique-cote-divoire-letau-se-resserre-autour-du-pouvoir-a-propos-desviolences-sur-des-civils\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-COTE D&#39;IVOIRE: L&#39;\u00e9tau se resserre autour du pouvoir \u00e0 propos desviolences sur des civils"},"content":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 1 avr (IPS) &#8211; Le ministre ivoirien de la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, Martin Bl\u00e9ou, a reconnu jeudi (1 avril) l&#39;existence d&#39;exactions commises par des forces parall\u00e8les en uniforme au cours des r\u00e9centes manifestations r\u00e9prim\u00e9es \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique de C\u00f4te d&#39;Ivoire.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Dans une d\u00e9claration faite \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision nationale, Bl\u00e9ou a annonc\u00e9 que des soldats fran\u00e7ais et ouest-africains avaient \u00e9t\u00e9 saisis pour aider les forces ivoiriennes \u00e0 assurer la s\u00e9curit\u00e9.  Depuis la marche &#8211; le 25 mars &#8211; des sept partis d&#39;opposition signataires des accords inter-ivoiriens de Linas-Marcousis, en France, des t\u00e9moignages concordants ont d\u00e9cri\u00e9 des exactions commises par les forces de l&#39;ordre et les milices proches du pr\u00e9sident ivoirien Laurent Gbagbo.<\/p>\n<p> Le Premier ministre ivoirien, Seydou Diarra, avait d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9, le 28 mars, la pr\u00e9sence &quot;d&#39;organisations informelles parall\u00e8les&quot; qui, selon lui, &quot;ne peuvent \u00eatre tol\u00e9r\u00e9es&quot;. Dans un message \u00e0 la nation, Diarra a estim\u00e9 qu&#39;il &quot;revenait aux forces nationales de d\u00e9fense, une institution r\u00e9publicaine, d&#39;assurer la s\u00e9curit\u00e9 et la d\u00e9fense des biens et des personnes ainsi que le maintien de l&#39;ordre public&quot;.  Dans les quartiers d&#39;Abidjan, les actions des miliciens du Groupement patriotique pour la paix (GPP, proches de Gbagbo) &#8211; aux c\u00f4t\u00e9s des forces r\u00e9guli\u00e8res de s\u00e9curit\u00e9 &#8211; ne faisaient l&#39;ombre d&#39;aucun doute. &quot;Ce sont les \u00e9l\u00e9ments du GPP qui indiquaient les cours (maisons) aux policiers. D\u00e8s la nuit, ils font les descentes et font sortir des gens pour les amener au commissariat de police&quot;, avait d\u00e9clar\u00e9, d\u00e8s le 26 mars, Souleymane Coulibaly, pr\u00e9sident de la Jeunesse communale d&#39;Abobo-Avocatier, un quartier d&#39;Abidjan.<\/p>\n<p> A Abobo-Anandor, les habitants sont rest\u00e9s \u00e9veill\u00e9s les deux nuits qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 la marche du 25 mars. &quot;Nous avions eu l&#39;information que le GPP arrivait avec les policiers la nuit; ce fut le cas dans la nuit du 24 au 25 mars&quot;, soutient Mariam Kouyat\u00e9, r\u00e9sidente de ce quartier peupl\u00e9 en majorit\u00e9 des gens du nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, suspect\u00e9s par le pouvoir de soutenir le Rassemblement des r\u00e9publicains (RDR) de l&#39;opposant Alassane Ouattara.  A Adjam\u00e9, un autre quartier populaire, des miliciens du GPP, qui s&#39;entra\u00eenent depuis plusieurs mois dans les art\u00e8res principales d&#39;Abidjan en pleine journ\u00e9e, ont \u00e9t\u00e9 vus, armes \u00e0 la main tard dans la nuit du 24 au 25 mars. &quot;Ils ont \u00e9t\u00e9 post\u00e9s aux alentours du quartier &#39;Voyou&#39;. Et le jour de la marche, ce sont eux qui \u00e9taient en face des manifestants; la police \u00e9tait en retrait&quot;, a indiqu\u00e9 Ma\u00efmouna Diabat\u00e9, commer\u00e7ante.  Le Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) a d\u00e9clar\u00e9, au lendemain de la marche, que des t\u00e9moignages de plusieurs OGN ivoiriennes faisaient \u00e9tat de la pr\u00e9sence de miliciens dans les rangs des forces de l&#39;ordre. Amourlaye Tour\u00e9, pr\u00e9sident du MIDH, avait, dans un point de presse, d\u00e9nonc\u00e9 des rafles massives dans les quartiers, une fois la nuit tomb\u00e9e. &quot;Des personnes enlev\u00e9es, au cours de ces rafles non justifi\u00e9es, sont port\u00e9es disparues \u00e0 ce jour&quot;, soulignait-il.  Pour lui, les ex\u00e9cutions sommaires, les destructions massives de biens, les tortures et les rackets, &quot;depuis le 25 mars, sont le fait essentiellement des forces de d\u00e9fense et de s\u00e9curit\u00e9, parfois appuy\u00e9es par des civils arm\u00e9s&quot;.  La F\u00e9d\u00e9ration internationale des ligues des droits de l&#39;Homme (FIDH) a d\u00e9nonc\u00e9, \u00e0 son tour, le 30 mars, des &quot;violations particuli\u00e8rement graves des droits de l&#39;Homme&quot;, \u00e0 l&#39;occasion des manifestations de l&#39;opposition ivoirienne les 25 et 26 mars. La FIDH, qui a fait \u00e9galement \u00e9tat d&#39;enl\u00e8vements, de tortures et de rackets, affirme que &quot;l&#39;existence de charniers est \u00e9voqu\u00e9e&quot; et d\u00e9nonce des &quot;ex\u00e9cutions sommaires&quot;.  A propos de charniers, deux sites ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9couverts, l&#39;un \u00e0 N&#39;Dotr\u00e9 dans la p\u00e9riph\u00e9rie d&#39;Abobo, et l&#39;autre \u00e0 Akou\u00e9do, dans le d\u00e9potoir des ordures m\u00e9nag\u00e8res. Kouam\u00e9 Kouassi, enseignant et r\u00e9sident de ce quartier, affirme que dans la nuit du 25 au 26 mars, tout le p\u00e9rim\u00e8tre du d\u00e9potoir a \u00e9t\u00e9 curieusement boucl\u00e9 par les forces de l&#39;ordre. &quot;C&#39;\u00e9tait bizarre de voir les gendarmes et les policiers s&#39;int\u00e9resser \u00e0 la d\u00e9charge&quot;, souligne-t-il, ajoutant : &quot;C&#39;est un jour apr\u00e8s que nous sommes rendus \u00e0 l&#39;\u00e9vidence. Car nous avons vu des traces de sang \u00e0 l&#39;endroit o\u00f9 les machines ont travaill\u00e9 durant la nuit pr\u00e9c\u00e9dente&quot;.<\/p>\n<p> A N&#39;Dotr\u00e9, des riverains affirment qu&#39;une cinquantaine de corps ont \u00e9t\u00e9 ensevelis par les forces de l&#39;ordre. Mais, l&#39;acc\u00e8s \u00e0 ces sites reste interdit \u00e0 la population. M\u00eame des officiers de la Mission des Nations Unies en C\u00f4te d&#39;Ivoire (MINUCI) ont essuy\u00e9 le refus des forces de l&#39;ordre d&#39;aller enqu\u00eater sur ces lieux.<\/p>\n<p> Le bilan d\u00e9finitif des victimes de la marche du 25 mars n&#39;est pas encore connu. Mais, les partis d&#39;opposition estiment \u00e0 plus de 300 manifestants froidement abattus par les forces de l&#39;ordre aid\u00e9s de miliciens. Pour sa part, le MIDH parle de 200 tu\u00e9s.<\/p>\n<p> Le 28 mars, \u00e0 la mi-journ\u00e9e, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police, le commissaire Yapo Kouassi, avait annonc\u00e9 un bilan de 37 morts, dont deux policiers.<\/p>\n<p> Le MIDH estime qu&#39;avec la reconnaissance de forces parall\u00e8les par le ministre de la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, la v\u00e9rit\u00e9 est en train d&#39;\u00e9clater. &quot;Il ne faut pas arr\u00eater en si bon chemin&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Victor Kobenan, vice-pr\u00e9sident du MIDH, charg\u00e9 des affaires sociales. &quot;La communaut\u00e9 internationale doit faire pression sur le gouvernement pour que cesse l&#39;impunit\u00e9 en C\u00f4te d&#39;Ivoire&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> L&#39;ensemble des parties en pr\u00e9sence est favorable \u00e0 la mise sur pied d&#39;une commission d&#39;enqu\u00eate internationale sur les \u00e9v\u00e9nements des 25 et 26 mars \u00e0 Abidjan.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ABIDJAN, 1 avr (IPS) &#8211; Le ministre ivoirien de la S\u00e9curit\u00e9 int\u00e9rieure, Martin Bl\u00e9ou, a reconnu jeudi (1 avril) l&#39;existence d&#39;exactions commises par des forces parall\u00e8les en uniforme au cours des r\u00e9centes manifestations r\u00e9prim\u00e9es \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique de&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/01\/politique-cote-divoire-letau-se-resserre-autour-du-pouvoir-a-propos-desviolences-sur-des-civils\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":220,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-2054","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2054","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2054"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2054\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2054"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2054"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2054"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}