{"id":2051,"date":"2004-04-01T13:40:01","date_gmt":"2004-04-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/01\/education-cote-divoire-lincertitude-plane-sur-lecole-dans-les-zonessous-controle-rebelle\/"},"modified":"2004-04-01T13:40:01","modified_gmt":"2004-04-01T13:40:01","slug":"education-cote-divoire-lincertitude-plane-sur-lecole-dans-les-zonessous-controle-rebelle","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/01\/education-cote-divoire-lincertitude-plane-sur-lecole-dans-les-zonessous-controle-rebelle\/","title":{"rendered":"EDUCATION-COTE D&#39;IVOIRE: L&#39;incertitude plane sur l&#39;\u00e9cole dans les zonessous contr\u00f4le rebelle"},"content":{"rendered":"<p>NIELLE, nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 1 avr (IPS) &#8211; Un mois et demi apr\u00e8s la rentr\u00e9e des classes fix\u00e9e au 2 f\u00e9vrier en C\u00f4te d&#39;Ivoire, les \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire n&#39;ont pas v\u00e9ritablement repris les cours dans la moiti\u00e9 nord du pays sous contr\u00f4le des ex-rebelles.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n A Niell\u00e9, une localit\u00e9 de l&#39;extr\u00eame nord du pays, \u00e0 la fronti\u00e8re avec le Mali, Baba Traor\u00e9, le conseiller p\u00e9dagogique de l&#39;\u00e9cole publique, estime \u00e0 250 les \u00e9l\u00e8ves inscrits sur les 500 en temps normal.  Selon Traor\u00e9, beaucoup de parents ont h\u00e9sit\u00e9, comme l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, \u00e0 envoyer leurs enfants \u00e0 la rentr\u00e9e. &quot;Des personnes malintentionn\u00e9es leur font croire qu&#39;il s&#39;agit des cours de mise \u00e0 niveau. Dans ces conditions, ces parents pr\u00e9f\u00e8rent garder leurs enfants \u00e0 la maison&quot;, explique Traor\u00e9 qui poursuit la campagne de sensibilisation en faveur de l&#39;\u00e9cole dans sa circonscription scolaire.<\/p>\n<p> Pour Traor\u00e9, le probl\u00e8me majeur reste le manque criant d&#39;enseignants. Sur les 12 ma\u00eetres qui tiennent les 12 classes, seuls les quatre &#8211; qui n&#39;ont pas quitt\u00e9 Niell\u00e9 depuis le d\u00e9clenchement de la guerre en septembre 2002 &#8211; sont sur toujours place.<\/p>\n<p> &quot;Nous avons eu la promesse des autorit\u00e9s minist\u00e9rielles que les autres ma\u00eetres arriveront d&#39;un moment \u00e0 l&#39;autre. Mais \u00e7a fait plus d&#39;un mois que nous attendons. C&#39;est g\u00eanant pour nous parce que nous ne savons pas comment lib\u00e9rer les b\u00e9n\u00e9voles qui veulent retourner \u00e0 l&#39;\u00e9cole, eux-aussi&quot;, s&#39;inqui\u00e8te Traor\u00e9. (Ce sont des \u00e9l\u00e8ves du secondaire qui acceptent d&#39;enseigner gratuitement \u00e0 la place des ma\u00eetres absents).<\/p>\n<p> Brahima Sangar\u00e9, le seul enseignant titulaire de la deuxi\u00e8me \u00e9cole de Niell\u00e9, partage les inqui\u00e9tudes du conseiller p\u00e9dagogique, estimant que le probl\u00e8me d&#39;enseignants doit \u00eatre r\u00e9gl\u00e9 au plus vite. &quot;Je tiens le CM2 (58 \u00e9l\u00e8ves dont 25 filles). Les autres classes ont besoin d&#39;enseignants pour \u00e9voluer dans les normes&quot;, soutient-il.  Parfait Ouattara, pr\u00e9sident de l&#39;Association des parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves de Niell\u00e9, s&#39;inqui\u00e8te pour les enfants. &quot;Nous avons applaudi quand le gouvernement a annonc\u00e9 l&#39;arriv\u00e9e des instituteurs. Car il faut lib\u00e9rer les b\u00e9n\u00e9voles qui doivent reprendre leurs \u00e9tudes. Actuellement, nous ne voyons pas ces instituteurs. L&#39;ann\u00e9e pass\u00e9e, beaucoup d&#39;enfants ne sont pas venus par peur des fusils. Mais les parents ont compris que les garder \u00e0 la maison, n&#39;est pas bon&quot;, avoue-t-il.  Dans le secondaire, la situation est catastrophique, selon Salimata Traor\u00e9, le proviseur du lyc\u00e9e municipal dont onze des 12 professeurs ont fui la guerre. &quot;Nous \u00e9tions seulement trois fonctionnaires, dont un professeur de sciences physiques et un \u00e9ducateur l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, \u00e0 dispenser les cours.<\/p>\n<p>Avec l&#39;aide des parents d&#39;\u00e9l\u00e8ves, des autorit\u00e9s municipales et des \u00e9tudiants originaires d&#39;ici, nous avons fonctionn\u00e9 l&#39;ann\u00e9e scolaire&quot;, explique-t-elle.<\/p>\n<p> Depuis le 3 f\u00e9vrier, le lyc\u00e9e est ouvert, mais les professeurs ne sont pas encore de retour. &quot;Il nous a \u00e9t\u00e9 demand\u00e9 de lib\u00e9rer les b\u00e9n\u00e9voles parce que les enseignants titulaires allaient reprendre leur place. Mais, aucun d&#39;eux ne s&#39;est encore signal\u00e9. Cela nous inqui\u00e8te parce que nous voulons que les choses rentrent vite dans l&#39;ordre. Le cas du secondaire est donc tr\u00e8s critique&quot;, souligne-t-elle.<\/p>\n<p> Pourtant, le conseiller p\u00e9dagogique le proviseur du lyc\u00e9e sont satisfaits des r\u00e9sultats de fin d&#39;ann\u00e9e. Avec un taux de r\u00e9ussite de 80 pour cent au Certificat d&#39;\u00e9tudes primaires et 55,22 pour cent au Brevet d&#39;\u00e9tudes du premier cycle du secondaire, ces enseignants esp\u00e9raient que cela allait encourager leurs coll\u00e8gues \u00e0 revenir. Seuls deux ma\u00eetres de l&#39;\u00e9cole primaire publique sont revenus \u00e0 leurs postes de Kass\u00e9gu\u00e9 et Wamelelo, deux localit\u00e9s de la circonscription.<\/p>\n<p> Si l&#39;ann\u00e9e scolaire pass\u00e9e a pu \u00eatre sauv\u00e9e dans les zones sous contr\u00f4le de l&#39;ex-r\u00e9bellion, c&#39;est gr\u00e2ce \u00e0 l&#39;ONG &#39;Ecole pour tous&#39;. Bas\u00e9e \u00e0 Bouak\u00e9 dans le centre-nord du pays, cette ONG a r\u00e9ouvert plusieurs \u00e9tablissements publics du nord et de l&#39;ouest, contre la volont\u00e9 du gouvernement qui a ouvert des \u00e9coles relais dans des villes &#8211; sous contr\u00f4le gouvernemental &#8211; pour les enfants d\u00e9plac\u00e9s de guerre.  Selon le pr\u00e9sident de Ecole pour tous, S\u00e9kou Tour\u00e9, l&#39;urgence reste, pour cette rentr\u00e9e, la connaissance de la date butoir \u00e0 laquelle les enseignants &#8211; qui manquent \u00e0 l&#39;appel &#8211; vont arriver. &quot;Cela nous permettra d&#39;\u00eatre situ\u00e9s afin d&#39;adopter la conduite \u00e0 tenir&quot;, dit-il.<\/p>\n<p> Le pr\u00e9sident de l&#39;ONG s&#39;insurge \u00e9galement contre les consignes que le minist\u00e8re de l&#39;Education nationale a donn\u00e9es aux enseignants qui ont accept\u00e9 de regagner leur poste en zone rebelle. &quot;D\u00e8s leur arriv\u00e9e&quot;, affirme-t-il, &quot;ces enseignants n&#39;ont pas tenu compte des acquis qu&#39;ils ont trouv\u00e9s sur place. Ils ont voulu s&#39;appuyer sur les effectifs de l&#39;ann\u00e9e scolaire 2001-2002, c&#39;est-\u00e0-dire ceux d&#39;avant guerre; comme si l&#39;ONG Ecole pour tous n&#39;a rien fait&quot;.  Cela a engendr\u00e9 des \u00e9chauffour\u00e9es entre les premiers enseignants revenus et les b\u00e9n\u00e9voles. &quot;Si les enseignements des volontaires ne sont pas reconnus par les enseignants qui arrivent, cela signifie que ceux qui ont dispens\u00e9 les cours ne le seront pas. C&#39;est pourquoi les b\u00e9n\u00e9voles ont dit non. Pour eux, il faut que dans les archives, l&#39;on retrouve la trace du travail qu&#39;ils ont fait. Sans cela, ils ont exig\u00e9 d&#39;\u00eatre pay\u00e9s&quot;, explique Tour\u00e9.  Les enseignants b\u00e9n\u00e9voles ou volontaires avaient exig\u00e9 donc une prime de quatre millions de francs CFA (environ 7.692 dollars US) chacun.<\/p>\n<p>Mahoumoudou Sylla, le pr\u00e9sident de leur collectif, d\u00e9clare : &quot;Nous ne sommes pas contre l&#39;arriv\u00e9e des titulaires \u00e0 Bouak\u00e9. Cependant, nos camarades, qui ont exig\u00e9 des primes avant de lib\u00e9rer les salles, se sont appuy\u00e9s sur les promesses qui leur ont \u00e9t\u00e9 faites par diff\u00e9rentes autorit\u00e9s (Premier ministre, ministre de l&#39;Education nationale&#8230;) en d\u00e9placement \u00e0 Bouak\u00e9. A d\u00e9faut de cet int\u00e9ressement, nous ne voulons pas \u00eatre chass\u00e9s des salles de classes comme des malpropres&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;adjudant-chef Coulibaly Ousmane, qui dirige les Forces nouvelles (ex-rebelles) \u00e0 Niell\u00e9, reconna\u00eet le manque d&#39;enseignants dans sa zone..<\/p>\n<p>Sans s&#39;opposer au d\u00e9part des b\u00e9n\u00e9voles dont certains doivent reprendre leurs \u00e9tudes, il promet que l&#39;ann\u00e9e scolaire ira \u00e0 son terme avec ou sans les enseignants venus d&#39;Abidjan. &quot;Nous prendrons toutes les dispositions n\u00e9cessaires pour accueillir ceux qui viendront, mais aussi pour assurer une ann\u00e9e scolaire normale&quot;, affirme-t-il.<\/p>\n<p> Si les premiers enseignants retourn\u00e9s \u00e0 leur poste au nord se disent &quot;heureux de retrouver leurs \u00e9l\u00e8ves&quot;, ils \u00e9prouvent n\u00e9anmoins quelques difficult\u00e9s. La principale pr\u00e9occupation concerne le co\u00fbt du transport pour toucher leur salaire. Ils sont tous oblig\u00e9s de venir \u00e0 Abidjan, la capitale \u00e9conomique ivoirienne, \u00e0 la fin de chaque mois, parcourant parfois pr\u00e8s de 700 kilom\u00e8tres.  &quot;De Niell\u00e9 \u00e0 Abidjan, il faut d\u00e9bourser au minimum 35.000 FCFA de frais de transport. C&#39;est trop pour le salaire d&#39;un instituteur&quot;, se plaint Philibert Gonly, l&#39;unique ma\u00eetre en place Kass\u00e9gu\u00e9, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re malienne.  Son coll\u00e8gue Marcel Toueu de Wamelelo (village voisin) partage son point de vue. &quot;Je dois aller \u00e0 Abidjan la semaine prochaine pour le renouvellement de ma carte de mutuelle des fonctionnaires et agents de l&#39;Etat. Pour cela, je dois d\u00e9penser une forte somme d&#39;agent sur mon budget&quot;.  En attendant la reprise des activit\u00e9s des banques du nord, les enseignants souhaitent l&#39;ouverture d&#39;un centre de paiement des fonctionnaires \u00e0 Bouak\u00e9.<\/p>\n<p>Il pourrait, selon eux, \u00eatre localis\u00e9 dans un endroit s\u00e9curis\u00e9 par l&#39;arm\u00e9e fran\u00e7aise qui, avec les forces ouest-africaines, s\u00e9pare les bellig\u00e9rants.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NIELLE, nord de la C\u00f4te d&#39;Ivoire, 1 avr (IPS) &#8211; Un mois et demi apr\u00e8s la rentr\u00e9e des classes fix\u00e9e au 2 f\u00e9vrier en C\u00f4te d&#39;Ivoire, les \u00e9l\u00e8ves du primaire et du secondaire n&#39;ont pas v\u00e9ritablement repris les cours dans&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/04\/01\/education-cote-divoire-lincertitude-plane-sur-lecole-dans-les-zonessous-controle-rebelle\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":220,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,2,1],"tags":[],"class_list":["post-2051","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-education","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2051","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/220"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2051"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2051\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2051"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2051"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2051"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}