{"id":2022,"date":"2004-03-11T13:40:01","date_gmt":"2004-03-11T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/03\/11\/droits-kenya-la-menace-de-demolition-est-imminente-dans-le-plus-grandbidonville-dafrique\/"},"modified":"2004-03-11T13:40:01","modified_gmt":"2004-03-11T13:40:01","slug":"droits-kenya-la-menace-de-demolition-est-imminente-dans-le-plus-grandbidonville-dafrique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/03\/11\/droits-kenya-la-menace-de-demolition-est-imminente-dans-le-plus-grandbidonville-dafrique\/","title":{"rendered":"DROITS-KENYA: La menace de d\u00e9molition est imminente dans le &#39;&#39;plus grandbidonville d&#39;Afrique&#39;&#39;"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 11 mars (IPS) &#8211; Lorsque le Forum social mondial s&#39;est tenu en Inde en janvier, des activistes k\u00e9nyans, qui avaient pris part \u00e0 l&#39;\u00e9v\u00e9nement, ont promis d&#39;attirer l&#39;attention sur la crise du logement de leur pays.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Cette question d\u00e9fraie la chronique une fois encore, avec la d\u00e9molition planifi\u00e9e de b\u00e2timents dans l&#39;un des secteurs les plus pauvres de Nairobi.<\/p>\n<p>  Depuis d\u00e9cembre dernier, des autorit\u00e9s d\u00e9molissaient des structures construites le long des voies ferr\u00e9es et des lignes \u00e0 haute tension, du fait que cette propri\u00e9t\u00e9 a \u00e9t\u00e9 ill\u00e9galement affect\u00e9e \u00e0 l&#39;am\u00e9nagement.<\/p>\n<p>Certaines des premi\u00e8res structures \u00e0 \u00eatre d\u00e9molies \u00e9taient des h\u00f4tels particuliers de plusieurs millions de shillings k\u00e9nyans &#8211; qui appartenaient pour la plupart \u00e0 d&#39;importants membres du gouvernement sous l&#39;ancien pr\u00e9sident Daniel arap Mo\u00ef.<\/p>\n<p> Maintenant, les bulldozers sont venus \u00e0 Kibera, un bidonville qui abrite environ 700.000 personnes indigentes. On s&#39;y r\u00e9f\u00e8re souvent comme le plus grand bidonville d&#39;Afrique.  La premi\u00e8re phase de d\u00e9molitions \u00e0 Kibera a \u00e9t\u00e9 effectu\u00e9e \u00e0 la mi-f\u00e9vrier.<\/p>\n<p>Environ 9.600 personnes sont maintenant sans abris &#8211; et la vue de familles dormant \u00e0 la belle \u00e9toile est devenue un spectacle familier selon Dalmas Owino, pr\u00e9sident du Forum de Kibera pour la location et le logement.<\/p>\n<p> Les habitants des bidonvilles soutiennent que la d\u00e9molition de f\u00e9vrier les a pris au d\u00e9pourvu, puisqu&#39;ils n&#39;avaient re\u00e7u aucune notification du gouvernement. Les autorit\u00e9s leur ont maintenant accord\u00e9 40 jours (\u00e0 compter du 29 f\u00e9vrier) pour vider les lieux occup\u00e9s ill\u00e9galement avant que la deuxi\u00e8me phase de l&#39;op\u00e9ration ne soit effectu\u00e9e. Plusieurs habitants ont se sont adress\u00e9s au tribunal pour obtenir la prorogation du d\u00e9lai.<\/p>\n<p> &quot;Certains d&#39;entre nous sont ici depuis plus de trente ans. Nos enfants et petits-enfants ont grandi ici et nous ne connaissons aucune autre maison.<\/p>\n<p>Est-il vraiment possible pour une telle personne de d\u00e9m\u00e9nager en quelques jours?&quot;, demande Joachim Ngugi, qui vit \u00e0 Kibera.<\/p>\n<p> &quot;Ce n&#39;est pas que nous refusions de d\u00e9m\u00e9nager, mais le gouvernement doit tout de m\u00eame nous donner plus de temps, il devait \u00e9galement nous faire conna\u00eetre le lieu o\u00f9 nous am\u00e9nagerons quand nous quitterons cet endroit&quot;.<\/p>\n<p> Si les d\u00e9molitions continuent, elles feront \u00e0 peu pr\u00e8s 190.000 autres sans-abri. Selon des militants des droits humains, cela a des implications particuli\u00e8rement d\u00e9sastreuses pour les orphelins du SIDA.<\/p>\n<p> &quot;C&#39;est un fait que le gouvernement a le droit de r\u00e9clamer sa propri\u00e9t\u00e9, mais il devait aller doucement et prendre en compte des groupes vuln\u00e9rables comme les orphelins qui n&#39;ont nulle part o\u00f9 aller. Ces orphelins sont victimes des cons\u00e9quences du VIH\/SIDA, qui avant toute autre personne, ont besoin d&#39;un toit&quot;, affirme Mike Arunga, charg\u00e9 d&#39;information de la branche Afrique orientale du Forum pour le logement. Son organisation \u0153uvre en vue d&#39;obtenir des politiques qui favorisent un logement d\u00e9cent pour les pauvres.<\/p>\n<p> La situation de Leah Kanini est un exemple typique. Apr\u00e8s avoir perdu ses parents pour cause de maladies li\u00e9es au SIDA, elle a pris sur elle la responsabilit\u00e9 de s&#39;occuper de ses cinq fr\u00e8res. La fille, \u00e2g\u00e9e de 15 ans, vend des arachides pour subvenir aux besoins de la famille.<\/p>\n<p> Le 16 f\u00e9vrier, Kanini est rentr\u00e9e pour trouver la cabane de la famille ras\u00e9e par un bulldozer du gouvernement. Au moment o\u00f9 IPS lui a parl\u00e9 cette semaine, elle nourrissait les autres enfants dans une chambre de fortune, avec des murs faits de morceaux de tissu. &quot;Je ne sais pas quoi faire, je ne sais o\u00f9 aller&quot;, a-t-elle d\u00e9clar\u00e9, la voie pleine d&#39;amertume.<\/p>\n<p> Une r\u00e9cente \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par le Bureau k\u00e9nyan de la Fondation africaine m\u00e9dicale et de recherche (AMREF) a montr\u00e9 qu&#39;un tiers des gens, qui ont fait des test de d\u00e9pistage du SIDA dans un centre de conseils de l&#39;AMREF \u00e0 Kibera, \u00e9tait s\u00e9ropositif.<\/p>\n<p> La recherche effectu\u00e9e en 2002 par PACT Kenya, une organisation communautaire de d\u00e9veloppement, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les taux d&#39;infection dans le bidonville atteignaient 40 pour cent. Le programme conjoint des Nations Unies sur le VIH\/SIDA et l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 \u00e9valuent la pr\u00e9valence nationale de VIH au Kenya \u00e0 9,4 pour cent.<\/p>\n<p> Plusieurs accusent fermement le gouvernement d&#39;\u00eatre responsable de la crise de Kibera, parce qu&#39;il n&#39;a pas planifi\u00e9 une croissance rapide de la population dans les ann\u00e9es 80.<\/p>\n<p> &quot;A cette \u00e9poque, le taux de croissance de la population du pays \u00e9tait de quatre pour cent, l&#39;un des plus \u00e9lev\u00e9s au monde. Les habitations informelles comme Kibera \u00e9taient devenues in\u00e9vitables&quot;, affirme Arunga.<\/p>\n<p> Le rapport 2003 des Nations Unies sur le d\u00e9veloppement humain durable indique que 23 pour cent de Kenyans vivent sous le seuil de pauvret\u00e9, avec moins d&#39;un dollar par jour. A la lumi\u00e8re de tout cela, une cabane \u00e0 Kibera est la seule option possible pour un grand nombre. Il faut environ huit dollars le mois pour louer une minuscule hutte de terre dans un bidonville.<\/p>\n<p>Les installations sanitaires sont surexploit\u00e9es, ou inexistantes.<\/p>\n<p> Des militants des droits de l&#39;Homme estiment que le gouvernement aurait d\u00fb consulter les habitants de Kibera avant d&#39;\u00e9tablir ses plans de d\u00e9molition.<\/p>\n<p> &quot;Ces d\u00e9molitions sont tr\u00e8s regrettables et ont des effets d\u00e9sastreux.<\/p>\n<p>Elles impliquent l&#39;essence m\u00eame de la vie des gens et ces personnes ont le droit de conna\u00eetre les intentions du gouvernement afin de (pouvoir) planifier leurs vies&quot;, fait remarquer Olita Ogonjo, un charg\u00e9 de programme \u00e0 l&#39;organisation Maji na Ufanisi (Eau et d\u00e9veloppement).  Maji na Ufanisi s&#39;est jointe au R\u00e9seau des droits humains du Kenya pour appeler le gouvernement \u00e0 prendre des dispositions en vue de r\u00e9installer les gens qui ont perdu leurs parents. Mais, ces demandes tombent actuellement dans des oreilles de sourd.<\/p>\n<p> &quot;Nous ne r\u00e9installerons personne. Ils devront d\u00e9m\u00e9nager, qu&#39;ils aillent au tribunal ou pas. Tout le monde sait tr\u00e8s bien que construire sur les r\u00e9serves routi\u00e8res, les bretelles de contournement, sous les lignes \u00e9lectriques et \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des lignes de chemin de fer, est compl\u00e8tement ill\u00e9gal&quot;, a dit \u00e0 IPS Samuel Mugo, repr\u00e9sentent en chef des relations publiques du minist\u00e8re des Routes et des Travaux publics.<\/p>\n<p> &quot;Il n&#39;y aura aucune r\u00e9union entre le gouvernement et les habitants. On leur a donn\u00e9 un avis avec une notification et ils feraient mieux d&#39;ob\u00e9ir \u00e0 cela avant qu&#39;une action ne soit entreprise&quot;, a-t-il averti.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 11 mars (IPS) &#8211; Lorsque le Forum social mondial s&#39;est tenu en Inde en janvier, des activistes k\u00e9nyans, qui avaient pris part \u00e0 l&#39;\u00e9v\u00e9nement, ont promis d&#39;attirer l&#39;attention sur la crise du logement de leur pays.<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1],"tags":[],"class_list":["post-2022","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2022","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2022"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2022\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2022"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2022"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2022"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}