{"id":2016,"date":"2004-03-08T13:40:01","date_gmt":"2004-03-08T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/03\/08\/economie-afrique-du-sud-les-avantages-financiers-echappent-a-la-majoritenoire\/"},"modified":"2004-03-08T13:40:01","modified_gmt":"2004-03-08T13:40:01","slug":"economie-afrique-du-sud-les-avantages-financiers-echappent-a-la-majoritenoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/03\/08\/economie-afrique-du-sud-les-avantages-financiers-echappent-a-la-majoritenoire\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-AFRIQUE DU SUD: Les avantages financiers \u00e9chappent \u00e0 la majorit\u00e9noire"},"content":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 8 mars (IPS) &#8211; Dix ans apr\u00e8s la fin de l&#39;apartheid, les Sud-Africains noirs attendent toujours une part du g\u00e2teau \u00e9conomique qui leur avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 dans le pass\u00e9.    Les \u00e9lections multipartites de 1994 qui ont vu Nelson Mandela devenir le premier pr\u00e9sident noir ont amen\u00e9 la libert\u00e9 politique au pays.   Toutefois, les \u00e9lections n&#39;ont donn\u00e9 au nouveau gouvernement aucun pouvoir substantiel sur l&#39;\u00e9conomie.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Les Blancs, qui constituent 13,6 pour cent de la population, dominent toujours les n\u00e9goces et le commerce en Afrique du Sud &#8211; un h\u00e9ritage in\u00e9luctable des d\u00e9cennies de discrimination \u00e0 l&#39;\u00e9gard des Noirs.<\/p>\n<p> Sous l&#39;apartheid, les Noirs \u00e9taient largement confin\u00e9s dans des territoires tribaux connus comme Bantoustans o\u00f9 ils n&#39;\u00e9taient pas autoris\u00e9s \u00e0 poss\u00e9der des biens ou \u00e0 voter.<\/p>\n<p> Ceux qui am\u00e9nageaient dans les villes se voyaient confin\u00e9s dans des bidonvilles, o\u00f9 il y avait peu de chances de trouver un emploi d\u00e9cent.<\/p>\n<p> &quot;Ce qui s&#39;est pass\u00e9 en 1994 \u00e9tait juste l&#39;ind\u00e9pendance politique. Les Blancs ont simplement transf\u00e9r\u00e9 le pouvoir aux mains des Noirs. Et ils ont gard\u00e9 la richesse au sein de leur communaut\u00e9&quot;, a indiqu\u00e9, \u00e0 IPS la semaine derni\u00e8re, James Molefe, un garde de s\u00e9curit\u00e9. Molefe travaille \u00e0 Cresta, une banlieue bourgeoise de Johannesburg.<\/p>\n<p> Une telle amertume est r\u00e9pandue au sein de la communaut\u00e9 noire. Environ 5,3 millions de personnes, ou 31,2 pour cent de Sud-Africains &#8211; sont au ch\u00f4mage, selon des statistiques officielles. La plupart de ces personnes sont noires.<\/p>\n<p> Pour aider \u00e0 changer la situation, le pr\u00e9sident Thabo Mbeki a initi\u00e9 une politique &quot;d&#39;Emancipation \u00e9conomique des Noirs&quot; (BEE) qui est semblable aux programmes d&#39;action affirmative adopt\u00e9s aux Etats-Unis.<\/p>\n<p> La BEE implique essentiellement un acte d&#39;\u00e9quilibre pour tenter de tirer les Noirs de l&#39;\u00e9conomie formelle sans imposer des r\u00e8gles si intrusives qu&#39;elles finissent par d\u00e9truire l&#39;entreprise. Mbeki a promis de d\u00e9penser environ 2,4 milliards de dollars pour encourager l&#39;\u00e9mancipation pendant les cinq prochaines ann\u00e9es.<\/p>\n<p> Jusqu&#39;ici, le gouvernement a promulgu\u00e9 deux lois pour promouvoir la BEE. La premi\u00e8re, la Charte sur l&#39;exploitation mini\u00e8re, demande que 26 pour cent des mines aillent aux mains des Noirs dans une d\u00e9cennie. La deuxi\u00e8me loi, la Charte sur les services financiers, cherche \u00e0 placer un quart de ce secteur dans les mains des Noirs d&#39;ici \u00e0 2010.<\/p>\n<p> Le gouvernement essaie \u00e9galement de faire entrer les principes de la BEE dans les accords commerciaux. &quot;Tout accord commercial sans taxe devra inclure l&#39;\u00e9mancipation \u00e9conomique des Noirs&quot;, affirme Xavier Carim, du d\u00e9partement du Commerce et de l&#39;Industrie.<\/p>\n<p> M\u00eame si personne ne conteste la n\u00e9cessit\u00e9 d&#39;\u00e9largir la base \u00e9conomique de l&#39;Afrique du Sud, les efforts de Mbeki n&#39;ont pas souvent attir\u00e9 partout des appr\u00e9ciations favorables.<\/p>\n<p> &quot;Ils essaient juste de cr\u00e9er des millionnaires et des milliardaires&quot;, affirme Douglas Gibson du principal parti d&#39;opposition, l&#39;Alliance d\u00e9mocratique (DA). Il r\u00e9pondait \u00e0 une question pos\u00e9e par IPS aux leaders du parti la semaine derni\u00e8re.<\/p>\n<p> &quot;Ce dont a besoin l&#39;Afrique du Sud, c&#39;est de d\u00e9velopper une passion pour la croissance&quot;, a ajout\u00e9 Gibson. &quot;A travers la croissance, nous pouvons cr\u00e9er des emplois et r\u00e9duire la pauvret\u00e9&quot;.<\/p>\n<p> Patricia De Lille, leader des D\u00e9mocrates ind\u00e9pendants (ID), estime que l&#39;\u00e9mancipation des Noirs n&#39;\u00e9tait pas une panac\u00e9e aux maux \u00e9conomiques de l&#39;Afrique du Sud. &quot;Ce sont les m\u00eames personnes &#8211; les riches et non pas les pauvres &#8211; qui en profitent&quot;.<\/p>\n<p> Musa Zondi de l&#39;Inkatha Freedom Party (IFP), le plus grand parti noir apr\u00e8s le Congr\u00e8s national africain (ANC) au pouvoir, a refus\u00e9 de commenter les m\u00e9rites de la BEE &#8211; lorsqu&#39;il a \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9 par IPS durant un d\u00e9bat organis\u00e9 par l&#39;Association des correspondants \u00e9trangers \u00e0 Johannesburg le 1er mars.<\/p>\n<p> Mais le lendemain, Zondi s&#39;est joint au leader de l&#39;IFP Mangosuthu Buthelezi et au chef de l&#39;Union pour la solidarit\u00e9, Flip Buys, \u00e0 Pretoria, pour signer une charte qui cherche \u00e0 traiter des craintes des Blancs qui se sentent menac\u00e9s par la BEE.<\/p>\n<p> Selon Buthelezi, les Blancs \u00e9taient en train d&#39;\u00eatre exclus des opportunit\u00e9s de nominations et de promotion simplement \u00e0 cause de la couleur de leur peau.<\/p>\n<p> Certains analystes insistent, toutefois, pour dire qu&#39;il y a lieu d&#39;esp\u00e9rer dans ce sc\u00e9nario o\u00f9 tout semble \u00eatre sombre.<\/p>\n<p> &quot;Beaucoup de changements positifs ont eu lieu durant les 10 derni\u00e8res ann\u00e9es&quot;, a dit \u00e0 IPS Shoni Makhari de l&#39;agence de recherche et d&#39;\u00e9valuation EmpowerDEX le mercredi, 3 mars.<\/p>\n<p> Certains des plus notables de ces changements se retrouvent \u00e0 la Bourse des valeurs de Johannesburg (JSE).<\/p>\n<p> &quot;Les salles des conseils d&#39;administration des soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es \u00e0 la JSE traditionnellement domin\u00e9s par des hommes de visage p\u00e2les commencent lentement par inclure la diversit\u00e9&quot;, affirme Vuyo Jack, directeur g\u00e9n\u00e9ral de EmpowerDEX. &quot;Le nombre de directeurs noirs a augment\u00e9 l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re en accord avec une tendance remontant \u00e0 1992 o\u00f9 seulement 1,2 pour cent (des) 100 premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s cot\u00e9es \u00e0 la JSE \u00e9taient noires&quot;.<\/p>\n<p>  Selon la derni\u00e8re revue des directeurs de EmpowerDEX, les Noirs repr\u00e9sentent maintenant 14,7 pour cent des directeurs dans les entreprises cot\u00e9es \u00e0 la JSE.<\/p>\n<p> Diverses grandes firmes ont \u00e9galement mis en place des politiques BEE.<\/p>\n<p>Anglo American, la plus grande soci\u00e9t\u00e9 sud-africaine, d\u00e9pense environ 1,7 milliard de dollars pour encourager l&#39;\u00e9mancipation des noirs. Elle esp\u00e8re placer \u00e0 ses postes de direction locale 40 pour cent de Noirs en cinq ans.  Actuellement, 20 pour cent seulement des postes sont occup\u00e9s par des Noirs.<\/p>\n<p> Toutefois, certains groupes de Noirs ont critiqu\u00e9 le fait que l&#39;\u00e9lite noire fasse partie des premiers b\u00e9n\u00e9ficiaires de l&#39;\u00e9mancipation.<\/p>\n<p> Dans une r\u00e9cente d\u00e9claration, Dan Habedi de l&#39;Organisation des peuples azaniens (AZAPO), a indiqu\u00e9 : &quot;L&#39;\u00e9mancipation \u00e9conomique des Noirs n&#39;\u00e9tait pas, depuis le d\u00e9but, destin\u00e9 \u00e0 apporter une transformation g\u00e9n\u00e9rale aux gens ordinaires. C&#39;\u00e9tait un effort des entreprises noires pour avoir, pour elles-m\u00eames, certains avantages li\u00e9s \u00e0 l&#39;entreprise&#8230;Elles voulaient des politiques \u00e9conomiques qui leur profiteraient&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Certains peuvent dire qu&#39;on donne \u00e0 tout le monde, quelle que soit sa position sociale ou sa classe sociale, une chance de devenir un propri\u00e9taire, parce que dans la plupart des cas, comme cela s&#39;est pass\u00e9 dans les actions Telkom, tous les membres de la soci\u00e9t\u00e9 sont invit\u00e9s \u00e0 acheter des actions et \u00e0 devenir propri\u00e9taires&quot;, ajoute-t-il. (Telkom est le plus grand op\u00e9rateur de t\u00e9l\u00e9communications d&#39;Afrique du Sud).<\/p>\n<p> Mais, ajoute Habedi, ce type de propri\u00e9t\u00e9 ne signifie pas n\u00e9cessairement le contr\u00f4le. Et &#8211; comme l&#39;a montr\u00e9 l&#39;exp\u00e9rience, la propri\u00e9t\u00e9 sans le contr\u00f4le d\u00e9nie \u00e0 un tel propri\u00e9taire l&#39;opportunit\u00e9 de d\u00e9terminer l&#39;envergure et l&#39;orientation de ses entreprises \u00e9conomiques&quot;.<\/p>\n<p> Depuis 1997, Telkom a d\u00e9pens\u00e9 environ 2,9 milliards de dollars pour assurer la participation des Sud-Africains noirs, femmes et handicap\u00e9s dans l&#39;\u00e9conomie, selon un porte-parole de Telkom.<\/p>\n<p> La soci\u00e9t\u00e9 se procure des biens et services aupr\u00e8s de fournisseurs dirig\u00e9s par des gens qui ont souffert sous la l\u00e9gislation de l&#39;apartheid.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>JOHANNESBURG, 8 mars (IPS) &#8211; Dix ans apr\u00e8s la fin de l&#39;apartheid, les Sud-Africains noirs attendent toujours une part du g\u00e2teau \u00e9conomique qui leur avait \u00e9t\u00e9 refus\u00e9 dans le pass\u00e9. 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