{"id":1962,"date":"2004-02-09T13:40:01","date_gmt":"2004-02-09T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/02\/09\/sante-burkina-faso-des-statistiques-alarmantes-sur-lavortementclandestin-a-ouagadougou\/"},"modified":"2004-02-09T13:40:01","modified_gmt":"2004-02-09T13:40:01","slug":"sante-burkina-faso-des-statistiques-alarmantes-sur-lavortementclandestin-a-ouagadougou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/02\/09\/sante-burkina-faso-des-statistiques-alarmantes-sur-lavortementclandestin-a-ouagadougou\/","title":{"rendered":"SANTE-BURKINA FASO: Des statistiques alarmantes sur l&#39;avortementclandestin \u00e0 Ouagadougou"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 f\u00e9v (IPS) &#8211; Quelque 8.000 avortements clandestins sont pratiqu\u00e9s par an \u00e0 Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l&#39;Unit\u00e9 d&#39;\u00e9tude et de recherche d\u00e9mographique (UERD).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Selon les r\u00e9sultats de l&#39;\u00e9tude, publi\u00e9s r\u00e9cemment, ces avortements sont pratiqu\u00e9s par des agents de sant\u00e9 \u00e0 hauteur de 61 pour cent, alors que 26 pour cent sont provoqu\u00e9s par les femmes elles-m\u00eames et 13 pour cent sont l&#39;\u0153uvre de tradi-th\u00e9rapeutes.  &quot;En choisissant de braver ces difficult\u00e9s pour explorer un sujet aussi d\u00e9licat que tabou, l&#39;UERD voudrait \u00e0 sa fa\u00e7on contribuer, en tant qu&#39;institution nationale de recherche, \u00e0 asseoir les \u00e9l\u00e9ments d&#39;une politique efficace en faveur de la sant\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral et la sant\u00e9 de la reproduction en particulier, ainsi qu&#39;\u00e0 \u00e9clairer le processus de prise de d\u00e9cision&quot;, d\u00e9clare Georges Guiella, chercheur d\u00e9mographe \u00e0 l&#39;UERD.  Environ 60 pour cent de ces avortements sont suivis d&#39;effets n\u00e9gatifs, selon l&#39;\u00e9tude qui r\u00e9v\u00e8le en outre que les cons\u00e9quences touchent 33 des femmes qui finissent dans un centre de sant\u00e9 de la ville. Environ 5 pour cent des candidates \u00e0 l&#39;avortement meurent chaque ann\u00e9e des complications.  Le minist\u00e8re burkinab\u00e8 de la Sant\u00e9 indique que 24 \u00e0 28 pour cent des d\u00e9c\u00e8s maternels hospitaliers sont li\u00e9s \u00e0 l&#39;avortement.  Selon Guiella, l&#39;\u00e9tude a \u00e9t\u00e9 suscit\u00e9e par des recherches de l&#39;UERD en sant\u00e9 de la reproduction, qui ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 l&#39;existence de certaines pratiques de l&#39;avortement. Des femmes avaient d\u00e9clar\u00e9, en effet, qu&#39;elles avaient d\u00e9j\u00e0 eu \u00e0 provoquer leurs menstruations.  Les avortements se font avec de fortes doses de m\u00e9dicaments usuels, des injections et par curetage. Un avortement sur trois se fait par curetage, pr\u00e9cise l&#39;\u00e9tude.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;avortement provoqu\u00e9 est paradoxalement \u00e0 la fois condamn\u00e9 et fortement pratiqu\u00e9 \u00e0 Ouagadougou aujourd&#39;hui&quot;, souligne le rapport de l&#39;UERD, indiquant que 60 pour cent des victimes sont \u00e2g\u00e9es de 15 \u00e0 19 ans.<\/p>\n<p> &quot;Le sexe reste un sujet tabou \u00e0 la maison et lorsque cette tranche d&#39;\u00e2ge va pour un planning familial, on les regarde avec d\u00e9sapprobation&quot;, constate Guiella.<\/p>\n<p> Depuis cinq ans, le gouvernement du Burkina Faso a lanc\u00e9 un programme pilote de soins apr\u00e8s avortement \u00e0 l&#39;h\u00f4pital Yalgado Ou\u00e9draogo de Ouagadougou. Ce programme, qui comprend une prise en charge int\u00e9gr\u00e9e des complications de l&#39;avortement, permet d&#39;\u00e9vacuer le contenu de l&#39;ut\u00e9rus par l&#39;aspiration manuelle intra-ut\u00e9rine.<\/p>\n<p> Les femmes soign\u00e9es re\u00e7oivent ensuite des conseils en mati\u00e8re de sant\u00e9 de la reproduction. Le programme a permis de former des agents de sant\u00e9 dans les principales maternit\u00e9s de la capitale.  Les autorit\u00e9s comptent introduire ces soins dans le programme de sant\u00e9 national suite aux succ\u00e8s enregistr\u00e9s par le programme pilote qui a permis de r\u00e9duire la gravit\u00e9 des cons\u00e9quences sur la sant\u00e9 des femmes.<\/p>\n<p> Selon le professeur Jean Lankoand\u00e9, gyn\u00e9cologue \u00e0 l&#39;h\u00f4pital Yalgado Ouedraogo, \u00e0 Ouagadougou, les cons\u00e9quences les plus fr\u00e9quentes rencontr\u00e9es suite \u00e0 ces avortements sont : l&#39;h\u00e9morragie qui est la premi\u00e8re cause de d\u00e9c\u00e8s; l&#39;infection due \u00e0 l&#39;utilisation d&#39;un instrument agressif; les maladies du rein et du foie caus\u00e9es par des substances abortives toxiques.  Des troubles de menstruations et des probl\u00e8mes d&#39;infertilit\u00e9 sont \u00e9galement signal\u00e9s ainsi que des grossesses extra-ut\u00e9rines dans les p\u00e9riodes post avortement. &quot;Il faut sensibiliser, aller dans les communaut\u00e9s et parler de l&#39;avortement&quot;, sugg\u00e8re Lankoand\u00e9.<\/p>\n<p> Cela permet de sauver des vies humaines car en \u00e9cartant la culpabilisation des femmes, elles se confient pour mieux comprendre le ph\u00e9nom\u00e8ne, explique-t-il. &quot;Chaque fois qu&#39;il y a un cas d&#39;avortement provoqu\u00e9, c&#39;est un \u00e9chec de la planification familiale&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Malgr\u00e9 l&#39;introduction de la planification familiale concomitamment avec l&#39;adoption, en 1986, de la politique de population du pays, seule 27 pour cent des femmes de Ouagadougou utilisent la m\u00e9thode contraceptive.<\/p>\n<p>Seulement 8 pour cent des femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er utilisent des contraceptifs sur le plan national.<\/p>\n<p> &quot;Le probl\u00e8me de l&#39;\u00e9ducation sexuelle reste entier. Au niveau familial, les parents \u00e9prouvent des difficult\u00e9s \u00e0 parler de sexualit\u00e9 avec leurs filles.<\/p>\n<p>Ensuite, les femmes, qui n&#39;ont pas re\u00e7u cette \u00e9ducation, \u00e9vitent souvent de parler du sexe avec leurs enfants&quot;, indique L\u00e9a Zongo, pr\u00e9sidente de l&#39;association &#39;Pugsada&#39; qui s&#39;occupe de jeunes filles en difficult\u00e9.<\/p>\n<p> Zongo estime que l&#39;autre cause des avortements est \u00e9conomique. Les filles tombent souvent enceintes de jeunes gens sans emploi et quelque fois du m\u00eame \u00e2ge qu&#39;elles.<\/p>\n<p> &quot;Mais, nous recevons souvent des filles qui sont oblig\u00e9es de pratiquer l&#39;avortement clandestin parce qu&#39;elles sont enceintes de personnes mari\u00e9es qui leur demandent d&#39;avorter car ils n&#39;aimeraient pas reconna\u00eetre l&#39;enfant qui va na\u00eetre de cette union&quot;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Selon Zongo, les filles re\u00e7ues par son association sont souvent des lyc\u00e9ennes qui d\u00e9clarent qu&#39;elles h\u00e9sitent \u00e0 utiliser des contraceptifs ou \u00e0 exiger le pr\u00e9servatif soit par amour pour le partenaire, soit par besoin d&#39;argent.<\/p>\n<p> &quot;Dans nos causeries, nous nous rendons compte que beaucoup de filles ne fr\u00e9quentent pas les services de sant\u00e9 maternelle car elles ont peur d&#39;y rencontrer un parent. Or c&#39;est un mal n\u00e9cessaire si on veut tenir compte du comportement des parents&quot;, explique-t-elle.<\/p>\n<p> L&#39;association &#39;Pugsada&#39; entre en contact avec les parents de l&#39;adolescent ou l&#39;adulte responsable de la grossesse, et suit la jeune fille jusqu&#39;\u00e0 terme.<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce au soutien de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) Oxfam, &#39;Pugsada&#39; organise chaque ann\u00e9e des ateliers au cours desquels parents, filles et gar\u00e7ons sont initi\u00e9s au dialogue en famille sur les questions de sexualit\u00e9. Ensuite, des parents ont contact\u00e9 l&#39;association pour former leurs enfants pendant les vacances de l&#39;ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e.  Mais l&#39;inqui\u00e9tude des autorit\u00e9s va au-del\u00e0 de l&#39;avortement, car les grossesses non d\u00e9sir\u00e9es sont le r\u00e9sultat de rapports non prot\u00e9g\u00e9s qui font craindre une recrudescence de l&#39;infection du VIH\/SIDA.<\/p>\n<p> Selon l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), le taux de pr\u00e9valence du VIH\/SIDA au Burkina Faso est tomb\u00e9 \u00e0 6,5 pour cent en 2003 contre 7,19 pour cent depuis 1997.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 f\u00e9v (IPS) &#8211; Quelque 8.000 avortements clandestins sont pratiqu\u00e9s par an \u00e0 Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, selon une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e par l&#39;Unit\u00e9 d&#39;\u00e9tude et de recherche d\u00e9mographique (UERD).<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,4,30],"tags":[],"class_list":["post-1962","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1962","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1962"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1962\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1962"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1962"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1962"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}