{"id":1938,"date":"2004-01-21T13:40:01","date_gmt":"2004-01-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/01\/21\/economie-benin-la-corruption-fait-chuter-lune-des-principales-sources-derevenus\/"},"modified":"2004-01-21T13:40:01","modified_gmt":"2004-01-21T13:40:01","slug":"economie-benin-la-corruption-fait-chuter-lune-des-principales-sources-derevenus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/01\/21\/economie-benin-la-corruption-fait-chuter-lune-des-principales-sources-derevenus\/","title":{"rendered":"ECONOMIE-BENIN: La corruption fait chuter l&#39;une des principales sources derevenus"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 21 jan (IPS) &#8211; La fili\u00e8re de vente des v\u00e9hicules d&#39;occasion, repr\u00e9sentant 9 pour cent du produit int\u00e9rieur brut (PIB) du B\u00e9nin et pr\u00e8s de 100.000 emplois directs et induits, est menac\u00e9e de disparition, victime d&#39;une multitude de taxes et de la corruption.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> &quot;Plus de 300.000 v\u00e9hicules d&#39;occasion, commun\u00e9ment appel\u00e9s &#39;venus de France&#39;, ont \u00e9t\u00e9 import\u00e9s au B\u00e9nin en 2001. Cela \u00e9quivaut \u00e0 environ 157 milliards de francs CFA (environ 310,276 millions de dollars US) de chiffres d&#39;affaires&quot;, indique Ra\u00efmi Mohamed, importateur de v\u00e9hicules, pr\u00e9sident du Forum national pour la r\u00e9organisation de la fili\u00e8re des v\u00e9hicules d&#39;occasion.  En ses meilleures heures, explique-t-il, la fili\u00e8re de vente des v\u00e9hicules d&#39;occasion au B\u00e9nin a nourri jusqu&#39;\u00e0 pr\u00e8s d&#39;un million de personnes de fa\u00e7on directe ou indirecte sur une population d&#39;environ 6,5 millions d&#39;habitants. Elle passait m\u00eame pour la premi\u00e8re fili\u00e8re \u00e9conomique du pays au moment o\u00f9 le coton b\u00e9ninois avait commenc\u00e9 par chuter, vers 1998-2000.  Malheureusement, &quot;le B\u00e9nin a dormi sur ses lauriers et n&#39;a pas su organiser la fili\u00e8re, ce qui a eu pour cons\u00e9quence la cr\u00e9ation d&#39;une inflation artificielle sur le co\u00fbt de toutes les prestations pour l&#39;enl\u00e8vement des v\u00e9hicules en transit&quot;, constatent les acteurs du secteur dans un m\u00e9morandum adress\u00e9 au gouvernement b\u00e9ninois.  Des taxes aussi fantaisistes les unes que les autres ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es par l&#39;Etat. Les faux frais se sont multipli\u00e9s au port de Cotonou, avec la corruption comme corollaire. De nouvelles obligations sont n\u00e9es, de nouveaux acteurs sont venus, rendant chaque fois un peu plus compliqu\u00e9es les proc\u00e9dures d&#39;enl\u00e8vement des v\u00e9hicules.  Par exemple, en 1995, il fallait 65.000 F CFA (environ 128 dollars US) pour convoyer vers le Niger (fronti\u00e8re nord du B\u00e9nin) un v\u00e9hicule en transit. En 1997, ce co\u00fbt est pass\u00e9 \u00e0 88.000 FCFA (environ 174 dollars US), et a \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9 par plus de quatre, passant \u00e0 370.000 FCFA (environ 731 dollars US) en 2004.  Selon Fr\u00e9d\u00e9ric B\u00e9hanzin, membre de la F\u00e9d\u00e9ration des d\u00e9clarants en douane du B\u00e9nin, &quot;\u00e0 la veille des \u00e9lections pr\u00e9sidentielles (2001), on a instaur\u00e9 de nouvelles taxes sous pr\u00e9texte de soutenir le pr\u00e9sident Mathieu K\u00e9r\u00e9kou.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les \u00e9lections, les taxes ont \u00e9t\u00e9 maintenues&quot;.  Pour obtenir une simple signature d&#39;une autorit\u00e9 de la douane ou du port, il faut payer 2.000 FCFA (environ 4 dollars US) ou 5.000 FCFA (environ 10 dollars US), poursuit-il. &quot;Ces frais sont pay\u00e9s sans aucun re\u00e7u. Nous ne saurions continuer \u00e0 cautionner un tel d\u00e9sordre au sommet de l&#39;Etat&quot;, d\u00e9clare B\u00e9hanzin, en col\u00e8re.  &quot;Pis, le port de Cotonou est devenu un rep\u00e8re de bandits, un lieu o\u00f9 le banditisme est organis\u00e9 du sommet \u00e0 la base. Sous les yeux des agents de s\u00e9curit\u00e9, les importateurs, surtout \u00e9trangers, assistent, impuissants, au d\u00e9pouillement syst\u00e9matique de leurs v\u00e9hicules sans que la police n&#39;intervienne&quot;, d\u00e9plore Augustin Tokp\u00e9, agent de transit au port de Cotonou.  La situation est d&#39;autant plus dramatique pour les importateurs b\u00e9ninois et pour le port de Cotonou que la concurrence n&#39;est pas loin. Tout le long de la c\u00f4te ouest-africaine, on d\u00e9nombre une quinzaine de ports distants de moins de 150 kilom\u00e8tres les uns des autres : Dakar, Banjul, Conakry, Monrovia, San Pedro, Abidjan, Accra, Tema, Lom\u00e9, Cotonou, Lagos, Port Harcourt, Douala et Libreville.  Il n&#39;est donc pas difficile pour les clients, au moment o\u00f9 le port de Cotonou a commenc\u00e9 \u00e0 mal tourner (2001-2004), de trouver un autre port pour les accueillir. De 2001 \u00e0 ce jour, &quot;le march\u00e9 b\u00e9ninois de v\u00e9hicules d&#39;occasion a \u00e9t\u00e9 d\u00e9sert\u00e9 par la client\u00e8le, en majorit\u00e9 d&#39;origine nig\u00e9riane, au profit du march\u00e9 togolais qui a su habilement tirer parti des faiblesses et des tares b\u00e9ninoises&quot;, constatent, amers, les acteurs de la fili\u00e8re dans leur m\u00e9morandum.  M\u00eame les importateurs libanais, vivant au B\u00e9nin, ont commenc\u00e9 par faire passer leurs marchandises par les ports voisins, notamment le port de Lom\u00e9, au Togo, o\u00f9 une telle anarchie n&#39;est pas observ\u00e9e, souligne Mohamed.  De 30.000 v\u00e9hicules d&#39;occasion d\u00e9barqu\u00e9s par mois au port de Cotonou en 2001, on en est tomb\u00e9 \u00e0 moins de 8.000 en septembre 2003. &quot;Nous sommes au bord du gouffre. Plus rien ne va dans la fili\u00e8re. La survie de plus d&#39;un million de B\u00e9ninois est aujourd&#39;hui en jeu&quot;, avertit B\u00e9hanzin.  R\u00e9uni \u00e0 un forum national pour la sauvegarde de la fili\u00e8re des v\u00e9hicules d&#39;occasion en d\u00e9cembre dernier, les importateurs, les transitaires, les transporteurs, et les gestionnaires de parcs de vente des v\u00e9hicules ont demand\u00e9, entre autres mesures, la r\u00e9duction, du tiers, de tous les co\u00fbts des diverses prestations sur un v\u00e9hicule, ainsi qu&#39;une interdiction temporaire de toute augmentation de taxes dans la fili\u00e8re.<\/p>\n<p> Ils ont recommand\u00e9 la s\u00e9curisation du port de Cotonou afin de lutter contre les vols des pi\u00e8ces de v\u00e9hicules, et le regroupement de toutes les taxes per\u00e7ues par l&#39;Etat en une seule quittance payable \u00e0 un guichet unique.  Comme premi\u00e8re r\u00e9ponse aux demandes des acteurs de la fili\u00e8re, le gouvernement b\u00e9ninois a nomm\u00e9, fin-d\u00e9cembre, un nouveau directeur g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 la t\u00eate du Port autonome de Cotonou, J\u00e9r\u00f4me Dandjinou, un homme r\u00e9put\u00e9 pour sa rigueur prouv\u00e9e lors de sa gestion de la ville de Cotonou.  Sa mission, selon Ahamed Akobi, ministre b\u00e9ninois des Transports, &quot;est d&#39;enrayer la corruption et le laxisme au port de Cotonou, et de r\u00e9duire les d\u00e9lais de s\u00e9jour des marchandises dans l&#39;enceinte portuaire&quot;.  Pour sa part, le nouveau directeur g\u00e9n\u00e9ral du port menace de renvoyer tous les agents qui ne voudraient pas se plier \u00e0 la nouvelle discipline qu&#39;il impose \u00e0 l&#39;institution. &quot;S&#39;il faut que j&#39;aille moi-m\u00eame mettre mon lit la nuit pr\u00e8s de la cl\u00f4ture de l&#39;enceinte portuaire pour emp\u00eacher les gens de faire le mur pour voler au port, je le ferai. Si je le fais, c&#39;est qu&#39;il y a quelque part un agent qui n&#39;a pas fait son travail et celui-l\u00e0 doit se retrouver dehors&quot;, d\u00e9clare Dandjinou.  &quot;Si cette action \u00e9choue, c&#39;est que la fili\u00e8re des v\u00e9hicules d&#39;occasion n&#39;existera plus au B\u00e9nin&quot;, commente B\u00e9hanzin.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 21 jan (IPS) &#8211; La fili\u00e8re de vente des v\u00e9hicules d&#39;occasion, repr\u00e9sentant 9 pour cent du produit int\u00e9rieur brut (PIB) du B\u00e9nin et pr\u00e8s de 100.000 emplois directs et induits, est menac\u00e9e de disparition, victime d&#39;une multitude de taxes&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/01\/21\/economie-benin-la-corruption-fait-chuter-lune-des-principales-sources-derevenus\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,6,1,22,29],"tags":[],"class_list":["post-1938","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-economie-finances-le-commerce","category-headlines","category-transport","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1938","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1938"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1938\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1938"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1938"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1938"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}