{"id":1937,"date":"2004-01-20T13:40:01","date_gmt":"2004-01-20T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/01\/20\/droits-burkina-faso-lexcision-nest-plus-un-sujet-tabou-apres-12-ans-delutte\/"},"modified":"2004-01-20T13:40:01","modified_gmt":"2004-01-20T13:40:01","slug":"droits-burkina-faso-lexcision-nest-plus-un-sujet-tabou-apres-12-ans-delutte","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2004\/01\/20\/droits-burkina-faso-lexcision-nest-plus-un-sujet-tabou-apres-12-ans-delutte\/","title":{"rendered":"DROITS-BURKINA FASO: L&#39;excision n&#39;est plus un sujet tabou apr\u00e8s 12 ans delutte"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 20 jan (IPS) &#8211; Apr\u00e8s 12 ans de lutte contre la pratique de l&#39;excision au Burkina Faso, les autorit\u00e9s estiment pour la premi\u00e8re fois \u00eatre sur la voie de l&#39;\u00e9radication du ph\u00e9nom\u00e8ne des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p> Au d\u00e9but de la campagne contre les MGF, en 1992, le taux national de l&#39;excision \u00e9tait de 66,35 pour cent. Les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 comptaient en 1992 pr\u00e8s de 100 pour cent de taux de pr\u00e9valence de l&#39;excision dans certaines zones de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.  Dans les provinces de l&#39;Oudalan, dans le nord et du Nayala, dans le centre-ouest du Burkina Faso, les taux de pr\u00e9valence de l&#39;excision sont pass\u00e9s de 97,49 pour cent et 99,6 pour cent \u00e0 13 et 38,7 pour cent respectivement.<\/p>\n<p> &quot;Nous pouvons penser que ces r\u00e9gions sont \u00e0 la tra\u00eene, mais des efforts sont faits quand on regarde d&#39;o\u00f9 elles viennent&quot;, estime Hortense Palm, secr\u00e9taire permanente du Comit\u00e9 national de lutte contre la pratique de l&#39;excision (CNLPE).<\/p>\n<p> Dans les provinces du Sangui\u00e9 dans le centre-ouest, du Mouhoun dans l&#39;ouest et du Ziro dans le sud, les chiffres sont pass\u00e9s de 51 pour cent, 75 pour cent et 77 pour cent au d\u00e9but de la lutte contre l&#39;excision il y a 12 ans, \u00e0 1 pour cent, 3 pour cent et 2 pour cent respectivement.<\/p>\n<p> Les chiffres sont suffisamment \u00e9loquents apr\u00e8s ces ann\u00e9es d&#39;intenses activit\u00e9s de sensibilisation, de formation et de plaidoyer, se r\u00e9jouit Palm. Selon elle, la question de l&#39;excision a m\u00eame cess\u00e9 d&#39;\u00eatre un tabou.<\/p>\n<p> &quot;Les communaut\u00e9s s&#39;expriment librement autour de la question et nombreuses sont les victimes de complication qui se pr\u00e9sentent dans les formations sanitaires pour une prise en charge des s\u00e9quelles dont elles souffrent&quot;, constate la secr\u00e9taire permanente du CNLPE.<\/p>\n<p> Les s\u00e9quelles de la pratique de l&#39;excision au Burkina ont pouss\u00e9 les autorit\u00e9s \u00e0 cr\u00e9er en 1992 une structure pour la sensibilisation sur les m\u00e9faits du ph\u00e9nom\u00e8ne ancr\u00e9 dans les milieux traditionnels et religieux dans un pays de 12 millions d&#39;habitants o\u00f9 plus de 80 pour cent de la population vit en milieu rural.<\/p>\n<p> Pr\u00e8s de 50 pour cent de la population pratique la religion musulmane qui, dans certains milieux, est per\u00e7ue comme facteur de perp\u00e9tuation de l&#39;excision.<\/p>\n<p> &quot;Il y a eu une mauvaise compr\u00e9hension de l&#39;attitude de l&#39;islam car pendant longtemps, une partie des marabouts et autres chefs religieux croyaient que la pratique \u00e9manait de l&#39;islam&quot;, explique l&#39;imam Adama Sakand\u00e9, charg\u00e9 de la formation au sein du Cercle d&#39;\u00e9tude, de recherche et de formation islamique (CERFI).  &quot;Des \u00e9tudes men\u00e9es (en 1993-1994) ont montr\u00e9 que la pratique est simplement tol\u00e9r\u00e9e par l&#39;islam&quot;, ajoute-t-il. L&#39;excision est plus ancienne que l&#39;islam.<\/p>\n<p> Selon l&#39;imam Sakand\u00e9, &quot;des barri\u00e8res&quot; existent d\u00e9sormais qui invitent les fid\u00e8les \u00e0 s&#39;abstenir de porter atteinte \u00e0 l&#39;int\u00e9grit\u00e9 physique de la femme.<\/p>\n<p>&quot;Le sujet est tellement sensible que nous n&#39;en parlons pas ouvertement avec les fid\u00e8les. Nous leur rappelons les droits de la femme de disposer de l&#39;int\u00e9grit\u00e9 de son corps et nous leur expliquons les m\u00e9faits de certaines pratiques comme l&#39;excision sur la sant\u00e9 de la femme comme cela est prouv\u00e9 par la m\u00e9decine&quot;, souligne Sakand\u00e9.<\/p>\n<p> L&#39;enseignement contre l&#39;excision se fait \u00e9galement dans la sensibilisation sur les risques d&#39;\u00eatre infect\u00e9es par le SIDA en exposant les jeunes filles \u00e0 des instruments d&#39;excision souill\u00e9s.  Pour mieux r\u00e9ussir la lutte, les communaut\u00e9s religieuses et traditionnelles sont repr\u00e9sent\u00e9es au sein de la structure contre l&#39;excision. La lutte contre l&#39;excision figure dans le curriculum de l&#39;\u00e9ducation en mati\u00e8re de population dans les \u00e9coles. En outre, depuis 2000, le 12 mai de chaque ann\u00e9e, est comm\u00e9mor\u00e9e la Journ\u00e9e nationale contre l&#39;excision.  &quot;Nous pouvons dire que bient\u00f4t, l&#39;excision sera un mauvais souvenir, mais une victoire pour toutes celles qui n&#39;ont pas \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 cette pratique qui constitue une des violences les plus intol\u00e9rables faites aux femmes&quot;, estime, optimiste, Palm. Elle annonce, dans les mois \u00e0 venir, une caravane pour sillonner les r\u00e9gions du Burkina, particuli\u00e8rement celles qui &quot;tra\u00eenent encore les pieds&quot;, pour une nouvelle campagne de sensibilisation.  Depuis 1996, les exciseuses sont passibles d&#39;une peine de trois ans maximum et d&#39;une amende de 900.000 FCFA (environ 1.750 dollars US). En cas de d\u00e9c\u00e8s de la victime, la coupable encourt une peine de 10 ans d&#39;emprisonnement. En 2003, une centaine d&#39;exciseuses et leurs complices ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s, jug\u00e9s et condamn\u00e9s \u00e0 une peine d&#39;emprisonnement et \u00e0 une amende.<\/p>\n<p> L&#39;excision consiste \u00e0 enlever partiellement ou totalement le clitoris de la femme. Dans certaines r\u00e9gions du Burkina, on pratique l&#39;infibulation qui consiste \u00e0 coudre les grandes l\u00e8vres du vagin de la fille et \u00e0 ne r\u00e9server qu&#39;un petit orifice pour l&#39;urine et les menstruations. L&#39;objectif de l&#39;op\u00e9ration est d&#39;emp\u00eacher les relations sexuelles.  Le corps d&#39;une femme non excis\u00e9e est exclu du cimeti\u00e8re du village dans certaines localit\u00e9s du pays, selon le CNLPE.<\/p>\n<p> &quot;Il faut mettre l&#39;accent encore sur la sensibilisation qui permet de faire comprendre aux gens que l&#39;excision peut engendrer des peines dans la famille&quot;, conseille Antoine Ilboudo, un vieil homme qui s&#39;est abstenu de faire exciser ses deux derni\u00e8res filles. Selon lui, les pr\u00e9judices caus\u00e9s par l&#39;excision \u00e9tant aujourd&#39;hui plus importants que les aspects positifs de la pratique, elle va dispara\u00eetre avec le temps.<\/p>\n<p> &quot;En expliquant le comportement des populations des pays comme l&#39;Iran, l&#39;Arabie Saoudite et d&#39;autres pays arabes qui ne pratiquent pas l&#39;excision alors qu&#39;ils ont plus d&#39;arguments pour le faire, on arrive, sans frustrer les croyances des fid\u00e8les, \u00e0 venir \u00e0 bout des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines&quot;, indique l&#39;imam Sakand\u00e9.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 20 jan (IPS) &#8211; Apr\u00e8s 12 ans de lutte contre la pratique de l&#39;excision au Burkina Faso, les autorit\u00e9s estiment pour la premi\u00e8re fois \u00eatre sur la voie de l&#39;\u00e9radication du ph\u00e9nom\u00e8ne des mutilations g\u00e9nitales f\u00e9minines (MGF).<\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,10,1,4,30,29],"tags":[],"class_list":["post-1937","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-droits-humains","category-headlines","category-sante","category-special-culture-religion-et-genre","category-west-africa"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1937","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1937"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1937\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1937"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1937"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1937"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}