{"id":1840,"date":"2003-11-05T13:40:01","date_gmt":"2003-11-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/11\/05\/politique-afrique-de-lest-la-frontiere-ethiopie-erythree-encore-litigieuse\/"},"modified":"2003-11-05T13:40:01","modified_gmt":"2003-11-05T13:40:01","slug":"politique-afrique-de-lest-la-frontiere-ethiopie-erythree-encore-litigieuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/11\/05\/politique-afrique-de-lest-la-frontiere-ethiopie-erythree-encore-litigieuse\/","title":{"rendered":"POLITIQUE-AFRIQUE DE L&#39;EST: La fronti\u00e8re Ethiopie-Erythr\u00e9e encore litigieuse"},"content":{"rendered":"<p>ADDIS ABEBA, 5 nov (IPS) &#8211; Il semble ne pas y avoir de fin aux troubles qui secouent le processus de paix entre l&#39;Ethiopie et l&#39;Erythr\u00e9e.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n En 2000, les deux pays de la Corne de l&#39;Afrique ont sign\u00e9 un accord en Alg\u00e9rie pour mettre fin \u00e0 deux ann\u00e9es de combats d\u00e9clench\u00e9s par un litige frontalier. Le report sine die, la semaine derni\u00e8re, du trac\u00e9 des limites d&#39;une fronti\u00e8re dans la zone disput\u00e9e constituait un revers important pour les efforts de paix.<\/p>\n<p> La Commission de d\u00e9limitation de fronti\u00e8re pour l&#39;Ethiopie et l&#39;Erythr\u00e9e bas\u00e9e \u00e0 La Haye (EEBC), a indiqu\u00e9 jeudi dernier qu&#39;elle ne pouvait pas commencer la d\u00e9marcation de la fronti\u00e8re des deux pays, mais \u00e9tait &quot;pr\u00eate et dispos\u00e9e \u00e0 commencer d\u00e8s que les conditions le permettront&quot;.<\/p>\n<p> La d\u00e9limitation de la fronti\u00e8re \u00e9tait initialement pr\u00e9vue pour mai, ensuite juillet et finalement le mois dernier. L&#39;annonce de la semaine derni\u00e8re marquait la premi\u00e8re circonstance dans laquelle la EEBC a annonc\u00e9 un report, sans une nouvelle date, pour le d\u00e9marrage des travaux.  La d\u00e9claration de la EEBC a \u00e9t\u00e9 lue aux journalistes dans une vid\u00e9o-conf\u00e9rence entre Addis Abeba et Asmara, la capitale de l&#39;Erythr\u00e9e, par Bindley-Taylor Sainte, la porte-parole de la Mission des Nations Unies en Ethiopie et en Erythr\u00e9e (MINUEE).  La MINUEE dispose pr\u00e9sentement de 4.200 hommes d\u00e9ploy\u00e9s dans une zone tampon de 25 kilom\u00e8tres &#8211; appel\u00e9e la zone temporaire de s\u00e9curit\u00e9 &#8211; entre les deux Etats.  Sainte a d\u00e9clar\u00e9 que l&#39;ONU et la communaut\u00e9 internationale \u00e9taient engag\u00e9es dans des discussions pour r\u00e9gler les diff\u00e9rends des deux pays, et ramener une paix durable entre eux.<\/p>\n<p> &quot;Permettons \u00e0 la communaut\u00e9 diplomatique de faire de (son) mieux. Je n&#39;ai rien \u00e0 ajouter sur ce que pourrait \u00eatre l&#39;issue&quot;, a-t-elle indiqu\u00e9 aux journalistes.<\/p>\n<p> Des inqui\u00e9tudes sur le processus de paix en difficult\u00e9 ont \u00e9t\u00e9 exprim\u00e9es pendant la r\u00e9union du mois dernier dans la capitale ougandaise, Kampala, de l&#39;Autorit\u00e9 intergouvernementale sur le d\u00e9veloppement (IGAD) &#8211; un regroupement r\u00e9gional qui comprend l&#39;Erythr\u00e9e, l&#39;Ethiopie, la Somalie, Djibouti, le Kenya, le Soudan et l&#39;Ouganda. Un appel a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 au cours des discussions pour que l&#39;actuel pr\u00e9sident de l&#39;IGAD, le pr\u00e9sident ougandais, Yoweri Museveni, s&#39;implique davantage dans le processus, avec le pr\u00e9sident de l&#39;Union africaine, Joachim Chissano, qui est \u00e9galement pr\u00e9sident du Mozambique.  Mais les positions se durcissent entre l&#39;Ethiopie et l&#39;Erythr\u00e9e, et la r\u00e9cente visite de l&#39;adjoint au sous-secr\u00e9taire d&#39;Etat am\u00e9ricain aux Affaires africaines, Donald Yamamoto, s&#39;est d\u00e9roul\u00e9e sans aucun signe visible de progr\u00e8s.<\/p>\n<p> La dure r\u00e9alit\u00e9 est que trois ans apr\u00e8s la signature de l&#39;Accord de paix d&#39;Alger, les deux pays ne se parlent toujours pas, et durant ces derniers mois, ils ont publi\u00e9 des d\u00e9clarations et communiqu\u00e9s de riposte r\u00e9ciproques.<\/p>\n<p> La guerre \u00e9thiopio-\u00e9rythr\u00e9enne, qui a commenc\u00e9 en 1998, \u00e9tait la plus grande dans le monde \u00e0 l&#39;\u00e9poque, surpassant le conflit du Kosovo en termes de morts et de bless\u00e9s, de troupes impliqu\u00e9es et de civils d\u00e9plac\u00e9s. Le nombre de morts et de bless\u00e9s \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 100.000. Pr\u00e8s d&#39;un demi-million d&#39;hommes \u00e9taient impliqu\u00e9s, et 600.000 civils d\u00e9plac\u00e9s.<\/p>\n<p> Au c\u0153ur du probl\u00e8me, se trouvait la ville frontali\u00e8re de Badme, o\u00f9 la guerre a commenc\u00e9 premi\u00e8rement. Elle est actuellement administr\u00e9e par l&#39;Ethiopie. Toutefois, conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9cision de la EEBC &#8211; prise en avril 2002 &#8211; la ville sera en fin de compte r\u00e9troc\u00e9d\u00e9e \u00e0 l&#39;Erythr\u00e9e.  Aussi bien l&#39;Erythr\u00e9e que l&#39;Ethiopie ont indiqu\u00e9 qu&#39;ils \u00e9taient li\u00e9s par les d\u00e9cisions de la EEBC dans la d\u00e9limitation de la fronti\u00e8re entre les deux pays, comme \u00e9nonc\u00e9 clairement dans l&#39;Accord d&#39;Alger.  Mais l&#39;Ethiopie a d\u00e9clar\u00e9, le mois dernier, qu&#39;elle n&#39;accepterait pas la d\u00e9cision de la EEBC sur Badme, et a pr\u00e9venu que la d\u00e9cision de la commission constituait une formule pour l&#39;instabilit\u00e9 continue.  Des membres de la communaut\u00e9 tigr\u00e9enne d&#39;Ethiopie se seraient oppos\u00e9s \u00e0 la d\u00e9cision de Badme parce qu&#39;ils craignent de perdre l&#39;acc\u00e8s aux tombes ancestrales situ\u00e9es dans la zone. Il y aurait \u00e9galement une \u00e9cole de pens\u00e9e dans le pays qui s&#39;oppose \u00e0 ce qu&#39;on donne un quelconque territoire \u00e0 l&#39;Erythr\u00e9e; ceci au motif que la s\u00e9cession de l&#39;Erythr\u00e9e vis-\u00e0-vis de l&#39;Ethiopie en 1993 a d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 un coup au pays en l&#39;amputant de son acc\u00e8s \u00e0 la Mer Rouge.<\/p>\n<p> En septembre, le Premier ministre \u00e9thiopien Meles Zenawi, lui-m\u00eame un Tigr\u00e9en, a demand\u00e9 au Conseil de s\u00e9curit\u00e9 des Nations Unies de cr\u00e9er un organisme alternatif pour d\u00e9limiter les parties disput\u00e9es de la fronti\u00e8re &quot;d&#39;une fa\u00e7on juste et l\u00e9gale afin d&#39;assurer une paix durable dans la r\u00e9gion&quot;.<\/p>\n<p> Mais le Conseil de s\u00e9curit\u00e9 a rejet\u00e9 les appels de l&#39;Ethiopie pour la cr\u00e9ation d&#39;une nouvelle institution. Dans une r\u00e9ponse d&#39;une page, elle a demand\u00e9 au gouvernement de Zenawi de mettre en \u0153uvre la d\u00e9cision controvers\u00e9e de l&#39;EEBC sur Badme.<\/p>\n<p> Selon Zenawi, la seule fa\u00e7on de sortir de l&#39;impasse actuelle est d&#39;engager d&#39;autres n\u00e9gociations avec l&#39;Erythr\u00e9e.<\/p>\n<p> Mais l&#39;Erythr\u00e9e a dit cat\u00e9goriquement qu&#39;elle n&#39;entamerait pas le dialogue, et qu&#39;elle voulait que la communaut\u00e9 internationale fasse pression sur l&#39;Ethiopie pour qu&#39;elle accepte la d\u00e9cision de Badme.<\/p>\n<p> &quot;La question n&#39;est pas juste le retard dans la d\u00e9limitation&#8230; ce qui semble \u00eatre en jeu, actuellement, c&#39;est tout l&#39;Accord d&#39;Alger&quot;, a indiqu\u00e9, \u00e0 la British Broadcasting Corporation (BBC), Yemane Gebremeskel, chef du cabinet du pr\u00e9sident \u00e9rythr\u00e9en.<\/p>\n<p> &quot;La question fondamentale est : pourquoi est-ce que cela est en train d&#39;\u00eatre tol\u00e9r\u00e9 par la communaut\u00e9 internationale?&quot;, a-t-il demand\u00e9.  La question maintenant est de savoir si les Nations Unions peuvent continuer les op\u00e9rations de maintien de paix dans la zone disput\u00e9e plus longtemps qu&#39;elles ne l&#39;avaient initialement pr\u00e9vu.<\/p>\n<p> A 250 millions de dollars par an, la mission de maintien de paix n&#39;est pas bon march\u00e9. Dans son rapport de septembre au Conseil de s\u00e9curit\u00e9, qui incluait un appel au renouvellement du mandat de la MINUEE, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;ONU, Kofi Annan, a soulign\u00e9 que les ressources de l&#39;institution mondiale \u00e9taient limit\u00e9es &#8211; et qu&#39;on avait \u00e9galement besoin des forces de maintien de paix ailleurs en Afrique.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ADDIS ABEBA, 5 nov (IPS) &#8211; Il semble ne pas y avoir de fin aux troubles qui secouent le processus de paix entre l&#39;Ethiopie et l&#39;Erythr\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"author":272,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,7],"tags":[],"class_list":["post-1840","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1840","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/272"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1840"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1840\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1840"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1840"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1840"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}