{"id":1812,"date":"2003-10-14T13:40:01","date_gmt":"2003-10-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/10\/14\/media-une-mauvaise-semaine-pour-des-journalistes-africains\/"},"modified":"2003-10-14T13:40:01","modified_gmt":"2003-10-14T13:40:01","slug":"media-une-mauvaise-semaine-pour-des-journalistes-africains","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/10\/14\/media-une-mauvaise-semaine-pour-des-journalistes-africains\/","title":{"rendered":"MEDIA: Une mauvaise semaine pour des journalistes africains"},"content":{"rendered":"<p>MBABANE, 14 oct (IPS) &#8211; La semaine derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 partout mauvaise pour la presse africaine sur le continent, puisque des gouvernements ont ferm\u00e9 des stations de radios et de journaux priv\u00e9s, et arr\u00eat\u00e9 des directeurs de publication, des journalistes et des \u00e9diteurs dans ce que des organisations de d\u00e9fense de la libert\u00e9 de presse consid\u00e8rent comme un effort pour supprimer la libre circulation de l&#39;information.  &quot;Il est vrai que la technologie a rendu plus facile l&#39;\u00e9change d&#39;information et plus accessible \u00e0 un groupe plus large de personnes, mais en Afrique, des gouvernements ont toujours le pouvoir de se d\u00e9barrasser des points de vue dissidents \u00e0 travers des tactiques brutales&quot;, d\u00e9clare Martin Mngomezulu, un stringer swazi d&#39;une agence de presse internationale.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n  La fermeture par le gouvernement zimbabw\u00e9en du Daily News et le pillage de l&#39;infrastructure physique du journal au m\u00e9pris des injonctions de la cour ont provoqu\u00e9 des d\u00e9bats entre des journalistes africains sur Internet, tandis que des pays aussi vari\u00e9s que le Kenya et le Niger ont signal\u00e9 des d\u00e9fis pour leurs m\u00e9dias ind\u00e9pendants.<\/p>\n<p> Au Niger, le Conseil sup\u00e9rieur de la communication a ordonn\u00e9 \u00e0 dix des stations de radios priv\u00e9es du pays de suspendre leurs \u00e9missions.<\/p>\n<p> Robert M\u00e9nard, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de Reporters sans fronti\u00e8res, l&#39;organisation internationale fran\u00e7aise de protection de la presse, a envoy\u00e9 sur-le-champ une lettre au gouvernement nig\u00e9rien pour demander : &quot;Que se passe-t-il au juste au Niger? Un journaliste est emprisonn\u00e9 depuis deux semaines, et maintenant dix stations de radios sont suspendues! Les autorit\u00e9s doivent reconsid\u00e9rer ces actions, et se rappeler leur engagement par rapport \u00e0 la libert\u00e9 de la presse&quot;.<\/p>\n<p> Son organisation a demand\u00e9 express\u00e9ment au gouvernement de r\u00e9tablir les autorisations d&#39;\u00e9mettre des stations de radios, et de lib\u00e9rer le directeur de publication du journal l&#39;Enqu\u00eateur, Charles Souley, qui a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 sans \u00eatre accus\u00e9 formellement d&#39;un quelconque crime, depuis le 13 septembre.<\/p>\n<p> &quot;Souley a commis l&#39;impardonnable, vis-\u00e0-vis du gouvernement, en publiant un article sur la corruption dans les contrats gouvernementaux. Il a pr\u00e9cis\u00e9 le montant du manque \u00e0 gagner&quot;, a communiqu\u00e9 un journaliste nig\u00e9rien \u00e0 ses coll\u00e8gues, via la salle de causerie Internet.<\/p>\n<p> En suspendant les autorisations des stations de radios, qui offraient des informations et opinions alternatives par rapport aux m\u00e9dias gouvernementaux, le conseil de radiodiffusion a dit que les animateurs des radios ne s&#39;\u00e9taient pas &quot;conform\u00e9s aux r\u00e8gles existantes. L&#39;objet de l&#39;infraction n&#39;\u00e9tait pas sp\u00e9cifi\u00e9. Les stations ont jur\u00e9 de continuer \u00e0 \u00e9mettre.<\/p>\n<p> Au Cameroun, le directeur de publication d&#39;un journal a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 pour avoir publi\u00e9 un document du gouvernement, qui n&#39;\u00e9tait pas class\u00e9 secret, mais qui, selon le ministre de la Communication, devait \u00eatre r\u00e9serv\u00e9 pour \u00eatre publication dans le journal officiel.<\/p>\n<p> Les actions des gouvernements du Niger et du Cameroun semblaient clairement destin\u00e9es \u00e0 punir ou \u00e0 fermer des m\u00e9dias qui avaient offusqu\u00e9 les autorit\u00e9s. Le cas des actions du gouvernement k\u00e9nyan, \u00e0 l&#39;encontre des journalistes de ce pays, semblait moins clair, et a pouss\u00e9 les professionnels de la presse \u00e0 d\u00e9battre de l&#39;\u00e9thique dans la presse, la semaine derni\u00e8re.<\/p>\n<p> La communaut\u00e9 des journalistes africains \u00e9tait troubl\u00e9e d&#39;apprendre que trois hauts responsables groupe du journal Standard, y compris le directeur g\u00e9n\u00e9ral, le directeur de la r\u00e9daction et un r\u00e9dacteur en chef adjoint de l&#39;\u00e9dition du dimanche ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s.<\/p>\n<p> Le journal a publi\u00e9 ce qu&#39;il affirmait \u00eatre la confession d&#39;un des suspects d&#39;un meurtre, pr\u00e9sum\u00e9 impliqu\u00e9 dans la mort d&#39;un professeur d&#39;universit\u00e9, qui \u00e9tait membre d&#39;une commission technique faisant partie du processus de r\u00e9vision de la constitution du Kenya. Le meurtre sensationnel, en plein jour, avait des r\u00e9percussions politiques. L&#39;un des cinq suspects en d\u00e9tention pr\u00e9ventive, d\u00e9clarait, selon la &quot;confession&quot; du journal Standard, que le meurtre \u00e9tait en fait un assassinat d&#39;origine politique.<\/p>\n<p> La source de la confession \u00e9tait un responsable de la police k\u00e9nyane. Les dirigeants du journal ont \u00e9t\u00e9 accus\u00e9s d&#39;avoir publi\u00e9 un document confidentiel du gouvernement.<\/p>\n<p> Des d\u00e9fenseurs des m\u00e9dias dans la presse k\u00e9nyane ont \u00e9crit, la semaine derni\u00e8re, sur une conspiration politique qui a encercl\u00e9 le groupe du journal Standard. Certaines des questions soulev\u00e9es \u00e9taient : dans le monde instable de la politique africaine, jusqu&#39;o\u00f9 devrait aller la presse dans ses articles d&#39;investigation? Quelles garanties peuvent cr\u00e9er les journalistes eux-m\u00eames comme protection contre la manipulation de la police ou des autorit\u00e9s au pouvoir?. Le &quot;droit du public \u00e0 savoir&quot; autorise-t-il la presse \u00e0 publier une information sensible comme les enqu\u00eates pr\u00e9liminaires de police? &quot;De plus en plus, je vois des journalistes violer la loi pour obtenir l&#39;information, et crier ensuite \u00e0 &#39;la libert\u00e9 de presse&#39; lorsqu&#39;ils sont arr\u00eat\u00e9s. Nous devons trouver le juste milieu. Je ne dis par que le directeur de publication du &#39;East African Standard&#39; avait tort, et je le soutiendrai avec tout ce que je poss\u00e8de parce qu&#39;il est un coll\u00e8gue. Sa sanction viendra de notre propre sein s&#39;il a commis une faute, plut\u00f4t que d&#39;un gouvernement dont la justice tend \u00e0 \u00eatre s\u00e9lective&quot;, affirme un autre r\u00e9dacteur en chef de &#39;East African&#39; dans une d\u00e9claration envoy\u00e9e par mail \u00e0 des journalistes africains.  La r\u00e9ponse lui est venue d&#39;un journaliste d&#39;Ouganda : &quot;En d\u00e9pit des m\u00e9rites et des d\u00e9m\u00e9rites de l&#39;affaire de nos amis au Kenya, je suppose que oui, des journalistes devraient parfois (et non souvent) violer la loi si elle sert \u00e0 quelque chose de bon. Et croyez-moi, nous ne serons pas les seuls \u00e0 le faire. Je pense que si une loi est stupide ou r\u00e9gressive, c&#39;est notre devoir de la violer pour faire comprendre ceci : que c&#39;est stupide ou r\u00e9gressif&quot;.<\/p>\n<p> Devenant passionn\u00e9, il a poursuivi : &quot;Et je commence vraiment par en avoir assez des secrets du gouvernement. Elisons-nous des gouvernements pour avoir des secrets? Si en tant que journalistes, nous d\u00e9finissons l&#39;un de nos r\u00f4les comme le fait de tenir nos gouvernements pour responsables, il me semble alors que c&#39;est exactement ces secrets d\u00e9sagr\u00e9ables que nous devrions nous efforcer d&#39;exposer.<\/p>\n<p> Et en ce sens, je suis d&#39;accord avec mon professeur de droit des m\u00e9dias qui a dit une fois qu&#39;on devrait permettre de d\u00e9battre de toutes les id\u00e9es, y compris de discuter de la r\u00e9vocation \u00e9nergique d&#39;un gouvernement! Ils ne devraient pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9s tant qu&#39;ils ne prennent pas v\u00e9ritablement des armes pour combattre le gouvernement. Je suis toujours un fervent partisan de l&#39;adage qui dit que les mots n&#39;ont jamais tu\u00e9 personne. Mais des gouvernements ont tu\u00e9 et continuent de le faire&quot;.<\/p>\n<p> Le fait que des journalistes d&#39;Afrique soient en train d&#39;avoir ces d\u00e9bats d&#39;introspection, t\u00e9moigne d&#39;un engagement \u00e0 une couverture m\u00e9diatique juste et \u00e9quilibr\u00e9e, qui profitera en fin de compte aux lecteurs africains. Tout en apportant leur soutien aux coll\u00e8gues qui ont \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s par des gouvernements, les professionnels des m\u00e9dias sur le continent semblent plus pr\u00e9occup\u00e9s par des normes \u00e9thiques que par l&#39;autod\u00e9fense.<\/p>\n<p> Pour les nations africaines \u0153uvrant pour la poursuite des syst\u00e8mes d\u00e9mocratiques de gouvernement, o\u00f9 la presse doit \u00eatre le gardien qui veille contre les abus officiels, ceci est de bon augure pour leurs lecteurs et les citoyens.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>MBABANE, 14 oct (IPS) &#8211; La semaine derni\u00e8re a \u00e9t\u00e9 partout mauvaise pour la presse africaine sur le continent, puisque des gouvernements ont ferm\u00e9 des stations de radios et de journaux priv\u00e9s, et arr\u00eat\u00e9 des directeurs de publication, des journalistes&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/10\/14\/media-une-mauvaise-semaine-pour-des-journalistes-africains\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":8,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,24,10,1,7],"tags":[],"class_list":["post-1812","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-communication-medias","category-droits-humains","category-headlines","category-politique"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1812","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/8"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1812"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1812\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1812"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1812"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1812"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}