{"id":1790,"date":"2003-10-01T13:40:01","date_gmt":"2003-10-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/10\/01\/culture-afrique-des-stereotypes-culturels-demeurent-de-grands-obstaclesdans-la-lutte-contre-le-sida\/"},"modified":"2003-10-01T13:40:01","modified_gmt":"2003-10-01T13:40:01","slug":"culture-afrique-des-stereotypes-culturels-demeurent-de-grands-obstaclesdans-la-lutte-contre-le-sida","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/10\/01\/culture-afrique-des-stereotypes-culturels-demeurent-de-grands-obstaclesdans-la-lutte-contre-le-sida\/","title":{"rendered":"CULTURE-AFRIQUE: Des st\u00e9r\u00e9otypes culturels demeurent de grands obstaclesdans la lutte contre le SIDA"},"content":{"rendered":"<p>NAIROBI, 1 oct (IPS) &#8211; Dans un village \u00e9loign\u00e9 du district de Nyanza sud, dans l&#39;ouest du Kenya, Lawrence Orawa est connu sous le nom de &quot;jater&quot; (couramment traduit comme purificateur de veuves).\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Son travail est d&#39;avoir des rapports sexuels avec des femmes qui ont perdu leurs maris, un rituel destin\u00e9 \u00e0 &quot;purifier&quot; la maison et \u00e0 chasser &quot;les mauvais esprits&quot;.<\/p>\n<p> L&#39;une de ses victimes est Florence Awino (pas de son vrai nom), am\u00e8re, qui est convaincue que son statut s\u00e9ropositif est le r\u00e9sultat de cet acte.<\/p>\n<p>&quot;Mon mari est mort il y a cinq ans, d&#39;un accident de la route. Les anciens m&#39;ont oblig\u00e9e \u00e0 subir ce rituel&quot;, a-t-elle dit dans une interview avec IPS.<\/p>\n<p> &quot;Au d\u00e9but, j&#39;ai refus\u00e9, mais ils m&#39;ont dit que si je ne m&#39;y conformais pas, un mauvais pr\u00e9sage surviendrait \u00e0 mes enfants et \u00e0 moi-m\u00eame. Ils ont \u00e9galement menac\u00e9 de me chasser de la maison. Je n&#39;avais pas beaucoup le choix puisque je d\u00e9pendais de la terre familiale pour mon revenu.<\/p>\n<p>Maintenant ma sant\u00e9 est toute d\u00e9t\u00e9rior\u00e9e. Si seulement je savais!&quot;, regrette-t-elle.<\/p>\n<p> Dans le cas de Vivianne Kanyore, une femme de 45 ans, originaire du nord de l&#39;Ouganda, elle a contract\u00e9 l&#39;infection du VIH\/SIDA par son mari aux m\u0153urs dissolues qui ne supportait pas l&#39;utilisation du condom.  &quot;Je savais qu&#39;il n&#39;\u00e9tait pas clair puisqu&#39;il avait beaucoup de copines dehors. Je craignais pour ma vie, et j&#39;ai commenc\u00e9 par lui demander d&#39;utiliser un condom&quot;, a indiqu\u00e9, \u00e0 IPS, Kanyore (pas de son vrai nom), une participante \u00e0 la conf\u00e9rence de la CISMA qui vient juste de s&#39;achever&quot;, dans un entretien exclusif.<\/p>\n<p>  &quot;La premi\u00e8re fois que j&#39;ai parl\u00e9 d&#39;un condom, j&#39;ai eu l&#39;exp\u00e9rience de ma vie. Il m&#39;a gifl\u00e9e jusqu&#39;\u00e0 ce que mon \u0153il devienne noir. Il m&#39;a m\u00eame accus\u00e9e d&#39;\u00eatre de m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res. La seconde fois que je l&#39;ai mentionn\u00e9, il m&#39;a dit qu&#39;il \u00e9tait l&#39;homme de la maison et que si je n&#39;\u00e9tais pas pr\u00eate \u00e0 avoir des rapports sexuels avec lui, il allait nous chasser, mes trois enfants et moi, de la maison&quot;, a-t-elle poursuivi.<\/p>\n<p> Ces deux sc\u00e9narios mettent en \u00e9vidence le r\u00f4le que la tradition et les normes culturelles jouent dans l&#39;augmentation de la propagation du VIH\/SIDA en Afrique. Elles constituent des injustices de genre, dont on dit qu&#39;elles ont \u0153uvr\u00e9 contre les femmes au c\u0153ur d&#39;une \u00e9pid\u00e9mie de SIDA.<\/p>\n<p> Des statistiques actuelles r\u00e9v\u00e8lent que quelque 29 millions de personnes en Afrique subsaharienne vivent avec le VIH\/SIDA. Environ 58 pour cent des personnes infect\u00e9es sont des femmes.<\/p>\n<p> Des experts de genre ont souvent soutenu que les traditions et les st\u00e9r\u00e9otypes culturels constituaient un important obstacle dans la lutte contre la pand\u00e9mie.<\/p>\n<p> A une conf\u00e9rence par satellite pendant la Conf\u00e9rence de la CISMA qui s&#39;est tenue \u00e0 Nairobi, au Kenya, la semaine derni\u00e8re, Dr Musa Dube, un th\u00e9ologien consultant de l&#39;Initiative VIH\/SIDA du Conseil mondial des \u00e9glises \u0153cum\u00e9niques en Afrique, a fait remarquer que malgr\u00e9 les efforts des femmes pour se prot\u00e9ger contre la maladie, cela s&#39;est av\u00e9r\u00e9 difficile parce qu&#39;elles ne prennent pas le dessus dans les affaires sexuelles.<\/p>\n<p> &quot;Les traditions et les coutumes ne permettent pas aux femmes de s&#39;abstenir. Les choses ayant rapport \u00e0 l&#39;abstinence des femmes n&#39;ont pas march\u00e9 parce que les st\u00e9r\u00e9otypes traditionnels et soci\u00e9taux dictent que les hommes prennent le dessus dans les affaires li\u00e9es au sexe&quot;, a-t-elle fait observer.<\/p>\n<p> Les rapports sur le genre ont souvent affirm\u00e9 que la soci\u00e9t\u00e9 a cr\u00e9\u00e9 des st\u00e9r\u00e9otypes insinuant que c&#39;est un signe de virilit\u00e9 que d&#39;\u00eatre capable de contr\u00f4ler les relations intimes. Les femmes sont, d&#39;un autre c\u00f4t\u00e9, amen\u00e9es \u00e0 croire que les hommes sont les patrons dans tous les aspects de la vie, y compris durant les rapports sexuels.<\/p>\n<p> On craint \u00e9galement que le faible niveau d&#39;\u00e9ducation parmi les filles en Afrique n&#39;entrave la lutte contre la maladie.<\/p>\n<p> &quot;Le faible niveau d&#39;instruction et d&#39;\u00e9ducation parmi les filles et les femmes signifie qu&#39;elles ne peuvent pas mettre la main sur l&#39;information concernant le VIH\/SIDA, et cela signifie la vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 l&#39;infection&quot;, a soulign\u00e9 Carol Sande, pr\u00e9sidente de &quot;Militants pour une soci\u00e9t\u00e9 sans SIDA&quot; (CAFS), une organisation bas\u00e9e \u00e0 Nairobi.<\/p>\n<p> La description traditionnelle des hommes comme le sexe fort et celle des femmes comme le sexe plus faible a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e9norm\u00e9ment \u00e0 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes \u00e0 la maladie. &quot;Les hommes peuvent utiliser leur pouvoir physique; la violence pour emp\u00eacher les femmes d&#39;acc\u00e9der \u00e0 l&#39;information sur la pand\u00e9mie&quot;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude faite en Ouganda par Human Rights Watch indique que la peur de la violence de leurs \u00e9poux emp\u00eache plusieurs femmes d&#39;acc\u00e9der \u00e0 l&#39;information sur le VIH\/SIDA, d&#39;\u00eatre d\u00e9pist\u00e9es pour l&#39;infection du VIH et de recevoir le traitement et des conseils sur le VIH\/SIDA.<\/p>\n<p> &quot;Des femmes participaient aux sessions d&#39;enseignements sur le VIH\/SIDA en secret, et avaient peur de discuter du VIH\/SIDA avec leurs maris, m\u00eame lorsqu&#39;elles soup\u00e7onnaient que les hommes \u00e9taient s\u00e9ropositifs et \u00e9taient la source de leur propre infection&quot;, affirme le rapport intitul\u00e9, &#39;Mourez donc tranquillement : la violence domestique et la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes au VIH en Ouganda&#39;.<\/p>\n<p> Des experts ont souvent pr\u00e9venu que sans s&#39;attaquer aux pr\u00e9jug\u00e9s de genre, la lutte contre le VIH\/SIDA ne portera aucun fruit.<\/p>\n<p> Un engagement pour s&#39;attaquer aux d\u00e9s\u00e9quilibres de genre afin de r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 des femmes a \u00e9t\u00e9 affich\u00e9 le 22 septembre, lorsque des premi\u00e8res dames d&#39;Afrique ont jur\u00e9 de faire campagne contre la discrimination de genre et la honte cr\u00e9\u00e9es \u00e0 travers des st\u00e9r\u00e9otypes traditionnels et soci\u00e9taux.<\/p>\n<p> Les femmes de chefs d&#39;Etat d&#39;Afrique se sont retrouv\u00e9es sous l&#39;Organisation des premi\u00e8res dames contre le SIDA (OAFLA), en marge de la 13\u00e8me Conf\u00e9rence internationale sur le SIDA en Afrique (CISMA).<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>NAIROBI, 1 oct (IPS) &#8211; Dans un village \u00e9loign\u00e9 du district de Nyanza sud, dans l&#39;ouest du Kenya, Lawrence Orawa est connu sous le nom de &quot;jater&quot; (couramment traduit comme purificateur de veuves).<\/p>\n","protected":false},"author":215,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,13,1,30],"tags":[],"class_list":["post-1790","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-culture-religion-sport","category-headlines","category-special-culture-religion-et-genre"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/215"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1790"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1790\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}