{"id":1695,"date":"2003-08-01T13:40:01","date_gmt":"2003-08-01T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/08\/01\/medias-togo-relaxe-de-trois-journalistes-accuses-denvoyer-des-photos-surinternet\/"},"modified":"2003-08-01T13:40:01","modified_gmt":"2003-08-01T13:40:01","slug":"medias-togo-relaxe-de-trois-journalistes-accuses-denvoyer-des-photos-surinternet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/08\/01\/medias-togo-relaxe-de-trois-journalistes-accuses-denvoyer-des-photos-surinternet\/","title":{"rendered":"MEDIAS-TOGO: Relaxe de trois journalistes accus\u00e9s d&#39;envoyer des photos surInternet"},"content":{"rendered":"<p>LOME, 1 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Apr\u00e8s un mois de d\u00e9tention \u00e0 la prison de Lom\u00e9, la capitale du Togo, trois journalistes accus\u00e9s d&#39;avoir envoy\u00e9 des articles et des photos sur des &quot;sites Internet subversifs&quot;, ont \u00e9t\u00e9 relax\u00e9s \u00e0 la fin-juillet.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n En outre, des sites Internet traitant de l&#39;actualit\u00e9 togolaise ne sont plus accessibles \u00e0 partir de ce pays d&#39;Afrique de l&#39;ouest.<\/p>\n<p> Dimas Dzikodo, r\u00e9dacteur en chef de l&#39;hebdomadaire &#39;L&#39;\u00c9v\u00e9nement&#39;, a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 le 14 juin dans un cybercaf\u00e9 de Lom\u00e9 pour avoir scann\u00e9 des photos qui, selon le procureur de la R\u00e9publique, aurait \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9es sur un site Internet.  Colombo Kpakpabia du journal &#39;Nouvel Echo&#39;, venu voir Dzikodo peu avant son arrestation dans le cybercaf\u00e9, a \u00e9t\u00e9 interpell\u00e9 \u00e9galement le m\u00eame jour. Le lendemain, le directeur de publication de l&#39;Ev\u00e9nement, Philippe Ev\u00e9gnon, a aussi \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 pr\u00e8s de son domicile.<\/p>\n<p> Selon T\u00eako Koudouwovo, directeur de la police judiciaire, Dzikodo a envoy\u00e9 les photos sur un site Internet. Mais, le commissaire Koudouwovo n&#39;a pu r\u00e9v\u00e9ler le nom ni l&#39;adresse du site et il n&#39;a pu dire, non plus, si les photos en question ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9es par le site.<\/p>\n<p> &quot;Ces photos pr\u00e9sentent des bless\u00e9s d&#39;un accident de la circulation, mais en les publiant comme des preuves d&#39;une pr\u00e9tendue r\u00e9pression d&#39;une manifestation, les auteurs font entorse \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9, ils d\u00e9sinforment l&#39;opinion et incitent la population \u00e0 la r\u00e9volte et \u00e0 la vengeance&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Koudouwovo, au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse. &quot;Ces faits sont constitutifs de publication de fausses nouvelles et de troubles \u00e0 l&#39;ordre public&quot;.<\/p>\n<p> Les journalistes ont \u00e9t\u00e9 alors inculp\u00e9s de &quot;tentative de diffusion de fausses informations et de tentative de trouble \u00e0 l&#39;ordre public&quot;. Ils ont rejet\u00e9 ces accusations au cours de leur proc\u00e8s. Le procureur Kodjo Karba a demand\u00e9 la relaxe de Evegnon et de Kpakpabia, mais a requis contre Dzikodo 12 mois de prison avec sursis, plus une amende de 500.000 francs CFA (environ 877 dollars US).<\/p>\n<p> Au cours du proc\u00e8s, les trois journalistes ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 avoir \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9s pendant leur garde \u00e0 vue \u00e0 la direction de la police nationale. &quot;Ils m&#39;ont \u00e9tal\u00e9 par terre et l&#39;un d&#39;entre eux est mont\u00e9 sur mes tibias pendant que je recevais des coups sur la plante des pieds, j&#39;en ai re\u00e7u au moins 200&quot;, a affirm\u00e9 Kpakpabia \u00e0 l&#39;audience.<\/p>\n<p> Dzikodo, avec le pied gauche band\u00e9, a rench\u00e9ri : &quot;Ils m&#39;ont pouss\u00e9 au sol et se sont mis \u00e0 me battre avec un gros b\u00e2ton qui s&#39;est d\u00e9chiquet\u00e9; du sang a gicl\u00e9 de mon front&quot;.  Ces r\u00e9v\u00e9lations ont suscit\u00e9 de vives protestations et l&#39;indignation des organisations de d\u00e9fense de la libert\u00e9 de la presse. &quot;L&#39;Union des journalistes ind\u00e9pendants du Togo (UJIT) condamne les traitements inhumains et d\u00e9gradants inflig\u00e9s \u00e0 ces confr\u00e8res&quot;, \u00e9crit Daniel Lawson-Drackey, son secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral, dans communiqu\u00e9.<\/p>\n<p> &quot;Nous sommes constern\u00e9s par les mauvais traitements inflig\u00e9s \u00e0 Dimas Dzikodo et Colombo Kpakpabia, brutalis\u00e9s par les policiers au cours de leurs interrogatoires&quot;, a d\u00e9clar\u00e9 Robert M\u00e9nard, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l&#39;association Reporters sans fronti\u00e8res (RSF).<\/p>\n<p> Ces accusations ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9menties par les autorit\u00e9s togolaises. &quot;Nous d\u00e9non\u00e7ons formellement tout cas de torture qui aurait \u00e9t\u00e9 all\u00e9gu\u00e9&quot;, a indiqu\u00e9 Pitang Tchalla, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement.<\/p>\n<p> C\u00e9lestin Dzidoula, informaticien, n&#39;a pas cach\u00e9 sa col\u00e8re face \u00e0 la d\u00e9cision de jeter en prison des journalistes pour avoir scann\u00e9 des photos.<\/p>\n<p>&quot;Les autorit\u00e9s feraient mieux d&#39;interdire officiellement aux journalistes d&#39;\u00eatre en possession de photos et \u00e0 toute la population d&#39;aller visiter Internet&quot;, a-t-il dit.  Il regrette que des sites Internet &#8211; traitant de l&#39;actualit\u00e9 togolaise et qui seraient jug\u00e9s subversifs par les autorit\u00e9s togolaises &#8211; ne soient plus accessibles \u00e0 partir du Togo. L&#39;acc\u00e8s aux sites &quot;letogolais.com; togoforum.com; Diastode.org; togodebout.com; icilome.com&quot; est difficile, voire impossible depuis plusieurs mois au Togo. Ces sites sont cr\u00e9\u00e9s et g\u00e9r\u00e9s par des Togolais de la diaspora.  L&#39;initiative de cr\u00e9er ces sites est venue en r\u00e9ponse \u00e0 la modification du code de la presse au Togo; la nouvelle loi, adopt\u00e9e l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re par le parlement, pr\u00e9voit des peines d&#39;emprisonnement des journalistes pour des d\u00e9lits de presse.<\/p>\n<p> &quot;Face une loi liberticide sur la presse et d\u00e9nonc\u00e9e par les associations de journalistes, ces derniers ne peuvent que se tourner vers les nouvelles technologies qui, au d\u00e9part, garantissaient quand m\u00eame la libert\u00e9 d&#39;expression; mais voil\u00e0 que nos autorit\u00e9s veulent arr\u00eater le progr\u00e8s&quot;, commente par message \u00e9lectronique \u00e0 IPS Hilary Agbovi, r\u00e9fugi\u00e9 togolais en Europe.<\/p>\n<p> &quot;Ce filtrage est un acte de censure d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 des autorit\u00e9s togolaises face \u00e0 la plume d\u00e9brid\u00e9e de ceux qui tiennent des journaux virtuels, qui profitent des avantages du Web pour tout dire&quot;, affirme Jean Fran\u00e7ois Koriko, un webmaster.<\/p>\n<p> Emilie Kangni, \u00e9tudiante en informatique, qualifie la mesure de pratique &quot;r\u00e9trograde d&#39;un autre si\u00e8cle&quot;.<\/p>\n<p> Pour Foli Ekou\u00e9, m\u00e9decin interne au Centre hospitalier universitaire de Lom\u00e9, &quot;C&#39;est une autre forme de dictature et c&#39;est la preuve que ceux qui nous gouvernent n&#39;aiment pas le progr\u00e8s&quot;.<\/p>\n<p> Lawson-Drackey estime que cette censure est une violation de la libert\u00e9 d&#39;expression et de la presse. &quot;C&#39;est un acte qui porte atteinte au d\u00e9veloppement des technologies de l&#39;information et de la communication, et cela ne participe pas au d\u00e9veloppement du pays&quot;.   Par contre Piyalo Wiyao, fonctionnaire \u00e0 Lom\u00e9, se r\u00e9jouit du blocage de l&#39;acc\u00e8s aux sites. &quot;Ces sites sont des sites de la honte qui vilipendent le Togo et ses dirigeants \u00e0 l&#39;ext\u00e9rieur, alors, les autorit\u00e9s ont bien fait de les bloquer&quot;. Elle se r\u00e9jouit de l&#39;arrestation des trois journalistes par la police, estimant que &quot;c&#39;est bien aussi qu&#39;on punisse ceux qui ternissent l&#39;image du Togo \u00e0 l&#39;\u00e9tranger, m\u00eame s&#39;ils sont des journalistes&quot;.<\/p>\n<p> Mais Jonas Sokpoh, l&#39;un des neuf avocats des journalistes, a demand\u00e9 lors du proc\u00e8s : &quot;Entre ceux qui torturent les journalistes arbitrairement arr\u00eat\u00e9s et les innocents qu&#39;on a arr\u00eat\u00e9s, qui ternit l&#39;image du Togo?&quot;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>LOME, 1 ao\u00fbt (IPS) &#8211; Apr\u00e8s un mois de d\u00e9tention \u00e0 la prison de Lom\u00e9, la capitale du Togo, trois journalistes accus\u00e9s d&#39;avoir envoy\u00e9 des articles et des photos sur des &quot;sites Internet subversifs&quot;, ont \u00e9t\u00e9 relax\u00e9s \u00e0 la fin-juillet.<\/p>\n","protected":false},"author":209,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,24,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1695","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-communication-medias","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1695","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/209"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1695"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1695\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1695"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1695"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1695"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}