{"id":1683,"date":"2003-07-21T13:40:01","date_gmt":"2003-07-21T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/07\/21\/developpement-le-burkina-faso-nexclut-pas-lintroduction-du-cotontransgenique\/"},"modified":"2003-07-21T13:40:01","modified_gmt":"2003-07-21T13:40:01","slug":"developpement-le-burkina-faso-nexclut-pas-lintroduction-du-cotontransgenique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/07\/21\/developpement-le-burkina-faso-nexclut-pas-lintroduction-du-cotontransgenique\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT: Le Burkina Faso n&#39;exclut pas l&#39;introduction du cotontransg\u00e9nique"},"content":{"rendered":"<p>BOBODIOULASSO, 21 juil (IPS) &#8211; Pour lutter efficacement contre les chenilles qui d\u00e9truisent, chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du coton graine en raison de la r\u00e9sistance croissante des parasites aux produits chimiques, le Burkina Faso n&#39;exclut plus l&#39;introduction du coton transg\u00e9nique, selon les autorit\u00e9s.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Le coton transg\u00e9nique permet \u00e9galement d&#39;accro\u00eetre la production cotonni\u00e8re. Le coton repr\u00e9sente 60 pour cent des recettes de ce pays pauvre d&#39;Afrique de l&#39;ouest, et fait vivre directement 2,5 millions de producteurs.<\/p>\n<p> Depuis cette ann\u00e9e, des essais sont men\u00e9s dans des champs isol\u00e9s par l&#39;Institut national de l&#39;environnement et de la recherche agricole (INERA) dans deux stations de l&#39;est et de l&#39;ouest du Burkina, sur le coton BT (Bacillius Thurengiensis). Le BT, un g\u00e8ne insecticidal, est inject\u00e9 dans le cotonnier pour le rendre r\u00e9sistant aux ravageurs.<\/p>\n<p> La r\u00e9v\u00e9lation des recherches en cours et l&#39;annonce de l&#39;\u00e9ventualit\u00e9 de l&#39;introduction du coton g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9 ont eu lieu la semaine derni\u00e8re \u00e0 Bobodioulasso, \u00e0 360 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;ouest de Ouagadougou, la capitale burkinab\u00e8, \u00e0 l&#39;issue d&#39;un atelier international sur les organismes g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s (OGM) et le coton transg\u00e9nique.<\/p>\n<p> &quot;Moyennant un certain nombre de conditions de respect de textes r\u00e9glementaires en la mati\u00e8re, de bios\u00e9curit\u00e9 pour minimiser les risques et les inqui\u00e9tudes par rapport aux OGM, il est permis d&#39;envisager, dans un venir tr\u00e8s proche, que le Burkina cultivera le coton transg\u00e9nique&quot;, explique Georges Yameogo, directeur de la production cotonni\u00e8re de la Soci\u00e9t\u00e9 des fibres et textiles du Burkina (SOFITEX).<\/p>\n<p> Les chercheurs burkinab\u00e8, qui travaillent d\u00e9j\u00e0 avec le principal groupe d\u00e9veloppant des OGM &#8211; le groupe am\u00e9ricain Monsanto pour le coton &#8211; \u00e9tablira bient\u00f4t d&#39;autres contrats de recherche avec la firme suisse Syngenta, sp\u00e9cialis\u00e9e dans les OGM. &quot;Devons nous rester en marge de la recherche sur les OGM pour nous laisser envahir un jour par la fraude ou, par obligation, par les produits des autres?&quot;, interroge Hamidou Boly, directeur de l&#39;Institut national de la recherche agronomique. Il qualifie de &quot;courageuse et justifi\u00e9e&quot; la d\u00e9cision des autorit\u00e9s de mener des recherches sur les OGM au Burkina.<\/p>\n<p> &quot;Cependant&quot; avertit-il, &quot;avant toute d\u00e9cision finale, nous allons faire des \u00e9tudes \u00e9conomiques et sociologiques approfondies pour accompagner les \u00e9tudes scientifiques sur l&#39;adaptation aux conditions climatiques, la qualit\u00e9 de la fibre produite et l&#39;avantage r\u00e9el pour les producteurs&quot;.<\/p>\n<p> Selon Mourad Abdennadher, directeur technique de Monsanto, les avantages directs du coton transg\u00e9nique sont l&#39;augmentation de la production de 30 \u00e0 60 pour cent, la baisse consid\u00e9rable des substances chimiques et la r\u00e9duction de l&#39;empoisonnement de l&#39;utilisateur. &quot;La nappe phr\u00e9atique est ainsi sauv\u00e9e de la pollution des substances nocives et le producteur gagne suffisamment car il a du temps pour faire autre chose&quot;, explique-t-il.<\/p>\n<p> Le Burkina importe, chaque ann\u00e9e, plus de 4 millions de litres de pesticides jug\u00e9s nocifs pour l&#39;environnement, la terre et les populations \u00e0 terme. Les autorit\u00e9s comptent trouver, dans le coton transg\u00e9nique, une parade pour r\u00e9duire les 30 milliards de francs CFA (environ 52,6 millions de dollars US) qu&#39;ils d\u00e9pensent par an pour les intrants, dont 10 milliards FCFA (environ 17,5 millions de dollars US) pour les insecticides. La SOFITEX esp\u00e8re r\u00e9duire de huit \u00e0 deux le nombre de traitements du cotonnier.<\/p>\n<p> Les espoirs des autorit\u00e9s r\u00e9sident dans la capacit\u00e9 pr\u00e9sum\u00e9e du coton transg\u00e9nique de lutter &quot;seul&quot; contre les ravageurs du cotonnier, notamment la chenille &#39;h\u00e9licoverpa armigera&#39; pr\u00e9sent\u00e9e comme l&#39;ennemi principal du cotonnier dans les pays de la sous-r\u00e9gion comme le B\u00e9nin, le S\u00e9n\u00e9gal et le Mali.   Le Burkina Faso \u00e9tant l&#39;un des pays signataires du protocole de Cartagena sur les pr\u00e9ventions des risques biotechnologiques, les chercheurs affirment qu&#39;ils respecteront les conditions de s\u00e9curit\u00e9 en exigeant l&#39;utilisation de la vari\u00e9t\u00e9 locale sur laquelle sera transf\u00e9r\u00e9 le g\u00e8ne qui permettra de lutter contre les parasites et n\u00e9cessitera moins d&#39;insecticides.<\/p>\n<p> Les autorit\u00e9s, qui se veulent rassurantes, indiquent qu&#39;elles ne vulgariseront le coton transg\u00e9n\u00e9tique qu&#39;une fois les risques sur la biodiversit\u00e9 \u00e9cart\u00e9s \u00e0 travers des tests en laboratoire et des directives nationales en \u00e9laboration.<\/p>\n<p> Au vu des r\u00e9sultats atteints en Afrique du Sud depuis 1998, par l&#39;introduction du coton transg\u00e9nique BT, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 esp\u00e8rent une am\u00e9lioration du rendement de 30 pour cent.  Selon Phenas Gumade, fermier sud-africain qui a introduit le coton BT depuis 2000, sa production a augment\u00e9 de 75 pour cent, atteignant souvent les deux tonnes \u00e0 l&#39;hectare, et l&#39;utilisation des insecticides a diminu\u00e9 de 40 pour cent. &quot;La qualit\u00e9 et la quantit\u00e9 de la fibre font aujourd&#39;hui des fermiers locaux de vrais op\u00e9rateurs \u00e9conomiques qui emploient une main-d&#39;\u0153uvre et peuvent envoyer leurs enfants \u00e0 l&#39;\u00e9cole&quot;, souligne Gumade.<\/p>\n<p> Au Burkina, la production par hectare est de 1,2 tonne en raison des d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par la chenille et on esp\u00e8re atteindre rapidement 1,5 tonne\/hectare avec le coton transg\u00e9n\u00e9tique. Selon des chercheurs de la firme Monsanto, le rendement par hectare peut augmenter de 33 \u00e0 80 pour cent quand les conditions climatiques sont favorables.<\/p>\n<p> Pour C\u00e9lestin Tiendrebeogo, directeur g\u00e9n\u00e9ral de la SOFITEX, il s&#39;agit de parer au plus press\u00e9 avant que les parasites d\u00e9couragent les producteurs..<\/p>\n<p>&quot;Dans 10, 15 ans, les OGM vont s&#39;imposer car avec la r\u00e9sistance actuelle aux pesticides, nous ne pourrons pas tenir longtemps, et les paysans risquent d&#39;abandonner la culture du coton&quot;, explique-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Le coton est vital pour le pays aujourd&#39;hui, c&#39;est donc une priorit\u00e9 pour nous d&#39;explorer toutes les pistes qui offrent une opportunit\u00e9 d&#39;augmenter les revenus du monde rural en luttant contre les ravageurs&quot;, ajoute Tiendrebeogo.<\/p>\n<p> Pour Frederick Perlak, un sp\u00e9cialiste, l&#39;exemple du Burkina sera probablement suivi par les autres pays ouest-africains. &quot;L&#39;introduction de la technologie rend le producteur plus comp\u00e9titif et dans le cas du Burkina comme dans la sous-r\u00e9gion que nous esp\u00e9rons voir s&#39;int\u00e9resser \u00e0 la recherche, nous allons d&#39;abord tester les r\u00e9sultats avant de prendre toute d\u00e9cision finale&quot;, indique Perlak.<\/p>\n<p> Pour les autorit\u00e9s, les nouvelles technologies doivent entra\u00eener une r\u00e9action en cha\u00eene qui augmentera la production de coton, de fibre et de tourteaux pour l&#39;industrie et beaucoup d&#39;huile. Les autorit\u00e9s entendent \u00e9galement clarifier la question du brevetage afin, disent-elles, que chaque partie gagne dans le projet et en mati\u00e8re de droits de la propri\u00e9t\u00e9 intellectuelle. Il ne faut pas que le Burkina perde dans les transactions.<\/p>\n<p> Mais les anti-OGM recommandent la prudence au gouvernement. &quot;Il est urgent d&#39;attendre, de prendre le temps d&#39;\u00e9lucider, de comprendre les acquis et les inconv\u00e9nients car les dangers pour l&#39;homme ne sont pas encore totalement \u00e9tudi\u00e9s&quot;, avertit le p\u00e8re Jacques Simpor\u00e9, g\u00e9n\u00e9ticien membre de l&#39;acad\u00e9mie de la Vie au Vatican. &quot;Il faut encore favoriser la recherche avant d&#39;entreprendre la vulgarisation&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Il est vrai que nous voulons gagner beaucoup de coton, mais il faut que nos pr\u00e9occupations soient prises en compte, sinon nous ne serons pas au rendez-vous&quot;, estime Fran\u00e7ois Traor\u00e9, pr\u00e9sident de la F\u00e9d\u00e9ration nationale des paysans du Burkina.  Malgr\u00e9 les assurances des chercheurs se fondant sur des exp\u00e9riences concluantes men\u00e9es en Australie et en Afrique du Sud, les paysans burkinab\u00e8 craignent une contamination des g\u00e8nes du nouveau cotonnier aux autres cultures de consommation qui sont produites pr\u00e8s des champs de coton.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BOBODIOULASSO, 21 juil (IPS) &#8211; Pour lutter efficacement contre les chenilles qui d\u00e9truisent, chaque ann\u00e9e, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 du coton graine en raison de la r\u00e9sistance croissante des parasites aux produits chimiques, le Burkina Faso n&#39;exclut plus l&#39;introduction du&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/07\/21\/developpement-le-burkina-faso-nexclut-pas-lintroduction-du-cotontransgenique\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1],"tags":[],"class_list":["post-1683","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1683","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1683"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1683\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1683"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1683"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1683"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}