{"id":1677,"date":"2003-07-17T13:40:01","date_gmt":"2003-07-17T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/07\/17\/science-des-beninois-font-de-la-recherche-pour-regler-leurs-problemesquotidiens\/"},"modified":"2003-07-17T13:40:01","modified_gmt":"2003-07-17T13:40:01","slug":"science-des-beninois-font-de-la-recherche-pour-regler-leurs-problemesquotidiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/07\/17\/science-des-beninois-font-de-la-recherche-pour-regler-leurs-problemesquotidiens\/","title":{"rendered":"SCIENCE: Des B\u00e9ninois font de la recherche pour r\u00e9gler leurs probl\u00e8mesquotidiens"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 17 juil (IPS) &#8211; La comm\u00e9moration de la journ\u00e9e de la Renaissance scientifique de l&#39;Afrique, le 5 juillet, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au grand public les \u0153uvres de quelques inventeurs b\u00e9ninois qui apportent des solutions concr\u00e8tes aux probl\u00e8mes quotidiens de leurs compatriotes.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Un professeur d&#39;universit\u00e9, Joseph Hounhouigan, s&#39;est illustr\u00e9 dans la recherche agroalimentaire. Il a invent\u00e9 un proc\u00e9d\u00e9 permettant de faire, sous forme de granul\u00e9s secs ensach\u00e9s, la bouillie la plus pris\u00e9e des B\u00e9ninois, le &#39;aklui&#39;, l&#39;\u00e9quivalent local du caf\u00e9 ou du th\u00e9 pris au petit d\u00e9jeuner par les nantis.  &quot;Le aklui est populaire et fait l&#39;objet d&#39;une consommation quasi quotidienne chez les B\u00e9ninois. A Cotonou, la plus grande ville du B\u00e9nin, c&#39;est le deuxi\u00e8me produit consomm\u00e9 au petit d\u00e9jeuner apr\u00e8s le riz accompagn\u00e9 de sauce&quot;, r\u00e9v\u00e8le Hounhouigan, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une enqu\u00eate men\u00e9e en 2000 dans la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise qui compte quelque 700.000 habitants.  La plupart des consommateurs ach\u00e8tent le &#39;aklui&#39; aupr\u00e8s des productrices-vendeuses. Or, certaines personnes instruites et \u00e9conomiquement ais\u00e9es mettent en doute la qualit\u00e9 sanitaire du produit vendu par ces dames et, de ce fait, en consomment peu ou pas du tout. De plus, le processus artisanal de fabrication du &#39;aklui&#39; \u00e9tant long et p\u00e9nible, ces personnes ne pouvaient pas, elles-m\u00eames, en fabriquer \u00e0 la maison. R\u00e9sultat : elles n&#39;arrivaient plus \u00e0 consommer leur bouillie pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e.  Il apparaissait alors n\u00e9cessaire de stimuler la production et la consommation de cette bouillie en m\u00e9canisant partiellement sa production et en am\u00e9liorant la qualit\u00e9 du produit. Les recherches de l&#39;\u00e9quipe du professeur Hounhouigan ont abouti \u00e0 un produit roul\u00e9, sec, pr\u00eat \u00e0 cuire, prim\u00e9 le 5 juillet par le Centre b\u00e9ninois de la recherche scientifique et technique (CBRST).  Le CBRST a \u00e9galement r\u00e9compens\u00e9 une chercheuse autodidacte, S\u00e9bastienne Adjadogb\u00e9, qui a cr\u00e9\u00e9 un th\u00e9 \u00e0 base de soja qu&#39;elle a appel\u00e9 &quot;J&#39;assure le th\u00e9&quot;. Un produit qui, selon elle, &quot;poss\u00e8de des vertus alimentaires et th\u00e9rapeutiques&quot;.  La qualit\u00e9 premi\u00e8re de ce produit d\u00e9j\u00e0 vendu dans les pharmacies et les supermarch\u00e9s au B\u00e9nin, est que, contrairement au th\u00e9 habituel issu d&#39;un arbre, il est extrait du soja, une plante l\u00e9gumineuse, riche en prot\u00e9ines, en plusieurs vitamines et en sels min\u00e9raux.  &#39;J&#39;assure le th\u00e9&#39; &quot;est un substitut des th\u00e9s et caf\u00e9s occidentaux. Il a l&#39;avantage de ne contenir aucun excitant. Pris avec de l&#39;eau chaude, du sucre et du lait, il peut aider \u00e0 limiter les maladies cardio-vasculaires&quot;, affirme Adjadogb\u00e9.  Gado Idrissou, jeune \u00e9tudiant sorti en 2002 du Complexe polytechnique universitaire (CPU) de Cotonou, a invent\u00e9 un fumoir \u00e0 poissons am\u00e9lior\u00e9, qui permettra aux femmes de conserver pendant plusieurs mois, au lieu de quelques jours, leurs poissons fum\u00e9s.  &quot;Avec ce fumoir am\u00e9lior\u00e9, les poissons sont fum\u00e9s \u00e0 la vapeur et non au feu. Cela permet d&#39;avoir des poissons bien fum\u00e9s et mieux conserv\u00e9s&quot;, confie Idrissou.  &quot;Lorsqu&#39;on sait que le poisson est l&#39;un des aliments les plus consomm\u00e9s au sud du B\u00e9nin, on comprend mieux la port\u00e9e de l&#39;invention de Gado Idrissou&quot;, commente D\u00e9sir\u00e9 Vigan, professeur dans un coll\u00e8ge de Cotonou.  Une &quot;mallette de s\u00fbret\u00e9&quot; est l&#39;invention class\u00e9e premi\u00e8re par le jury du CBRST. L&#39;inventeur, un ing\u00e9nieur agronome, Pierre A\u00efounou, dans le d\u00e9partement du Mono (sud-ouest du B\u00e9nin), a constat\u00e9 que ses agents de vulgarisation sont souvent agress\u00e9s par des bandits quand ils vont sur le terrain. Leurs mat\u00e9riels, les motos notamment, sont vol\u00e9s, et les bandits attentent parfois \u00e0 leur vie lorsqu&#39;ils tentent de leur r\u00e9sister.  Les enqu\u00eates ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que c&#39;est par la carte de zone et l&#39;ardoise murale, affich\u00e9es devant la porte du logement de l&#39;agent, que les malfrats arrivent \u00e0 conna\u00eetre son itin\u00e9raire de travail pour la journ\u00e9e pour se mettre \u00e0 sa trousse en pleine brousse.  A\u00efounou a alors con\u00e7u une mallette s\u00e9curis\u00e9e contenant la carte de zone et l&#39;ardoise murale, qui permet de garder secr\u00e8tes les informations sur la position g\u00e9ographique des agents. Ainsi est n\u00e9e la CAMAP (Carte et ardoise murale \u00e0 acc\u00e8s prot\u00e9g\u00e9). La mallette reste fix\u00e9e au mur, mais est inaccessible aux intrus.  &quot;Avec la CAMAP, seules les personnes qui connaissent le code de la mallette, notamment l&#39;agent et son patron, ont acc\u00e8s aux informations qui y sont contenues&quot;, explique A\u00efounou.  La mallette permet \u00e9galement de mettre \u00e0 l&#39;abri &#8211; des intemp\u00e9ries et du vol &#8211; les outils de vulgarisation habituellement affich\u00e9s.  &quot;Avec de tels r\u00e9sultats, peut-on continuer \u00e0 dire, sans \u00eatre g\u00ean\u00e9, que les Africains ne font pas de la recherche?&quot;, s&#39;interroge le professeur Moudachirou Mansourou, chercheur au CBRST.  Mansourou ajoute : &quot;Ce qui nous manque le plus, ce sont les moyens.<\/p>\n<p>Figurez-vous qu&#39;au CBRST, cela fait plusieurs ann\u00e9es que nous demandons sans succ\u00e8s qu&#39;on nous augmente le d\u00e9bit de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9. Lorsque le chercheur b\u00e9ninois doit se rendre sur un champ d&#39;exp\u00e9rimentation, il est oblig\u00e9 d&#39;y aller avec sa propre voiture. Et s&#39;il n&#39;a pas de voiture, que va-t-il faire? Il arr\u00eate ses recherches? Voil\u00e0 pourquoi les chercheurs africains n&#39;avancent pas. Il nous faut des moyens comme dans les pays occidentaux, ce n&#39;est pas le talent qui nous manque&quot;.  &quot;Je constate que toutes ces inventions prim\u00e9es par le CBRST apportent des r\u00e9ponses ponctuelles \u00e0 des probl\u00e8mes qui se sont pos\u00e9s \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre aux B\u00e9ninois. C&#39;est la preuve que les Africains sont capables de r\u00e9fl\u00e9chir et de trouver des solutions \u00e0 leurs probl\u00e8mes si on leur en donne les moyens&quot;, soutient Armelle Hounou, \u00e9tudiante \u00e0 l&#39;Universit\u00e9 d&#39;Abomey-Calavi, \u00e0 15 kilom\u00e8tres de Cotonou.  Le ministre de l&#39;Enseignement sup\u00e9rieur et de la Recherche scientifique, K\u00e8moko Bagnan, a promis de soutenir les laur\u00e9ats &quot;pour entra\u00eener les jeunes talents inventeurs et innovateurs b\u00e9ninois sur leur voie&quot;.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 17 juil (IPS) &#8211; La comm\u00e9moration de la journ\u00e9e de la Renaissance scientifique de l&#39;Afrique, le 5 juillet, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 au grand public les \u0153uvres de quelques inventeurs b\u00e9ninois qui apportent des solutions concr\u00e8tes aux probl\u00e8mes quotidiens de leurs&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/07\/17\/science-des-beninois-font-de-la-recherche-pour-regler-leurs-problemesquotidiens\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,1,21],"tags":[],"class_list":["post-1677","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-headlines","category-science-technologie"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1677","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1677"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1677\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1677"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1677"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1677"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}