{"id":1590,"date":"2003-05-20T13:40:01","date_gmt":"2003-05-20T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/20\/environnement-senegal-des-ecoles-volent-au-secours-des-plantesmedicinales-menacees-de-disparition\/"},"modified":"2003-05-20T13:40:01","modified_gmt":"2003-05-20T13:40:01","slug":"environnement-senegal-des-ecoles-volent-au-secours-des-plantesmedicinales-menacees-de-disparition","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/20\/environnement-senegal-des-ecoles-volent-au-secours-des-plantesmedicinales-menacees-de-disparition\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-SENEGAL: Des \u00e9coles volent au secours des plantesm\u00e9dicinales menac\u00e9es de disparition"},"content":{"rendered":"<p>DAKAR, 20 mai (IPS) &#8211; Les plantes m\u00e9dicinales, qui couvrent plus de 80 pour cent des besoins des populations du S\u00e9n\u00e9gal en soins de sant\u00e9, sont aujourd&#39;hui menac\u00e9es de disparition, selon des naturalistes.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Conscientes de ce danger, les \u00e9coles secondaires s\u00e9n\u00e9galaises se mobilisent pour emp\u00eacher le d\u00e9sastre, en tablant sur le changement des comportements.<\/p>\n<p> En milieu rural, la menace de disparition de certaines plantes, ou arbres, utilis\u00e9s depuis la nuit des temps par les populations comme rem\u00e8des pour certaines maladies, est due \u00e0 la s\u00e9cheresse qui s\u00e9vit toujours dans certaines zones du S\u00e9n\u00e9gal, la d\u00e9t\u00e9rioration de la qualit\u00e9 des sols et \u00e0 l&#39;exploitation abusive des plantes par l&#39;homme, selon les naturalistes.  &quot;C&#39;est le cas du baobab dont les villageois utilisent les fruits pour soigner la diarrh\u00e9e, les feuilles pour agr\u00e9menter le couscous de mil, les branches pour nourrir le b\u00e9tail et le bois pour se chauffer&quot;, indique Boubacar Ciss\u00e9 Fall, charg\u00e9 de programme aupr\u00e8s de l&#39;\u00e9quipe Plantes m\u00e9dicinales de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) Enda Tiers Monde.<\/p>\n<p> En milieu urbain, c&#39;est surtout le suremploi des plantes m\u00e9dicinales par les populations qui ne peuvent pas acc\u00e9der aux m\u00e9dicaments tr\u00e8s chers des pharmacies modernes. Parmi ces plantes, figurent l&#39;acacia Italica utilis\u00e9 comme laxatif et le fagara Xanthylo\u00eedef, appel\u00e9 commun\u00e9ment fagara, pris\u00e9 par les malades souffrant de dr\u00e9panocytose.<\/p>\n<p> S&#39;ajoute \u00e0 cela, selon Fall, l&#39;effet nuisible des &quot;r\u00e9colteurs&quot; &#8211; une nouvelle profession &#8211; qui vont en brousse pour r\u00e9colter, sans mesure, les plantes m\u00e9dicinales pour ensuite les revendre aux herboristes.<\/p>\n<p> Selon les chercheurs qui ont travaill\u00e9 sur ce ph\u00e9nom\u00e8ne, la solution, \u00e0 long terme, passerait par les \u00e9coles. &quot;Il s&#39;agit de cr\u00e9er, au sein des \u00e9coles, des jardins botaniques qui ont l&#39;avantage de rassembler des esp\u00e8ces rares et en voie de disparition&quot;, estime Sidi Diallo, professeur des sciences de la vie et de la terre dans un \u00e9tablissement secondaire de Mbour, une ville c\u00f4ti\u00e8re situ\u00e9e \u00e0 environ 90 kilom\u00e8tres au sud de Dakar, la capitale s\u00e9n\u00e9galaise.  &quot;Notre jardin rassemble une centaine d&#39;esp\u00e8ces menac\u00e9es&quot;, indique Diallo.<\/p>\n<p>&quot;Les \u00e9l\u00e8ves sont les principaux acteurs de ce projet : culture, gestion et protection des plantes du jardin&quot;.<\/p>\n<p> Selon Badji Abba, directeur du coll\u00e8ge de Mbour, &quot;Notre objectif est d&#39;ouvrir les yeux de la communaut\u00e9 sur la menace qui p\u00e8se sur les plantes m\u00e9dicinales, en passant par les enfants des \u00e9coles. Il est bon d&#39;installer ce r\u00e9flexe d\u00e8s le jeune \u00e2ge&quot;.<\/p>\n<p> &quot;Apr\u00e8s avoir pass\u00e9 beaucoup de temps dans le jardin botanique de notre \u00e9cole, j&#39;ai appris \u00e0 mieux traiter les plantes et \u00e0 avoir plus de respect pour la nature&quot;, confie Ndiat\u00e9 Kane, 16 ans, \u00e9l\u00e8ve dans le coll\u00e8ge.  Cette exp\u00e9rience entreprise, depuis environ quatre ans, par cet \u00e9tablissement, avec l&#39;appui d&#39;Enda Tiers Monde, l&#39;Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et le Centre de recherches pour le d\u00e9veloppement international (CRDI), a fait tache d&#39;huile dans d&#39;autres \u00e9coles des diff\u00e9rentes r\u00e9gions du S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p> A Fatick, une localit\u00e9 situ\u00e9e \u00e0 155 km au sud-est de Dakar, l&#39;\u00e9cole Moustapha Beydi s&#39;occupe notamment de la r\u00e9habilitation de quelques esp\u00e8ces d&#39;arbres menac\u00e9s de disparition, parmi lesquelles, le cade. &quot;C&#39;est une esp\u00e8ce tr\u00e8s exigeante en eau et \u00e0 cause des changements climatiques, nous avons constat\u00e9 qu&#39;elle disparaissait progressivement. Depuis quelque temps, nous avons commenc\u00e9 \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 un plan de sauvetage de cette esp\u00e8ce avec nos \u00e9l\u00e8ves&quot;, explique Abdou Karim Ndiaye, enseignant de cette \u00e9cole.  Tout comme le baobab, le cade a des effets th\u00e9rapeutiques puisque l&#39;huile extraite de son bois est tr\u00e8s utilis\u00e9e en dermatologie. Cette esp\u00e8ce aide aussi \u00e0 r\u00e9g\u00e9n\u00e9rer le sol et \u00e0 maintenir un certain \u00e9quilibre environnemental et humain. &quot;Depuis que la disparition de cette esp\u00e8ce a pris de l&#39;ampleur, les sols sont devenus pauvres et les rendements faibles.<\/p>\n<p>Aujourd&#39;hui, les campagnes sont d\u00e9sertes car tout le monde, les jeunes notamment, est parti en ville pour chercher du travail&quot;, r\u00e9v\u00e8le-t-il.<\/p>\n<p> &quot;On pousse les enfants \u00e0 s&#39;int\u00e9resser \u00e0 l&#39;environnement et \u00e0 mieux s&#39;impliquer dans sa protection \u00e0 travers des cours th\u00e9oriques et des chantiers sur le terrain pour qu&#39;ils se familiarisent avec les esp\u00e8ces&quot;, explique Siment Tchou, un autre enseignant de l&#39;\u00e9cole. &quot;Nous avons cr\u00e9\u00e9, dans ce sens, une p\u00e9pini\u00e8re et nous collaborons avec le Centre de m\u00e9decine traditionnelle de Fatick pour l&#39;initiation des \u00e9l\u00e8ves \u00e0 la culture des plantes m\u00e9dicinales&quot;, ajoute-t-il.<\/p>\n<p> Dans le Delta du Saloum, situ\u00e9 \u00e0 120 km au sud de Dakar, les \u00eeles sont s\u00e9rieusement menac\u00e9es par l&#39;avanc\u00e9e de la mer. &quot;On perd chaque ann\u00e9e 50 centim\u00e8tres de terre&quot;, s&#39;inqui\u00e8te Rahim Ba, animateur aupr\u00e8s de l&#39;ONG Jardins d&#39;Afrique. &quot;Les responsables sont le r\u00e9chauffement plan\u00e9taire et les populations qui s&#39;attaquent aux cocotiers sans reboiser&quot;, d\u00e9nonce-t-il. Les cocotiers sont si pris\u00e9s par les h\u00f4tels qu&#39;ils ach\u00e8tent la pi\u00e8ce \u00e0 30.000 francs CFA (environ 53 dollars US).  Cet arbre, dont la noix est tr\u00e8s utilis\u00e9e par les populations locales dans le traitement de certaines maladies, dispose de quelque 5.000 racines qui peuvent fixer efficacement le sol.<\/p>\n<p> Pour rem\u00e9dier \u00e0 ce probl\u00e8me, cette ONG a cr\u00e9\u00e9 un Centre de ressources pour l&#39;environnement, qui travaille en \u00e9troite collaboration avec les \u00e9coles primaires du Saloum sur les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 leur environnement. Ba dispense des cours sur la gestion des plantes et de l&#39;environnement dans ces \u00e9coles.  &quot;Demain, les \u00e9l\u00e8ves seront les g\u00e9rants de ces \u00eeles&quot;, souligne Ba venu \u00e0 Mbour pour participer \u00e0 la journ\u00e9e de Partage sur les plantes m\u00e9dicinales et la protection de l&#39;environnement, qui a r\u00e9uni r\u00e9cemment une quarantaine d&#39;\u00e9coles provenant de diff\u00e9rentes r\u00e9gions du S\u00e9n\u00e9gal.  &quot;Impliquer les enfants dans le processus de la protection des plantes et de l&#39;environnement d\u00e9grad\u00e9, est un challenge important qui constitue un canal int\u00e9ressant pour atteindre une cible adulte&quot;, affirme Fall.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>DAKAR, 20 mai (IPS) &#8211; Les plantes m\u00e9dicinales, qui couvrent plus de 80 pour cent des besoins des populations du S\u00e9n\u00e9gal en soins de sant\u00e9, sont aujourd&#39;hui menac\u00e9es de disparition, selon des naturalistes.<\/p>\n","protected":false},"author":160,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,12,1,4],"tags":[],"class_list":["post-1590","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-environnement","category-headlines","category-sante"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/160"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1590"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1590\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1590"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1590"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1590"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}