{"id":1586,"date":"2003-05-16T13:40:01","date_gmt":"2003-05-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/16\/droits-benin-une-ong-veut-arracher-400-enfants-des-champs-de-coton\/"},"modified":"2003-05-16T13:40:01","modified_gmt":"2003-05-16T13:40:01","slug":"droits-benin-une-ong-veut-arracher-400-enfants-des-champs-de-coton","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/16\/droits-benin-une-ong-veut-arracher-400-enfants-des-champs-de-coton\/","title":{"rendered":"DROITS-BENIN: Une ONG veut arracher 400 enfants des champs de coton"},"content":{"rendered":"<p>BANIKOARA, nord du B\u00e9nin, 16 mai (IPS) &#8211; Gnoulla Yempabou, un jeune Burkinab\u00e8, venu \u00e0 16 ans \u00e0 Banikoara, au B\u00e9nin, comme man\u0153uvre dans les champs de coton, a commenc\u00e9, \u00e0 18 ans, \u00e0 s&#39;int\u00e9resser peu \u00e0 peu au trafic d&#39;enfants, moins dur et plus r\u00e9mun\u00e9rateur.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Mont\u00e9 derri\u00e8re une moto, conduite par son patron, un paysan de Banikoara aupr\u00e8s de qui il a \u00e9t\u00e9 plac\u00e9, Yempabou d\u00e9clare se rendre au Burkina Faso, situ\u00e9 \u00e0 environ 60 km au nord-ouest de Banikoara. Il va chercher des &quot;man\u0153uvres&quot; \u00e0 son patron pour la prochaine saison cotonni\u00e8re. &quot;De toutes les fa\u00e7ons, il est bien plus facile d&#39;\u00eatre ouvrier agricole au B\u00e9nin qu&#39;au Burkina Faso o\u00f9 la terre est tr\u00e8s dure \u00e0 travailler&quot;, fait-il remarquer.  La commune de Banikoara, situ\u00e9e \u00e0 plus de 700 kilom\u00e8tres au nord de Cotonou, s&#39;est toujours vant\u00e9e d&#39;\u00eatre le grenier du pays par sa production agricole, notamment la production du coton, principale culture d&#39;exportation du B\u00e9nin. La commune compte plus 150.000 habitants.  &quot;Mais, la culture du coton a favoris\u00e9 \u00e0 Banikoara l&#39;\u00e9mergence de deux ph\u00e9nom\u00e8nes : le travail et le trafic des enfants. Ce sont deux ph\u00e9nom\u00e8nes tr\u00e8s d\u00e9velopp\u00e9s et dramatiques que nous vivons tous les jours dans notre commune&quot;, d\u00e9plore le maire de Banikoara, Daniel Sabi Sabidar\u00e9.  La seule culture de coton rapporte \u00e0 Banikoara un revenu annuel d&#39;environ 13 milliards de francs CFA (environ 22,8 millions de dollars US), avec plus de 60.000 tonnes sur les 350.000 tonnes produites au B\u00e9nin.  Mais \u00e0 Banikoara, rares sont les enfants qui vont \u00e0 l&#39;\u00e9cole. Il n&#39;y a pas d&#39;\u00e9cole dans certains villages, ou alors, si l&#39;\u00e9cole existe, elle est tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9e des habitations, ou elle ne dispose pas d&#39;enseignants, raconte Adama Tobou, un des animateurs-enqu\u00eateurs de l&#39;organisation non gouvernementale (ONG) Afrique 3\u00e8me mill\u00e9naire-Cercle de r\u00e9flexion, qui lutte contre le trafic et le travail des enfants.  De m\u00eame, les parents ont un besoin toujours plus grand de main-d&#39;\u0153uvre dans les champs de coton. Ils pr\u00e9f\u00e8rent alors envoyer leurs enfants au champ plut\u00f4t qu&#39;\u00e0 l&#39;\u00e9cole. C&#39;est ainsi que progressivement, la main-d&#39;\u0153uvre enfantine est devenue la plus pris\u00e9e \u00e0 Banikoara parce que &quot;docile et bon march\u00e9&quot;, explique Tobou.  &quot;Un paysan peut avoir en moyenne 10 enfants dans sa ferme par exemple&quot;, raconte Gilbert Kogrembo, vice-pr\u00e9sident de l&#39;ONG Afrique 3\u00e8me mill\u00e9naire-Cercle de r\u00e9flexion, bas\u00e9e au B\u00e9nin. Les enfants, \u00e2g\u00e9s de six \u00e0 17 ans, dorment dans les fermes, dans des conditions difficiles. Ils travaillent pendant une moyenne de dix heures par jour. Ils sont souvent mal nourris et se contentent de bien peu de choses, explique-t-il.  Pris au pi\u00e8ge de la main-d&#39;\u0153uvre docile et bon march\u00e9, les paysans de Banikoara ne se sont pas content\u00e9s d&#39;employer seulement leurs enfants dans leurs champs. Ils ont commenc\u00e9 \u00e0 employer aussi des enfants venus du Burkina Faso, pays voisin du B\u00e9nin.  Ainsi na\u00eet une nouvelle activit\u00e9 florissante dans la commune : le trafic d&#39;enfants. A pied, \u00e0 v\u00e9lo ou en voiture, les trafiquants d&#39;enfants, b\u00e9ninois et burkinab\u00e8, parcourent les routes poussi\u00e9reuses du B\u00e9nin et du Burkina Faso \u00e0 la recherche d&#39;enfants \u00e0 placer aupr\u00e8s des paysans de Banikoara.  &quot;Tout ce qui int\u00e9resse ces enfants burkinab\u00e8, ce sont les 60.000 FCFA (environ 105 dollars US) qu&#39;ils vont pouvoir ramener chez eux \u00e0 la fin de la saison, et les honneurs qu&#39;ils vont tirer de leur s\u00e9jour au B\u00e9nin&quot;, affirme Orou Maham\u00e9 Doun\u00e9, chef de l&#39;arrondissement de Soroko, frontalier du Burkina Faso.  Pour le jeune Burkinab\u00e8, dit-il, &quot;s\u00e9journer au B\u00e9nin est une fiert\u00e9, un honneur. Le jeune qui s\u00e9journe au B\u00e9nin est jug\u00e9 plus valeureux que celui qui n&#39;a jamais connu ce pays. Le premier a plus de chance d&#39;avoir une femme que le second. Il pla\u00eet aux filles et la communaut\u00e9 lui confie plus de responsabilit\u00e9s. De telles consid\u00e9rations ne peuvent que favoriser le trafic&quot;, d\u00e9plore Doun\u00e9.  Sensible aux proportions alarmantes que prend le ph\u00e9nom\u00e8ne, l&#39;ONG Afrique 3\u00e8me mill\u00e9naire-Cercle de r\u00e9flexion a con\u00e7u un projet visant \u00e0 arracher des champs de Banikoara 400 enfants b\u00e9ninois et burkinab\u00e8 dont le travail contribue \u00e0 faire de cette commune la premi\u00e8re productrice de coton au B\u00e9nin.  D\u00e9nomm\u00e9 &quot;Projet d&#39;appui \u00e0 la prise en charge et \u00e0 la r\u00e9insertion des enfants victimes des pires formes du travail et du trafic dans le secteur agricole de la commune de Banikoara&quot;, le projet de l&#39;ONG est financ\u00e9 par le Programme international pour l&#39;abolition du travail des enfants (IPEC), un d\u00e9partement du Bureau international du travail (BIT).  Le projet a d\u00e9marr\u00e9 en avril avec pour objectif essentiel de r\u00e9ussir, en une ann\u00e9e, \u00e0 retirer des champs de coton et \u00e0 scolariser ou ins\u00e9rer dans le secteur de l&#39;apprentissage, 400 enfants, explique le pr\u00e9sident de l&#39;ONG, Cossi Bossou.  Le projet a commenc\u00e9 par des s\u00e9ances de sensibilisation sur les m\u00e9faits du trafic et du travail des enfants dans les 10 arrondissements de la commune de Banikoara : sensibilisation des chefs de m\u00e9nage, des groupes de femmes et d&#39;hommes, des responsables de l&#39;\u00e9ducation, mais aussi des autorit\u00e9s villageoises et communales.  Dans une deuxi\u00e8me phase, les animateurs-sensibilisateurs de l&#39;ONG feront des enqu\u00eates statistiques pour conna\u00eetre le nombre exact d&#39;enfants employ\u00e9s dans les champs de coton. La derni\u00e8re phase du projet consistera \u00e0 retirer 400 de ces enfants des champs et \u00e0 envoyer \u00e0 l&#39;\u00e9cole ceux qui sont encore en \u00e2ge de scolarisation, et les autres, dans des centres d&#39;apprentissage.  &quot;Connu et respect\u00e9 pour son exp\u00e9rience d\u00e9mocratique, le B\u00e9nin a malheureusement aussi la triste r\u00e9putation d&#39;\u00eatre une plaque tournante de cette traite honteuse d&#39;enfants en \u00e2ges scolarisables&quot;, d\u00e9clare Florent Ad\u00e9gbidi, coordonnateur de l&#39;IPEC-BIT au B\u00e9nin. Le pays s&#39;affiche comme zone pourvoyeuse et de transit d&#39;enfants vers le Nigeria, le Gabon et la C\u00f4te d&#39;Ivoire, mais \u00e9galement comme zone d&#39;accueil de milliers d&#39;enfants burkinab\u00e8 et nig\u00e9riens travaillant dans des activit\u00e9s agricoles, notamment dans les champs de coton.  L&#39;IPEC-BIT a financ\u00e9 le projet pour un an \u00e0 59.000 dollars US et y fonde de &quot;grands espoirs&quot;, selon Ad\u00e9gbidi.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>BANIKOARA, nord du B\u00e9nin, 16 mai (IPS) &#8211; Gnoulla Yempabou, un jeune Burkinab\u00e8, venu \u00e0 16 ans \u00e0 Banikoara, au B\u00e9nin, comme man\u0153uvre dans les champs de coton, a commenc\u00e9, \u00e0 18 ans, \u00e0 s&#39;int\u00e9resser peu \u00e0 peu au trafic&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/16\/droits-benin-une-ong-veut-arracher-400-enfants-des-champs-de-coton\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":122,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1586","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1586","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/122"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1586"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1586\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1586"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1586"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1586"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}