{"id":1580,"date":"2003-05-12T13:40:01","date_gmt":"2003-05-12T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/12\/developpement-burkina-faso-un-barrage-pour-mettrefin-au-calvaire-des-populations-de-ouagadougou\/"},"modified":"2003-05-12T13:40:01","modified_gmt":"2003-05-12T13:40:01","slug":"developpement-burkina-faso-un-barrage-pour-mettrefin-au-calvaire-des-populations-de-ouagadougou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/12\/developpement-burkina-faso-un-barrage-pour-mettrefin-au-calvaire-des-populations-de-ouagadougou\/","title":{"rendered":"DEVELOPPEMENT-BURKINA FASO: Un barrage pour mettrefin au calvaire des populations de Ouagadougou"},"content":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 mai (IPS) &#8211; Ablass\u00e9 Kindo, 25 ans, vend l&#39;eau dans une barrique dans le quartier de Pissy \u00e0 l&#39;ouest de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, depuis 12 ans, mais n&#39;a jamais vu autant de p\u00e9nuries comme ces trois derni\u00e8res ann\u00e9es.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n &quot;Il faut veiller jusqu&#39;\u00e0 2 heures ou 3 heures du matin pour voir les premi\u00e8res gouttes d&#39;eau tomber du robinet&quot;, explique Kindo. &quot;Les autres ann\u00e9es, c&#39;est au mois d&#39;avril qu&#39;on ressentait les rationnements&quot;.<\/p>\n<p> Depuis f\u00e9vrier, la ville de Ouagadougou conna\u00eet des probl\u00e8mes de p\u00e9nurie d&#39;eau qui ont entra\u00een\u00e9 des rationnements dans les quartiers de la capitale qui compte aujourd&#39;hui plus d&#39;un million d&#39;habitants.<\/p>\n<p> \u2018&#39;Si vous n&#39;avez pas d&#39;argent, vous ne pouvez pas dormir, sinon vous ne mangerez pas&quot;, se plaint Sita Kabor\u00e9, une m\u00e9nag\u00e8re assise avec un seau et quelques barriques, derri\u00e8re la centaine de f\u00fbts des revendeurs d&#39;eau. &quot;Au d\u00e9but, nous achetions l&#39;eau avec les revendeurs, mais devant les interminables hausses du prix du f\u00fbt, il faut veiller toute la nuit pour avoir suffisamment de l&#39;eau&quot;, ajoute-t-elle.<\/p>\n<p> Alors que l&#39;eau co\u00fbtait 60 francs CFA (environ 10 cents US) la barrique de 200 litres, cette quantit\u00e9 est pass\u00e9e, \u00e0 cause des p\u00e9nuries et de la sp\u00e9culation, \u00e0 plus de 1.500 FCFA (environ 25 dollars US) aujourd&#39;hui.  D\u00e8s le mois de janvier, l&#39;Office national de l&#39;eau et de l&#39;assainissement (ONEA) avait commenc\u00e9 \u00e0 diffuser des communiqu\u00e9s pour annoncer les rationnements et interdire les lavages de v\u00e9hicules ainsi que les remplissages des piscines en vue de pr\u00e9server le maximum d&#39;eau.<\/p>\n<p>  &quot;La demande est plus forte que l&#39;offre, or nous avons des capacit\u00e9s de production limit\u00e9e&quot;, admet Dieudonn\u00e9 Sawadogo, directeur de l&#39;exploitation de l&#39;ONEA.<\/p>\n<p>&quot;L&#39;urbanisation rapide et l&#39;augmentation de la population n\u00e9cessitent des ressources alternatives qui ne sont malheureusement pas nombreuses&quot;.<\/p>\n<p> Environ 80 pour cent de la population de Ouagadougou &#8211; estim\u00e9e \u00e0 environ 1,163 million habitants &#8211; b\u00e9n\u00e9ficient des services de l&#39;ONEA qui dispose, sur son r\u00e9seau, de 40.000 abonn\u00e9es priv\u00e9s et de 600 bornes-fontaines.<\/p>\n<p> La situation s&#39;aggrave pour les populations et l&#39;ONEA pendant la p\u00e9riode chaude qui commence en f\u00e9vrier. Le Burkina Faso, pays sah\u00e9lien sans littoral, fr\u00f4le souvent les 44 degr\u00e9s centigrades \u00e0 Ouagadougou.<\/p>\n<p> Le d\u00e9ficit en eau atteint aujourd&#39;hui 15.000 \u00e0 20.000 m\u00e8tres cubes par jour en p\u00e9riode de pointe. Pour l&#39;approvisionnement en eau potable de la ville, l&#39;ONEA ne dispose que d&#39;une capacit\u00e9 de 58.000 m\u00e8tres cubes d&#39;eau par jour. Or il en faudrait 70.000 \u00e0 75.000 par jour dans ses quatre barrages et la cinquantaine de forages qu&#39;il exploite pour la capitale.  D\u00e8s f\u00e9vrier, la plupart des barrages s&#39;ass\u00e8chent et les autorit\u00e9s excluent toute action de curage des ouvrages. &quot;Techniquement, les curages se soldent toujours par un \u00e9chec car les s\u00e9diments, qui emp\u00eachent l&#39;eau de s&#39;\u00e9vaporer, se construisent pendant des d\u00e9cennies, or il y a des risques d&#39;enlever cette couche \u00e0 des endroits&quot;, explique Joseph Martin Kabor\u00e9, responsable du barrage de Ziga, au nord de Ouagadougou.<\/p>\n<p> Pour Kabor\u00e9, le curage, qui co\u00fbte jusqu&#39;\u00e0 un milliard de FCFA (environ 1,7 million dollars US) pour une surface de quelques hectares, n&#39;est pas rentable par rapport \u00e0 la quantit\u00e9 d&#39;eau recueillie par la suite.<\/p>\n<p> Selon les estimations de l&#39;ONEA, la population de Ouagadougou cro\u00eet de 4 \u00e0 5 pour cent l&#39;an alors que ses ressources &#8230; n&#39;augmentent que de 3 pour cent.<\/p>\n<p>&quot;La situation g\u00e9ographique du Burkina Faso est responsable de ces probl\u00e8mes d&#39;eau; le relief plat fait qu&#39;on ne peut pas y construire des ouvrages; il manque \u00e9galement de sites aquif\u00e8res favorables aux forages&quot;, explique Sawadogo.<\/p>\n<p> Des \u00e9tudes r\u00e9alis\u00e9es par l&#39;ONEA indiquent qu&#39;un forage \u00e0 Bobo-Dioulasso (la deuxi\u00e8me ville du pays, au sud-ouest) peut produire jusqu&#39;\u00e0 250 m\u00e8tres cubes d&#39;eau l&#39;heure, alors qu&#39;un forage \u00e0 Ouagadougou ne donne que 15 \u00e0 20 m\u00e8tres cubes.<\/p>\n<p> Pour la direction de l&#39;ONEA qui investira environ 3 milliards de FCFA (environ 5 millions de dollars US) cette ann\u00e9e pour renforcer les capacit\u00e9s de pompage de l&#39;un des barrages et am\u00e9liorer le rendement des forages existants, l&#39;objectif est d&#39;amoindrir le d\u00e9ficit.  Selon l&#39;ONEA, les solutions alternatives pour r\u00e9gler d\u00e9finitivement le probl\u00e8me d&#39;eau de la capitale n&#39;existent pas, pour l&#39;instant, avant la mise en marche du barrage de Ziga, situ\u00e9 \u00e0 40 kilom\u00e8tres de Ouagadougou. D&#39;une capacit\u00e9 de stockage de 200 millions de m\u00e8tres cubes, le barrage construit sur le Nakamb\u00e9, l&#39;un des affluents de la Volta, verra sa production d&#39;eau potable augmenter en 2013.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;ONEA cr\u00e9\u00e9 il y a 25 ans ne produit que 2.000 m\u00e8tres cubes l&#39;heure; or Ziga va produire 3.000 m\u00e8tres cubes l&#39;heure dans la premi\u00e8re phase et 9.500 m\u00e8tres cubes plus tard&quot;, se r\u00e9jouit Kabor\u00e9.  Les travaux de construction du barrage de Ziga ont commenc\u00e9 en 1999, sur un co\u00fbt total de 150 milliards de FCFA (environ 250 millions de dollars). &quot;Ce sera la fin du calvaire pour les populations de Ouagadougou. M\u00eame en saison s\u00e8che, il y aura toujours une capacit\u00e9 suffisante pour subvenir aux besoins de la ville&quot;, estime Kabore.<\/p>\n<p> En 2005, le barrage de Ziga permettra le branchement de 50.000 abonn\u00e9s priv\u00e9s suppl\u00e9mentaires et la construction de 400 autres bornes-fontaines publiques.<\/p>\n<p>Construit pour Ouagadougou, le barrage, qui s&#39;\u00e9talera sur 80 km, desservira \u00e9galement plusieurs villes secondaires travers\u00e9es par les canalisations.  &quot;Cet important investissement va peser sur les finances de l&#39;ONEA, donc il faut amortir les frais pour garantir son \u00e9quilibre financier, mais en tenant compte du caract\u00e8re social de la soci\u00e9t\u00e9&quot;, ajoute Kabore.<\/p>\n<p> Pour r\u00e9aliser cet ouvrage, les autorit\u00e9s burkinab\u00e8 ont obtenu, en raison des conditions pos\u00e9es par les bailleurs de fonds, un accord sign\u00e9 du gouvernement ghan\u00e9en. Les eaux du fleuve Nakamb\u00e9 se jettent dans la mer en passant par le barrage d&#39;Akossombo, au Ghana.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>OUAGADOUGOU, 9 mai (IPS) &#8211; Ablass\u00e9 Kindo, 25 ans, vend l&#39;eau dans une barrique dans le quartier de Pissy \u00e0 l&#39;ouest de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, depuis 12 ans, mais n&#39;a jamais vu autant de p\u00e9nuries comme ces&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/12\/developpement-burkina-faso-un-barrage-pour-mettrefin-au-calvaire-des-populations-de-ouagadougou\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":13,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,1],"tags":[],"class_list":["post-1580","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1580","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/13"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1580"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1580\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1580"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1580"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1580"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}