{"id":1573,"date":"2003-05-05T13:40:01","date_gmt":"2003-05-05T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/05\/environnement-benin-les-pluies-polluent-leau-depuits-consommee-encore-a-cotonou\/"},"modified":"2003-05-05T13:40:01","modified_gmt":"2003-05-05T13:40:01","slug":"environnement-benin-les-pluies-polluent-leau-depuits-consommee-encore-a-cotonou","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/05\/05\/environnement-benin-les-pluies-polluent-leau-depuits-consommee-encore-a-cotonou\/","title":{"rendered":"ENVIRONNEMENT-BENIN: Les pluies polluent l&#39;eau depuits consomm\u00e9e encore \u00e0 Cotonou"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 5 mai (IPS) &#8211; Avec les premi\u00e8res pluies tomb\u00e9es cette ann\u00e9e \u00e0 la mi-avril et suivies d&#39;inondations, les autorit\u00e9s sanitaires du B\u00e9nin redoutent d\u00e9j\u00e0 la recrudescence de certaines maladies li\u00e9es \u00e0 l&#39;eau \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique du pays.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Pendant les saisons des pluies, l&#39;eau de puits, qui entre encore dans la consommation de nombre de m\u00e9nages dans cette grande ville de pr\u00e8s de 670.000 habitants, devient dangereuse au cours de cette p\u00e9riode.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude r\u00e9cente r\u00e9alis\u00e9e par le minist\u00e8re b\u00e9ninois de l&#39;Environnement, en collaboration avec la Coop\u00e9ration allemande GTZ, indique que la quasi-totalit\u00e9 des puits de Cotonou est pollu\u00e9e. Leurs eaux \u2018&#39;contiennent des vecteurs des ent\u00e9rites bact\u00e9riennes, des maladies parasitaires et virales&quot;.<\/p>\n<p>Selon l&#39;\u00e9tude, cette pollution est due d&#39;abord \u00e0 la faible profondeur de la nappe phr\u00e9atique dans cette ville c\u00f4ti\u00e8re et sablonneuse. Ensuite, les sols ont une composition qui r\u00e9duit leur capacit\u00e9 d&#39;auto-\u00e9puration.  Selon les sp\u00e9cialistes, la nappe phr\u00e9atique est particuli\u00e8rement infect\u00e9e par des ordures m\u00e9nag\u00e8res enfouies dans les sols et par les mati\u00e8res f\u00e9cales d\u00e9pos\u00e9es partout. Dans cette ville, un tiers de la population d\u00e9f\u00e8que encore dans la nature faute d&#39;assainissement \u00e0 grande \u00e9chelle.  Une autre enqu\u00eate, r\u00e9alis\u00e9e en 1999 dans la ville par la Direction de l&#39;hygi\u00e8ne et de l&#39;assainissement de base (DHAB), en collaboration avec l&#39;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS), r\u00e9v\u00e8le que 14 pour cent des habitants vivant dans les quartiers pauvres, utilisent exclusivement l&#39;eau de puits pour tous les usages domestiques.  Ces habitants ne seraient pas desservis par l&#39;unique entreprise d&#39;Etat, la Soci\u00e9t\u00e9 b\u00e9ninoise d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 et d&#39;eau (SBEE). En 1998, l&#39;Institut national des statistiques estimait \u00e0 quelque 200.000 personnes, les habitants de Cotonou non desservis par le r\u00e9seau de distribution d&#39;eau potable de la SBEE.<\/p>\n<p> Selon la DHAB, seulement 5 pour cent des populations de Cotonou utilise exclusivement de l&#39;eau potable.<\/p>\n<p>Cette eau intervient g\u00e9n\u00e9ralement aussi bien pour les besoins domestiques que pour la boisson et la cuisson des aliments. En effet, dans presque toutes les maisons des grandes villes b\u00e9ninoises, il existe un puits.<\/p>\n<p> \u2018&#39;Les populations agissent par ignorance et par souci d&#39;\u00e9conomie&quot;, souligne Moussoulimi Gounou, directeur int\u00e9rimaire des eaux \u00e0 la SBEE. \u2018&#39;C&#39;est surtout un probl\u00e8me de d\u00e9veloppement et de pauvret\u00e9&quot;. Selon des statistiques officielles, un B\u00e9ninois sur trois vit en dessous du seuil de pauvret\u00e9, avec moins d&#39;un dollar par jour.<\/p>\n<p> Selon Gounou qui est \u00e9galement chef du d\u00e9partement des \u00e9tudes et du contr\u00f4le de la SBEE, la soci\u00e9t\u00e9 couvrirait environ 56 pour cent des besoins en eau potable exprim\u00e9s dans huit villes du pays. \u2018&#39;Dans nos villes, tout le monde a acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable. A d\u00e9faut d&#39;avoir un branchement personnel (de la SBEE), l&#39;on peut toujours s&#39;approvisionner aupr\u00e8s d&#39;un voisin qui en vend&quot;, affirme-t-il. Ici, l&#39;eau se vend en d\u00e9tail dans des bassines de 20 \u00e0 50 litres.<\/p>\n<p> En 2000, les statistiques de la SBEE faisaient \u00e9tat de 87.050 abonn\u00e9s contre 80.608 en 1999, soit un accroissement annuel de 8 pour cent. Cotonou d\u00e9tient la plus grande proportion avec environ 50 pour cent des abonn\u00e9s et une moyenne de 15 personnes par robinet.<\/p>\n<p> Cependant, la DHAB estime que ces donn\u00e9es doivent \u00eatre nuanc\u00e9es pour correspondre \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 car le transport de l&#39;eau potable sur une certaine distance et son stockage cr\u00e9ent des conditions de sa contamination. Selon un anthropologue qui a particip\u00e9 \u00e0 plusieurs travaux sur l&#39;eau au B\u00e9nin, seulement 30 \u00e0 32 pour cent des populations des villes du pays ont effectivement acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable.<\/p>\n<p> Bernard Dossou Dossa, pr\u00e9sident de l&#39;association b\u00e9ninoise de d\u00e9fense des consommateurs, \u2018Que choisir B\u00e9nin&#39;, constate que l&#39;eau potable continue d&#39;\u00eatre un luxe pour une frange non n\u00e9gligeable des populations du B\u00e9nin. \u2018&#39;Il y a d&#39;une part, ceux qui sollicitent en vain le branchement au r\u00e9seau de la SBEE et d&#39;autre part, ceux qui n&#39;en ont pas les moyens&quot;, indique-t-il. Dossa souligne que l&#39;acc\u00e8s \u00e0 l&#39;eau potable doit \u00eatre une priorit\u00e9 pour tout gouvernement au B\u00e9nin, affirmant que \u2018&#39;le gonflement des d\u00e9penses de sant\u00e9 est imputable \u00e0 la consommation de l&#39;eau souill\u00e9e&quot;.  Les responsables de la SBEE invoquent, pour justifier l&#39;insuffisance de la couverture des villes par le r\u00e9seau de la soci\u00e9t\u00e9, un retard dans le lotissement de certaines localit\u00e9s. \u2018&#39;Nous attendons d&#39;abord l&#39;ouverture des voies, car l&#39;\u00e9quipement affect\u00e9 \u00e0 ce genre d&#39;op\u00e9ration co\u00fbte cher. Sans oublier le temps n\u00e9cessaire pour \u00e9tudier techniquement le dossier et rechercher, au besoin, le financement&quot;, pr\u00e9cise Gounou.<\/p>\n<p> Certains trouvent dans la d\u00e9centralisation, en cours dans le pays depuis d\u00e9cembre 2002, une solution progressive au probl\u00e8me de l&#39;eau potable. La loi sur la r\u00e9forme territoriale pr\u00e9voit de remettre, aux nouvelles communes et collectivit\u00e9s autonomes, la responsabilit\u00e9 de l&#39;approvisionnement en eau potable et de l&#39;assainissement.  Pour d&#39;autres, par contre, cette r\u00e9forme doit \u00eatre compl\u00e8t\u00e9e par la privatisation de la SBEE, une \u2018&#39;mesure jug\u00e9e d\u00e9sormais incontournable&quot;, selon eux, en raison des pressions des institutions de Bretton Woods pour les politiques d&#39;aust\u00e9rit\u00e9 financi\u00e8re.<\/p>\n<p>\u2018&#39;Dans une telle hypoth\u00e8se, il faudra mettre en place, dans la nouvelle soci\u00e9t\u00e9, une structure sp\u00e9ciale de r\u00e9gulation des prix o\u00f9 serait repr\u00e9sent\u00e9e la soci\u00e9t\u00e9 civile afin d&#39;\u00e9viter l&#39;augmentation incontr\u00f4l\u00e9e du prix de l&#39;eau&quot;, recommande Dossa.<\/p>\n<p> En attendant les r\u00e9sultats de la mise en oeuvre effective de ces diff\u00e9rentes mesures, la DHAB d\u00e9veloppe, depuis quelques ann\u00e9es, une technique de traitement des puits par \u2018&#39;pots diffuseurs&quot;. Destin\u00e9e prioritairement aux localit\u00e9s d\u00e9favoris\u00e9es non desservies par le r\u00e9seau de distribution d&#39;eau potable, cette technique, qui n&#39;est qu&#39;un \u2018&#39;palliatif&quot;, n&#39;est pas encore vulgaris\u00e9e, faute de financement.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 5 mai (IPS) &#8211; Avec les premi\u00e8res pluies tomb\u00e9es cette ann\u00e9e \u00e0 la mi-avril et suivies d&#39;inondations, les autorit\u00e9s sanitaires du B\u00e9nin redoutent d\u00e9j\u00e0 la recrudescence de certaines maladies li\u00e9es \u00e0 l&#39;eau \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique du pays.<\/p>\n","protected":false},"author":245,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,11,12,1],"tags":[],"class_list":["post-1573","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-developpement","category-environnement","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1573","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/245"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1573"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1573\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1573"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1573"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1573"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}