{"id":1542,"date":"2003-04-07T13:40:01","date_gmt":"2003-04-07T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/07\/media-benin-journee-presse-morte-contre-des-brutalites-policieres-surdes-journalistes\/"},"modified":"2003-04-07T13:40:01","modified_gmt":"2003-04-07T13:40:01","slug":"media-benin-journee-presse-morte-contre-des-brutalites-policieres-surdes-journalistes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/07\/media-benin-journee-presse-morte-contre-des-brutalites-policieres-surdes-journalistes\/","title":{"rendered":"MEDIA-BENIN: &#39;Journ\u00e9e presse morte&#39; contre des brutalit\u00e9s polici\u00e8res surdes  journalistes"},"content":{"rendered":"<p>COTONOU, 7 avr (IPS) &#8211; Les journaux priv\u00e9s du B\u00e9nin ne sont pas parus ce lundi pour protester contre des brutalit\u00e9s inflig\u00e9es par la police \u00e0 quatre journalistes dont le directeur du quotidien &#39;Le T\u00e9l\u00e9gramme&#39;, la semaine derni\u00e8re \u00e0 Cotonou, la capitale \u00e9conomique b\u00e9ninoise.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Les radios et les t\u00e9l\u00e9visions du B\u00e9nin ont d\u00e9cid\u00e9 aussi de manifester leur solidarit\u00e9 \u00e0 la quinzaine de journaux priv\u00e9s en ne diffusant qu&#39;un service minimum entrecoup\u00e9 de musique au cours de la journ\u00e9e de lundi. Seul le quotidien gouvernemental, &#39;La Nation&#39;, est paru.<\/p>\n<p> Les associations de journalistes ont pr\u00e9vu \u00e9galement d&#39;organiser, jeudi prochain \u00e0 Cotonou, des manifestations &quot;visant \u00e0 pr\u00e9server l&#39;inviolabilit\u00e9 des r\u00e9dactions et la libert\u00e9 de la presse au B\u00e9nin&quot;.<\/p>\n<p> Selon Agapit Maforikan, pr\u00e9sident de l&#39;Union des journalistes de la presse priv\u00e9e du B\u00e9nin (UJPB), trois journalistes du T\u00e9l\u00e9gramme ont \u00e9t\u00e9 &quot;arr\u00eat\u00e9s, brutalis\u00e9s, menott\u00e9s et conduits au Commissariat central de Cotonou&quot; le 1er avril, sur ordre du directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police, Raymond Fadonougbo.<\/p>\n<p> Aussit\u00f4t inform\u00e9s par le directeur du quotidien, le pr\u00e9sident de l&#39;UJPB et son homologue de l&#39;Observatoire de d\u00e9ontologie et de l&#39;\u00e9thique dans les m\u00e9dias (ODEM), Edouard Loko, se sont rendus \u00e0 la police pour tenter d&#39;obtenir la lib\u00e9ration des trois confr\u00e8res arr\u00eat\u00e9s. Mais selon Maforikan, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police a exig\u00e9 d&#39;abord la pr\u00e9sence du directeur du journal &#39;Le T\u00e9l\u00e9gramme&#39;, Etienne Houessou.  Les pr\u00e9sidents de l&#39;UJPB et de l&#39;ODEM ont pris l&#39;engagement de faire venir Houessou \u00e0 la police, mais contre la garantie qu&#39;aucune violence ne s&#39;exercerait sur lui. Malheureusement, \u00e0 leur grande surprise, d\u00e8s que Houessou s&#39;est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la police, il a \u00e9t\u00e9 emmen\u00e9 sans m\u00e9nagement et brutalis\u00e9 avant d&#39;\u00eatre enferm\u00e9 quelques heures dans une cellule.  &quot;Pire, le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police s&#39;est permis de lui porter des coups&quot;, a pr\u00e9cis\u00e9 Maforikan de l&#39;UJPB au cours d&#39;une conf\u00e9rence de presse \u00e0 Cotonou. Mais les quatre confr\u00e8res ont \u00e9t\u00e9 remis en libert\u00e9 apr\u00e8s une rencontre houleuse entre la direction de la police et les deux responsables d&#39;associations de journalistes.  Fadonougbo a d\u00e9clar\u00e9 qu&#39;il avait fait interpeller les quatre journalistes pour &quot;injures, menaces et r\u00e9cidive&quot; dans leur journal. Il a invit\u00e9 l&#39;Observatoire de d\u00e9ontologie et de l&#39;\u00e9thique dans les m\u00e9dias &quot;\u00e0 discipliner les journalistes, notamment le directeur du T\u00e9l\u00e9gramme qui, selon lui, ne cesse, \u00e0 chaque parution, d&#39;attaquer la police qui, apr\u00e8s tout, est une institution \u00e0 respecter&quot;.  Les pr\u00e9sidents de l&#39;UJPB et de l&#39;ODEM ont r\u00e9pliqu\u00e9 que m\u00eame s&#39;ils reconnaissent que leur confr\u00e8re du T\u00e9l\u00e9gramme &quot;n&#39;a pas respect\u00e9 les r\u00e8gles de la profession\u00e0, la police ne doit, en aucun cas, perp\u00e9trer des actes d&#39;agression sur la personne des journalistes&quot;.  Maforikan reconna\u00eet que &quot;Le T\u00e9l\u00e9gramme a fait une s\u00e9rie de publications ayant pour cible le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police&quot; et un de ses collaborateurs. Ces articles, qualifi\u00e9s &quot;d&#39;attaques personnelles et d&#39;injures r\u00e9p\u00e9t\u00e9es&quot; par les dirigeants de la police, &quot;ont cr\u00e9\u00e9 entre la hi\u00e9rarchie de la police et le journal une ambiance malsaine d&#39;attaques et de menaces&quot;, explique-t-il.<\/p>\n<p> Cependant, le pr\u00e9sident de l&#39;UJPB r\u00e9agit : &quot;Nous sommes dans un Etat de droit et on ne peut pas violenter un journaliste pour ses publications&quot;.<\/p>\n<p>Selon Maforikan, &quot;il y a lieu de condamner sans r\u00e9serve le comportement d\u00e9plorable du directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police qui a tent\u00e9 de se faire justice, utilisant la force en sa possession&quot;. &quot;En effet, selon les lois en vigueur (au B\u00e9nin), il n&#39;y a pas de d\u00e9tention pr\u00e9ventive pour d\u00e9lit de presse&quot;, a-t-il ajout\u00e9.      De son c\u00f4t\u00e9, Souma\u00efla Mama, pr\u00e9sident de l&#39;Association des journalistes du B\u00e9nin (AJB), a publi\u00e9 une d\u00e9claration qui &quot;condamne avec \u00e9nergie ces actes barbares qui rel\u00e8vent d&#39;une autre \u00e9poque et qui jettent le discr\u00e9dit sur la presse nationale en particulier et sur la d\u00e9mocratie b\u00e9ninoise en g\u00e9n\u00e9ral&quot;.  Selon l&#39;AJB, &quot;tout en reconnaissant que nos confr\u00e8res en question ont commis des atteintes \u00e0 la d\u00e9ontologie&quot;, elles &quot;ne peuvent justifier, en aucune mani\u00e8re, les agressions et voies de faits perp\u00e9tr\u00e9s par des \u00e9l\u00e9ments de forces de s\u00e9curit\u00e9 publique dont le comportement, en cette occasion, s&#39;assimile ni plus ni moins \u00e0 de v\u00e9ritables violations des droits de l&#39;Homme&quot;.        Les associations de journalistes ont demand\u00e9 aux quatre journalistes de porter plainte contre le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police pour &quot;agression, voies de faits et violation de la loi&quot;.<\/p>\n<p> Cette affaire a provoqu\u00e9 une indignation g\u00e9n\u00e9rale dans le pays, m\u00eame si les gens d\u00e9clarent ne pas toujours approuver les &quot;\u00e9crits injurieux et diffamatoires&quot; de nombreux jeunes journalistes qui n&#39;ont aucune formation professionnelle de base. Le d\u00e9put\u00e9 Assouman Aboudou estime que le directeur g\u00e9n\u00e9ral de la police, &quot;qui conna\u00eet le droit et la loi, devrait contr\u00f4ler sa col\u00e8re et porter plainte contre le journal incrimin\u00e9&quot;.    Pour Antoine Ayivi, chef du quartier Donaten \u00e0 Cotonou, &quot;les journalistes ont raison de protester, sinon, les policiers finiront par brutaliser tout le monde sans discernement&quot;.  L&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re, le premier indicateur de la libert\u00e9 de presse dans le monde, avait \u00e9t\u00e9 \u00e9tabli par l&#39;organisation de protection et de droits de la presse, Reporters sans fronti\u00e8res (RSF), bas\u00e9e \u00e0 Paris. Sur un total de 139 pays, dont un grand nombre d&#39;Etats africains, le B\u00e9nin avait occup\u00e9 la 21\u00e8me place et le premier rang en Afrique. L&#39;indicateur de la libert\u00e9 de presse \u00e9tait bas\u00e9 sur des conclusions tir\u00e9es de la p\u00e9riode comprise entre septembre 2001 et octobre 2002.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>COTONOU, 7 avr (IPS) &#8211; Les journaux priv\u00e9s du B\u00e9nin ne sont pas parus ce lundi pour protester contre des brutalit\u00e9s inflig\u00e9es par la police \u00e0 quatre journalistes dont le directeur du quotidien &#39;Le T\u00e9l\u00e9gramme&#39;, la semaine derni\u00e8re \u00e0 Cotonou,&hellip; <a href=\"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/04\/07\/media-benin-journee-presse-morte-contre-des-brutalites-policieres-surdes-journalistes\/\" class=\"more-link\">Continue Reading <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":201,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[5,24,10,1],"tags":[],"class_list":["post-1542","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-afrique","category-communication-medias","category-droits-humains","category-headlines"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1542","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/users\/201"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1542"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1542\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1542"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1542"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1542"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}