{"id":1455,"date":"2003-01-16T13:40:01","date_gmt":"2003-01-16T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/01\/16\/droits-namibie-le-parlement-va-relancer-le-projet-de-loi-sur-la-violencedomestique-en-fevrier\/"},"modified":"2003-01-16T13:40:01","modified_gmt":"2003-01-16T13:40:01","slug":"droits-namibie-le-parlement-va-relancer-le-projet-de-loi-sur-la-violencedomestique-en-fevrier","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/01\/16\/droits-namibie-le-parlement-va-relancer-le-projet-de-loi-sur-la-violencedomestique-en-fevrier\/","title":{"rendered":"DROITS-NAMIBIE: Le parlement va relancer le projet de loi sur la violencedomestique en f\u00e9vrier"},"content":{"rendered":"<p>WINDHOEK, 16 jan. (IPS) &#8211; Les Namibiens attendent impatiemment l&#39;ouverture du parlement en f\u00e9vrier afin qu&#39;il r\u00e9active le &quot;Projet de loi pour combattre la violence domestique&quot; qui a \u00e9t\u00e9 mis en suspens \u00e0 la fin de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Les esprits qui s&#39;\u00e9chauffaient dans la Chambre entre les d\u00e9put\u00e9s de sexe masculin et ceux de sexe f\u00e9minin, ont pouss\u00e9 \u00e0 reporter, en f\u00e9vrier, les d\u00e9bats sur le projet de loi.<\/p>\n<p> Les 78 l\u00e9gislateurs &#8211; 56 hommes et 22 femmes &#8211; en sont presque venus aux mains et se sont appel\u00e9s par des termes injurieux comme &quot;auteurs de violence domestique, sorci\u00e8res, briseurs de foyer et arracheuses de mari&quot;.<\/p>\n<p> Certains d\u00e9put\u00e9s hommes ont dit qu&#39;il n&#39;\u00e9tait nullement pas n\u00e9cessaire pour la Namibie d&#39;avoir une loi s\u00e9par\u00e9e, qui ne traite que de la violence domestique. Ils ont exprim\u00e9 des inqui\u00e9tudes au sujet de certaines clauses qui permettront aux organes d&#39;application de la loi d&#39;enqu\u00eater sur des cas signal\u00e9s de violence domestique au foyer.<\/p>\n<p> Ils pensent qu&#39;en entrant dans les maisons et dans les chambres \u00e0 coucher, la police violera la vie priv\u00e9e des gens, une disposition faisant partie int\u00e9grante de la constitution en Namibie.<\/p>\n<p> Les diff\u00e9rences nettes, entre les l\u00e9gislateurs, ont conduit au renvoi du projet \u00e0 la &quot;Commission parlementaire permanente sur le genre&quot; pour des \u00e9tudes plus approfondies.<\/p>\n<p> La Namibie, avec une population d&#39;environ 1,8 million d&#39;habitants, conna\u00eet un fort taux de violence domestique. La plupart des affaires de violence domestique comprennent les mauvais traitements inflig\u00e9s \u00e0 la femme et \u00e0 l&#39;enfant ainsi que les injures. Plus de 2.000 cas de violence domestique sont rapport\u00e9s \u00e0 la police chaque ann\u00e9e, selon des groupes de d\u00e9fense de droits humains.<\/p>\n<p> Selon Mose Tjitendero, pr\u00e9sident du parlement, l&#39;institution fera en sorte que le projet de loi soit vot\u00e9. La &#39;Commission parlementaire permanente sur le genre&#39; est en consultations avec les parties prenantes dans ce pays d&#39;Afrique australe pour solliciter des contributions sur certaines dispositions du projet de loi qui ont suscit\u00e9 des d\u00e9bats \u00e0 la Chambre.<\/p>\n<p> &quot;Certains des d\u00e9tails ne sont pas acceptables pour certains citoyens; c&#39;est leur droit. La violence est la violence et elle doit \u00eatre \u00e9radiqu\u00e9e&quot;, affirme-t-il.<\/p>\n<p> &quot;Les chambres \u00e0 coucher doivent \u00eatre respect\u00e9es, \u00e0 condition qu&#39;elles soient des lieux de romance, d&#39;amour et d&#39;affection. Mais si elles sont transform\u00e9es en abattoirs, alors elles n&#39;\u00e9chapperont pas \u00e0 l&#39;autorit\u00e9 de la loi&quot;, d\u00e9clare Tjitendero.<\/p>\n<p> Il condamne \u00e9galement le meurtre des \u00e9pouses, ou des partenaires, en Namibie. &quot;Nous devons traiter cela (le meurtre) comme un acte criminel, qui n&#39;est dirig\u00e9 contre aucun groupe, ni contre les hommes ni contre les femmes&quot;, estime Tjitendero.<\/p>\n<p> Les Namibiens se rappellent encore un incident dans lequel Thomas Florin, un boucher, a tu\u00e9 sa femme, Monique, a d\u00e9membr\u00e9 son corps, a pr\u00e9par\u00e9 sa chair, et a cach\u00e9 les restes dans le plafond de leur maison.<\/p>\n<p> Florin aurait soi-disant suspect\u00e9 sa femme d&#39;avoir une liaison avec un autre homme. Il a \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie &#8211; une ann\u00e9e apr\u00e8s le meurtre survenu dans la ville c\u00f4ti\u00e8re namibienne de Swakopmund, en 1998.<\/p>\n<p> Dans un autre incident, un policier s&#39;est d\u00e9cha\u00een\u00e9, il y a deux ans, tuant deux personnes ayant des relations avec sa copine, avec un fusil d&#39;assaut AK-47, alors qu&#39;il cherchait sa copine qui l&#39;avait laiss\u00e9 tomber. Au moment de l&#39;incident, la copine \u00e9tait sous la protection de la police apr\u00e8s que son copain a continu\u00e9 de l&#39;agresser et de menacer de la tuer si elle ne reprenait pas avec lui. L&#39;affaire est toujours au tribunal, puisqu&#39;on a prescrit au policier de suivre un examen psychiatrique pour d\u00e9terminer sa sant\u00e9 mentale.<\/p>\n<p> Des femmes d\u00e9put\u00e9es, comme Margareth Mensah, sont d\u00e9\u00e7ues par le fait que parlement n&#39;ait pas pu voter le projet de loi l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p> V\u00eatue de noir, symbole du deuil, Mensah a d\u00e9clar\u00e9 que les femmes en Namibie continuaient d&#39;\u00eatre maltrait\u00e9es par leurs partenaires et \u00e9poux et que le retard dans le vote du projet de loi ne faisait que permettre la perp\u00e9tuation de cet abus.<\/p>\n<p> Selon elle, la loi actuelle en Namibie ne prot\u00e8ge pas les femmes contre la violence conjugale, puisque les organes d&#39;application de la loi per\u00e7oivent cet abus comme une question de foyer qui doit \u00eatre r\u00e9gl\u00e9e par le couple lui-m\u00eame ou par les membres de la famille et non au tribunal.<\/p>\n<p> Une \u00e9tude nationale initi\u00e9e par la Commission de r\u00e9forme juridique et de d\u00e9veloppement (LRDC) a montr\u00e9 que plus d&#39;un cinqui\u00e8me de tous les crimes violents en Namibie ont lieu dans le contexte des relations familiales.<\/p>\n<p> Il y a \u00e9galement une dimension genre dans les activit\u00e9s criminelles se d\u00e9roulant en Namibie. Sur plus de 2.000 cas de violence conjugale rapport\u00e9s \u00e0 la police annuellement, 86 pour cent des victimes sont des femmes, contre seulement 14 pour cent d&#39;hommes, selon un rapport du LRDC. Dans les crimes violents, autres que la violence conjugale, pr\u00e8s de 60 pour cent des plaintes viennent des hommes et environ 40 pour cent viennent des femmes. Le rapport confie que, si la violence domestique pouvait \u00eatre \u00e9radiqu\u00e9e de la soci\u00e9t\u00e9, les femmes seraient beaucoup plus \u00e0 l&#39;abri de la violence.<\/p>\n<p> Le rapport souligne que le plus grand nombre de violences \u00e0 l&#39;encontre des femmes est perp\u00e9tr\u00e9 par leurs copains soit au cours de leur amiti\u00e9, soit apr\u00e8s leur rupture. La plus courante est la violence commise par des maris contre leurs femmes, suivie par la violence commise par des fr\u00e8res contre leurs s\u0153urs. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement \u00e9tabli que, dans la plupart des cas, le plaignant et l&#39;accus\u00e9 vivent dans la m\u00eame maison au moment de la violence.<\/p>\n<p> Dianne Hubbard de la Campagne multim\u00e9dia sur la violence \u00e0 l&#39;encontre des femmes et des enfants, une organisation non gouvernementale (ONG), estime que la violence domestique est devenue un crime insupportable et que la promulgation de la loi introduirait des r\u00e8gles meilleures pour traiter des affaires criminelles qui surviennent au domicile.<\/p>\n<p> Hubbard souligne que le projet de loi peut \u00e9galement traiter de dispositions sp\u00e9ciales ayant rapport \u00e0 la caution et aux m\u00e9canismes pour garder au secret l&#39;identit\u00e9 des partenaires, afin que la crainte de la publicit\u00e9 ne puisse pas influencer les gens et les dissuader de rapporter le crime.<\/p>\n<p> &quot;Plus important encore, le projet de loi pr\u00e9voit des r\u00e8gles de proc\u00e9dure pour la protection des personnes qui ont souffert de la violence domestique, mais sont r\u00e9ticentes \u00e0 intenter des poursuites p\u00e9nales. Dans le contexte domestique, la victime peut d\u00e9pendre \u00e9motionnellement et financi\u00e8rement de l&#39;auteur&quot;, ajoute Hubbard.<\/p>\n<p> Les r\u00e8gles de protection, dit-elle, constituent une autre fa\u00e7on de d\u00e9courager de nouveaux actes de violence, sans n\u00e9cessairement envoyer quelqu&#39;un en prison, tandis que le syst\u00e8me peut fonctionner comme une importante forme de pr\u00e9vention du crime.<\/p>\n<p> On croit g\u00e9n\u00e9ralement que le Projet de loi pour combattre la violence domestique est l&#39;une des lois namibiennes qui ont fait l&#39;objet d&#39;\u00e9tudes et de recherches approfondies, tandis que des consultations appropri\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement initi\u00e9es pendant plus de huit ans avant qu&#39;il ne soit d\u00e9pos\u00e9 sur la table du parlement pour \u00eatre d\u00e9battu \u00e0 la fin de l&#39;ann\u00e9e derni\u00e8re.<\/p>\n<p> En pr\u00e9paration au projet de loi, le gouvernement namibien a organis\u00e9 des audiences publiques dans 19 endroits \u00e0 travers le pays entre 1996 et 1997.<\/p>\n<p>La plate-forme a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e pour solliciter des opinions et des contributions de la part du public. De larges consultations ont \u00e9t\u00e9 \u00e9galement effectu\u00e9es avec des responsables de l&#39;Afrique du Sud, qui a r\u00e9ussi \u00e0 r\u00e9duire la violence domestique \u00e0 travers des r\u00e8gles de protection.<\/p>\n<p> La Campagne multim\u00e9dia sur la violence \u00e0 l&#39;encontre des femmes et des enfants a recommand\u00e9 aux l\u00e9gislateurs de voter la loi d\u00e8s que possible, puisque sans elle, la violence domestique ne sera jamais \u00e9radiqu\u00e9e.<\/p>\n<p> Des ONG et des Groupes de femmes font \u00e9galement pression pour s&#39;assurer que le parlement votera le projet de loi, sans difficult\u00e9, en f\u00e9vrier prochain.<\/p>\n<p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>WINDHOEK, 16 jan. 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