{"id":1453,"date":"2003-01-14T13:40:01","date_gmt":"2003-01-14T13:40:01","guid":{"rendered":"http:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/01\/14\/energie-ouganda-des-couts-eleves-amenent-les-consommateurs-a-utiliser-lecharbon-de-bois\/"},"modified":"2003-01-14T13:40:01","modified_gmt":"2003-01-14T13:40:01","slug":"energie-ouganda-des-couts-eleves-amenent-les-consommateurs-a-utiliser-lecharbon-de-bois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ipsnews.net\/francais\/2003\/01\/14\/energie-ouganda-des-couts-eleves-amenent-les-consommateurs-a-utiliser-lecharbon-de-bois\/","title":{"rendered":"ENERGIE-OUGANDA: Des co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s am\u00e8nent les consommateurs \u00e0 utiliser lecharbon de bois"},"content":{"rendered":"<p>KAMPALA, 14 jan. (IPS) &#8211; Musa Musisi, 48 ans, vend du charbon de bois \u00e0 Wandegeya, une banlieue de Kampala, la capitale de l&#39;Ouganda. Heureusement pour lui, les co\u00fbts \u00e9lev\u00e9s de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 ont ramen\u00e9 les abonn\u00e9s au charbon de bois.\n<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p>\n Dans son petit stand, sombre et broussailleux \u00e0 Wandegeya, Musisi livre des sacs de charbon, une source r\u00e9guli\u00e8re d&#39;\u00e9nergie pour la cuisine.<\/p>\n<p> Chaque matin, un camion de charbon venant du district de Nakasongola, au nord de Kampala, est livr\u00e9 \u00e0 Wandegeya o\u00f9 Mususi vend un sac \u00e0 6.000 shillings (4 dollars US).<\/p>\n<p> Gr\u00e2ce \u00e0 la vente de charbon, Musisi a r\u00e9ussi \u00e0 construire une petite maison familiale et \u00e0 scolariser ses enfants. Pour lui, vendre du charbon est un moyen de gagner sa vie.<\/p>\n<p> &quot;Le march\u00e9 est florissant et je n&#39;ai aucun probl\u00e8me avec mon commerce.<\/p>\n<p>Chaque jour, je vends presque tout mon stock&quot;, affirme Musisi.<\/p>\n<p> &quot;L&#39;Ouganda consomme de l&#39;\u00e9nergie \u00e0 un taux l\u00e9g\u00e8rement sup\u00e9rieur \u00e0 une quantit\u00e9 \u00e9quivalente de cinq millions de tonnes de p\u00e9trole par an. Plus de 90 pour cent de cette masse est constitu\u00e9 de biomasse (bois, charbon et r\u00e9sidus agricoles) qui est la principale source d&#39;\u00e9nergie pour la plupart des m\u00e9nages&quot;, selon le document de Van Nicholas Wamariala, &quot;D\u00e9veloppement et gestion des ressources hydro\u00e9lectriques en Ouganda&#39;, pr\u00e9sent\u00e9 en Norv\u00e8ge en juin 2002.<\/p>\n<p> Actuellement, 6 pour cent seulement de la population ougandaise a acc\u00e8s \u00e0 l&#39;\u00e9lectricit\u00e9, selon l&#39;Office ougandais d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 (UEB). L&#39;Ouganda a un \u00e9norme potentiel hydro\u00e9lectrique, m\u00eame si moins de 10 pour cent seulement a \u00e9t\u00e9 exploit\u00e9.<\/p>\n<p> Tandis que les populations rurales &#8212; qui constituent plus de 90 pour cent des 23 millions d&#39;Ougandais &#8212; abattent des arbres pour le bois de chauffage, les citadins les utilisent pour le charbon de bois, une pratique qui ne fait qu&#39;aggraver la d\u00e9forestation.<\/p>\n<p> Le bois de chauffage est \u00e9galement utilis\u00e9 pour faire le marwa (une bi\u00e8re locale pr\u00e9par\u00e9e \u00e0 partir du petit mil et du sorgho). Des \u00e9coles et universit\u00e9s l&#39;utilisent \u00e9galement pour la cuisine.<\/p>\n<p> &quot;Il y a en effet un march\u00e9 pour le bois de chauffage \u00e0 Kampala. J&#39;ai vendu le bois de chauffe et j&#39;ai mis mes enfants \u00e0 l&#39;\u00e9cole avec l&#39;argent que je gagne dans ce commerce&quot;, affirme Joseph Kissule, qui vend du bois de chauffe \u00e0 Kalerwe, une banlieue pauvre de Kampala.<\/p>\n<p> Le gros du charbon de bois vendu \u00e0 Kampala vient des districts environnants : Nakasongola, Kiboga, Bugiri, Kamuli et Kayunga. Une autre partie vient des petites for\u00eats autour de Kampala, comme Mpigi et Mukono, o\u00f9 la combustion du charbon est faite.<\/p>\n<p> &quot;La plupart des consommateurs pr\u00e9f\u00e8rent le charbon parce que c&#39;est abordable&quot;, indique Julius Kibombo, un habitant de Nateete, une autre banlieue de Kampala. Pour lui, d\u00e9penser plus de 80.000 shillings (40 dollars US) par mois en \u00e9lectricit\u00e9 est beaucoup trop \u00e9lev\u00e9. Un sac de charbon co\u00fbte 6.000 shillings (4 dollars US).<\/p>\n<p> En mai 2001, le gouvernement avait augment\u00e9 les prix de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 de 60 pour cent, les faisant passer de 100 shillings \u00e0 168 shillings\/unit\u00e9 pour les abonn\u00e9s domestiques. Une maison moyenne utilise 500 unit\u00e9s, dont la grande partie va dans la cuisine et le chauffage.<\/p>\n<p> &quot;Pour un Ougandais moyen, cela (le tarif) est trop \u00e9lev\u00e9&quot;, estime Kibombo.<\/p>\n<p> Le gouvernement envisage d&#39;\u00e9tendre le barrage kiira, situ\u00e9 le long des berges du Lac Victoria, afin que 80 m\u00e9gawatts suppl\u00e9mentaires d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 puissent \u00eatre produits pour une plus large distribution.<\/p>\n<p> En 1999, le gouvernement a sign\u00e9 un contrat avec une compagnie am\u00e9ricaine, AES Nile Power, pour la construction d&#39;un autre barrage \u00e0 Bujagali, \u00e0 Jinja, \u00e0 80 kilom\u00e8tres \u00e0 l&#39;est de Kampala, pour fournir l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 &#8211; avec les autres centrales \u00e9lectriques &#8211; pour tout le pays. L&#39;accord a suscit\u00e9 beaucoup de controverses entre les \u00e9cologistes et les industriels. Le projet a \u00e9t\u00e9 interrompu, avec le retrait des principaux donateurs et autres partenaires.<\/p>\n<p> &quot;Selon moi, la construction du barrage de Bujagali aurait m\u00eame aggrav\u00e9 le probl\u00e8me. Oui, il y aurait plus d&#39;\u00e9lectricit\u00e9 produite, mais les prix auraient \u00e9galement augment\u00e9&quot;, estime un ing\u00e9nieur du minist\u00e8re de l&#39;Energie, qui a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 garder l&#39;anonymat.<\/p>\n<p> Tous les 320 m\u00e9gawatts d&#39;\u00e9lectricit\u00e9, produits depuis Nalubaale, Kiira et Kasese, ne sont pas consomm\u00e9s actuellement \u00e0 cause des tarifs \u00e9lev\u00e9s..<\/p>\n<p> Aux termes de l&#39;ancienne politique gouvernementale, la plantation d&#39;arbres ne pouvait se faire que dans des r\u00e9serves foresti\u00e8res, et par le gouvernement. Une nouvelle politique encourage les locaux \u00e0 planter des arbres.<\/p>\n<p> Selon Godfrey Achaye, directeur des for\u00eats au minist\u00e8re des For\u00eats, les terres foresti\u00e8res reculent depuis des ann\u00e9es en raison de l&#39;accroissement des populations, qui ont besoin de plus de terres pour l&#39;agriculture, du d\u00e9veloppement industriel, ainsi que de l&#39;abattage des arbres pour l&#39;\u00e9nergie.<\/p>\n<p> Avant l&#39;ind\u00e9pendance de cet ancien protectorat britannique en 1962, entre 30-40 pour cent du territoire ougandais \u00e9tait couvert de for\u00eat. Aujourd&#39;hui, 6 \u00e0 7 pour cent seulement du pays est couvert de for\u00eat, selon Achaye. La cuisson de briques provoque \u00e9galement la d\u00e9forestation, poursuit-il.<\/p>\n<p> Les populations locales, qui abattent des arbres pour l&#39;\u00e9nergie, utilisent \u00e9galement les sols fertiles pour la culture ainsi que pour le p\u00e2turage.<\/p>\n<p> Le d\u00e9partement des For\u00eats met en contact des communaut\u00e9s ou des individus, qui cherchent \u00e0 planter des arbres, leur fournit la connaissance technique et, quelquefois, les ressources pour la production des p\u00e9pini\u00e8res.<\/p>\n<p> &quot;Pr\u00e9sentement, parce que le gouvernement n&#39;a pas assez de ressources pour planter des arbres, le d\u00e9partement encourage les petits agriculteurs \u00e0 acqu\u00e9rir la terre dans les r\u00e9serves foresti\u00e8res qui sont ouvertes, \u00e0 faire leurs propres plantations. Les arbres leur appartiennent, mais la terre appartient toujours au gouvernement&quot;, explique Achaye.<\/p>\n<p> &quot;Un bon nombre de personnes a commenc\u00e9 cette activit\u00e9 et cela marche bien&quot;, souligne-t-il.<\/p>\n<p> Les agriculteurs locaux int\u00e9ress\u00e9s demandent un permis de cinq ans et re\u00e7oivent cinq hectares pour d\u00e9marrer. Ce faisant, il y a eu une \u00e9norme quantit\u00e9 de plantations et une assistance \u00e0 travers ce pays d&#39;Afrique orientale. Selon un programme quinquennal de l&#39;Union europ\u00e9enne, seuls ceux qui d\u00e9sirent planter des arbres pour le bois peuvent entrer en possession des terres. Le projet a d\u00e9marr\u00e9 en juillet 2002.<\/p>\n<p> &quot;Nous voulons nous concentrer sur quelques esp\u00e8ces (d&#39;arbres) qui sont prometteuses, nous essayerons d&#39;autres esp\u00e8ces aussi qui poussent relativement tr\u00e8s vite, \u00e0 condition qu&#39;elles s&#39;acclimatent bien dans le pays&quot;, affirme Achaye.<\/p>\n<p> Actuellement, les agriculteurs pr\u00e9f\u00e8rent l&#39;eucalyptus, qui pousse tr\u00e8s vite.<\/p>\n<p>Ils en plantent jusqu&#39;\u00e0 50 hectares.<\/p>\n<p> &quot;Le plus gros de la d\u00e9forestation se d\u00e9roule \u00e0 la lisi\u00e8re des r\u00e9serves foresti\u00e8res qui constitue actuellement 70 pour cent de la couverture foresti\u00e8re dans le pays&quot; ajoute Achaye.<\/p>\n<p> Les effets de la d\u00e9forestation sont vastes. Pendant que les for\u00eats cr\u00e9ent un sol fertile et servent de zones de captage d&#39;eau, elles influent sur les moyens d&#39;existence, y compris les temp\u00e9ratures.<\/p>\n<p> &quot;En tant que pays agricole, comme c&#39;est le cas de l&#39;Ouganda, nous avons r\u00e9ellement besoin de prot\u00e9ger nos arbres&quot;, affirme Achaye.<\/p>\n<p> L&#39;Organisation des Nations Unies pour l&#39;alimentation et l&#39;agriculture (FAO) estime \u00e0 100.000 hectares, le volume d&#39;arbres abattus en Ouganda chaque ann\u00e9e. Et, aussi longtemps que les prix \u00e9lev\u00e9s de l&#39;\u00e9lectricit\u00e9 continueront \u00e0 nuire aux consommateurs potentiels, l&#39;usage du combustible de bois restera toujours la meilleure option.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>KAMPALA, 14 jan. (IPS) &#8211; Musa Musisi, 48 ans, vend du charbon de bois \u00e0 Wandegeya, une banlieue de Kampala, la capitale de l&#39;Ouganda. 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